ROUTE DE LA BAIE JAMES ET DE LA BAIE D'HUDSON
Passons maintenant à un examen de la route dite de la Baie d'Hudson, partant de Mattawa sur le Canada Pacific Railway à 200 milles environ de la ville d’Ottawa, sur la rivière du même nom. Cette route part de Mattawa pour remonter le cours de l’Ottawa jusqu’au lac Témiscamingue, à 36 milles de son point de départ, et remonte le lac lui-même jusqu'à son extrémité supérieure à 70 milles plus loin. Un embranchement du Canadian Pacific Railway parcourt aujourd’hui une partie de ce trajet. Du lac Témiscamingue jusqu’à la James Bay, à 500 milles environ, on trouve une route battue que suivaient autrefois les employés de la Hudson Bay Company. Le Canadian Pacific Raï‘iway nous porte de Mattawa au lac Témiscamingue en une heure ou deux, et de là nous pouvons remonter le lac sur un des vapeurs qui en font le service. Le trajet depuis Mattawa jusqu’à la rive opposée du lac ne devrait guère durer plus d’un jour ; à partir de ce dernier point, cependant, nous ne trouvons plus aucun moyen de transport moderne, et le voyage devient par conséquent plus lent. L’extrait suivant de mon rapport de 1890, donne tous les détails voulus sur la nature du chemin à parcourir depuis le lac jusqu’à Moose Factory :
‘ Nous laissons le lac derrière nous en passant par une partie de la rivière Ottawa, connue sous le nom de rivière des Quinze, nom qui lui a été donné parce qu’il y a quinze portages à faire avant d'arriver au lac qui se trouve à son extrémité et qui porte aussi le nom de lac des Quinze.
‘4 On évite tous ces obstacles aujourd’hui en passant par une route qui relie la baie des Pères, sur le lac Témiscamingue, à une des baies du lac des Quinze. La longueur de cette route est &e 20 milles environ. Il me fut impossible cependant de transporter mes canots et mes provisions par ce chemin et je me vis obligé de passer par la rivière des Quinze, ce qui nous donna deux jours et demi d’un travail excessivement pénible.
‘ Quelques notes sur cette partie du voyage ne seront pas hors de place ici.
‘“Le premier portage en remontant la rivière, se trouve à gauche; il a 120 yards de longueur, le second, du même côté, est long de 250 yards, et le troisième, qui se trouve au nord à environ un demi mille de longueur et passe sur un terrain
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D'après Photo. par W. Ogilvie.
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fort accidenté. Ces trois portages sont tous en vue l’un de l’autre. Au-dessus du troisième il y a environ trois milles d'eaux tranquilles qui aboutissent à un quatrième portage, situé du côté nord de la rivière et dont la longueur est de plus de deux
milles. Quand les eaux sont à leur hauteur moyenne, on peut partiwer ce dernier en trois autres portages plus petits en traversant le fleuve, mais uides ont pensé que le courant était trop fort et l’eau trop agitée pour s’y aventure can
A un mille plus loin on rencontre le cinquième portage qui se trouve au nord a rivière et passe sur une côte assez rapide. À deux cents yards plus loin ou à peu près, se trouve le sixième portage, au nord de l’île ; celui-ci a 150 yards de longueu En descendant à l’époque de la crue ordinaire, il est facile de passer ces deux derniers en canot. A trois quarts de mille plus haut on arrive au septième portage, du côté sud de la rivière. Ce dernier passe sur un terrain fort irrégulier et rocailleux et nous conduit jusqu’à un petit lac, que nous traversons pour atteindre encore un autre pertage qui nous ramène à la rivière en passant par un chemin très rude et rocailleux. Le premier a environ 300 yards de long et le second 400, mais à l’époque de la crue le dernier se trouve réduit de moitié. Ces deux portages forment la corde d’un arc de la rivière où l’on prétend qu'il y a des eaux très agitées. Encore un mille sur le cours d’eau qui est ici très tranquille, nous emmène au neuvième portage. Celui-ci se trouve au nord de la rivière, a plus de 1,000 yards de longueur et passe sur un terrain très accidenté. A l’époque des eaux basses il se trouve subdivisé en deux ou trois sections plus courtes qu'on atteint en traversant la rivière,
‘: Le portage suivant est sur le côté nord ; il a 650 yards de longueur et traverse des terrains passablement unis. Il ne reste plus alors que trois-quarts de mille environ à parcourir pour arriver au dernier. A environ un mille au-delà se trouve le onzième et dernier portage, du côté nord du fleuve. Celui-ci a 450 yards de longueur et passe sur des terrains plats,
‘ Un mille plus loin nous arrivons au lac Quinze dont nous remontons le bras
septentrional en nous dirigaent vers le nord pendant 13 milles, dont les derniers trois ou quatres ne présentent guère de profondeur. En sortant du lac, nous remontons une petite rivière appelée la rivière Barrier, dont la largeur moyenne est de 100 à 150 yards ; nous en remontons le courant, qui est assez lent, pendant 234 milles jusqu'à un portage qui a 300 yards de longueur et qui passe à côté d’une série de rapides peu profonds et fort rocailleux. Au bout de ce portage nous entrons dans le lac Barrier que nous remontons pendant 15 milles vers le nord-ouest jusqu’à l'embouchure d’une petite rivière qui se trouve du côté ouest du lac et qu’on appelle Lonely River. C’est le premier cours d’eau d’une dimension digne d'attention qui pénètre dans le lac de.ce côté-là. Au delà de son embouchure on aperçoit une grande île qui semble être l'extrémité du lac. Un peu plus loin que cette île, le lac se rétrécit d’abord, puis se bifurque de telle sorte qu’une de ses branck s se détache vers l’est et l’autre vers l’ouest. Du côté de l’ouest le bras s'étend à six milles de distance et du côté de l’est à une distance que je n’ai pas pu constater. Ce lac n’a nulle part plus d’un mille de large, du moins autant que j'ai pu le voir. Son extrémité inférieure est très peu profonde et pleine de plantes marines.
