PAR LA VOIE FERRÉE
Le chemin de fer de Perpignan à Villefranche-de- Gonflent remonte la rive droite de la Tet et parcourt un pays remarquable par la variété de ses produits agricoles qu'activent puissamment un soleil rarement voilé de nuages et une irrigation bien comprise, éléments indispensables pour une végétation luxuriante.
LE SOLER. — Ire Station.
8 kil. de Perpignan, 9 kil. de Millas.
Le Soler (1521 hab.) fait partie du canton de Millas. On voit encore des restes de son Château du moyen âge.
De cet endroit, la vue s'étend sur les- deux rives de la Tet : tous les villages que nous avons déjà visités sur la rive gauche s'alignent au milieu de la verdure. Un nouveau Soler s'est formé le long de la route nationale
n^* 116 ; là vit une population aisée, très travailleuse, adonnée à la culture de la vigne, qui couvre le territoire presque en entier.
A trois quarts d'heure environ, vers le Sud, s'élevait le monastère de VEula, dont il reste fort peu de chose ; c'est aujourd'hui la Métairie Hainaut. VEula était un prieuré de religieuses cisterciennes dépendant de l'abbaye de Poblet, au diocèse de Tarragone. Il donne signe d'existence en 1176; en 1363 la communauté obtint d'être transférée à Perpignan, à raison des courses fréquentes que les <k mauvaises compagnies » poussaient dans nos contrées.
SAINT-FELIU-D'AVALL. — 2^ Station.
i3 kii. de Perpignan, 4 kil. de Millas.
A peine avons-nous quitté le Soler que le train s'arrête à Saint-Féliu-d'Avall, qui est lui-même à une faible distance de Saint-Féliu-d'Amont. Ces deux communes paraissent remonter au IX^ siècle. Par lettrespatentes du mois d'avril 1680, Louis XIV érigea en comté les terres des deux Saint-Féliu en faveur de François Ros qui avait épousé Josèphe de Sorribes, héritière de la baronnie de Gabrenç, dans le Vallespir. Saint-Féliud'Avall est un gros village de 1400 habitants, en grande partie construit sur les deux côtés de la route nationale n® 116, comme le Soler. Son église, de style roman, a une abside polygonale dans le genre de celle de Sainte-Mariede-la-Mer. Elle mérite d'être visitée.
SAINT-FELIU-D'AMONT. - 3^ Station.
15 kil. de Perpignan, a kil. de Millas.
Saint-Féliu-d'Amont (446 hab.) possédait un monastère de chanoines de Saint-Ruf qui fut réuni au séminaire de Perpignan en 16^)9. La façade et la porte de l'église offrent quelque curiosité : nous reproduisons une
partie du portail. On remarquera aussi les vantaux, couverts d'ornements de serrurerie du Xlll" si/'cle, dont le dessin est en forme d'ardl>esques.
Ces deux Saint-F^liu sont situés sur la rive gauche et à une très faible distance de la Tel; leur territoire est traversé par de longs et profonds canaux de drainage qui amènent des eaux souterraines utilisées pour l'arrosage.
M[LLAS. — 4" Station.
17 kil. de I'ep|)ign80.
Millas est une petite ville dont la population s'élève à 2208 habitante. Elle est située pai-eillement sur la rive droite de la Tet, et en plein Riverai ; c'est le nom qu'on donne, dans les Pyrénées-Orientales, aux terrains qui bordent les rivière.s. Le canton de Millas, riche et productif, prend parliculièi-ement ce nom de Riverai. Le Régatiu comprend toutes les terres arrosées artificiel-
-aie -
lement. Le Régatiu de Thuir et le Régatiu de Perpignan doivent leur nom aux deux canaux qui^ partant d'Ille, projettent mille veines d'eau à travers les champs.
