‹ Guide illustrée du Musée d'AvenchesChapitre 17 sur 51 · HANGAR SERVANT D'ANNEXE AU MUSEE · texte numérisé non relu

HANGAR SERVANT D'ANNEXE AU MUSEE

En sortant de la tour du musée, le visiteur traversera la terrasse et trouvera à gauche un chemin gravelé descendant, au pied des hémicycles qui ont servi jadis d'appui au mur de l'amphithéâtre, jusqu'à une petite terrasse dominant la route de Morat, sur laquelle on a aménagé un hangar dont l'aspect lumineux et moderne contraste avec les locaux primitifs et sombres de la tour du musée. C'est là qu'on a placé depuis une dizaine d'années les gros marbres, mis au jour lors des dernières fouilles, et que la salle du rez-de-chaussée du musée, déjà encombrée de blocs forts lourds, ne pouvait abriter.

A droite, en entrant : Briques ayant fait partie du tombeau d'un enfant, trouvé dans les fouilles du théâtre et que l'on n'a malheureusement pas pu reconstituer. Un tombeau analogue, découvert à St-Maurice dans la cour du Martolet et restauré dans le petit musée de l'abbaye, pourra servir de point de comparaison.

Fragments de chapiteaux corinthiens et deux chapiteaux corinthiens complets. La sculpture en est pareille à celle des chapiteaux de la salle I. Remarquez un petit autel analogue comme forme et dimensions à l'autel des carrefours décrit à la salle I. Il porte la même inscription : Bivis, Trivis, Quadrivis (Voyez seconde partie n° 29).

Chapiteau composite provenant tlu théâtre. — Ce chapiteau a été découvert en mars 1899 dans les fouilles de

l'association Pro Aventico, au théâtre, sur l'emplacement de la scène et à peu de distance de l'axe médian du théâtre. On s'est trouvé, à cet endroit, sur un sol non encore fouillé, tandis que partout, dans les environs, la terre avait déjà été remuée.

La structure de ce chapiteau est celle des chapiteaux corinthiens, mais le décor le classe parmi les fragments d'architecture d'ordre composite. En effet, le pourtour supérieur des quatre faces présente, sur chaque face, un évasement, soit la courbe qui, dans la règle, remplace, sur le chapiteau corinthien, la ligne droite du dorique. A la partie inférieure on trouve les deux rangées de feuilles d'acanthe, qui ne sont toutefois qu'épannelées. et ne présentent, par conséquent, aucun détail. Au-dessus, la partie médiane et concave de la face est occupée par un buste auquel ses longs cheveux donnent une apparence plus ou moins féminine, mais qui paraît être celui d'Apollon. Aux quatre angles, sous la ligne de jonction des faces, se voit un aigle à mi-vol, la tête tournée à gauche, dont les ailes occupent la place des volutes corinthiennes.

La sculpture de ce chapiteau, qui porte un caractère de décadence, ne parait avoir été achevée, ou du moins travaillée, que sur trois côtés ; le quatrième côté est demeuré intentionnellement inachevé, car les acanthes et la figure n'y sont représentés que par des blocs à peine dégrossis. Le troisième côté a été, en revanche, détérioré par l'action de l'eau.

Ces observations nous amènent à cette conclusion probable que ce chapiteau devait être placé sur une colonne du mur de scène du théâtre, en face des spectateurs ; la face postérieure aurait pu alors demeurer inachevée, puisqu'elle n'aurait pas été visible.

Le fait qu'il a été retrouvé seul et intact, peut-être laissé inachevé sur le chantier, s'expliquerait si on suppose, comme M. Mayor, qu'il devait servir à en remplacer un autre, ou que l'une des invasions des peuples alémaniques ait occasionné l'abandon des travaux commencés.

Il semble enfin ressortir de la présence, sur la face supérieure du chapiteau, d'une rainure transversale, qu'il

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devait supporter un entablement de bois, ladite rainure ayant été pratiquée pour emboîter une solive.

Fragments de pilastres et de colonnes cannelées. A gauche : Bases de pilastres provenant du théâtre, énormes (lm12, l'"40 et 88 cm.).

Chapiteaux de pilastres mesurant jusqu'à lm75 de long, décorés de feuilles imbriquées, provenant du théâtre.

Au-dessus, fragment de corniche sculptée, présentant une urne accostée de deux taureaux, motif semblable à ceux étudiés plus haut. Mais ce fragment a l'avantage d'être plus intact.

Buste «le maure : ce sont les armes d'Avenches, et cette sculpture est la plus ancienne de celles portant cette effigie (Mayor, Archives héraldiques suisses, année 1897). Le bas-relief représente le Maure en buste, de face, coiffé d'un bandeau étroit noué au-dessus de l'oreille droite, les cheveux crépus formant d'épaisses touffes sur les tempes. Cette sculpture est de peu antérieure au xve siècle, époque à laquelle M. Mayor attribue le grand sceau de la ville portant la même figure de Maure. Ce relief était peint, le visage et les cheveux en noir et le bandeau en rouge ou en jaune.

Au fond : Deux fragments «le eornîclie d'entablement, semblables à celui qu'on voit à gauche sous la marquise, et aux deux autres qui sont encastrés dans le mur de l'église moderne, servant de banc. La fig. 1 de la pi. III, reproduit un de ces derniers fragments, où l'on remarque, sur .les modillons ou consoles, une tête de femme et des amours, et la frise inférieure des dauphins. Ce bloc fort intéressant, le mieux conservé de tous les fragments d'architecture de ce style, a été trouvé au nord-est du Cigognier (fouilles Thomas) ; il pèse plus de (iOOO kilos.

Au-dessus 2389, a, b, c, d : Quatre fragments de la mosaïque décorative, trouvée en 1890 aux Prés-Verts, extraite du sol en avril 1891 et décrite dans le Bulletin IV avec planche. Sur cette planche, les morceaux conservés sont marqués par un trait rouge.

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