‹ Guide historique & pittoresque dans le Département des Pyrénées-OrientalesChapitre 26 sur 71 · EXCURSION EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

EXCURSION EN ESPAGNE

La Junquéra et Figuéras. — A la sortie du Perthus se dressent les deux bornes en marbre qui indiquent les limites des deux Etats. Ces deux cippes aopistograpbes » sont la double expédition d'un protocole afférent à la question toujours rAiaissante de la délimitation pyrénéenne. Ainsi qu'on le verra, ils furent placés en 1764 sous les auspices du comte de Mailly, commandant du Roussillon, pour la France, et du marquis de La Mina, capitaine général de Catalogne, pour l'Espagne.

Avant d'arriver aux deux cippes on trouve un pilier carré, coiffé d'une pyramide quadrangulaire sur les faces de laquelle on a gravé, au Nord et à l'Ouest, le mot Gallia (France) ; à l'Est et au Sud, le mot Hlspania (Espagne). A partir de ce point, le pays qui s'étend à gauche de la route appartient à l'Espagne ; à droite, jusqu'au Pont appelé du Précipice dont parle le cippe espagnol {Puente llamado del Précipicio)^ il appartient à la France.

Après avoir dépassé le bureau de la douane on descend la vallée du Llobrégat, rivière qui vient du Pic de Llobrégat (924 m. d'alt.) à l'Est. La campagne offre un aspect désolé : on ne voit que quelques lièges sur les pentes des montagnes.

A la Junquéra (7 kil.) on entre de plein pied dans la vie espagnole et la couleur locale. Le village tire son nom de marécages remplis de roseaux qui se voient encore dans les environs. C'était, sous les Romains, le Campus juncarlus. Ici se trouvait une station de la voie romaine qui, après avoir traversé les gorges de Cluses et du Perthus, descendait en Ampurdan par Juncaria,

Continuant à suivre la vallée du Llobrégat, on passe à côté du pont de Campmany et l'on voit se dresser, à droite, la Montagne Noire ou MonURoig . C'est non loin d'ici] que fut livrée, le 17 novembre 1794, la terrible bataille où périt Dugommier, mais qui se termina par la déroute des Espagnols. Deux jours après, et sur le même terrain, s'engageait une nouvelle action où La Union, leur général en chef, périt à son tour. Les résultats de cette

journée furent désastreux pour TEspagne : elle y perdit 300 canons, les bagages de toute une armée et 10000 hommes tués. Ces deux terribles batailles livrées les 17 et 20 novembre sont connues dans l'histoire sous le nom de a Bataille des lignes de Figuières. » Figuéras ouvrit ses portes à Pérignon (28 nov.).

On traverse le Llobrégat, puis, au Pont de Malins^ la Muga, et l'on arrive à Figuéras, où la grand'route rejoint la voie feri^ que nous avons vue à Port-Bou.

Bien qu'elle n'intercepte aucun passage et n'appuie aucune ligne de défense, cette ville n*en a pas moins une importance considérable. Sa citadelle connue sous le nom de Castillo de San-Fernando est très vaste, très belle et bien fortifiée, ce qui n'a pas empêché les Français de s'en emparer à chaque guerre Aussi, on entend souvent les Espagnols dire «c que la citadelle est à eux en temps de paix, mais qu'elle appartient aux Français en temps de guerre. »

Toute la partie qui s'étend à l'Ouest de Figuéi*as est déserte, aride, sauvage. Ce ne sont que crêtes et rocs vifs, croupes aux flancs décharnés, que moirent des lambeaux d'une végétation sombre, de fougueux torrents roulant dans des gorges ténébreuses, de misérables cabanes en encorbellement sur des abîmes. En fait de communications, on ne trouve que des sentiers en corniche au flanc des ravins. A l'Est, au contraire, s'étendent de belles prairies et des champs bien cultivés. Plus bas, du côté de Gérona, les vallées sont profondes et les torrents rapides ; de grandes forêts couvrent le pays.

[Le touriste qui, du Perthus, se sera aventuré jus^iu'à Las II las, pourra rentrer au Boulou par la petite et fraîche vallée de Maureilias. Le chemin, commode et agréable, suit la rive droite du torrent, par la chapelle Saint-Louis et la forêt. A un kilomètre environ avant d'arriver a Maureillas, il faut franchir la rivière pour aller visiter les ruines de la chapelle de Saint-Jean de Mauranells, qui est très ancienne et très intéressante au point de vue archéologique. On remarquera que l'abside a une prorondeur supérieure à la moitié de sa largeur ; en dépit des contreforts qu'on avait ajoutés pour contenir les murs latéraux, ceux-ci se sont écartés et les voûtes sont tombées. — Maureillas est un gros villajg^e de i4oo habitants, assis sur un coteau qui domine la rive droite du torrent.]

•SAINT-JEAN-PLA-DE-GORTS — 5° Station.

ao kil. d'Ëlne, 4 kil de Céret, a5 kil. de Pefpignan.

