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LE CANIGOU

La chaîne des Pyrénées se relève à l'Est du piton qui porte le Fort de Bellegarde, monte insensiblement aii Boularic (1035 m.), au Roc de France (1432 m.) et se dirige vers Saint-Laurent-de-Cerdans, où ses flancs sont boisés. De là, elle passe à la Serra de Bordellat^ d'où Ton aperçoit le haut cours de la Muga et tout une mer de pics et de mamelons grisâtres qui vont en s'estompant vers le Sud, à perte de vue. Les cols de la Muga, de las Falgueras, de Malrems, des Ares, le Coll Prégon la coupent de dépressions aux pentes douces, gazonnées, humides ; puis elle va rejoindre le Roc Gouloum (2500 m .)? d'où se détache l'énorme éperon de la Serra dite Las Esquerdas de Roja, qui se gonfle et s'épanouit pour former le Ganigou, dont le principal pic s'élève à l'altitude de 2785 m. (1) Nous connaissons déjà tout ce pays, que nous avons parcouru en visitant la haute vallée du Tech.

Le Ganigou a été considéré pendant longtemps comme la montagne la plus élevée du département des Pyrénées-Orientales. Aujourd'hui il cède le pas au Pic de Garlit, qui est à 2921 m. d'alt., et au Puig Mal, qui est à 2909 m. ; mais, comme ces deux sommets se trouvent l'un

(i) C'est bien à tort que les géographes considèrent le Pic de Costabona (2464 m.) comme point d'attache du Ganigou à la chaîne

Svrénéenne. Oéologiquement et géographiqaement parlant , ce point attache est au Rock Colom ou. Couloum^qm est a 3 kil. à rOue>t du Pic de Costabona.

Tautre confondus au milieu d'une lonjçue suite de montajînes dont les racines sont déjà à une hauteur très considérable, il semble impossible, à première vue, qu'ils soient aussi élevés que le Cani^^ou, qui lui, est, en effet, majestueusement assis dans la plaine, seul, isolé, s'élèvant au-dessus de ses voisins d'une façon si imj)osante qu'il semble être a le dominateur de toute la contrée ».

Il est Ta me du Roussillon ; sans lui, que seraient nos rivières principales, le Tech et la TeV! Il leur donne tout ce qu'il a jusqii'à épuisement de ses fontaines. Cette masse de neige qui le couvrait en hiver, il nous la rend en eau pendant l'été.

Du Vernet on peut atteindre facilement « le Pic du Canigou » par deux côtés différents (1).

lo Gastell et la Vallée de Gadi ;

2o La Vallée de Taurinya et la forêt de Balat^ ;

Nous avons déjà signalé ailleurs deux autres chemins pour atteindre le fameux Pic :

1® La Vallée du Lentilla, Ballestavi ou Velmanya et le Coll dels Cortalets ;

2° La petite vallée de la Persigola (Haute Vallée du Tech), le Plade la Molijia, le Pla Guillem et la Haute Vallée de Gadi.

\^ Du Vernet au Pic du Canigou par Casteli

et la Vallée de Cadi. — A partir du village de Gastell nous suivons le chemin qui remonte le ravin de Jou, chemin mauvais, encaissé entre deux masses rocheuses, mais un peu égayé par les touffes d'aulnes et de

( i) L'orthographe catalane est « Canigô ». Dès l'an 876, il est ques lion de cette montagne appelée Mans Canigonis ou Canejonis. Un document qui doit être rapporté à l'an io4o environ, parlant de l'abbaye de Saint-Martin, dit qu'elle est située « au pied du très célèbre et très renommé Mont Canigou », celeberrimi et nominatifsimi Montis Canigonis. — Selon quelques historiens du Roussillon, le mol Canigou dériverait du latin Canum jugum (Sommet blanc) ; mais cette étymologie nous paraît fort hasardée. Il est plus probable, en effet, qu'il faut voir dans le préhxe Cana ou Can un mot d'une langue très ancienne, et qui sitçniHe « pierre »; il a, par conséquent, la même signification que Quer ou Car, qui, associé à des noms latins ou romans, a donné Qaeroig, Querol ou Carol, Querigut ou mieux Queragut, etc. La ville de Canicosa^ en Espagne, doit