Millas est cité .pour la première fois en Tan 985 sous le nom Villa dé Milliariis,
La seigneurie du lieu appartenait, dès le XIII« siècle au moins, à la famille de Vernet (près de Perpignan), mais il y avait en outre certains droits féodaux possédés par divers seigneurs. En 1260, on voit les deux seigneurs, Pons de Vernet et Guillem-Hug de Serrallonga faire (( avec tout le peuple de la communauté de Millas d un accord au sujet du four banal. « Les deux seigneurs prirent à leur charge la construction et l'entretien du four destiné à la population, en se bornant à prendre pour droit du fournage un pain sur vingt ; ils devaient également y faire cuire gratuitement les formatjades, panades et flahons de tout le peuple de Millas. Les habitants conservaient d'ailleurs le droit d'avoir des fourneaux particuliers dans leurs maisons pour y faire cuire toute espèce de pain, sauf le pain de froment destiné à la vente (pa de fleca). En second lieu, les deux seigneurs, d'accord avec les habitants, établissaient un ban ou tarif d'amendes, et nommaient chacun un banner pour la répression des délits ou dommages commis dans les propriétés situées au territoire de Millas. Tout délinquant, qu'il fût de la ville ou étranger, devait d'abord restituer le dommage et payer ensuite le ban, ou bien entrer, pour un temps que ce deux prohomens de Millas » devaient déterminer, dans le costell ou carcan construit à frais communs par les deux seigneurs, qui devaient aussi se partager le produit des amendes et des justices. » (1) .
On remarquera qu'il n'est nullement question ici ni de consuls, ni de conseillei's. « La communauté de tout le peuple de Millas « se trouve représentée par cinq habitants qui prennent la qualité de pages et par huit autres qui ne portentaucune qualification. Ces derniers devaient être des gens de métiers ou de tout petits propriétaires. Quant au mot pages il désignait déjà en Roussillon tout proprié-
(i) Alart, Privilèges et titres relatifs aux franchises de Roussillon et de Cerdagney p. aaô et suiv.
taire rural et aussi, comme de nos jours, les grands propriétaires exploitant eux-mêmes leurs terres.
Dès le XIII® siècle, les habitants de Millas jouissaient d'importants privilèges. L'Infant Jacques y ajouta celui de ne pouvoir être jugés que par le jugé de leur ville ou par les délégués spéciaux du roi, et non par le viguier de Roussillon, et le droit de plaider, sans frais, devant ledit viguier ou tout autre juge royal. « Si un habitant de Millas commet un crime dans un autre territoire, sans que le bayle local puisse se saisir du délinquant, et si celui-ci rentre à Millas, le bayle de cette ville pourra seul le juger. En cas de poursuites pour dettes par la cour de Millas, même si le débiteur est condamné, ses cautions n'auront à payer aucun frais de justice. Enfin, le bayle de Millas ne pourra saisir ni les vêtements, ni les armes, ni le lit d'un habitant de cette ville poursuivi pour dettes )).
Millas était fortifié et l'on peut voir encore les restes de 'son enceinte. L'église actuelle de Sainte-Eulalie, vaste et haute, fut consacrée en 1625 ; elle remplaça une vieille église romane.
Sur la promenade publique jaillit une fontaine qui donne en abondance de l'eau excellente à boire ; cette Font-del-Rey est une des plus remarquables sources du département. La route nationale traverse la ville, qui a beaucoup d'animation, surtout le dimanche. Les cafés et les bals font, ce jour-là, une copieuse recette.
Força-RéaL — De Millas on monte en ligne droite à Força-Réal en une heure et demie, en passant par le Masde-la-Garigue. On traverse la Tet sur un grand pont de construction récente, on laisse à droite la vieille chapelle de Notre-Dame de Remède (Ermita de Nostra Senyora de Rémey)^ où commence le Chemin de grande communication n® 1 bis, que nous avons déjà parcouru le long de la rive gauche du fleuve. La montagne, couronnée parle Château qui lui a donné son nom, domine la vallée de l'Agli au Nord (côté de Montner et d'Estagell) et la vallée de la Tet au Sud.