En sortant de la station du Boulou la voie ferrée longe à une faible distance la route nationale 115, qui, à partir du Boulou, remonte la vallée du Tech jusqu'à la Preste. Saint-Jean, qui ne compte que 640 habitants, est le lieu le plus important d'une plaine fertile comprise entre le Boulou et le Pont de Géret, couverte d'arbres fruitiers et de métairies dont la plus importante est devenue le beau Château d'Aubiri.

Saint-Jean-Pla-de-Gorts est aussi appelé Saint-Jeande-PagèSf du nom de l'un de ses anciens seigneurs. On voit encore les restes d'un Ghâteau fort élevé en 1189 par Bérenger Gastlan et l'abbé d'Arles. Gomme toutes les forteresses du Vallespir se trouvaient sous la dépendance féodale du vicomte de Gastellnou, l'abbé, après avoir obtenu d'Alphonse l^^le privilège de bâtir le Château de Saint-Jean-Pla-de-Gorts (Cdstrum Sancti Johannis de Piano de Curtibus), dut se munir d'une autorisation spéciale du vicomte. — Il va sans dire que, malgré toute l'érudition de quelques braves gens de ce village, il n'y a jamais été tenu de Corts ou Cortes. Saint- Jean s'appelait déjà de Corts en Tan 976, c'est-à-dire plus de trois cents ans avant que l'on célébrât de Corts en Gatalogne et qu'on songeât à leur donner ce nom. Depuis le IX^ siècle, le mot curtis ou cortis s'emploie pour désigner la clôture des manses rurales ou rnasos. Nous retrouverons ce mot dans celui de Gortsavi (Curtis Savini, qui veut dire « Ferme de Savin »).

GÉRET. — 6e Station

1^ 24 kil. d'Ëlne, 3i kil. de Perpignan.

Géret est une ville de 3760 habitants, chef-lieu du deuxième arrondissement, située à mi-côte sur le versant Nord du Bolaric ou Bularic, montagne de 1035 mètres d'altitude, et à 2 kil. Sud-Est de la station.

Vers 1825 on a découvert, rue des Nobles, en construisant une cave, des tombeaux qui portaient les marques d'une très haute antiquité. De plus, on trouve dans le canton le souvenir de traditions qui remontent au moins aux premiers siècles du moyen âge : tels sont les contes fatidiques attachés à des fontaines, la croyance à certaines guérisons merveilleuses, notamment celle de la préparation de l'agaric à un moment de la pleine lune (lo flamench). Le paysan vous montrera encore, sur la montajrne, les traces gigantesques de THippogrife, las ferraduras del cavall de Rotlan. Roland, le paladin fameux, neveu de Charlemagne, a laissé d'autres souvenirs dans ce pays ; nous le retrouverons jouant aux palets avec des quartiers de roche aux environs de Cortsavi et de Saint-Paul de-Fenouillèdes. ACéret,un jourqu'il était de mauvaise humeur, il prit une grosse barre de fer et la jeta avec tant de force qu'elle passa par-dessus la tète du Bularic et alla s'abattre sur la place de Massanet de Gabrenys, où l'on peut encore la voir.

Céret n'est nommé, dans les documents qui nous restent, qu'à partir du IX« siècle. Cette petite ville eut de tous temps des seigneurs particulière, et ses pirivUèffcs royaux ne datent que du XYII^ siècle. A cette époque quelques villes seigneuriales profitèrent de la |)ériode agitée de l'occupation française, de 1641 à 166(), pour obtenir l'usage des franchises et libertés dont les autres villes du Roussillon jouissaient depuis des siècles : telles furent Ille et Gérét.

En 1282, Guillaume et Ava (1), sa femme, concédèrent à la généralité de leurs vassaux de cette ville, représentés par dix-sept d'entre eux, la création de quatre consuls annuels, au choix de la population pour la première fois et, par la suite, à celui des consuls sortant de fonction à la Saint-Jean de juin. Mais les élus dont il s'agit ne devaient recevoir l'investiture qu'après serment prêté entre les mains du seigneur et de son bayle. Guillaume suivit, l'année après (1285), le roi d'Aragon dans son

(0 Aye tenait la seigneurie de Céret de son père, Pons de Vernet, (jui la tenait lui-même en fief pour les comtes d Ëmpories. Guillaume était vicomte de Castellnou.

expédition d'Afrique. En 1301, il devait être absent de nouveau puisque nous voyons dame Ave, sa fename, donner, cette même année, aux habitants de Géret, son droit dlwst et de chevauchée. Gomme il faut conclure de cet abandon le privilège de main armée, il s'ensuit que la commujie devait être définitivement installée en ce moment. Quelques années après, en effet, on trouve à Géret des consuls, des conseillers, des clavaires, des surposés, des banniers avec toutes les prérogatives et les privilèges dont les mêmes magistrats et fonctionnaires sont investis à Perpignan. — Le fief de Géret passa à Pierre de Quéralt, mari de Françoise, fille de Guillaume et d'Ave, vers 1812. En 1348, Pierre de Quéralt légua, par testament, ce fief à Gérard son fils ; mais, en 1360, Pierre Blan s'en qualifie seigneur et en confirme, à ce titre, les libertés et les privilèges. Au XVe siècle, la seigneurie de Géret appartenait aux vicomtes de Périllos ou Pérellos, et il existe encore quelques pans de murs du Castell Pérellos.

