‹ Guide-Joanne pour Lyon et ses environsChapitre 9 sur 247 · SITUATION. — ASPECT. — HISTOIRE · texte numérisé non relu

SITUATION. — ASPECT. — HISTOIRE

romaine et du moyen âge, couronnée par la chapelle de la Vierge, est devenue une pépinière de maisons religieuses et d’hospices; en dessous surgissent les masses de la cathédrale gothique et du palais de justice à la belle colonade: tout autour, dans les maisons subsistant des siècles passés, vit un monde nombreux de petits bourgeois, d’employés, d’ouvriers; au N. s’étend le quartier industriel de Yaise.

La cité proprement dite s’étend sur la presqu’île longue de 4 k., large de 600 à 900 m., que forment du N. au S. les deux fleuves. Lorsqu’on étudie la physionomie de Lyon, on est frappé de la hauteur des maisons : le motif en est l’exiguité de la presqu’île où la ville a été longtemps enfermée; aujourd’hui encore, où Lyon a trouvé de l’autre côté du Rhône un terrain presque sans bornes, la construction d’édifices élevés est demeurée une habitude.

De beaux quais bordent le Rhône et la Saône ; ceux de la Saône sont et ont toujours été les plus animés. De nombreux ponts, tous modernes ou modernisés, réunissent les rives opposées; en y comprenant ceux des voies ferrées, on en compte 24, dont li sur le Rhône, 12 sur la Saône et l au confluent.

Histoire.

C'est vers lo vi* s. av. J.-C. qu'une colonie phénicienne ou rhodienno serait venue se fixer au confluent du Rhône et de la Saône, au lieu appelé Lugdunum, déjà habité par quelques familles Ségusiavcs. peuplade gauloise, qui se retirèrent sur les hauteurs do la Croix-Rousse. A l'arrivée des Romains, cette ville mixte était devenue la capitale des Ségusiavcs.

En l'an 43 av. J.-C., lo proconsul Munatius Plancus vint bâtir des habitations permanentes pour la colonie romaine que les Allobroges avaient chassée de Vienne pendant les guerres de César et do Pompée, et qui s'était réfugiée sur la colline de Fourvière. Agrippa fit de cette ville le point do jonction des quatre grandes voies dont il ordonna la construction à travers la Gaule. Auguste, qui y séjourna trois ans dans un palais où devaient naître plus tard Claude et Caracalla, et qu'a remplacé l'hospice de l’Antiquaille, la dota do magnifiques monuments; il y fixa le siège de l’assemblée annuelle des députés des « Trois- Provinces » ou des « Soixante- C’ités » de la Gaulo Cheveluo, ot la résidence dos gouverneurs.

Lors de la division do la Gaule en province, Lyon fut le ch.-l. particulier de la Gaule Celtique, à laquelle fut donné, au i" ou au it° s., le nom do Lyonnaise. En 59, la ville romaine fut détruite par un incendie, Néron la rebâtit plus belle. Trajan, Adrien et Antonin lo Pieux se plurent aussi à l'embellir, et Lyon ne perdit de son importance que sous Constantin et scs successeurs.

Avec lo christianisme commencèrent , vers ni, les persécutions et l'héroïsme des martyrs. St l’othin, disciple do St Polvearpe do Smyrne, s'était creusé au milieu d’un marais un oratoiro dont l'église Saint-Nizier occupe la place. Lors de la persécution do Marc Aurèle, Pothin mourut |>onr sa foi avec un grand nomhro d'hommes, de femmes et d'enfants, entre autres une jeune esclave nommée ISlandine, qui étonna ses bourreaux par son courage, tjuand Septimo Sévère eut vaincu, dans les environs de Lyon, son compétiteur Albin (197), il revint dans cette ville, qui s’était déclarée

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LYON

contre lui, lu livra aux flammes et en fit égorger tous les habitants, parmi * lesquels Irénée, successeur do .St Pothin, et 18,000 chrétiens. Lyon so*.l releva; mais plus tard il tomba au rang d'un simple municipe, no cotiser— r vaut que la suprématie ecclésiastique sur les églises de l'ancienne Gaule.

