DU MAITRE ETDE LA MAITRESSE DE MAISON A TABLE
ni la nappe ni ses voisins. Quand la pièce est dépecée, il fait passer le plat à la dame, afin qu'elle serve elle-même chaque convive, à moins qu'elle lui dise de faire passer le plat à la ronde. Dans aucun cas il ne doit se permettre de servir lui-même les autres. Ce serait une grande impolitesse, qui n'est tolérable qu'à la table d'hôte et seulement quand on voyage.
Quand le maître ou la maîtresse de la maison sert, il serait aussi impoli de surcharger les assiettes de gros morceaux, comme pour les maçons, qu'il le serait à un convive, lorsqu'on fait passer le plat à la ronde, de se servir de même et de manière à ce qu'il pût ne rien rester dans le plat, avant que la tournée fût terminée.
On ne se figure pas combien on reocontre dans le monde de gens que la gourmandise et l'égoïsme rendent d'une grossièreté dégoûtante. Trois ou quatre ans avant la révolution de février, il me prit la fantaisie de voir un souper royal. Au jour de l'an, je fais graver une carte sur laquelle je prends audacieusement les titres d'épicier-électeur; je la dépose chez un portier des Tuileries, et, quinze jours après, je reçois une invitation en bonne et due forme. Gomme vous le voyez, il était plus facile de se faufiler à la cour de Louis-Philippe qu'autrefois à celle de Louis XIV. Il est vrai de dire aussi que la société y était un peu plus mêlée et le ton peut-être moins bon.
Jusqu'à une heure du matin les choses allaient assez bien : on dansa, on médit, on calomnia les absents et on fit la courbette à qui de droit. Le roi et la reine furent charmants et ne firent, je ne sais comment,