En 1660 Marca, commissaire pour la France, et Serroni, commissaire pour l'Espagne, tinrent à Géret les conférences d'où sortit la délimitation définitive de la frontière aux Pyrénées orientales. Marca, qui était un prélat très érudit, profita de sa mission pour faire des recherches précieuses dont il consigna le résultat dans le Marca hispanica, ouvrage qui contient des erreurs, mais qui n'en est pas moins indispensable à quiconque s'occupe d'archéologie et d'histoire roussillonnaise. Malheureusement, il contient fort peu de choses sur Géret, qui, d'ailleurs, devait déjà, à cette époque, être très pauvre en archives, car nous savons par un document de 1547 que les Français l'avaient mis au pillage cinq ans avant (1).

Géret ne possède rien de bien remarquable. Dès le XlVe siècle la ville avait, au centre de sa partie murée,

(i) Le 20 mai i547, un notaire de Céret fait savoir qu'il ne peut donner l'expédition de certain acte parce que « en l'any quoranta e dos son vinguts los Francesos en Ceret y han sequejada la vila y tofas las casas y las scripturas que's trobaven en Casa d*En Rocha, sogre de ell. » (Arch. des Pyr.-Or. B. 4^7, fol. 17a).

une place principale qui fut décorée d'une fontaine surmontée d'un lion acculé. Après l'annexion du Rous.<3iIlon à la France on y inscrivit cette légende :

Léo factus est Gallus, venite Ceretenscs !

Le Lion s'est fait Coq (ou Gaulois),

venez, habitants de Géret !

Cette fontaine porte le nom de Font dels non raigs, à cause des jieuf issues qu'elle donne à son eau.

Les cloches de l'église datent du moyen âge : lo Seny vell (1) fut fondu en 1318; quant à la Pérellona, elle fut fondue au XV^ siècle, sous la domination féodale des sires de Pérellos. Le maître-autel est une des œuvres les plus remarquables du sculpteur Boher, de Villefranche; il fut exécuté en 1809. L'église a été agrandie à plusieurs reprises aux XVII® et XVllI*^ siècles. Le portail à arc brisé, mais sans linteau ni tympan, est fort curieux; il est daté de 1398.

Le couvent des Capucins, dont les bâtisses existent encore, avait été fondé en 1581. En 1648, les Carmes vinrent à leur tour établir une maison à Céret avec le droit d'enseigner. La guerre ne tarda pas à éclater entre les moines des deux ordres. Les Capucins, aidés de quelques fortes têtes de la ville, demandaient l'expulsion des Carmes, mais ceux-ci, très têtus, soutinrent vaillamment la lutte. La Révolution vint qui mit tout le monde d'accord en supprimant Carmes et Capucins.

Les promenades de Céret, ombragées de beaux platanes, sont tracées sur l'emplacement des anciens fossés ; les vieux remparts, flanqués de tours, se montrent encore en plusieurs endroits. Le Barri est l'endroit le plus fréquenté de la ville (2).

Céret est la patrie d'Anglada, l'auteur célèbre du Traité des eaux minérales du département des Pyrénées-

(i) Seny;, eloche. En vieux français, sing a la même sig-nification. On dit encore aujourd'hui, les petits sings^ battre le sing.

(aj Le mot barrium, qui appartient à la basse latinité, et le mot catalan barri, qui en est tire, désignent ordinairement les murs et remparts d'une ville ; souvent, ils désignent des pâtés de maisons construites à une faible distance du fossé, et alors ils ont le sens de faubourg.

Orientales. Né le 18 octobre 1775, il mounit à Montpellier le 19 décembre 1833, au moment même où il faisait imprimer son livre. Il avait professé avec la plus grande distinction la chimie et la médecine légale à la célèbre faculté de cette ville.

Le Pont de Céret. — Ce pont est une des curiosités du pays et il est classé, avec juste raison, parmi les monuments historiques. Il n'a qu'une seule arche, d'une hardiesse inouïe. Avec le pont de Brioude, lequel n'existe plus, le pont de Céret était le plus grand et le plus curieux de l'ancienne France. L'ouverture de l'arche a 45™45<^ ; sa largeur est de 4™; la distance de sa clef de voûte au niveau des eaux ordinaires est de 22™30<^. On ne peut guère lui comparer aujourd'hui que l'arche du pont jeté sur le Verdon, sous la ville de Castellane (Alpes-Maritimes) (1). Plusieurs archéologues ont prétendu que notre pont remonte à l'époque romaine, à raison de sa forme en plein-cintre ; mais l'architecture gothique ne méconnut point ce genre d'arceau, témoins divers édifices du moyen âge où on le voit employé avec l'ogive. Notre savant ami Salsas a d'ailleurs péremptoirement démontré que le pont fut construit en 1321. Le travail avait été entrepris aux frais de la ville de Céret, mais diverses communes du Haut Vallespir contribuèrent pécuniairement à l'achèvement de cette œuvre magistrale. « Le Pont neuf » récemment construit pour le service de la voie ferrée est très beau et ne fait point mauvaise figure à côté du « Pont vieux ».

