‹ Guide manuel de la bonne compagnie du bon ton et de la politesseChapitre 65 sur 161 · Î-ES CHARLATANS · texte numérisé non relu

Î-ES CHARLATANS

J'étais un soir au foyer de rOpéra avec plusieurs hommes de lettres. L'un d'eux nous amusait beaucoup en gesticulant et imitant, en charge, le jeu de Duprez qui était alors un des premiers artistes de Paris, et comme comédien et comme chanteur. Notre journaliste, pour jouir lui-même du spectacle qu'il nous donnait, s'était placé devant une glace. Au moment où il avait la bouche ouverte comme un âne qui brait, il aperçut dans cette glace Duprez derrière lui. Surpris de cette apparition inattendue, il se retourne vivement vers Facteur qui lui dit avec le plus grand sang-froid : « Continuez, monsieur; je savais bien que vous étiez un mauvais écrivain, mais j'ignorais que vous fussiez un excellent paillasse. »

RÉSUMÉ

1. La moquerie est toujours un manque de politesse et de bon ton.

2. Elle est à la fine raillerie ce que la méchanceté est à la malice.

3. Si elle s'exerce sur une infirmité naturelle, elle devient une injure grave.

h. Je n'ai jamais rencontré un moqueur qui eût véritablement de l'esprit.

5. Un moqueur est une sorte de paillasse qui ne comprend de son rôle que le côté méchant.

Page 1