VITRINE DES POTERIES
Cette vitrine renferme en très grande majorité des poteries romaines. L'art de la poterie (opus figlinum) a produit dans l'Empire romain un nombre considérable de types divers dont nous citerons les plus connus pour permettre au lecteur de les distinguer *.
Le type de poterie qui se présente le plus souvent est celui dit aamien ou arrétin (de Samos et d'Arezzo, en Etrurie), que l'on distingue de suite à leur glaçure rouge. La terre qui en fait la matière est la terra lemnia ou sigillata, moins rouge que le vernis dont elle est couverte ; ce dernier est d'un ton qui rappelle le rouge de la capucine. La principale fabrique de ces poteries se trouvait à Arretium (Arezzo), elle avait une réputation universelle. La glaçure de ces vases est très fine et le vernis employé s'adapte parfaitement à tous les
1 Les vases à vin sont : le dolium, tonneau d'argile sans pied ni anses, de forme très évasée; la cupa, futaille en bois, faite de douves assemblées par des cercles, notre tonneau moderne, que l'on employait davantage au delà qu'en deçà des Alpes, parce qu'elle préserve, mieux que le dolium, le vin du gel ; le cadus, la séria et Voila, vases plus petits ou jattes et l'amphore déjà décrite ; enfin Yœnochoe à embouchure trilobée, munie d'une anse. Le cratère renfermait 1» vin mélangé à l'eau. Uhydrie, pour l'eau, est une coupe à deux anses plates et une anse verticale, à col étroit de forme allongée.
18 MUSÉE D'AVENGHES
reliefs. Ceux-ci ne sont presque jamais modelés à la main, mais bien façonnés au moule ou modelés avec une spatule ou un pinceau.
La décoration consiste tantôt en figures géométriques, lignes concentriques, rosaces, oves, tantôt en figures animées, feuilles de lotus, têtes d'hommes et d'animaux ; ces dernières sont parfois en haut relief et servent alors de poignée ; le décor peut former une grande et unique scène, telle que les scènes de chasses où le lion joue un rôle prépondérant. En général, la décoration comprend deux rangées de motifs ornementaux très simples et une zone de figures entre les deux.
Le moulage, le procédé le plus employé, se faisait souvent avec un moule en deux moitiés, et l'on distingue parfois sur le relief une ligne marquant les points de suture entre les deux moitiés du moule. Suivant le procédé du modelage propre à la céramique romaine, le potier modelait les figures et les ornements sur la panse, en se servant d'une spatule en forme de cuiller, d'un pinceau ou d'une pipette chargée de pâte à l'état visqueux (barbotine) ; M. Blumner compare ce procédé à celui des confiseurs confectionnant des gâteaux au sucre glacé.
Le second type de poterie est pareil au précédent comme décor, mais la glaçure en est brune. Le troisième type est la poterie non vernissée, en terre jaune et grise, comme toutes les urnes. Les décors en sont de simples creux, faits au doigt et à l'ongle, ou avec une roulette ou molette. La poterie émaillée et la poterie noire sont rares à Avenches. On en compte cependant quelques exemplaires au musée.
Nous ne citerons, dans la vitrine des poteries, que les numéros les plus intéressants, en allant de bas en haut, suivant les huit rayons superposés, et de gauche à droite sur chacun d'eux.
En bas, au centre, n° 450 : grand vase «l'albâtre (saccharoïde translucide) trouvé en 1838, brisé en plus de quarantetrois morceaux. Ces morceaux furent rassemblés et restaurés par un habile ouvrier et les morceaux qui manquaient furent
remplacés par du gypse. Le col est décoré de cannelures ondulées ; la panse, de cannelures rayonnantes ; la base est percée d'un trou et le col muni de deux anses doubles. Ce vase de luxe devait, selon toute probabilité, servir d'ornement dans l'atrium de quelque villa romaine. La forme en est semblable à celle des amphores figurées en relief sur les fragments de corniche décrits à la salle I. L'élégance des proportions, la perfection du travail, la matière employée et la correcte simplicité du dessin font de ce vase l'un des plus précieux de la collection céramique (PI. IV, fig. 4). Autour de ce vase, deux petits cuviers ou jattes rondes ayant servi probablement à écrémer et faire cailler le lait (gaulus ou cymbiuml. Le fond est plat, le rebord élevé et cannelé ; une échancrure est pratiquée sur le rebord arrondi pour permettre l'écoulement du liquide ; à l'extérieur on voit sur l'une d'elles l'estampille du potier.
D'autres estampilles se trouvent en grand nombre sur les vases de toute forme, amphores, briques et poids d'argile. Ces « marques de potiers », qui présentent un certain intérêt au point de vue de la fabrique et des relations commerciales, ont été relevées par M. J. Mayor1. On ne rencontre qu'assez rarement les mêmes marques sur des objets identiques. Voici les plus fréquentes de celles que l'on voit au musée : BANOLVGGI (n° 1229) — GESORINI (n° 1228) — GIBISVS F (n° 845) — SATT-OF (n° 1539) — LVIDE (n° 1320) — IV1INIM
— SENONIO — TERT1V — MONTAN — OF MASG — C-BG. IROOF — OF MONÏO — OF ABDAGI — ALAVGI M(n° 1651)
— I-IVLIAE M — GERIALI M — MASGIVS (n°s 1671, 1672, 1716) - ATALIS — OF GALVI STRIII — IOGTRNI — OF PAF —