Anciennement, dit la légende, Céret ne communiquait avec la rive gauche du Tech qu'au moyen d'une simple passerelle de planches posées sur de gros cailloux. Au moindre orage, les eaux emportaient ce pont rudimentaire. Il vint un jour aux Cérétans une idée fort natu- j relie : faire un pont solide en maçonnerie ; mais les rives

(i) La muse populaire lui îi dédié cette correnda:

Ay ! AdéUt Pont de Céret ; Estas fet tôt d'ana arcada, De la mar à Canigo No te véus qu'una végada.

du Tech étant fort escarpées, à quel endroit le construîrait-on? On manda lés ingénieui-s du pays qui, après une sérieuse inspection des lieux, déclarèrent le projet irréalisable. L'un d'eux, pourtant, après bien des hésitations, alléché par la grosse somme offerte, se chargea de l'entreprise et prit l'engagement de la mener à bonne fin dans un an. Notre ingénieur dressa les plans, tandis que les habitants se mirent en mesure de réunir l'aident promis. Les travaux commencèrent et furent poussés rondement. Bientôt les deux culées se dressèrent au Grau d'Exala. Les charpentiers établissaient l'échafaudage de la voûte. Malheur! Un gros orage survint qui fît déborder le fleuve de ses rives ; les eaux emportèrent culées et échafaudage ! Les Gérétans, très contrariés, crièrent contre l'ingénieur qui, cependant, n'eut pas de peine à leur faire comprendre qu'il n'y avait pas de sa faute. Pour se remettre à l'ouvrage il demanda cinq mille ducats de plus. 11 les eut. Six mois après, le poni enjambait le Tech avec son grand arc de pierre ; en une semaine tout allait être fini. Les Gérétans jubilaient et félicitaient l'ingénieur. Tout à coup, on entend un terrible et long craquement : les claies de l'échafaudage se rompent, la voûte s'écroule ; plus de pont ! La colère des Gérétans fut à son comble. Ils accusèrent l'ingénieur — et cette fois probablement avec raison — d'être l'auteur de tout le mal et lui signifièrent, par la bouche de leurs consuls, qu'il eût à relever le pont dans le délai de six mois, et cela sans nouvel appel à leur bourse, sinon ils le pendraient haut et court.

Le pauvre ingénieur se remit à l'œuvre ; ce qu'il trima et sua, Dieu seul le sait. Gepiendant le jour fixé, jour fatal, approchait. La veille tout allait bien ; quelques coups de truelle à donner par ci par là, et le pont était achevé. Mais de larges nuages se traînent sur les cimes du Boularic, puis descendent dans la vallée ; un vent froid, rapide, violent se précipite et tourne dans la plaine ; le tonnerre gronde, les éclairs déchirent les nuages : c'est un orage, bne tempête, une trombe d'eau I Le fleuve descend à grand bruit, se gonfle, ronge ses rives, emporte tout ce qui lui fait obstacle. Le pont de Céret n'est déjà plus! — L'ingénieur désespéré prit la fuite

par les sentiers de la montagne. Tout à coup une espèce d'homme, grand, maigre, sec, le saisit par le bras.

— (1 Où vas-tu ? D

— « Que t'importe ; laisse-moi passer. 7>

— « Je sais qui tu es et je veux te sauver. »

— c( Et toi, qui es-tu ? »

— « Que t'importe; lais.se-moi faire Ce soir, à n)inuit, le pont sera relevé; seulement, je mets comme condition que tu me livreras le premier vivant qui le traversera. J>

L'ingénieur tressaillit de frayeur ; reconstniire le pont en quelques heures ! Le Diable seul était capable d'un pareil effort.

— « Eh bien, que dis-tu de cela ? »

— (( J'accepte», murmura l'ingénieur.

Aussitôt une forte odeur de soufre se répandit dans l'air et l'homme disparut; cet homme, c'était bien le Diable -en personne.