‘“ La route suit alors la Lonely River pendant huit miiles environ jusqu’au lac Long. La rivière présente ici une largeur moyenne de 100 yards et un courant modéré. A un seul point sur une distance de 100 yards, elle n’a que 2% ou 3 pieds de profondeur, mais partout ailleurs il y a au moins cinq pieds d’eau à l’époque des eaux basses. : Le cours en est tortueux et je n’estime pas à plus de cinq milles, la distance en ligne droite qu’il y a entre les deux lacs, Barrier et Long.
‘ Le bras du lac Long, dans lequel nous pénétrons en quittant la Lonely River, a environ un mille de largeur, 216 milles de long et n’est guère profond. Sa direction générale est un peu au sud del'ouest. Le lac lui-même, à l’endroit où ce Hras y pénètre, s'étend du nord-ouest au sud-est. Au sud-est, il s'étend à 6 où 8 milles et se trouve entouré de hautes montagnes rocheuses. Au sud-ouest, nous nous dirigeons pendant 374 milles sur une partie étroite de ce lac, qui a environ 60 yards de largeur sur 100 de longueur et dans laquelle on trouve un courant très marqué à l'époque de la crue. Cet endroit est connu sous le nom de Narrows.
‘« Ce rétrécissement continue pendant plus d’un mille, jusqu’à un point où le lac s’élargit encore. A dix milles au-dessus des narrows, une baie profonde s'étend vers le sud-ouest à plusieurs milles. On y aperçoit de nombreuses montagnes dont la plus haute, qui s'appelle Shew-me-ness, est sensée être le point le plus élevé de cette partie du pays ; le sommet en est dénué de bois. On m'a dit que par le passé (et encore aujourd’hui, jusqu’à un certain point) les indigènes la considéraient ‘comme une montagne sacrée et que leurs ‘‘hommes-médecine ” s’y retiraient quelquefois pour jeûner et méditer. A deux milles et demi ou à peu près, audelà de cette baïe, nous arrivons à l'embouchure d’un creek, après avoir passé deux petites îles rocheuses du côté du sud-ouest. Ici, nous trouvons un portage de 300 yards qui nous mène à un petit lac qui a près d’un mille de long sur un quart de mille de large. En le traversant vers le sud-ouest jusqu’à son extrémité nous arrivons à l’extrémité orientale d’un portage qui passe sur des hauteurs en se dirigeant vers l’ouest, pendant un demi mille, pour aboutir à un petit lac dont les eaux se déversent au nord, dans la baie James, par la rivière Abitibi. A l'époque de la crue, ce lac se vide par l’Atitibi et par l’Ottawa, et on prétend que le chenal conduisant à l'Ottawa devient de plus en plus profond tous les ans.
‘Nous traversons ce lac en nous dirigeant vers le nord-ouest pendant 1 74 milles et nous en sortons en passant par un creek tortueux, connu sous le nom de Snake Creek, qui traverse un marais d'herbes. Ce creek a plus d’un mille de longueur, mais n’en mesure guère plus d’un quart en ligne droite depuis le dernier lac (que nous appellerons Summit Lake) jusqu’à un autre, de forme très irrégulière qu’on appelle Island Lake. Ce dernier s'étend à huit milles vers le nord et se trouve parsemé de nombreuses îles d’une grande beauté, qui se présentent sans cesse sous de nouveaux aspects toujours charmants et laissent entrevoir dans le lointain, les hauteurs qui entourent le lac et lui donnent une beauté d’une sérénité admirable si elle n’est pas grandiose,
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