Cette (n Forteresse Royale » a été construite après la réunion du comté de Roussillon à TAragon, c'est-à-dire
après 1172. Il est probable qu'elle date du rè^ne de Sanche de Majorque. Avant le XI V<^ siècle la montagne portait le nom de Puig de Montner (sommet noir, niger) qu'elle devait, soit au village bâti sur son versant Nord, «oit plutôt à l'aspect de sa cime schisteuse. Le Château fut un des derniers qui arborèrent la bannière d'Aragon lors de la chute du royaume de Majorque et, en 1389, il résista avec succès à diverses compagnies qui tentèrent d'en escalader les murs.
Aujourd'hui Força-Réal est un simple ermitage avec une chapelle dédiée à la Vierge, et ne conserve presque rien de ses anciennes fortifications. La chapelle date des dernières années de XVII« siècle. A une petite distance, et plus près des ruines du moyen âge, on verra une niche où était anciennement une madone vénérée sous le nom de a Notre-Dame-des-Neiges ». N'oublions pas de dire que ce sommet, qui est à 507 mètres d'altitude, offre, par sa position et l'étendue de la plaine qu'il domine, un des plus beaux points de vue du département ; aussi Méchain le prit-il pour point de triangulation, lorsqu'il vint ici faire les études destinées à déterminer la longueur du méridien terrestre.
A Millas passe le Chemin de grande communication N® 4 bis qui relie El ne à Estagel. Avant de descendre dans la vallée de l'Agi i, le chemin passe au Coll de la Batalla, déjà désigné par le nom de Camp de la Batalla en 1293. Nous ignorons à quoi ou à qui se rapporte cette dénomination bien faite pour intriguer l'historien.
Néfiach. — A 2 kilomètres à l'Ouest de Millas s'étale Néfiach (1187 hab.) qui n'a pas de station sur la voie ferrée. C'est vraiment regrettable, car le village est grand, propre et agréable. U alleu de Nisifiaco est cité pour la première fois en, 850. Son casirum ou força existait dès l'an 1274; il avait la forme d'un petit quadrilatère flanqué de tours rondes dont une seule est restée debout. Le groupe scolaire^ la mairie et l'église occupent la majeure partie de cet ancien Château ; car cette église, considérablement agrandie dans les temps modernes, n'était à l'origine qu'une petite chapelle dédiée à la Vierge ; elle
était très probal)lement antérieure à la construction du château.
Le canal d'arrosage date de 1163, époque où Pons d'Ille concéda à Artald de Gastelinou et à deux autres seigneurs de Miilas le droit de prendre six meules d*eau dans la Tet, au territoire de Regleille, et de les conduire à Miilas en pas^jant par Néfiach. — En face du village, sur la rive gauche de la Tet, se montrent des coteaux formés par des lits de coquilles fossiles entremêlées de couches de terre et de sable qui datent de l'époque pliocène. Parmi ces coquilles il faut citer le Pecten latirostatua, qui mesure 28 cent, de longueur sur 30 de largeur. On peut en voir des spécimens au Musée de Perpignan. Plus haut, et tout près du Mas de NaJulianti on trouvera une source saline sulfatée calcique très connue 'dans tout le pays.
ILLE. — 5e Station.
33 kil. de Perpignan, 9 kil. de Vinça, 18 kil. de Prades.
llle (3,415 hab.) est située sur la rive droite de la Tet et sur la rive gauche du Boules, torrent considérable que nous avons déjà vu sur les hauteurs de La Bastide et de Bellpuig.
Lorsque le nom d'Ille se montre pour la première fois dans nos chartes (IX^ siècle), c'est sous la forme d' Yla ou lia, et non pas sous celle â'Insula qu'on lui attribue plus tard. Par conséquent, llle ne signifie pas île, a espace de terre entouré d'eau de tous côtés », comme on le pense communément. Le mot lia ou Yla, dont nous ne connaissons pas la signification, appartient peut-être aux idiomes ibériens ; on retrouve ce nom sur plusieurs points de nos montagnes: nous avons vu près de Géret le village de Las Illas.