Lui parti, l'ingénieur regagna furtivement sa demeure à la faveur des ténèbres. Là, il se mit à réfléchir sur son aventure. Que faire ? Vers onze heures, alors que tout reposait dans le silence de la nuit, il sortit de chez lui et se dirigea vers le Tech ; il portait sur le dos un sac de toile, dont le Diable lui-même n'aurait point deviné le contenu. D'ailleurs celui-ci était fort occupé en ce moment. En effet, fidèle à la parole donnée, il travaillait avec ardeur à la reconstruction du pont , entassant les matériaux avec une habileté digne d'un maître maçon. Notre ingénieur le vit et se blottit derrière un rocher de la rive. Onze heures et demie ! La voûte maintenant se dessinait sous les pâles rayons de la lune qui venait de monter sur la crête de l'Albère. Minuit sonne ! Aussitôt notre ingénieur, qui s'était mis au bout du pont, ouvre le sac d'où s'échappe un gros chat noir dont la queue traîne une casserole de fer. Le Diable posait la dernière pierre, la clé de voûte ; il la laisse échapper pour mettre la main sur ce premier passant, qu'il prend pour un chevalier faisant sonner son armure. « Trompé, trahi », s'écria-t-il. en saisissant le matou 1 Et il disparut, laissant le pont inachevé II est resté tel, car tout le savoir des ingénieurs n'a pu réussir à fixer la pierre qui manque.

EiNVIRONS DE GERET

Les environs de Céret sont des plus agréables. Depuis 1866, époque où on creusa un nouveau canal qui n'arrose pas moins de 1400 hectares de terrain, la production a presque doublé. Les vergers qui croissent sur la montagne voisine, en plein vent, produisent des fruits excellents qui mûrissent de très bonne heure. Les cerises et les noisettes de cette région sont très renommées. Notons ici que Céret est à 170 mètres au-dessus du niveau de la mer et que le climat y est doux et sain.

1« La Nontagne de Céret. — Le Boularic ou Bularie, Font-Fréda et le /?az-i\fowc/iez constituent ce qu'on appelle quelquefois « la montagne de Céret ». On peut gagner ces hauteurs par un sentier qui passe au Mas Garol et aux belles carrières de marbre statuaire, malheureusement sans débouché faute de chemin. A partir des carrières le sentier travei-se les terres cultivées et on entre dans le Bois de la Ville, qui se compose de châtaigniers, plantés depuis une soixantaine d'années pour remplacer les hêtres et les sapins que L'avidité des habitants de Céret avait coupés ou arrachés Dans ces derniers temps le Génie militai le a construit un chemin stratégique qui rend très facile l'ascension du Boularic.

Le Bois de la Ville occupe une étendue considérable et va Jusqu'à la frontière, au Pic de Raz-Mouchez, qui est à 1440 mètres d'altitude ; le Boularic n'a que 1035 mètres. Entre le Boularic et la masse du Raz-Mouchez se trouve le pic de Fovl-Fréda, qui est un peu plus élevé. Jl y avait autrefois ici une glacière qui fournissait de la glace à Céret pendant l'été. De là le nom de Pou de la Néu (Puits de la Neige) qu'on donne à cet endroit. Ce qu'on appelle Prat de Bitern est un lieu délicieux, où les hruxas du pays viennent tenir le sabbat. Du Raz-Mouchez on peut facilement gagner le Perlhus par un chemin mal tracé, mais très pittoresque. On descend à Nashua Senyora de tas Salinas, en Espagne, et on rentre en France une demi-heure après pour gagner le petit village

de Las Illas. On y passe tant bien que mal la nuit et le lendemain on prend la crête des montaj^nes. On franchit le col del Portell, on laisse à jçauclie Hiunojruès avec ses forêts de lièjïes, et on ne tarde pas à voirie Fort de Bellegarde qui s*avance en forme de promontoire dans le territoire espagnol. Nous avons <léjà conduit le touriste dans cette région ; nous lui conseillons de faire Texcursion dans le sens que nous venons d'indiquer. 11 faut avoir effectué ce trajet pour se faire une idée du magnifique aspect de ces montagnes, d'où Ton porte ses regards tout ensemble sur la France et sur l'Espagne.

2^ De Céret à TÉcluse. — Le trajet de Géretà l'Ecluse est de 7 kilomètres et demi. C'est une des promenades les plus agréables qui puissent se faire dans ce joli coin du département. 11 y a des massifs de verdure et des sous-bois qui donnent une sensation de bien-être inoubliable. A moitié chemin environ de Céret à Maureillas, le touriste apercevra, à gauche, l'ancienne chapelle del Carner, plus tard appelée de Saint-Georges, aujourd'hui à peu près délaissée. Là se livra, en 1674, un furieux combat dont le souvenir n'est pas oncore effacé de la mémoire des habitants du Vallespir. Us ignorent les détails de la lutte, mais ils vous diront (jue les cavaliers furent précipités du haut des berges du Tech et que, de Maureillas, on vint en corvée ensevelir les héros décédés de la journée.

