‹ Guide manuel de la bonne compagnie du bon ton et de la politesseChapitre 93 sur 161 · DU MAITRE ET DE LA MAITRESSE DE MAISON A TABLE · texte numérisé non relu

DU MAITRE ET DE LA MAITRESSE DE MAISON A TABLE

vin de Mâcon que l'on boit dans des petits verres; on mange le morceau de fromage de gruyère, on prend le café, puis on se lève de table, et l'homme de lettres se hâte de prendre sa canne et son chapeau.

Les hôtes de Martainville, ravis de sa politesse et dans un épanchement de générosité, ne veulent pas le laisser partir avant qu'il leur ait promis d'accepter un nouveau dîner sans cérémonie. Il promet et fait quatre pas vers la porte, mais on lui barre le passage.

— Non, lui disent-ils, vous ne sortirez pas que vous nous ayez dit pour quand vous acceptez notre dîner.

— Hé bien, dit Martainville, ce sera pour tout de suite, si vous voulez!

En règle générale, ne donnez des dîners que lorsque vous êtes assez riche pour faire grandement et honorablement les honneurs de votre table, car il n'y a rien d'aussi ridicule que ces repas mesquins où la vanité emploie tous les moyens pour masquer la pauvreté.

Faites tout ce que vous pourrez pour que vos convives soient commodément assis, et qu'ils aient une place suffisante pour ne pas coudoyer leurs voisins et pour n'en être pas coudoyés. Pensez à ces vers de Boileau :

Moi qui compte pour rien ni le vin, ni la chère, Si l'on n'est plus au large assis en un festin, Qu'aux sermons de Cassagne et de l'abbé Cottin.

Rien de plus aisé que d'éviter cet inconvénient : il s'agit de n'inviter que le nombre juste de personnes que votre table en peut tenir; vos convives y gagne-

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ront non seulement leurs coudées franches, mais en-

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