peupliers qui bordent le ravin. Cependant rhorizon s'élargit à mesure que nous approchons du Col de Jou (1128 mètres d'altitude). La végétation ici est de petite poussée ; c'est à peine si quelques lambeaux de prairies verdissent les bords du ravin qui coule en bas, sous nos pieds. Du haut du col de Jou on voit la Tour de Goa se profiler sur l'azur du ciel. Le chemin monte en faisant un grand lacet qui aboutit au Col du Cheval-Mort, sorte de brèche qui nous donne accès dans le vallon de Cadi. Nous laissons à droite le sentier qui monte au Pla Guillem et nous allons passer devant les cabanes du Render entourées de petits champs ; puis, après trois heures et demie de marche, nous atteignons les pâturages de Marialles, où se trouve une maison forestière inhabitée. C'est ici un lieu de repos fort agréable., d'où l'on peut contempler la belle cascade que forment les eaux de la rivière de Cadi. Sur la vaste pelouse gazonnée de Marialles se répandent des bestiaux qui égaient cette solitude. — En face de nous (direction Nord-Est), s'ouvre une large conque qui se divise en deux profonds fossés : dans l'un, à droite (direction Sud-Est), dévale le torrent de la Llapoudère, dont les eaux viennent du Pla Guillem ; dans l'autre, à gauche (direction du Nord-Ouest) saute en cascade la rivière de Cadi, dont les eaux sortent des flancs mêmes du Canigou. A l'endroit où finissent ces deux vallées, nous franchissons la Llapoudère et nous remontons les pentes de la rive gauche du torrent qui coule un peu loin de nous. Nous voici au Collet Vert, d'où nous revoyons le joli plateau de Marialles qui s'étend maintenant en bas, à notre gauche. En face, la muraille du Canigou barre l'horizon ; à nos pieds se creuse le lit

son nom aux masses de calcaire qui l'entourent. A cette même origine il faut rapporter le nom de CanavellOf qui désigne une crête ( Serrât de la Canavelld) des environs du village de Las lUas et voisin d'un endroit rocheux appelé Las Queras. Le nom du village de Canavellas (aujourd'hui Cana veilles) n'est peut-être que le mêmeinotmis au pluriel. - Un autre mot très ancien a la même signification ; c'est canta ou cantal ; d'ailleurs, il sert encore à désigner « une grosse pierre », en catalan. Canta apparaît dans Canta rana (Hocher de la grenouille). Canta perdiu (Rocher 4e la perdrix», Canta llops (Rocher des loiips), etc.

du torrent de Cadi dont nous nous étions éloignés aU pont de la Llapoadère et que nous rejoignons pour le laisser de nouveau, car le sentier, après Ta voir traversé, monte encore sur les pentes de la rive droite, s'en éloigne, puis s'en rapproche de nouveau. Il faut avoir fait ce chemin seul pour se faire une idée de la solitude qui règne dans cette haute vallée, enfermée entre deux crêtes monotones qui la dominent de plus de 500 mètres. Certains endroits sont gazonnés, verdoyants, ombreux, pleins de fraîcheur. Les eaux du torrent sont d'une pureté admirable ; mais la plupart des arbres sont malades ; ils tordent leurs branches mutilées, témoignant ainsi de la lutte qu'ils soutiennent contre les ouragans et le poids de la neige qui les couvre en hiver. Quelques-uns sont morts et desséchés, à jamais vaincus. Un peu plus haut, non loin des ruines d'une baraque, les blancs cadavres de hêtres jonchent le sol, victimes d'un incendie. Nous sommes au Pla de Cadi ; nous n'avons pas mis moins de cinq heures pour l'atteindre. L'altitude ici est de 2350 mètres. C'est la limite de la végétation arborescente, car c'est à peine si l'on trouve au-dessus quelques sujets rabougris, tels que le genêt, le rhododendron, le genévrier et la bruyère commune, qui se montrent sur les flancs déboisés du Pic de Quasemi (2422 mètres), lequel nous cache le Pic du Canigou, dont il est le prolongement. Le Pla de Cadi est nu, attristé par un immense champ de roches granitiques qui s'étend jusqu'à « la Cheminée », couloir étroit ayant une pente de 42 degrés. Nous mettons près de deux heures pour arriver au Pic. Nous avons donc mis sept heures environ pour faire l'ascension. A droite, nous avons laissé la Brèche Durier, récemment ouverte pour faire communiquer la vallée de Cadi avec la vallée de Balatg ou de Taurinya.