30 L'Ermitage de Saint-FerréoL - Le voyageur curieux doit faire un pèlerinage à Saint-I^'erréol. Cet ermitage est situé sur une colline de la rive gauche du Tech (300 m. d'alt.) à 5 kil. Nord de Céret. Saint Ferréol fut, dit-on, un chef de voleurs. Il lui plut un beau jour de se faire honnête homme, et, pour expier les crimes de sa vie passée et mettre sa conscience en repos, il imagina une mortification qui vaut bien celle des coups de lannière métalli({ue en usage parmi les moines de l'ancien temps. Ferréol se faisait enfermer dans un tonneau hérissé de clous à l'intérieur, et que l'on roulait ensuite du haut en bas de la colline. On le béatifia. Il est considéré aujourd'hui comme le second patron de Céret,

Saint-Pierre occupant le premier rang. On assure que les gens de mauvaise compagnie viennent le vénérer ; c'est une calomnie; mais ce qui est certain, c'est que beaucoup de boiteux et d'estropiés accourent à l'ermitage dans l'espoir d'une guérison radicale.

L'ermitage de Saint-Fer réol est un des plus fréquentés de notre pays, qui en possède tant. Pendant la fête locale de Géret, on y vient en grand nombre et, le 18 septembre, l'un des jours de cette fête, il y a foire, danses et messe en musique. — Le dimanche qui suit, a lieu à Géret, dans un vaste enclos, une course de taureaux qui a la prétention de ressembler à celles qu'on donne en Espagne. Il est facile de se convaincre ici que les habitants de nos montagnes, et même ceux de la plaine, prennent assez de plaisir à ce genre de spectacle dont les voyageurs français ont tant médit.

A côté de Saint-Ferréol passe la route que nous avons déjà trouvée à Terrats, à Fourques et à Llauro.

4** Saint'PauL — G'est une charmante villa assise sur la rive gauche du Tech, dans un site délicieux, et enfouie dans la verdure et les fleurs. On a retrouvé dans les environs des débris de l'époque romaine ; rien d'étonnant à cela ; tout porte à croire, en effet, que les Romains connaissaient les points les plus élevés de la vallée du Tech, et le chemin qui, de leur temps, montait aux bains d'Arles et de la Preste, passait sous la villa de M. de Bruguère. Nous avons dit plus haut que « le vieux pont de Géret » date de 1321 ; mais, bien antérieurement, il en existait un précisément tout près de la villa Saint- Paul; on en voit encore les ruines. — Pendant le moyen âge nous voyons souvent cités des individus qui se disent originaires de Saint-Paul, « paroisse de Saint-Pierre de Géret et territoire de Reyners ». La chapelle de Saint- Paul, à laquelle était joint un cimetière avec rpielques maisons attenantes, formait, en effet, ce qu'on appelle un vehinat de Reyners, qui, lui-même, dépendait de la paroisse de Géret. Au XV^ siècle la seigneurie de Saint-Paul était entre les mains de l'illustre famille de Rocaberti.

La fête de la chapelle se célèbre le jour de l'octave de Saint- Paul. Les habitants des environs y viennent en

foule. Ils ont Thabitude d'y apporter force lx)udins qu'ils font cuire en plein vent, ce qui a fait surnommer la chapelle Sant Pau de las Bouliffaras. On rapi)e]le aussi Sant PfiLU dels Ambistadors, à cause du grand nombre de promesses de maria«(e qui s'y faisaient.

AMELIE-LES-BAINS

33 kil. d*Elne, 8 kil. de Céret, 38 kil. de Perpic^nan.

En sortant de la jçare de Céret, la voie ferrée s'engage dans la haute vallée du a Vallespir )). A l'endroit connu sous les noms de « La Cabanasse b et a Pont de Heynès », elle repasse sur la rive gauche du Tech, laisse le Vilar, traverse sur un haut viaduc le gros torrent dit « la Ui vière Ample », regagne, de là, la rive droite à la Forge de las AmaSy puis de nouveau la rive gauche par un grand pont, à quelques centaines de mètres avant d'arriver à Amélie.

Cette petite ville de 1400 habitants, qu'on appela longtemps « Bains d'Arles » ou a Bains-sur- Tech », prit, en 1840, le nom de la reine Amélie. Ce lieu a été connu des Anciens, mais on ignore comment ils l'appelaient. On a découvert à différentes reprises dans le sol d'Amélie de nombreuses médailles impériales et, en dernier lieu, un four à briques, des meules à grains et des poteries romaines. — Les thermes antiques furent délaissés à l'époque de l'invasion des Barbares ; Charlemagne les donna, vers la fin du Ville siècle, aux Hénédictins d'Arles. Ils restèrent entre les mains de ces moines jusqu'à la Révolution, puis ils devinrent la propriété de la commune d'Arles, qui les vendit, en 1813, à Herniabessière père. « La ville des Bains d'Arles » avait, à cette époque, pris une certaine extension.

