‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 87 sur 95 · MA.UR.I · texte numérisé non relu

MA.UR.I

33 Ml. de Perpignan, 8 kil. de Saint-Paul.

D'Estagell à Mauri la route est bordée de vignes qui s'étendent sur les flancs des montagnes et des mamelons qui ondulent à leurs pieds. La chaleur est très grande en été dans ces parages et la poussière s'élève en gros nuages au moindre vent. H n'est pas rare de trouver des vignes toutes blanches et qui ont l'air d'avoir été saupoudrées de plâtre.

Cette commune, qui compte aujourd'hui près de 2000 habitants, paraît avoir été au Moyen-Age un tout petit village. Elle ne conserve, en effet, aucune trace de château ou d'enceinte fortifiée. Son territoire devait être couvert de forêts qui ont disparu après l'expulsion des Maures du Roussillon et du Pays dk Fenouillèdes dont Mauri faisait partie.

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Le Pagus FenoUetemis, Fonolietensis et Fenulelus s'étendait depuis Estagell jusqu'à Axât, et de la montagne de Mauri jusqu'aux bords de la Tet, vers Bellesta et Montalba.

On sait qu'à l'époque celtique la Gaule était divisée en pagi. Les Romains conservèrent cette division ; mais le nôtre existait-il à cette époque reculée?' portait-il le nom que nous lui donnons ici? Nous l'ignorons. Ce que nous savons c'est que ce nom est tout romain, comme feniculela, delà même famille, qui signifie contrée où il y a beaucoup àe fenouil.

Les Romains durent même de bonne heure fréquenter le pays de Fenouillèdes. Nous avons nousmême trouvé dans le territoire de Saint-Paul des médailles de Claude, de Domitien, d'Hadrien, d'Auguste et Agrippa (Colonie de Nîmes).

Quoiqu'il en soit, le Pagus Fenulelus ne se trouve cité pour la première fois qu'en 845 après Jésus- Christ, dans une charte de Charles-le-Chauve en faveur d'un de ses vasseaux appelé Milon. Parmi les villages (Villares) que le prince attribue à Milon se trouve Folietes, lieu inconnu aujourd'hui.

Les actes du Moyen-Age parlent du Comitatus Penolielensis, notammeut deux bulles du pape Agapet, l'une de 950 et l'autre de 954 « ; mais rien ne prouve qu'il y ait eu un comté de Fenouillèdes, car, dans les actes cités, le mot de comitatus n'a que le sens de pagus, pays.

(1) L'acte de consécration de l'église de Saint-Martin-de-Lez tentre La Pradelle et Quillan) parle aussi du Comitatus Fenohelens*s. Voir Histoire générale de Languedoc, tome m, prewes n° cxvlii, année 1045.

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A cette époque le pays de Fenouiilèdes était possédé par les comtes de Barcelone. Un de ces comtes, Sunifred, le laissa à Oliba Cabreta, comte de Cerdagne, son frère. Ce dernier le transmit à Bernard, comte de Besalu. En 1111, Baymond-Béranger en devint propriétaire.

Le pays de Fenouiilèdes avait déjà des vicomtes particuliers. L'un d'eux fut Arnaud Guillaume dont il est fait mention en 1102. Ce pays fut cédé défini: nitivement à la France par le traité de Corbeil (1258). Dès lors il fit partie de la province de Languedoc.

A la suite de la croisade contre les Albigeois, le vicomte Pierre avait été dépossédé de sa vicomte. Ses héritiers réclamèrent pour être réintégrés dans leurs droits, mais ce fut en vain. Bien plus, une sentence du Parlement de Paris, rendue en 1264, les débouta de leur demande. Les vicomtes de Fenouiilèdes s'étaient établis en Boussillon où ils acquirent bientôt la seigneurie d'ille et presque toutes les possessions de la famille d'Urg à laquelle ds étaient alliés. Au siècle suivant ils reprirent le titre de vicomtes d'ille, y joignirent bientôt celui de vicomte de Canet et occupèrent ainsi le premier rang parmi les barons des deux comtés de Boussillon et de Cerdagne.

Le Château de Queribus est fièrement suspendu au pic d'une arèté des Corbières et domine toute la yallée de Maori. C'était une des principales forteresses du Pays de Fenouiilèdes.

Il est aujourd'hui ruiné. Cependant on verra encore un donjon de forme octogone assez bien conservé dont la salle basse est voûtée à arcs croisés avec cul

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de lampe et ornements. Un escalier placé dans une tourelle conduit sur la terrasse du donjon.

Bien des personnes croient qu'un souterrain faisait communiquer Queribus et Narbonne : c'est là un de ces contes du coin du feu que se transmettent les générations.

Queribus existait déjà au commencement du xi e siècle, au moins. Cela ressort d'un serment de fidélité prêté par Bérenger, fils de Bernard, comte deBésalu et de Fenouillèdes, à Guillaume son père, pour les deux châteaux de Pierrepertuse et de Queribus, placés sur la frontière du Boussillon.

En 1255, Queribus fut assiégé par le sénéchal de Carcassonne, Pierre d'Auteuil. On était au plus fort de la guerre des Albigeois, et il parait qu'une bande de ces hérétiques s'était enfermée dans le château qu'elle défendit énergiquement.

Nous ne connaissons pas les incidents du siège de Queribus : mais nous savons que Pierre d'Auteuil s'en empara. En 1258 le roi d'Aragon renonça, en faveur de Louis IX, aux droits ou prétentions qu'il avait sur ce château.

En 1260 Michel de Navarre est châtelain de Queribus, Ganmio de Querbucio, Michael de Navarra castettanus. Il est encore question de ce château en 1463 et en 1473, et ce n'est que très tard qu'on a cessé d'y tenir un poste militaire.

La montagne de Mauri ne contient que des buis, des cistes, des astragales, des helichrysses et quelques autres plantes qui se trouvent aussi dans le territoire de Saint-Paul.

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