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On part de Formi^ères vers 5 heures du matin et Ton monte par la*forêt des Angles pour atteindre la Font de Bigorre, laissant à gauche le village des Angles, et à droite la petite vallée de Valsère, où dort l'étang que nous avons déjà visité. Tout le pays montagneux et escarpé que travei-se le Lladure s'aperçoit très distinctement. Nous sortons de la foret pour entrer dans le plateau Lloret, dont nous descendons les pentes douces, gazonnées, portant quelques vieux pins, restes d'une futaie jadis plus étendue. A notre droite, le Pic d'Aude (2,328 m.), le Roc d'Aude (2,377 m.) lèvent leurs tètes grises ; nous descendons maintenant sur la rive du gave, à quelques pas au-dessous du lac.
Le fleuve court vers l'Est, mais il ne tarde pas à se heurter à la masse énorme d'un plateau dont le rebord se dresse devant lui comme une véritable muraille. Il change alors sa direction première et tourne brusquement au Nord, encore bien modeste cours d'eau, puis, il descend dans les pâturages des Angles, où nous l'avons déjà vu se promener et s'attarder avec une nonchalance qui d'ailleurs n'est que momentanée.
Pour rentrer à Formiguères, nous montons vers le Nord, laissant à droite le Roc d'Aude en le contournant, et nous descendons à l'étang de la Balmeta^ où nous trouvons le sentier qui vient des Bouillouses. Ce sentier descend dans la vallée de Valsère. Quoique le retour soit beaucoup plus long que l'aller, on peut très bien être rentré à Formiguères à sept heures du soir.
MATEMALE
II kil. de Mont-Louis, 4? h''^ de Prades, 8y kil. de Perpignan,
4 kil. de Formig^uères.
On va de Formiguères à Matemale en trois quarts d'heure par un bon chemin qui se détache de la route nationale. Le village est assis sur les deux rives de l'Aude, et il est divisé en trois parties : Barri d'Amont et Barri d'Avall sur la rive gauche, dans un trou froid, Barri de délia VAygua sur un petit plateau exposé au car-
canet ; ce dernier "faubourg" doit son nom à sa situation " au-delà de Teau ". Le Barri d^ Amont est adossé à un mamelon qu'on appelle lo CastelL II est question du " vieux château de Matamala '' en 1774. Ces trois barris ou faubourgs constituent un villaj^e de 400 habitants. Le nom de Matamala vient, disent-ils, de ce que le pays était jadis habité par les bêtes féroces dont les hurlements, surtout pendant la nuit, jetaient l'épouvante dans le village. La Mata mala a disparu.
Nous avons vu ici des vieilles coiflures de femmes, hetche, toucadou ou cascarinet. En général, les Capcinoises sont bien corsetées ; le corsage est bien serré sur les bras ; la jupe ou gonella est longue et très bien plissée à la ceinture ; la guimpe ou palilla orne le devant du corsage, qui est en drap ou en soie de nuances diverses. L'antique capuchon à crochet a été conservé.
L'église est à une seule nef, avec voûte surbaissée ; la porte latérale est très ancienne, à voussoirs épais ; on y voit les clés de Saint Pierre dans un écu entouré d'une corde.
Créu, qui est situé à un kilomètre au-dessous de Matemale, a été un village; il avait une tour, qui est en ruines. Le tout situé sur un mamelon de la rive droite de l'Aude : on ne saurait rien imaginer de plus triste.