‹ Guide historique & pittoresque dans le Département des Pyrénées-OrientalesChapitre 33 sur 71 · ÉTABLISSEMENT THERMAL DE LA PRESTE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT THERMAL DE LA PRESTE

6 kil. de Prats-de-Mollo, 67 kil. de Perpignan.

De Prats-de-Mollo à la Preste on compte 6 kilomètres. La route, fort belle, est tracée sur la rive gauche du Tech, qu'elle suit parallèlement.

La haute vallée du Tech, comme celle de la Tet, est resserrée entre des escarpements élevés, tortueux, bossues, couverts d'arbres et de verdure qui oflrent une série de sites agréables.

En bas, de fertiles prairies occupent l'espace laissé libre par le fleuve. D'élégants peupliers, des noyers, des frênes élèvent leurs têtes superbes et verdoyantes ou allongent leurs bras tourmentés. Quelques coteaux en pleine culture ou couronnés de bois dominent souvent la route que nous suivons. Elle est coupée d'une infinité de torrents qui descendent des Esquerdas de Roja et du sommet de Très Vents, l'un des quatre grands pics du Ganigou. Le plus important est la Persigola. Les hameaux de la Persigola et de Saint-Sauveur sont assis au bord de ce tumultueux torrent ; le moulin de Greff'ull est situé à l'endroit même où il se jette dans le Tech. On fait quelque peu de farine à GrefTull ; d'autres moulins, oisifs aujourd'hui, ont servi « à retordre les filatures pour la fabrique des draps » ; d'autres, aussi délaissés, étaient des molinas ou scieries de bois. Le domaine forestier a tellement diminué, les fers étrangers et les draps du Nord sont si bon marché, que nos « pareurs » et nos a scieurs » ont dû fermer leurs usines.

La Preste est un tout petit hameau qui doit vraisemblablement son nom à la femme d'un propriétaire appelé En Presta. Il est question quelque part de las Torras d'En Presta, et sa femme Na Presta ou La Presta est citée en plusieurs documents du XV® siècle. Ce lieu s'appelait anciennement Las Ayades, C'est non loin du hameau que fut semée pour la première fois, en 1733, la pomme de terre blanche par une compagnie d'Allemands qui s'y était établie l'année précédente pour exploiter des mines de cuivre. De La Preste, le bienfaisant tubercule se répandit dans le reste de la province.

On aperçoit bientôt l'Etablissement thermal posé coquettement et d'une manière pittoresque sur un plateau élevé de 35 à 40 m. au-dessus du niveau des eaux de la rivière el à 1118 m. au-dessus des eaux de la mer.

La petite vallée de La Cadena^ très rétrécie, s'ouvre à côté de l'établissement qui se trouve ainsi au confluent de deux cours d'eau et à l'entrée de deux vallées. Les montagnes qui le dominent sont hautes, escarpées, peu boisées, et constituent une forme de bassin elliptique au fond duquel roule le Tech.

On a trouvé dans le lit de la rivière et à l'établis-

sèment même des restes de maçonnerie en blocage (pierres ou débris noyés dans du mortier ou du ciment) qui feraient supposer que les Romains avaient utilisé les eaux de La Preste. En tous cas, ces eaux ne sont pas mentionnées dans nos vieilles archives avant le XIV° siècle. (1)

En 1597, on voit lo roi d'Aragon donner à l'université ou commune de Prats-de-Mollo la inaisoriy Teau des bains et un terrain suffisant pour y semer une quartière de seigle, attenant à la dite maison. Cédée à la caisse d'amortissement en 1813, elle fut vendue la même année. Elle ne consistait alors qu'en une usine appelée (( Bains de La Preste ».

Un peu plus tard on construisit divers locaux, soit pour les baignoires ou douches, soit pour le logement des baigneurs. Mais c'était encore là un établissement tout modeste ; le nouveau est haut, long, vaste, très bien aménagé. Dans ce lieu désert, où semble finir le monde, on est tout étonné de rencontrer tout le confortable désirable. Les termes nouveaux comprennent, en effet, 35 baignoires en marbre, des appareils hydrothérapiques, une buvette, une salle d'inhalation, 200 chambres, 8 salons, un café avec billard, une salle de jeu et une bibliothèque où l'on passe d'agréables moments en compagnie d'Alphonse Daudet, de Gustave Aymard et autres charmants conteurs.

On distingue quatre sources à La Preste :

La Grande Source, 44» ;

La Source Chaude ou Bassa Calrnta, 43ol2 ;

La Source des Lépreux ou Bany des Mazells, (?) ;

La Source de la Fargassa, 31^25.

La première est la seule qui soit utilisée ; elle alimente la buvette et les bains.

Les eaux de La Preste sont sulfureuses, incolores, d'une limpidité remarquable et légèrement acidulés. L'odeur d'œufs couvés y est moins prononcée que dans la plupart des eaux sulfureuses. Cette odeur finit même

(i) Un document de i3a7 signale les Bains des Ayades, Balnea de Ayatis.

par se perdre lorsque l'eau a subi le contact de l'air pendant quelque temps On a observé que le degré sulphydrométrique de ces eaux s'abaisse de 25 ^jo après deux heures d'exposition à l'air et de 62 % après douze heures. Elles sont employées dans une foule de maladies, mais plus spécialement dans celles de la gravelle et du calcul vésical.

Analyse faite par ÂNGLÂDÂ de Teaa minérale de La Preste

Par litre. - ISSO. Gr.

Glairine 0,0103.

Hydro-sulfate de soude 0,0127.

Carbonate de soude 0,0397.

Carbonate de potasse traces. *

Sulfate de soude, après correction. . . 0,0206.

Chlorure de sodium 0,0014.

Silice 0,0421.

Carbonate de chaux 0,0009.

Sulfate de chaux 0,0007.

Carbonate de magnésie 0,0002.

Perte 0,0051.

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