LE MOINEAU
[Je VOUS dirai une chansonnette nouvelle celle du Moineau quand il se couchait sur Voranger,
Le MoineaUy quand il se couchait^ chantait pour voir si son amour V entendrait.
Son amour est dans la chambre et n'entend rien, si ce n'est le domestique de la maison, le muletier.
De la plus haute croisée il lui parla ainsi : « Onze (( heures sont sonnées ; va te coucher, »
— a Je ne me couche pas encore ; je vais en voyage. « J'ai fait un vœu à Saint-Magi. d
Quand il arriva à Saint-Magi, il demanda avec prières de retourner dans son pays pour y courtiser
Trois belles qu'il avait : Marianne, Petronille et Isabeau,
Cette chansonnette nouvelle, qui l'a composée 9 Cest un jeune gars de la plaine, le gentil Romain).
LES GOIGS.
Les goigs sont des a joies », louanges ou cantiques en l'honneur des Saints ou de la Vierge. Les plus connus en Roussillon et en Cerdagne sont ceux de Nostra Senyora de Font-Roméu (à Font-Romeu), del glorios Sant- Galderic(k l'église Saint^Jean de Perpignan principalement), dels sants Abdon y Sennen (à Arles), de Nostra Senyora dels Roser (dans un grand nombre d'églises du département). Les Goigs dels Ous (Cantiques des Œufs) en l'honor de la Verge Maria del Mon se chantent à
peu près partout dans le pays. Ce chant, très ancien d'ailleurs, paraît avoir été composé pour le renouvellement de Tannée qui, parmi nous, a longtemps commencé à la fête de Pâques. On le chante dans les rues, et pendant la nuit, la veille de celte jçrande fête. L'Un des chanteurs porte une corbeille (cistellaj dans laquelle il met les œufs et autres victuailles qu'on veut bien lui donner.
Un contraste assez sinj^ulier existe entre la musique adaptée aux chansons et celle qui est appropriée aux danses du pays; pendant que la première se distini^ue par une douce mollesse et une langueur amoureuse, l'autre est toute de pétulance.