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MÉTAUX DÉCOUVERTS LE LONG DU FLEUVE

A deux milles au-dessus de l’embouchure de la Fortymile Kiver on aperçoit de grandes masses de pierres calcaires, blanchâtrès ou grisâtres, qui contiennent des filons et des poches de galène en grande quantité. Un de ces filons, que l’on aperçoit le long de la rive, paraît être assez important comme épaisseur ; je n'ai pas pu me rendre compte de sa longueur attendu qu'il était caché par une quantité de detritus de toute espèce qui en auraient rendu l'exploration trop difficile. Deux échantillons de cette galène ont été analysés par M. G. C. Hoffman, de la ‘* Geological Survey,” et ont donné les résultats suivants: Échantillon marqué II., venant de la Fortymile, à 21% milles de l'embouchure, contient : Or, des traces ; Argent, 38,%% Onces, par tonne de 2,000 livres.

L’echantillon marqué III, venant de la Fortymile à 34 de mille de l’embouchure, ne contient ni or ni argent.

Je crois que si l’on explorait ces deux filons comme il fait, le premier, au moins, donnerait des résultats satisfaisants comme étendue et comme valeur.

L'échantillon marqué I., venant du bord du Yukon, vis-à-vis de l'embouchure de la Klondyke River, contenait : Or, des traces ; Argent, 3,%% onces, par tonne.

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M. Harper me dit qu'il avait envoyé des échantillons de ce dernier gîsement à San Francisco bien des années auparavant pour les faire analyser ; qu’on les avait déclarés bons, mais qu'il ne pouvait pas en fixer la valeur. Je n'ai pas fait d'examen du filon mais il m'a paru être d’une assez grande importance. Le minerai de la surface est d’une couleur bleuâtre et présente un apparence terreuse.

L'échantillon marqué IV. et recueilli près de la Station No. 634 de mon relevé, près de la Chandindu River, à 10 or 12 milles au-dessous du Fort Reliance, contient : Or, des traces ; Argent, o. 117 onces, par tonne. Ici, je n’ai trouvé à la surface aucune indication d’un gîsement important de ce minerai.

Il est bon de rappeler ici que tous ces échantillons ont été trouvés par accident, et qu’il est très possible qu’une exploration plus sérieuse de ces emplacements, révèle des filons d’une valeur considérable. J'ai fait la description des échantillons dans l’ordre indiqué par leurs valeurs, et quoiqu'il n’y en ait ancun qui soit très riche, ils démontrent cependant qu'on peut trouver des indications d'une richesse remarquable sur une étendue considérable du territoire en question. L'ordre dans lequel on les a ramassés est, I., IV., et II. et III. ensemble sur la Fortymile River. Les numéros I. jusqu’à III. ont été ramassés dans un espace de quarante milles à vol d'oiseau. On m'a dit que des échantillons de quartz aurifère et argentifère avaient été trouvés sur la Sixtymile, mais je ne puis pas donner de détails à ce sujet. On m'a dit aussi qu’un échantillon de quartz aurifère avait été ramassé il y a quelques années sur les bords du Yukon, en face de l'embouchure de la White River. Cet échantillon, envoyé a San Francisco et analysé, avait donné la valeur énorme de $20,000 à la tonne. Il avait été ramassé à un point situé audessus du niveau des plus fortes crues du fleuve, d’où l’on peut conclure qu’il se trouvait être près de son point d’origine, on qu'il avait été transporté là par un glacier quelconque glissant le long du flanc de la montagne qui est ici très rapide et haut de 1200 pieds environ. Je n’ai pu obtenir aucun autre détail sur le compte de cet échantillon.

On m'a signalé l'existence d’un banc de quartz aurifère sur la rive gauche du fleuve, à deux milles en amont de la Stewart River, mais je n’ai pu obtenir aucuns détails précis. Il se pourrait bien que ce banc soit une prolongation de celui sur lequel on a trouvé l'echantillon précédent.

Pendant que nous construisions notre bateau sur le lac Bennett j'avais découvert un banc de quartz très étendu, dont j'avais envoyé des échantillons r .r le Dr Dawson. L'analyse de ce quartz a déterminé qu’il ne contenait que dest ces d’or. Ce banc a de 60 à 80 pieds de largeur et se trouve clairement indiqué à :a surface sur un parcours de trois à quatre milles. Je dois ajouter que l’on trouve des ‘‘ couleurs d’or ”’* dans toutes les eaux d’un petit cours d’eau qui s’est creusé un lit dans ce banc, à un mille environ du lac.