Au partage do l’cmpiro de Charlemagne, Lyon fut compris dans les ; états «le Lothairo et plus tard (879) rattaché au royaume do Provence -r il appartint ensuite (933) aux rots do la maison de Strætlingen ; et, à la mort do Kodolpho 111 (103-2), passa aux empereurs d’Allemagne. L’arche- I vêque do Lyon, Burcard, frère cadet do Rodolphe III, s'était emparé du pouvoir temporel; ses successeurs se trouvèrent en conflit à ce &ujet avec les comtes du Lyonnais et Forez, qui, après do longues luttes, durent renoncer à toute prétention sur la ville (1173); l'archcvêquo et les chanoines prirent tous le titre do comtes do Lyon. Mais les bourgeois de Lyon n'acceptèrent pas la domination ecclésiastique; en 1-274, ils se placèrent sous la protection du roi do Franco Philippe III ; en 1312, Philippe le Bel, ayant acquis de l’archevêque Pierre do Savoie et des chanoines une grande pàrtio du temporel do Lyon, créa le consulat, en permettant aux bourgeois d'élire sous son autorité douze conseillers. C’était surtout aux environs do la ville et dans le Lyonnais que s’étendait la puissance des chanoines et des archevêques. Ceux-ci, outre leur résidence à côté de la cathédrale, possédaient un formidablo château fort sur le rocher de Piorrc-

Scize ( V. p. 67).

Outre le chapitre de la cathédrale, Lyon possédait au moyen âge deux abbayes qui subsistèrent jusqu'au xvm® s. : Ainay et Saint-Pierre, monastères de religieuses bénédictines, qui nlus d'une fois eurent des démêlés avec les habitants. Pendant les querelles qui aboutirent â l’afl'ranchissement municipal de Lyon et à son passage sous la souveraineté des rois do France, deux conciles œcuméniques se tinrent dans l'église Saint-Jean, le premier en 1215, présidé par le pape Innocent IV. Au second (1274), présidé par Grégoire X, assistèrent 500 évêques, ainsi que St Bonaventurc, qui parla avec éloqucnco et y succomba à ses fatigues. En 1305 eut lieu à Lyon le couronnement du pape Clément V ; son successeur, Jean XXII, s’y lit également couronner en 1310. Au xv« s., les guerres civiles qui agitaient les républiques italiennes, notamment Florence, amenèrent à Lyon d'illustres proscrits qui y apportèrent des industries nouvelles,

Lyon souffrit beaucoup, sous Charles VIII et sos deux successeurs, des guerres d'Italie, surtout après le désastro de Pavie. Mais les guerres de religion lui furent encore plus funestes. Cinq-Mars et Do Thou furent jugés à Lyon et décapités sur la place dos Terreaux, le 12 septembre 1642.

Des progrès importants accomplis dans l'industrio de la soierie, do 1600 à 1680; uno crise qui faillit la ruiner, due à la révocation de l’édit de Nantes-, une inondation du Rhône et de la Saône (1711), puis des incendies, des émeutes occasionnées par la misère des ouvriers et par des questions de salaire, des découvertes industrielles, la création du quartier de Perracho, tels sont les principaux événements du xvii* et du xvnc s., jusqu’au jour où éclata la Révolution.

La plus grande partie de la population lyonnaiso avait d’abord embrassé avec ardeur la cause de la Révolution. Mais, une crise économique étant survenue, les manœuvres des royalistes suscitèrent en février 1793 des troubles qui aboutirent à la sanglante journée du 29 mai; la municipalité

fiatrioto fut renversée par les Girondins et les royalistes coalisés; l'hoinmo c plus en vue du parti démocratique, Chalier, fut guillotiné, lo royaliste Précy fut appelé au commandement militaire de la cité et noua des intelligences avec le roi de Sardaigne et les émigrés. Los représentants Dubois- Crancé et Gauthier dirigèrent sur Lyon une petite armée commandée par Kellcrmann, et lo siège de la ville commença lo 8 août. Uno arméo picinontaiso qui accourait à leur secours fut battue par Kellcrmann. Eu sept.,

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