Il est peu de villes plus agréablement situées, et son territoire est certainement le plus fertile du département : fleurs, fruits, légumes, céréales, tout y vient avec une facilité et une abondance exceptionnelles ; malheureusement la Tet emporte souvent tous ces trésors, dévastant ces belles hortes où la veille s'étalaient de si belles récoltes.
Les pêches d'Ille sont d'un goût exquis ; elles ont beaucoup perdu de leur réputation depuis qu'on s'avise de les cueillir avant leur maturité, afin de pouvoir les exporter. — Cette petite ville possède des fabriques de chapeaux de feutre, des tanneries et des magnaneries.
Elle a de l'animation ; ses rues sont propres, mais étroites et tortueuses. On comprend vite qu'on se trouve dans une ville fortifiée du moyen âge ; elle garde encore, en effet, des pans longs et noirs des vieux remparts qui lui serraient les flancs. De ses anciennes portes, une seule est debout, derrière le chevet de l'église, à côté d'une pittoresque fontaine où l'on descend par des degrés (1). Les maisons se pressent et s'entassent, sombres mais élevées. Certes, la ville n'est pas coquette, mais elle n'est pas maussaae et présente un cachet original qu'on fera bien de lui conserver en respectant le désordre des petites rues.
L'église paroissiale de Saint-Etienne n'offre rien de bien remarquable, mais elle est vaste, élancée, avec une galerie intérieure ; la façade rappelle le style du XVII® siècle : elle fut inaugurée en 1697.
L'église de l'Hôpital est plus ancienne puisqu'elle date du commencement du XIII^ siècle. La construction en fut autorisée par l'évèque d'Elne, Bernard de Berga, en 1236, sur l'emplacement d'un terrain donné par Dona Maria d'ille, dont il est parlé dans l'inscription suivante :
ANNO DOMINI MCCLVIIII OBIIT DOMINA MARIA HOSPITALERIA DILA QVI EDIFIGAVIT HANC EGCLESIAM XVI KALENDAS AVGVSTI.
Uan du Seigneur i^59 est morte Dame Marie, hospitalière d'ille, qui a élevé cette église, le iO des calendes d'août.
L'inscription se trouve à l'entrée de l'église, dans l'ombre et coupée par une cloison. Dans l'intérieur, sur
(i) Dans un acte ancien on voit les fabriciens faire estimer deux maisons, dont l'une est située dans lo Carrer del Moli del OU et l'autre devant lo Portai de la Font y laquai afronta ab ditafahrica (l'église), ab lo Castell del Senyor Vescompte y ab lo Carrer de la Font.
— asile mur de droite el à côté d'une armoire pratiquée dans ce mur, on lira cette autre inscription :
ANNO DOMINI MCCLXXXXVIII IIII NÔNAS JANVARII OBIIT HIC lA CET DOMINA BIATRIX, VICECOMITISSA DE FONOLETO, QUE FVIT HOPISTALERIA HOSPITALIS DE INSVLA, ET DOMINA AVA, VICECOMITISSA DE CASTRO NOVO, HOS PITALERIA HOSPITALIS DE INSVLA.
Uan du Seigneur i298 {1299) et le 4 des nones de janvier est morte et repose ici Dame Béatrix, vicomtesse de Fonollet^ qui fut hospitalière de Vhôpital d'IllSy et dame Ave, vicomtesse de Castellnou, qui fut hospitalière de Vhôpital d'Ille,
« Le cadre est orné de rinceaux et de quatre écussons ; à gauche, en haut, une croix pleine, écu de la religion ; en bas, un échiqueté d'or et d'azur, armes de Fonollet, porté aussi par les vicomtes de Gastellnou, concurremment avec leur écusson parlant du château crénelé ; à droite, deux fois le lion d'or sur fond d'azur des vicomtes de Ganet. d (1)
C'est à tort qu'on a fait remonter aux premières années du Xlle siècle l'origine de l'hôpital d'Ille. [Annuaire des *P y renées-Orientales pour l'année 1834, p. 418). C'est une erreur d'un siècle, du moins d'après le résultat de nos recherches, car l'existence de Vhôpital des 'pauvres d'Ille n'est réellement constatée que par un acte de l'an 1217 (Archives de l'hôpital, parchemin B. 108).