Le sommet de la fameuse montagne n'a guère que 8 mètres de long sur 5 de large ; il est formé par la rencontre de deux arêtes : l'une s'abaissant rapidement vers le Nord-Est (Pic Barbet), l'autre se dirigeant vers le Nord, en se maintenant d'abord à la même hauteur pour plonger ensuite tout à coup dans la plaine. L'arête orientale donne au Canigou, vu de la plaine, l'apparence d'une montagne terminée par un double sommet. Les deux

arêtes sont formées de couches de micaschiste redressées verticalement et coupées sous tous les anjçles imaginables par des filons de quartz d'une éclatante blancheur. Cette roche se (lésajirèji:e sous l'influence des aj^enls atmosphériques: le Ganigou diminue ainsi de hauteur. Le sommet surplombe des escarpements verticaux qui plongent dans un véritable gouffre où la neige persiste tout Télé. Là sont les premiers naissants de la rivière de Taurinya.

En dehoi*s de ces couches de micaschiste du sommet, le Ganigou forme une masse granitoïde l'eposant sur un immense gisement de minerais de fer ; ces minerais, composés de fer spathique, d'hématite brune et de fer oligiste, sont intercalés dans du calcaire saccharoïde blanc supeiposé au granit ou même enclavé dans cette roche.

Du haut du Pic du Ganigou la vue est incomparable.

Le touriste, s'il regarde immédiatement sous ses pieds, aperçoit de noirs abîmes, de redoutables précipices, de grandes taches de neige, des lacs aux eaux glacées et limpides. S'il porte les yeux autour de lui, il voit se dérouler un horizon immense où figurent, dans un admirable panorama dont la Méditerranée forme le second plan, les plaines de l'Ampurdan, les champs de la Gatalogne, une longue suite de monts pyrénéens, les vastes plaines du Roussi lion, les nombreux vallons des Aspres qui sortent des flancs orientaux du Titan dont nous avons gravi les épaules, et ondulent vei^s le Tech, la Méditerranée et la Tet. Là-bas, vers le Nord-Est, dans le lointain, sur un rayon de cinquante lieues, s'aperçoivent les points les [)lus découverts de nos départements méridionaux. (1)

G'est au Pic de Très Vents (2763 m.) qu'il faut monter si l'on veut bien voir au Sud la chaîne principale des Pyrénées (ju'il dérobe à la vue du touriste placé au Pic du Ganigou. Son altitude et le panorama qui s'étend

(i) L'astroiiomp de Zach prétend avoir vu le Ganigou des hauteurs de Notre-Danie-de La-Garde, à Marseille. M Ch. Martins l*a aperçu d'une manière très distincte, au rouclier du soleil, des bords de la mer, près d'Aii^iies-Mortes, à la distance de i8o kilomètres. Quelq*iefois il est visible de la Promenade du Peyrou, à Montpellier, et des hauteurs voisines de Barcelone.

PUEiJC LÎBRÂRï.

A&TOR, LENOX AND TilDlN F0UNDATI0N8.

autour de lui ont fait du Canigou un point géodésique de premier ordre : le sommet du dernier triangle de la méridienne de France et du premier de celle de TEspa^ne.

Il est rare que la callina ou hàle ne vienne pas déranger le touriste qui a fait l'ascension du Pic. Cette espèce de fumée rougeâtre, qui enveloppe tous les objets, rend indécis les contours des montagnes et brouille tout en quelque sorte, est encore un phénomène inexpliqué, mais bien réel.