Dans les grandes améliorations qu'il apporta à l'établissement, Hermabessière s'étudia à conserver ce qui restait de l'Antiquité. Cette partie consiste dans la grande salle de l'établissement actuel des Thermes romains. C'est là que se trouvaient le lavacrum et la piscine où Ton pouvait se livrer à la natation. Dans le voisinage de l'établissement on a trouvé d'autres substru étions, telles que les murs

de Tancienne église, — probablement du XII« siècle — lesquels ont dû appartenir aux thermes antiques, les restes d'un aqueduc taillé en partie dans le roc vif de la montagne et qui, semble-t-il, amenait à rétablissement les eaux du Montdoni, où l'on voit encore le mur de barrage qui retenait ces eaux au niveau du canal. C'est à ce barrage qu'on donne, fort bizarrement, le nom de Cascade d'Amiihal,

Aux Thermes romains vinrent se joindre les Thermes Pujade et V Hôpital militaire. Ensemble, ils font d'Amélie une des stations thermales les plus importantes de France.

U Etablissement des Thermes romains appelé aussi Thermes Péreire se compose de « la Salle romaine » qui offre, sur son pourtour, 22 cabinets de bains et douches, et d'une nouvelle salle, de construction assez élégante, qui contient, au rez-de-chaussée : des cabinets de douches, une grande piscine, une salle d'hydrothérapie, un bain de cercle, un bain de siège et à eau courante, une étuve sèche et une petite piscine de famille. Au premier étage on trouve une nouvelle galerie de bains, la salle d'inhalation, la salle de pulvérisation et le bain d'étuve. — Dans la Salle romaine on a construit, au-dessus des cabinets de bains, une galerie qui communique avec le premier étage de la maison d'habitation et qui constitue un promenoir très utile et très fréquenté pendant les journées froides et pluvieuses de l'hiver.

Les bains et les douches de l'établissement sont alimentés par deux sources qui sont :

1" La source du Petit Escaldadou (1), dont la température est de 62" c. et la sulfu ration 0 g. 0117 ;

2^ La source ou Bassin de réfrigération^ dont la température est de 60'^ c. et la sulfuration 0 g. 0017.

Les Buvettes sont : le Manjolet, le Petit Manjolet et les Ramai }is

La source Manjolet., très glairineuse, a une température de 39» c. et une sulfuration de 0 g. 0110 ;

(i) Ce mol vient du vorlx' catalan escti/f/ar qni signifie « échaiider ». Escaldadoiiy « cMidroit où l'on éciiaude quelque chose »,

Cette source, dont le débit est assez faible (4.683 litres par 24 heures) a une température et une sulfurât ion inférieures aux sources situées plus bas. a Klle n'en est pas moins, dit le D»" G. Van Merris, la plus réputée et la plus anciennement fréquentée de toutes. Les malades s'y rendent en remontant la colline par un chemin en lacet partant des jardins de rétablissement, et cette ascension forcée contribue, peut-être à sa manière, à renforcer la vertu salutaire de Teau. Quoi qu'il en soit, elle jouit d'une grande et légitime réputation pour les bronchites chroniques et toutes les maladies catarrhales de l'appareil respiratoire. »

La source du Petit Manjolet et la source des Rom a m h sont situées dans les jardins des Thermes, à quelques mètres au-dessous du Grand Escaldadou et du Potit Escaldadou, La température du Petit Manjolet et des Romains est de 44» c. et 46» c; leur sulfuration se rapproche de celle du Grand Escaldadou^ qui est de 0,011 7.

Le vallon de Manjolet s'étend à l'Ouest de rétablissement avec ses beaux jardins.

L'Etablissement Pujade, commencé en 1840, s'élève sur la partie la plus haute du village, à l'extrémité de la gorge étroite du Montdoni, et au pied des escarpements d'une montagne appelée Serrât d'en Merle. Bâti en amphithéâtre et pour ainsi dire adossé aux sources qui l'alimentent, il présente un aspect vraiment magnifique. Au premier coup d'œil, il semble n'être formé que par un seul corps de logis de cinq étages d'élévation ; mais il se compose, en réalité, de deux édifices parfaitement distincts. Le premier est VHôtel ; l'autre, formé de deux constructions superposées, constitue les Thermes proprement dits.

La maison des Thermes comprend 20 cabinets de bains répartis dans deux galeries superposées, aliuientées par des sources différentes ; les piscines à eau courante, au nombre de deux ; les salles d'bydrothéra{)ie, au nombre de deux aussi ; une salle de humage en commun compienant quatre cabines d'inhalation particulière avec douche révulsive; enfin une salle de pulvérisation. Tout cela a été refait ou nouvellement installé en 1897, à la suite de grandes améliorations qui ont fait de ce bel établis-

sèment Pu jade une des maisons les plus pittoresques, les plus agréables et les mieux aménagées qui puissent se trouver dans une station thermale.

La galerie supérieure des bains, connue sous le nom de Galerie des Dames, est alimentée par les sources Amélie et Glairineuse qui se mêlent, à leur sortie du roc, dans un réservoir commun. C'est au-dessus du griffon de ces sources qu'on a établi le cabinet dans lequel on administre les bains d'étuves. La source Arago, dont la température est 60® c. et la sulfuration 0 g. 015, fournit l'eau des cabinets de bains et de douches de la galerie inférieure qui porte le nom de Galerie Arago. La source Anglada est une des sources qui alimentent la piscine ; sa température est de 59« c. et sa sulfuration de 0 g. 012.

