‹ Guide historique & pittoresque dans le Département des Pyrénées-OrientalesChapitre 41 sur 71 · DE VILLEFRAMCHE AU VERNET · texte numérisé non relu

DE VILLEFRAMCHE AU VERNET

PAR LE CHEMIN DE GRANDE COMMUNICATION N» 3 his.

CORNEILL A-DE-GON FLEN T

9 kil. de Prades, 5o kil. de Perpignan.

Les abords de la vallée du Riii Major ou du Vernet s'annoncent d'une manière remarquable en sortant des fortifications avancées de Villefrancbe. La route traverse, pendant quelque temps, une gor>?e des plus resserrées que bordent, à droite et à gauche, des montajçnes élevées et coupées à pic. Bientôt ces montagnes s'écartent et s'abaissent insensiblement ; parvenues au point de leur plus grand écartement, elles s'infléchissent de nouveau, converçeant à mesure qu'elles se relèvent, et vont s'implanter dans les flancs mêmes du C4anigou.

Le sol de cette charmante vallée se relève peu à peu, lui aussi, jusqu'au village de Gorneilla, où la route conduit par de douces pentes ; il se déploie ensuite à peu près sur un même plan jusqu'au Vernet, en oftVant l'agrément d'une riche perspective que décorent de tous côtés de riantes prairies, des cultures variées, de nombreux vergers, des bouquets d'arbres disséminés çà et là. Des eaux limpides courent dans les canaux d'arrosage et vont distribuer de toutes parts la fraîcheur et la fertilité.

Gorneilla est situé au confluent des deux vallons de Saint- Vincent et de Fil lois, qui dévalent directement dii

Pic du Ganigou. Ce Gorneilla est dit de Confient pour le distinguer de Corneilla-del-Bercol et de Corneilla-de-la- Rivière, situés tous deux* dans la plaine du département et que nous avons déjà visités.

La première mention du village remonte à l'an 950. Les comtes de Cerdagne affectionnèrent beaucoup cet endroit ; ils y élevèrent un palais, qui fut donné plus tard au prieuré de chanoines de Saint- Augustin fondé tout auprès vers Tan 1098.

Ce qu'on appelle le Cloître se tient avec Téglise ; ce n'est qu'une simple terrasse couverte par un appentis que soutiennent de loin en loin des piliers carrés sans caractère architectonique. Sur le mur on peut lire plusieurs inscriptions, notamment celle d'Erinengaud de Llupia. Ce personnage, qui appartient à une des plus grandes familles du Roussillon, mourut à Bages en 1311, sur les domaines de sa seigneurie; par disposition testamentaire il avait choisi le monastère de Gorneilla pour lieu de sépulture. Une autre inscription, datée de 1319, est l'épitaplie de Raymond, prieur du monastère de Sa'nite- Marie de Gorneilla.

Entre le Palan, et le Cloître se trouve l'église de Notre-Dame. On l'a classée parmi les monuments historiques, et c'est un honneur qui lui était bien dû, car son j)ortail en marbre blanc est fort remarquable. Dans le tympan, on a gravé l'inscription suivante :

HeREDES vite DOMINAM LAVDARE VENITE PER QVAM VITA DATVR MVNDVS PER

[EAM REPARATUR.

(0 vous qui êtes en vie, venez louer Celle par qui la vie est donnée^ Celle par qui le monde est régénéré).

L'intérieur de l'église se compose de trois nefs. Le retable du maître-autel, en marbre blanc, est un bel ouvrage de sculpture, qui reproduit diverses scènes de la vie de Jésus-Christ ; il fut exécuté en 1345 par un artiste catalan, Cascall de Berga. 11 fut déplacé pendant la Révolution puis remis en place par un maçon qui brouilla tout, ainsi que le prouve le désordre de l'inscription.

Dans le collatéral de droite se voit un tombeau arqué dont l'inscription est perdue, et, dans le pavé de la nef.

deux pierres tombales modeines. — Le marbre encastré dans le mur extérieur du clocher, près de terre, est de l'an 1334 : il servait d'épi taphe au tombeau de Pierre de Fornols, de Gorneilla, et de son épouse Ferraria.

Le clocher est carré, solide comme une forteresse ; il est de la même famille que celui de Saint-Michel-de- Guxa. L'abside présente tout à la fois un caractère d'éléjjance et de solidité peu communes. L'ensemble du monument donne l'impression d'une construction remontant à la fin du Xll^ siècle.

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