‹ Guide manuel de la bonne compagnie du bon ton et de la politesseChapitre 92 sur 161 · DU MAITRE ET DE LA MAITRESSE DE MAISON A TABLE · texte numérisé non relu

DU MAITRE ET DE LA MAITRESSE DE MAISON A TABLE

De la lomédiw de soclélé, Du dîîier sans céréiiionie, Du vin du crû, Et du gîgol de la veille, Délivrez-nous Seigneur!

Amen! Martainville, auteur spirituel du Pied de Mouton, était homme de bon ton quand il le voulait, et gastronome toujours. Le hasard lui fait rencontrer dans un cercle un bon bourgeois du Marais, grand amateur du théâtre de la Porte Saint-Martin, du mélodrame, et des auteurs de ce terrible genre. Voir Martainville, s'accrocher à lui, le martyriser de louanges, l'assommer de politesse, et le tourmenter de prévenances, fut pour lui l'affaire de toute la soirée. Enfin, le bon bourgeois, voyant que Thomme de lettres lui répondait avec convenance et bonté, finit par une invitation à dîner. Je vous en supplie, lui disait-il, acceptez mon invitation! — Je crains. Monsieur, de vous donner de l'embarras. ~ Du tout, faites-moi l'honneur d'accepter. Mon épouse et moi serions si ravis de recevoir un grand homme comme vous ! — Gela vous dérangerait peut-être? — Pas le moins du monde ; et d'ailleurs nous vous recevrons sans cérémonie, le dîner de famille, voilà tout.

Ce fut pour Martainville le dernier coup d'assommoir; cependant, pour se débarrasser de l'importun, il accepta.

Le lendemain, à l'heure convenue, il se rend chez le bourgeois où on le reçoit avec le plus grand empressement, et l'on se met aussitôt à table pour manger le pot au feu, une blanquette de veau et un plat d'épinards. Au dessert, on débouche une bouteille de

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