EXCURSIONS AUX ENVIRONS DE BANYULS
1« Col de Banyuls. — En remontant la Vallée de Banyuls, on arrive au Col de Banyuls en une heure et demie de marche. A moitié chemin environ, on rencontre la jonction des Vallées de Banj/uls et des Àbelles. Quoiqu'il ne soit pas très élevé, le Col procure une vue splendide sur la Méditerranée et la plaine de Figuéras (Espagne). Un chemin tantôt muletier, tantôt carrossable, qui vient d'Espolla et du Mas del Parot^ coupe le chemin des Abelles et descend à Banyuls.
2o De Banyuls à Cerbère par la côte. — Plus mal entretenu et plus pénible est celui qui conduit de Banyuls à Cerbère en suivant la côte. Il faut le suivre si l'on veut avoir une idée de la façon dont la mer sait ronger et détruire les obstacles que lui oppose la nature. En certains endroits la falaise est usée, fouillée, déchiquetée, creusée par les vagues qui se précipitent en Jjeuglant, puis s'en retournent en écumant pour revenir ensuite. Le chemin descend dans l'anse de Peraflta. Ce nom figure déjà dans un acte de 981 pour désigner l'anse : il signifie (( pierre figée,)) ou « plantée )), avec le sens de « borne )), « limite ». La pierre existe encore aujourd'hui. Du village de Peraflta (on dit aujourd'hui Peyrelitte) il ne reste que des pans de muraille roussis et ruinés. La vie a émigré de ce petit coin où on n'entend plus que
le bruit des flots. De Tendroit où se trouve « la Pierre figée » (cap de Peyrefitte) nous voyons s'étendre la masse bleue, immense vers TOrient. Maintenant elle est calme, et un morne silence règne sur le rivajçe ; le ciel est d'une limpidité incomparable, et le cap de Créus qui est en t^spagne, montre son dos de montagne én(»rme qui s'allonge et plonge dans les flots.
Toute la partie de la côte qui s'étend entre Hanyiils, le Col du même nom et Cerbère, point extième de notre frontière, a subi bien des transformations depuis . r^ntiqiiité^. La. vi^ne et l'olivier ont envabi l'espace occupé jadis par de vastes massifs forestiers. Le nom de Ccrvaria, Cervera ou Cerbère, comme on dit aujourd'hui, semble se rattacher à un vallon peuplé de cerfs (cervus en latin) ; celui de la Sel va de Mur, non loin de Cervera, rappelle le souvenir d'une foièl disparue, et les documents du X«' siècle signalent encore, entre Gollioure et Saint- Pierre de Rodes, de vastes terrains appelés La Mata et Forestede Saut Rotna, qui ne laissent aucun doute sur l'état de ce pays dans les siècles antérieurs.
Quoiqu'elle soit déboisée, la contrée qui comprend le territoire de Banyuls et forme l'extrémité orientale de l'Albère, n'en est pas moins encore aujourd'hui une de nos stations botani<{ues les plus intéressantes des Pyrénées orientales.
30 De Banyuls à la Tour de Nadaloch. — On
peut y monter soit par le vallon de Cosperons soit par un sentier qui monte au pic dels Gascon n fi. Il faut compter cinq heures pour faire cette excur"sion qui est un peu fatigante. Si le vent ne souffle pas, on passe sur ces hauteurs des heures entières sans un moïnent d'ennui. Du pied de la tour le point de vue est incomparable. Ces petites vallées très retirées et très solitaires, [)iesque sans culture, ces gorges sauvages retiennent le regard ; de l'autre côté, c'est la mer, la grande, l'immense, l'infinie plaine !