L'église de la Rodona est à côté de l'Hôpital. On remarquera que son abside est polygonale. C'est un vieux monument roman qu'on a eu le tort de délaisser. Cette Noslra Senyora de la Rodona est, comme tant d'autres, un témoignage de l'ingratitude des populations catholiques à l'égard des sanctuaires où leurs ancêtres avaient prié, souffert et vécu ; il n'est pas besoin d'être un croyant
(i) Epigraphie roussillonnaisej par L. de Bonnefoy, p. 297,
in-éiluctible pour déplorer de pareils aliandons. Le 3 août on fête Sant Esteva à Ilie ; mais c'est la Rudona qui en était la mère, la protectrice, a de Itla proteciora j>.
Sur la route nationale et vis-à-vis de l'emplacement de l'ancienne porte de la Crèti, l'une des portes de l'enceinte fortifiée, le voyafjeur verra une croix de pierre du W" siècle sur laquelle se lit le nom de Pierre Toreda (Père Toreda), qui lit les frais de ce petit monument (en 1447). Les sculptures sont éléj^ntes et appartiennent au style <rotliique fleuri.
La mairie possède quelques documents intéressants, mais les archives de l'hôpital sont d'une richesse peu commune ; c'est une très belle collection de parchemins.
Sanche, roî de Majorque, éri^rea la terre d'Ille en vicomte, en faveur de Pierre de Fenouillet ou Fonollet, en 1314. Ce Pierre épousa Esclarmonde, héritière de la
vicomte de Ganet, et, par là, ces deux vicomtes se trouvèrent réunies dans la même main, a II le fut toujours possédée par des seigneui's particuliers, dit Alart, mais son passé municipal offre l'exemple, unique en Roussillon, de l'intervention de la classe nobiliaire dans l'administration de certaines affaires communales. )) C'est ainsi qu'on les rencontre parmi les administrateurs de l'hôpital. Alart ajoute que « les hôpitaux et aumônes communes du Roussillon furent toujours considérés comme des propriétés communales et administrés comme tels, même lorsqu'ils avaient été fondés par des souverains comme l'hôpital de Perpignan ». 11 en était de même pour l'hôpital d'Ille, et une charte de l'évêque d'Elne, de juin 1229, déclarait que l'administrateur devait être élu par le seigneur, a les prohomens de la ville » et par le chapelain ou curé. Cependant, dès la fin du XIII^ siècle, on voit comme administrateurs de cet établissement hospitalier, le seigneur d'Ille, « les nobles et donzels » de la ville et les consuls.
En 1597 trois mille Calvinistes entrèrent dans Ille et pénétrèrent jusqu'à l'église où les habitants s'étaient retranchés. Le combat fut opiniâtre et dura deux heures. Les assaillants, exposés aux coups* partis du retranchement, aux pierres et aux tuiles lancées des toits par les femmes et les enfants, furent obligés de se retirer en désordre, laissant les rues jonchées de leurs morts. En 1639, les habitants se défendirent énergiquement contre la division espagnole commandée par don Juan de Garay, la même qui ravagea le territoire de Corneillade-la-Rivière et incendia l'église de cette commune. En 1640, la ville se souleva contre le gouvernement espagnol et ouvrit ses portes au prince de Gondé. Quelques troupes sorties de Perpignan vinrent l'assiéger, mais elle résista avec succès. On voit bien, par ce que nous venons de dire, que les habitants d'Ille ont toujours résisté vaillamment à ceux qui sont venus pour les soumettre ; c'est un titre de gloire dont les descendants peuvent se vanter.