[Si on veut aller du Vernet au Pla Guillem, on prend le chemin que nous avons suivi jusqu'au pont de la Llapoudère. Là, il faut obliquer à droite. Le sentier monte sur les pentes qui dévalent dans le ravin ; cette vallée est très étroite, très resserrée et très froide : la neiffe couvre presque constamment les crêtes qui la dominent. Le rla Guillem est assez semblable à un immense tapis de billard de 900 mètres de long'ueur sur autant de largeur. Ici le ^azon est épais et serré ; il est parsemé de trèfle de montagne que la douce saveur de sa racine fait nommer réglisse, de renoncules et de gentianes aux corolles azurées. Dans les parties récemment abandonnées par les neiges on distingue de jolies androsaces et un séneçon à feuillet blanches et veloutées. Les isards traversent quelquefois avec une rapidité sans égale ces prairies naturelles où ils trouvent une ample et savoureuse pâture.

Auprès d'une « jasse » abandon )ée, on trouvera une fontaine, la Font Freda (Fontaine froide, appelée aussi Font de la Perdiu (Fontaine la Perdrix).]

2> Ascension du Canigou par la forêt de Balatg* — C'est presque une agréable promenade, — pour un touriste exercé s'entend. — Soit que l'on vienne de Taurinya, soit que Ton vienne de Fillols, on rejoint au Col de Millères une route carrossable, en lacets, qui grimpe vers la montagne. Le pays, d'abord monotone et sec, devient frais et gai, car le chemin, taillé à pic sur le flanc de la masse rocheuse est ombra^^é par de gros pins. 11 tourne et se tord plusieurs fois, et le paysage change presque à chaque pas. La vue, à gauche, est d'un grandiose achevé : les vallées de Taurinya et de Prades se déroulent en bas ; plus loin, les montagnes de Nohèdes et de Glariana, étincelantes de lumière, ferment l'horizon.

Nous montons, sans crainte des précipices aff'reux qui creusent sinistrement la vallée, car le chemin est bon, et

bientôt nous atteignons la jolie maison forestière de Balatg^ entourée de bois ombreux et de fontaines |>lacées. On peut passer la nuit ici, si Ton a eu soin d'en obtenir Tautorisation de Tadministration forestière ; le lendemain, vers 2 heures du matin, on se remet en marche, en suivant le joli sentier qui monte entre le Roc Mosquit et la crête de Balatg. 11 va au Coll dels Cortalets^ où s'élève le Clialet Hôtel, admirablement placé, dominant la plaine du Roussillon, ses montagnes et la mer. C'est une bien heureuse idée qu'a eue notre section roussillonnaise du Club Alpin d'établir ici ce chalet tant désiré : on pourra maintenant, grâce à lui, faire l'ascension du Canigou dans des conditions ce humaines » et agréables, car la montée par Gadi est éieintante, puisqu'il faut la faire tout d'une traite, à moins que l'on ne couche à la belle étoile ou dans une baraque de berger, véritable lieu de supplice pour un homme qui n'a pas l'habitude de vivre avec la vermine. — Le Coll dels CoHalels nous permet d'entrer facilement dans le Clôt dels Estanyols, sorte de fosse gigantesque dont le fond est un glacier. D'ici, le Pic du Ganigou, que nous avons à notre droite, est inabordable. G'est pour en rendre l'accès facile qu'on a ouvert la Brèche Durier ; elle permet de rejoindre c( la Gheminée », dans la Haute Vallée de Gadi.

MONTANYAS REGALADAS (1).

