‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 31 sur 54 · DU YUKON · texte numérisé non relu

DU YUKON

que ceux qui ont l'intention d'exploiter ces quartz feront bien d'accorder une attention toute particulière à cette question.

Quelques observations sur la valeur de l’or que l’on trouve dans ce pays ne seront pas, je crois, hors de placeici. Règle générale, sa ‘‘ finesse,” ainsi désignée techniquement est de .723 à .875, c’est-à-dire qu'elle représente une valeur de $15 à $18 par once, mesurée au poids Troy, après la fonte. Avant la fonte, lorsqu'on a séparé l'or du sable et du quartz avec lequel il se trouve mêlé, sa valeur par once (Troy) varie de quatorze dollars et quatre-vingt-douze cents ($14.92) à dix-sept dollars et dix cents ($17.10) sur les ‘‘reeks” Bonanza et Eldorado ; dans quelques autres endroits elle at'eint le chiffre de dix-sept dollars et soinante-quatre cents ($17.64). La valeur de l'or pur est de vingt dollars soixante-sept ($20 67) par once Troy. Les autres métaux que l'on trouve alliés à l’or sont principalement de l'argent et du cuivre. La qualité inférieure de l’or que l’on recueille sur la Bonanza et sur l’'Eldorado est bien plus que compensée par son abondance.

Le mineur, en partant pour prospecter, fera bien d’emporter un marteau de géologue. (Ces marteaux sont petits et faits exprès pour l’usage auquel ils sont destinés. Il lui faudra aussi une pelle et un pic. Quant à la nourriture, à la literie, etc., c’est à lui de décider ce qu’il croira lui être nécessaire. Un des inconvénients contre lesquels il aura à se garer pendant l'été sont les moustiques ; ces insectes cons’icuent une véritable peste pour tout le monde pendant au moins trois mois de l'année.

Le soir, la température s’abaisse quelquefois suffisamment pour ies engourdir pendant quelque temps, mais quand le ciel est couvert, ils vous tourmentent continuellement, et il est bon d’emporter avec soi une bonne provision de gaze pour en faire des moustiquaires. Les gazes que l’on vend d'habitude ne sont pas assez fines, et je conseillerais au mineur de se procurer plutôt un tissu de soie très fin. Ce dernier tient tous les insectes à l'écart quelque petits qu'ils soient ; il ne fait pas mal aux yeux comme la toile à moustiquaire ordinaire ; il ne vous donne pas non plus la même sensation de suffoquement et il dure bien plus longtemps. Il est essentiel aussi de se procurer une bonne paire de bottes en caoutchouc. La plupart des terres basses sont des vallées marécageuses où l’eau est toujours froide comme de la glace, en sorte qu’il est bon de veiller avec soin à se tenir toujours les pieds chauds ; quant au reste du corps, il suffit de le protéger contre les attaques des moustiques. Pour ce qui est de la nourriture, on est malheureusement forcé de se contenter de ce que l’on peut trouver dans le pays et le menu n’en est guère varié car il consiste principalement en porc salé, porc fumé, haricots, farine et thé. Plus loin je donnerai au lecteur quelques renseignements sur la qualité et le genre de nourriture qui convient le mieux au pays, ainsi que sur la quantité de chaque espèce qu'il est bon de prendre.

Les seuls bois propres au sciage que l’on puisse se procurer dans ce pays se trouvent parsemés le long des vallées et sur les bords des cours d’eau. Ce fait tient à ce que la terre se trouve éternellement gelée et recouverte d’une couche de mousse épaisse de plus de deux pieds, sous laquelle on trouve toujours de la glace à n'importe quelle saison. Sur un sol pareil les arbres ne poussent que fort lentement. Leur saison de croissance ne dure jamais plus de trois à quatre mois, et les températures sont toujours très basses. Il en résulte qu'on trouve souvent des arbres qui n’ont pas plus de trois ou quatre pouces d'épaisseur et qui ont mis deux siècles à pousser. Dans le voisinage immédiat du bord des rivières et sur les îles, ils atteignent assez souvent un diamètre de quinze à dix-huit pouces, mais à quelques centaines de pieds plus loin, des arbres du même âge ne se trouvent avoir qu'un diamètre de trois à quatre pouces. Ce phénomène est dû à la chaleur de l’eau d’abord, et à ce fait que l’éclaircie du fleuve lui-même donne accès aux rayons du soleil et permet ainsi à la chaleur de pénétrer les terres qui se trouvent dans son voisinage immédiat Même dans ces conditions-là, il est difficile de trouver des bois de sciages propres à la construction des ‘‘ sluice-boxes ” (dalles) à moins d’aller les chercher dans les recoins bien abrités des vallées qui se trouvent exposées vers le

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