Pendant que nous étions occupés à la construction de notre bateau nous vîimes arriver un expert, employé par des capitalistes de Californie. Il était accompagné par unvieillard qui avait fait la descente de la rivière l’été précédent. Ce vieillard, arrêté par une tempête sur ce qu’il appelait le lac Bennett, me dit qu'il avait alors découvert des indices d’un banc énorme de roches aurifères. Il en avait emporté des échantillons qu’il avait fait analyser à San Francisco, et les résultats de l'analyse ($8.80 d’or et $o.92 d'argent à la tonne) avaient été si satisfaisants que les capitalistes, intéressés, l’avaient renvoyé avec l’expert pour en déterminer l’emplacement et l’explorer à fond. Cet homme décrivait l'endroit avec une telle minutie de détails et de circonstances, qu’il était impossible de ne pas le croire. Après avoir cherché pendant plusieurs jours, ils ne purent, cependant, rien trouver qui ressem-

* Pour explorer les graviers aurifères des ‘* placers ” les orpailleurs se servent souvent d'une écuelle en fer au fond de laquelle ils mettent une petite quantité de gravier avec de l'eau. Ils donnent alors un mouvement de va-et-vient à l'écuelle et de cette façon débarrassent peu à peu le gravier de toutes les impuretés qu'il contient, Au bout d'un certain temps l'or apparaît sur les bords du gravier propre, dans le fond de l'écuelle, sous forme d'une bande jaunâtre ou rougeâtre suivant sa qualité. C'est cette bande qu'on appelle une ‘‘ couleur."

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74 LE GRAND CHAMP D'OR DU CANADA, blât à ce qu'il avait décrit, C’est alors qu'ils vinrent me trouver pour me demander de les aider, Je n'étais guère disposé à le faire, car j'avais hâte d'avancer afin d'arriver à temps à mon rendez-vous avec le Dr Dawson à Pelly River ; cependant, la question me parut être si importante et le vieillard m'importuna avec tant d'insistance et de conviction, que je consentis enfin à les accompagner. D'ailleurs je me trouvai fortement influencé par un certificat d'analyse qu'ils me montrèrent et qui confirmait la valeur que le bonhomme attribuait au gfsement. Cette valeur était à peu près la même que celle des minerais de la célèbre mine de Treadwell à Juneau, Alaska.

Je passai toute une journée et une nuit à faire des recherches avec eux, sans rien pouvoir trouver. Le vieillard me racontait des histoires si différentes les unes des autres et paraîssait connaître si peu le lac, que je finis par croire qu'il s'était perdu ou qu'un mineur quelconque l'avait mystifié en lui donnant un morceau de minerai de la Treadwell. Je me décidai donc à les quitter, leur disant de se débrouiller comme ils le pourraient. L'expert qui était chargé de l'exploration en arriva aux mêmes conclusions et abandonna de suite toutes ses recherches.

Plus tard, sur le lac Tagish, j'aperçus un endroit qui me rappelait beaucoup la description donnée par le vieillard. Cet endroit se trouve sur la côte sud du lac, et un peu à l’est de l'embouchure du Takone. J'étais presque convaincu que c'était bien l'emplacement dont il avait parlé et je l'aurais bien examiné pour en avoir le cœur net, si le vent n'eût été trop violent et le lac trop agité pour qu'on pût traverser.

Ce qui précède, résume toutes les indications de minerai aurifère 27 situ que j'aie jamais vues et dont j'aie jamais entendu parler. Jusqu'à ce jour on n’a découvert ou recueilli dans ce district que de l’or de ‘‘ placer.” En desce: dant les lacs et le fleuve, nous avons fait quelques recherches de temps en temps sans jamais rien trouver, si ce n’est les ‘‘ couleurs ”’ données par le banc de quartz du lac Bennett. A six milles plus bas que le lac Labarge cependant, nous avons constaté de nombreuses ‘‘ couleurs ” sur un banc qui se trouve dans un recoin de la rivière. D'une façon générale on peut dire qu’on trouve des ‘‘ couleurs ” partout et n'importe où le long du fleuve depuis ce point-là jusqu'à la frontière ; il en est de même de tous

les affluents que nous avons explorés.

Il n’y a donc pas moins de 1,400 milles de cours d’eau, situés dans notre terri-

toire, sur toute l'étendue desquels on trouve de l'or.

A dix-huit milles au-dessous du Teslin, je trouvai pour la première fois, un emplacement où l’on avait travaillé à l'extraction de l'or. J'y aperçus une hutte et certaines indications qui me portèrent à croire que des mineurs venaient d’y De là, à la Big Salmon River je trouvai six autres ‘‘claims' qui avaient été fouillés. Un de ces ‘‘ claims,” le ‘ Cassiar Bar,” avait été exploité en 1886 par quatre mineurs qui en avaient tiré $6,000 en trente jours. Ils y travaillaient encore au mois d'août 1887, quand j'y repassai. A cette époque (le 3) ils ne parvenaient plus à en extraire que $10 par jour par homme et me dirent que le claim était presque épuisé. Ils venaient de fouiller le bord du fleuve et de constater que, par malheur le sol était toujours gelé à une profondeur de trois pieds. Il n’y avait cependant ni mousse ni arbres à la surface. Ils avaient eu recours au feu pour dégeler le terrain, mais ne pouvaient faire que peu de pro-

passer l'hiver.

grès par ce procédé.

