‹ Guide illustré du sylviculteur canadien [microforme]Chapitre 7 sur 116 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DEVOIRS DES INDUSTRIELS, MARCHANDS DE BOIS ET AUTRES, POUR LA CONSERVATION DES FORÊTS.

Les gouvernements, en agissant d’après les principes énoncés dans le chapitre précédent, imposeraient aux industriels des obligations que ceux-ci devraient, dans leur propre intérêt, remplir quand bien même elles n'auraient pas force de loi.

Pour faire mieux comprendre ce que j'entends par ces obligations, je vais citer l'exemple d’une maison qui fait le commerce de bois depuis trente ans, et qui exploite ses limites d’une manière fort intelligente, comme on va

le voir.

Lorsque la maison a commencé ses affaires, elle a posé en principe de ne couper que le bois d’une grosseur diterminée, sans jamais toucher à un arbre n'ayant pas cette grosseur. Un autre principe qu'elle a mis en pratique a été de ne jamais couper plusieurs années de suite au même endroit, et de laisser s’écouler au moins

dix ans avant d'y revenir. Elle a aussi fait faire, par ses

employés, une espèce de police de conservation, consis. tant à surveiller les chasseurs, etc., en autant que la chose est possible.

Le résultat est qu'aujourd'hui ses limites à bois sont presque aussi riches qu’elles l’étaient il y a trente ans. Au lieu d’avoir à acheter ou louer de nouveaux terrains, comme sont continuellement obligés de le faire les imprévoyants de cette classe, elle a amplement de quoi approvisionner ses scieries sans sortir de ses limites. Elle est libre et indépendante chez elle, exploitant avec grand succès des terrains qui, traités de cette,manière, constituent une source presque inépuisable de profits.

Eh bien ! ce que fait cette maison, que tous le fassent ! Ce qui est possible pour elle est possible pour les autres. Que tous les marchands de bois se donnent la main pour ne couper que le bois d'un pied de diamètre, pour donner au bois le temps de repousser et de grossir sur leurs limites. Qu'ils aident les garües forestiers à prévenir les déprédations et les incendies, et leur action, jointe à celle du gouvernement, produira un bon effet immédiat.

Une des principales objections que font certains marchands de bois, e’est qu'ils n’ont pas assez de contrôle sur leurs employés pour obtenir l'exécution de ce prooeramme. Cette objection ne me semble pas plausible. Que les industriels inculquent fortement. leurs idées à leurs premiers employés et les tiennent responsables de leur mise à exécution, et tout ira bien. La vérité est que, à venir jusqu'à présent, on a été, dans cette branche de commerce, d'une incurie incroyable d'où résultent les plus grands des maux que nous combattons.

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