La muse populaire catalane du Roussillon doit au Ganigou sa plus gracieuse, sa plus touchante inspiration : Montcuiyas regaladas ! Ge chant est aussi inhérent au pays que le sol même ; a il n'est pas un seul habitant qui n'en chantât à l'instant Tair, à défaut des paroles». La

(i) Il est tpès-difficile de traduire en français l'adjectif rejaladaa qui exprime tout ensemble l'idée -de bonheur, de richesse, d'açrément et de fraîcheur. — On disait anciennement en catalan — et on dit peut-être encore — Las Montamjas del Canigô^ appellation qui correspond au mot « ri^çion » ou mieux encore « massif du Canie^ou». Le Caniu^ou n'est pas en effet une simple montagne ou un simple mont; ses nombreux pics, ses diverses vallées avec leurs forets, leurs cortnh et leurs villae^es, en font un petit monde ou topt au moins une rt'gion bien caractérisée,

musique est un véritable ranz «que tout Houssillonnais éloigné de sa petite patrie, ne saui*ait entendre sans la plus vive émotion ; elle se distingue par une «lavité, une sorte d'ingénuité qui la mettent fort au-<iessus de totis les autres chants nationaux. » Monianyan regalada^y c'est le Roussillon, c'est m le Pays » !

Monta nyas reçaladas Son las del Canigô Que tôt l*istiu flore xen, Primavera v lardor.

Dâti-me Famor, mihyona.

Dàu-me lo vostre amor.

Tardor y primavera En tôt tems y a flor ; Ht florexen las rosas, Clabells de tôt color.

Dàu-me l'amor, minyona, Dâume lo vostre amor.

N*hi a una donrelleta Qtie'm te robal lo cor ; Es ben fêta de talla, Primadeta de cos.

Dâu-me l'amor, minyona, Dâu-me lo vostre amor.

Mira 11 que la compara A néu del Cani^ô ; Miràu vos li la cara :

Blanca es com un cotô.

JJâu-me l'amor, minyona, Dâu-me lo vostre amor.

Ten las dens boniquetas, La boca de pinyô, Las cillas ramadetas, L'ull nègre y matadô.

Dâu-me l'amor, minyona, Dàu-me lo vostre amor.

(Des mo7itagncs agréables sont bictt celles du Canigou qui fleurissent tout Vété, penda^it le printemps et pe7idant Vautomne. — Donne-moi Vamour, jeune fille ^ donne-^noi ton amour.

Pendant Vautomne et pendant le printemps il y a des fl^eurs; les roses y fleurissent^ et aussi les œillets dç

toute couleur. — Donne-moi VamouVy jeune fille, donne-moi ton amour.

Il est une petite donzelle qui m'a ravi le cœur ; elle est bien faite de taille et mincette de corps, — Donnemoi Vamoury jeune fille, donne-moi ton amour.

On la compare à la neige du Canigou ; regardezlui la figure blanche comme du coton. — Donne-moi Vamoury jeune fille, donne-moi ton amour.

Elle a des dents joliettesy une bouche en forme de pignon, des sourcils épais, un œil noir et meurtrier. — Donne-moi Vamour, jeune fille, donne-moi ton amour.)

On ignore absolument à quelle époque a été composée cette gracieuse chanson.

LO PARDAL.

La musique de Zo Pardal (le Moineau) se fait remarquer par une facture originale toute particulière et par un changement continuel de mesure, qui se renouvelle huit fois dans le courant du couplet, sans nuire au charme de l'ensemble.

£n voici maintenant le texte :

Una cançoneta nova

Vo la dire {bis) Del Pardal quant se cotxava

Sol tôronger {bis).

Lo Pardal quant se cotxava

Feya ramor, Per mirar s*il sentiria

Lo séu amor.

Lo séu amor es dins cambra

Que no sent res, Sino 10 mossô de casa,

Lo traginer.

De la finestra mes alta

Li va pariar :

« Las onze horas son sonadas,

« Ves te cotxar. »

— « No me cotxi pas encara

« Vaig de cami.

(( Sô fet una prometencia

(( A Sant-Maçi. »

Quant â Sanl-Magi va ser.

Va supplicar Que pugues tomar en ses terras

rcr festejar

Tres^alanes que ténia

Eix aucellet :

Marianna, Petronilla,

Isabelet.

Eixa cansoneta nova

Qui trcU l'ha ?

Es un jove de la plana,

Gentil Roinà.

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