Deux de ces hommes descendirent plus tard jusqu’à la Fortymile River, où je fis connaissance de l’un d'eux. Il était suédois et faisait le métier de mineur depuis vingt cinq ans en Californie et dans la Colombie Anglaise. Je répète ici ses propres paroles : ‘*Jamaïs je n'ai vu de pays où il y ait autant d’or et où il soit aussi uniformément réparti; aucun endroit n'est très riche, mais il n’y en a aucun non plus qui soit très pauvre ; n'importe qui peut y gagner un ‘‘grub-

stake ” (assez pour se vêtir et se nourrir pendant un an) et je ne puis pas en dire

autant des autres pays que j'ai visités.” An cours d’une conversation avec M. T. Boswell, qui avait exploré la ri-

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vière Teslin ou Newberry pendant l'été de 1887, j'appris que sur toute la longueur de ce fleuve on pouvait ramasser de l'or fin rendant de 88 à $10 par jour ; cependant, commè le ‘‘course gold” (or en pépites) est le grand désidératum de tous les mineurs, ils ne restent pas longtemps dans un pays où l’on ne trouve que de l'or fin ou en poussière —du moins ne restent-ils pas plus longtemps qu'il ne le faut absolument pour y gagner un ‘grub stake,”" à moins que l'or ne s'y trouve en très grande quantité. M. Boswell, ayant entendu parler des riches découvertes qu'on venait de faire au bas de la rivière, s’y était rendu aussitôt,

La rivière Stewart est la première sur laquelle on ait fait des opérations en grand, En 1886, on y trouvait un nombre considérable de mineurs qui lavaient de l'or et tous paraissaient avoir passablement réussi. Je n'ai pas pu déterminer le nombre exact de ceux qui se trouvaient ainsi occupés.

Je dois dire que parmi les mineurs, il est généralement difficile de se procurer des renseignements qui soient même approximativement exacts. Il y en a beaucoup qui sont des farceurs invétérés et qui prennent grand plaisir à se moquer du monde ; plus le rang ou la position sociale de leur victime est élevé, plus ils sont heureux de les tromper. Souvent, après avoir passé des heures à obtenir des renseignements de l’un, j'en trouvais un autre qui me racontait une histoire diamétralement opposée. Une autre difficulté provient de ce que, jusqu’à un certain point, ils regardent comme un ennemi, tout officier ou représentant du gouvernement. Ils redoutent de se voir espionnés par eux et craignent surtout qu'on ne parvienne à savoir ce qu'ils ont gagné.

Autant que j'ai pu le voir ils ne se disent même pas entre eux ce qu'ils ont gagné pendant la saison. J'en ai rencontré un ou deux qui m'ont dit qu'ils avaient gagné telle ou telle somme, mais les autres se sont de suite empressés de me dire que le chiffre en était faux ou absolument ridicule. Ils sont généralement très généreux et honnêtes dans leurs relations avec leurs semblables, mais il y en a peu qui se creusent la cervelle pour acquérir des connaissances géographiques exactes ou pour étudier la statistique ; c'est un peu à cause de cela que les renseignements qu'ils fournissent sont si souvent contradictoires ou si rarement d'accord.

J'ai entendu estimer à des chiffres très divers la valeur de l'or extrait de la rivière Stewart en 1883 et en 1886. Une de ces estimations en fixait le montant à $300, 000, mais cette somme me parait exagérée. Jamais je n'ai entendu dire qu'un seul individu ait recueilli plus de $6,000 en une seule saison, et ce chiffre me paraît être à peu près correct. La plupart des mineurs s'accordent à dire que $30 par jour représentent un rendement très ordinaire sur bien des barres du fleuve, tandis qu'il se trouvait pas mal d'endroits où l’on avait gagné jusqu'à $100 par jour.

Sur le cours de la rivière Stewart on n’a exploité que les barres. Les ‘‘bench” et les ‘bank bars ”* étant tous gelés ou recouverts de boïs, il aurait fallu avoir recours à l’exploitation hydraulique pour laquelle il n'existait pas de machines dans

le pays.

Pendant l'automne de 1886, trois ou quatre mineurs s’associèrent pour louer les machines du vapeur ‘ New-Racket” et les faire servir à pomper l’eau pour “laver” leurs graviers. Ayant hissé le bateau sur une barre et détaché les roues de ll machine, ils appliquèrent la force motrice au fonctionnement d'un système de ponr: pes construit sur place pour fournir de l’eau aux ‘‘sluice boxes ” (boîtes étroites cl profondes dans lesquelles on fait couler l'eau sur les graviers, pour les laver. L'a se dépose au fond des boîtes). Avec ces machines rudimentaires les mineur recueillirent $1,000 chacun en moins d’un mois et payèrent la même somme au pro priétaire du bateau, pour la location de sa machine.

Alexander McDonald, dont j'ai parlé plus haut, m'a dit que l'or recueilli sur k haut de la rivière était moins fin que celui qu’on trouve plus bas, mais pas ass gros cependant pour être désigné sous le nom de ‘‘coarse gold” (or en pépites

* Les ‘‘bench ”’ et les ‘bank bars ” sont les terrains aurifères situés sur les bords des rivière ou sur le flanc des hauteurs voisines.

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