Les Buvettes sont au nombre de cinq et forment, d'après leur situation, deux groupes distincts.

La plus fréquentée de l'établissement est La Pascalone ; elle est située au bord du Montdoni, sur un point assez éloigné des autres. Sa température est de 43o c. et sa sulfuration de 0 g. 013.

V Etahlissement militaire est situé sur la rive droite du Montdoni, en face des Thermes romains ; il est relié à la rive gauche par un beau pont de trois arches précédé d'un viaduc. Les eaux qui l'alimentent franchissent une distance de 376 mètres et n'ont rien perdu de leur propriété, du griffon aux bains. Les thermes sont adossés au bâtiment du milieu et alimentés par la source du Grand Escaldadou, située derrière l'Etablissement Péreire, mais appartenant à l'Etat. Cette source est la plus alx)ndanle d'Amélie ; son débit est évalué à 576.0l00 litres d'eau par heure. La température est de 61 «25.

c( L'Hôpital militaire » d'Amélie est certainement le plus beau et surtout le plus utile que nous ayons en France : avec ses dépendances, son parc et son jardin, il occupe une étendue de 6 hectares; il peut contenir 400 soldats et 80 officiers. Trois belles casernes entourées d'allées de platanes occupent une grande partie de la terrasse qui domine la gorge du Montdoni et la route de Perpignan. Ce bel établissement a été construit sur les plans de Puiggari, officier du génie, avec le concours

de François, ingénieur des mines. Il est ouvert depuis l'année 1855.

Les eaux d'Amélie sont à base de sulfure de sodium et appartiennent, par conséquent, à la classe des sulfurées sadiques ou naturelles. Elles sont caractérisées par une thermalité élevée, une sulfuration moyenne, une alcalinité très prononcée et, enfin, par une altérabilité très grande. Prises à leur source, elles sont limpides et incolores. Elles ont une' odeur d'œufs couvés très manifeste, qui augmente par l'exposition à l'air et qui disparait au bout d'un certain temps. Leur température varie, suivant les sources, de 36 à 64 degrés centigrades. On j)eut évaluer à 0.30 ou 0.35 centigrades la quantité des substances minérales qu'elles contiennent par litre.

Elle.s sont employées pour les dermathoses et diatbèsês herpétiques, les affections catarrbales des voies respira toires, la bronchite chronique ou catarrhe bronchite, la congestion pulmonaire chronique, l'asthme, la laryngite et pharyngite chroniques, la phthisie pulmonaire, les affections scrofuleuses, les affections syphilitiques, les affections utérines, les paralysies, les affections catarrhales des voies urinaires, les affections chirurgicales.

Amélie est dans un site délicieux. Elle se développe sur la rive droite du Tech, au confluent de cette rivière et du Montdoni appelé aussi Rivière de Montalba, du nom d'une commune qu'elle arrose.

Amélie est donc parfaitement abritée par les montagnes qui la dominent et qui opposent une barrière infranchissable aux vents impétueux, à cette terrible Traniontana ou vent du Nord-Ouest qui désole si souvent les plaines du Roussillon et du Languedoc. Le vent du Nord-Est, venant de la mer remonte la vallée du Tech et arrive à Amélie, mais il est déjà dépouillé de son humidité, qui le rend si mauvais pour les habitants de la plaine. Seul, le vent chaud d'Espagne, qui fatigue et qui énerve, vient quelquefois déranger le climat incomparable de cette station thermale.

La température moyenne est de L^» 71 . Celle de l'hiver de 8° 2 ; celle du printemps 15» 71 ; celle de l'été 24» ;{ ; celle de l'automne 16*^ 1. La moyenne des jours de pluie est onze jours pour l'hiver, trente-deux pour le printemps,

seize pour Tété, douze pour l'automne ; enfin les variations (le la température ne sont ni aussi brusques ni aussi fréquentes que dans les stations thermales des Pyrénées occidentales.

Amélie est « une perle enchâssée au milieu des Pyrénées D, dit Artijçues. De toutes part ont suryi des habitations depuis trente ans. Gomme la ville n'a pas de territoire, il a fallu empiéter sur les communes de Palalda, Montboloet Arles. On donne le nom de « Petite Provence » à une lanjçue de terre comprise entre le Tech et les collines de Montbolo; elle s'étend sur une lonjçueur d'environ 3 kilomètres. Des chalets, des villas embellissent ce site charmant.

En soilant d'Amélie, la route suit la rive droite du Tèch, resserré entre deux hautes montag^nes. Elle fran- 'chit ensuite la rivière pour passer sur la, rive gauche. Elle est bordée d'arbres et de prairies à travers lesquelles serpentent de jolis petits ruisseaux d'eaux vives, et elle constitue une promenade fraîche, riante et pittoresque entre Amélie et Arles.

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