APERÇU HISTORIQUE VII
ils pillaient les cités ou les campagnes abandonnées par leurs défenseurs. C'est probablement à cette époque qu'il faut placer le rétablissement de l'enceinte primitive qui restreignit les dimensions de la ville afin de pouvoir mieux la défendre contre l'ennemi.
Lorsque Solomon, lieutenant et successeur du grand Bélisaire, le vainqueur des Vandales à Tricaméron en 533, fit une expédition dans l'Aurès pour réprimer les incursions des Maures Berbères, il trouva Thamugadi détruite et incendiée par eux (535) dans l'espérance d'empêcher les Byzantins de s'y installer. Mais le général de Justinien avait pour principe de semer des garnisons sur tous les points stratégiques du pays et, comme à Cuicul, à Théveste, à Madaure, à Tubunœ, à Sétifi etc., il construisit une forteresse.
Des monastères et des églises chrétiennes furent édifiés avec les matériaux antiques romains, sans respecter même le dallage des voies ; il en fut aussi érigé en dehors de la ville.
Après cent ans d'une tranquillité à peu près complète dont avait joui l'Afrique [fin du VIe siècle et première moitié du VIIe), le patrice Grégoire, le dernier gouverneur byzantin, est vaincu et tué près de Gabès par le pacha d'Egypte, Abd- Allah ibn-Sad. Aux Byzantins, comme défenseurs de l'Afrique contre l'invasion musulmane , succèdent les Berbères de l'Aurès conduits par la Kahenna, qui défait les troupes du célèbre marabout Sidi Okba et lui ôte la vie. Les Maures et les Grecs réunis sont encore victorieux des Arabes à la journée de la Meskiana (6g8), mais la fortune trahit enfin la Kahenna dont l'arabe Kaled extermine les armées.
C'est donc. de la fin du VIIe siècle ou des premiers jours du VIIIe que date la ruine de Thamugadi dontProcope est le seul, parmi les historiens de l'antiquité, à nous dire quelques mots, et encore pour nous parler de sa destruction par les Maures lors de l'approche de Solomon. Les Berbères campèrent alors sur ses décombres.
VIII APERÇU HISTORIQIK
Mais l'antique cité de Trajan fut ensuite désertée, ses murs renversés, ses monuments incendiés. Les colonnes de ses édifices, abattues par des tremblements de terre, jonchèrent le sol de leurs débris ; les pluies entraînèrent vers la ville les terres de la colline qui la dominait, et la végétation envahit ces ruines, qui demeurèrent pendant dou\e siècles ignorées du monde civilisé.
Il était réservé au service des monuments historiques ( i ) de tirer de l'oubli ces restés merveilleux, pour le déblai desquels les pouvoirs publics n'ont cessé, depuis plusieurs années, de voter les crédits nécessaires.
(i) C'est M. Duthoit, un architecte d'Amiens du plus grand mérite, qui commença les fouilles de Timgad, sous le contrôle de M. E. Boeswilhvald, inspecteur général du service. Elles se poursuivent maintenant sous notre direction, et M. P. Boeswilhvald a succédé à son regretté père, comme inspecteur général.