‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 85 sur 95 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DE PERPICNAN A QUILLAN PAR LA VALLÉE DE l'aGLI.

Peyrestortes. — Bataille du 17 septembre 1793. — Antiquités romaines trouvées sur la colline de Las Sedas. — Baixas. — L'église. — Le retable du Maitre-Autel. — Espira de l'Agli. — Le Portail de l'église. — Casas de Pena. — Le village. — La tour de Tautavel. — Le village de ïautavel. — Le Verdouble. — La Foradada. — L'ermitage de Pena. — Lo Sali de la Donzella. — Déboisement des Corbières. — L'Eslret de Cavanach. — La Métairie de Jau ou de Clariaua. — Estagell. — La statue d'Arago par Oliva. — La Festa de VArago. — L'église d'Estagell. — François Arago. — Sa vie. — La Tour-de-Franee. — La chaîne de La Squerdo et la chaîne du Pla de Sant-Pau. — Mauri. — Le Pagus Fenolietensis ou Pays de Fenouillèdes. — Les vicomtes de Fenouillèdes. — Le château de Queribus. — Siège de 1255. — Saint-Paul-de-Fenouillèdes. — Situation de cette ville. — Son ■ origine. — L'Abbaye de Saint-Paul-de-Fenouillédes. — Elle est unie à celle de Saint-Michel-de-Cuxa — Elle est érigée en collégiale — Le chapitre de Saint-Paul. — Nicolas Pavillon et les Chanoines de Saint-Paul. — M. d'Axat. — L'Abescat. — inscriptions de l'église Saint-Pierre. — Siège de Saint- Paul en 1543. — — Excursions dans les environs de Saint-Paul. — Saint-Antoine de Galamus. — Description pittoresque de cet ermitage. — Le Cantico. — Lo Gorch de la Llauso. — L'Agli. — La Gorge de La Fo. — La Fount Caudo. — La Foknt dais Azes. — L'établissement Norman. — La Squerdo. — Taxach. — Les Fées de La Fo. — Saint-Martin. — Sournia. — L'Adasig. — Camporsi. — De Sournia à Prades. — Centernaeh. — Caramanh. — Raziguéres. — Peyralade. — Caudiès. — L'ermitage de Sainte-Anne ou de La Vall. — Inscription romane. — Fenouillet. — Fosse. — Vira. — Le Col de Saint-Louis. — La Forêt des Fanges. — Frontière du département de l'Aude.

Au sortir de Perpignan, le touriste suivra la route nationale 117, jusqu'au hameau de Vernet qu'il

. mm

connaît déjà. A quelques minutes de Vernet il traversera la voie ferrée de Narbonne à Perpignan et arrivera (8 lui.) au village de Peyrestortes célèbre par la bataille du 17 septembre 1793.

PEYRESTORTES.

Ce village (6B9 liab.) est situé au pied des hauteurs qui masquent la plaine de Perpignan et forment le commencement de la montagne dont nous longerons le pied jusqu'à Estagell. Avec la montagne de Tautavel qui est en face, elle constitue la vallée inférieure de l'Agli, dans laquelle nous sommes maintenant engagés.

C'est sur les hauteurs de Peyrestortes qu'était établi en 1794 le Camp des Espagnols.

La bataille commença de bon matin, le 17 septembre, et ne se termina qu'à 9 heures du soir. D'Aoust qui commandait par intérim Y Armée des Pyrénées-Orientales, en l'absence de Dagobert, montra beaucoup de prudence,. de sang-froid et de courage: mais le héros de la journée fut le Représentant en mission Cassanyes, de Canet.

Maîtres des collines qu'ils avaient fortifiées, les Espagnols résistaient aux charges réitérées des soldats de d'Aoust venus de Perpignan. La journée finissait. Tout à coup Cassanyes, à la tête de la division Goguet qu'il était allé chercher à Salses, se précipite sur les derrières et les flancs de l'ennemi et le fait plier.

L'armée espagnole fut chassée de ses positions et

.*ji*»-:

fmtÊÊÊinm-

rejetée sur la Tet qu'elle franchit en désordre, pour aller se refaire au camp de Trullas.

En 1837 on découvrit sur la colline de las Sedas et tout près de la Llobera qui est dans le territoire de Peyrestortes, un aqueduc romain avec ses débris de lampes, d'amphore et autres vases de terre. Tout au tour de cet aqueduc, sur un espace assez étendu, la plupart des propriétaires, qui firent planter des vignes furent obligés d'arracher des fondements de bâtisses qui toutes portaient le cachet de constructions antiques. N'y aurait-il pas eu là un centre de population pendant la domination romaine ?

A Peyrestortes passe un chemin qui conduit à Baixas.

BAIXAS.

6 kil, de S.-O. de Riresalles, 12 de Perpignan.

Cette commune (2,735 hab.) est située au milieu d'un terrain agreste où la vigne vient admirablemeut ; aussi le vin y est-il à peu près la seule récolte.

Baixas était autrefois entouré de murailles dont il reste encore quelques débris. Son église est trèscurieuse au point de vue de l'architecture parce qu'elle montre de quelle façon on transformait ou on agrandissait les vieilles églises au XV e siècle. Celle de Baixas était petite et lourde, comme cela se voit par ce qui en reste sur le côté gauche de la nef actuelle. C'est bien à tort qu'on attrihue cette église aux Templiers qui n'ont jamais eu de possessions à Baixas : la seigneurie de Baixas appartenait en effet au chapitre d'Elne. Le retable fut commencé en 1681

KfiMHK

et terminé en 1701. Il est très-grand et très-beau. Lorsqu'on veut exprimer en catalan qu'une chose a coûté beaucoup d'argent, on dit qu'elle a coûté autant que le retable de Baixas. Les peintures qui se voient à l'intérieur du tabernacle sont très-curieuses : Elles représentent la Cène, la Flagellation et Jésus- Christ enchaîné.

De Baixas nous pouvons aller à Casas-de-Pena en passant par les fours à chaux et la carrière de marbre (S kil . ) . Mais laissons ce chemin trop difficile. D'ailleurs nous devons visiter Espira dont le clocher rougi se montre là-bas, au fond de la vallée de l'Agli.

BSPIKA-DE-L'AGLI.

4 kil. de Rivesaltes, 12 de Perpignan.

Espiba-de-l'Agli est sur la rive droite de la rivière dont il a pris le nom. Comme toutes les communes du canton de Rivesaltes celle-ci produit une grande quantité devin. Déplus, elle possède de magnifiques hortes qui produisent beaucoup de légumes.

L'église d'Espira est remarquable. La façade est admirable de couleur. Sous l'action du soleil, la pierre et le marbre ont pris des tons roux d'une chaleur extraordinaire et qui vont jusqu'au safran et à l'orange, comme à Serrabona.

Le chapitre de cette église était assujeti à la règle de Saint-Augustin. On a vu qu'il fut transféré à l'église de la Real de Perpignan en 1381. Espira eut aussi, dit-on, un couvent de chanoinesses qui aurait été transféré au couvent de Saint-Sauveur de la môme ville. Il possède depuis peu de temps un couvent de Trappistines (1852).

Page 1