‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 42 sur 54 · S9S P JOIS99X4 “HIS · texte numérisé non relu

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‘* Plus bas, le cours de la rivière s'étend un per à l'est du nord et serpente sur un parcours de sept milles à l'extrémité duquel nous trouvons un autre rapide etun portage de 40 yards dont la chute est de cinq pieds à l'époque des eaux basses et

presque nulle à l'époque de la crue. Plus loin, sur un parcours de 31% milles, la rivière se dirige vers le nord-est par un cours tortueux. Le courant n’est rapide nulle part sur ce parcours de 12 mille (excepté dans les rapides).

‘ Nous entrons alors dans un lac appelé Upper Lake où nous nous tenons près de la côte orientale en passant entre des îles composées de roc, pour pénétrer ensuite dans une baïe profonde qui s'étend du côté du sud. Nous traversons cette dernière en nous dirigeant vers le nord-ouest pendant 117 mille, puis nous longeons la rive occidentale pendant un demi mille pour passer alors l'embouchure d’une autre baie profonde à partir de laquelle nous nous dirigeons vers le nord ouest pendant deux milles, jusqu’à l'extrémité nord du lac. ‘Après avoir suivi la côte pendant un peu plus d’un demi mille, nous entrons dans un petit cours d’eau qui s'étend bientôt sous la forme d’un petit lac dont nous longeons le côté ouest pour trouver enfin le débouché de la rivière. Il y a ici plusieurs chenaux ‘11 convergent un peu plus loin.

‘ L’Upper Lake présente une forme des plis ‘rrégulières ; les îles y sont aussi nombreuses que dans l’Island Lake, et le paysage y est tout aussi beau. Ces lacs sont d’une beauté incomparable et certainement égale à tout ce que j'ai jamais vu de plus beau ; ils deviendraient certainement des points de fréquentation pour les touristes pendant la saison, s’ils étaient seulement plus accessibles,

‘A 2% milles plus loin, vers le nord-est, nous arrivons à ‘une cataracte sur la rivière et à un portage de 40 yards qui nous permet de la passer. A cet endroit, la largeur du cours d’eau se rétrécit de 200 yards à moins d'un dixième de cette la:geur et tombe d’une hauteur de douze pieds en se précipitant par une espèce d’ouverture en forme de porte dans les roches de granit, La rivière se dirige ensuite vers le nord pendant 5 milles jusqu’au lac Abitibi et de son embouthure au poste de la Hudson Bay Company sur le lac, il y a 234 millés dans la direction du nord-est.

‘ Le poste est situé sur une pointe de terre plate, qui s’avance dans le lac à son extrémité est. On avait toujours transporté les provisions destinées à ce poste en remontant la rivière Abitibi depuis la Moose, mais depuis quelques années on les a fait venir de Mattawa par le chemin que je viens de décrire, ce qui réduit de beaucoup le travail et les frais encourus pour l’approvisionnement du poste.

‘ LAC ABITIBI.

‘ Comme tous ceux que l’on rencontre le long de cette route, ce lac est d’une forme très irrégulière. Sa largeur varie de deux à quatorze ou quinze milles. On y trouve be-ucoup de baies et de nombreuses îles dont la plupart sont rocheuses et quelques-unes d’une étendue considérable.

‘ La route qu’on suit généralement en venant du poste longe ie côté sud du lac pendant 1712 milles, et traverse ensuite vers l’est jusqu’à un point situé sur le côté du nord. La longueur de cette traversée est de 37% milles, quoique le lac n'ait ici que 2 milles de AL

‘6 En suivant le côté sud pendant près de cinq milles nous arrivons aux ‘‘ Narrows,”” qui ont deux milles de longueur et guère plus de 300 yards de largeur à certains endroits.

‘ A l'extrémité ouest des ‘‘ Narrows ” une grande île forme deux chenaux de sortie—celui du nord nous évite un portage à travers une longue presqu'île qui s’avance du sud au nord à plusieurs milles dans le lac. En prenant ce chemin, cependant, ca est obligé de traverser une grande étendue d’eaux exposées, qui peuvent devenir trop agitées par le vent pour qu’on puisse y naviguer en canot, et occasionnent ainsi des retards ennuyeux. Le chenal du sud passe par une baïe où l’on trouve de nombreuses îles, qui abritent si bien le lac-qu’on peut y passer De toujours. La direction à suivre se trouve entre le sud-ouest et l’ouest pendant 512 milles jusqu'à ce qu’on arrive à la presqu'île mentionnée plus haut. Ici, on fait un portage d’un cinquième de milie environ du côté de l’ouest jusqu’à ce qu’on arrive à un petit lac qui a 300 yards de iargeur ; après l'avoir passé, un autre portage de 150 yards environ, nous amène au lac Abitibi. Nous pouvons traverser ce dernier par des vents modérés, tout droit jusqu’à la naissance de l’Abitibi River. Telle qu'on l’aper-

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LE DISTRICT DU YUKON. 139 çoit depuis le portage elle se trouve juste au sud d’une petite île rocheuse qui est à deux milles du portage dans la direction de l’ouest. La traversée est de 5% à 6 milles. Quand le vent vient du sud ou de l’ouest, on suit la côte sud et ouest du lac pour y arriver, mais quand le vent se trouve au nord ou au nord-est l’eau est trop agitée pour effectuer le pas sage dans un canot ordinaire.

‘LA RIVIÈRE ABITIBI.

‘A sa naissance, cette rivière a 150 yards de largeur et le courant y est modéré, sa direction générale est vers le sud-ouest jusqu’au premier portage, qui passe du côté du sud en laissant à gauche une chute et des rapides. La chute a à peu près 28 pieds de hauteur et la différence totale de niveau est de 35 pieds. Le portage est long d’un quart de mille et peu difficile.

‘“ La rivière se dirige maintenant vers l’ouest pendant une certaine distance. A deux milles au-dessus de la première chute, elle se précipite avec rapidité par un passage étroit entre deux murailles de roc où l’eau est assez agitée mais permet le passage d’un canot suffisamment grand. Au-delà, l’eau est tranquille et le courant facile sur un parcours de dix milles, au bout duquel on trouve un rapide qu'il est facile de filer; vient ensuite un mille d'eaux tranquilles, suivi d'un mille d'eaux rapides et agitées qu'il est cependant facile de passer pourvu qu’on ait bien soin d'éviter les rochers.

‘ À un mille plus bas un cours d’eau assez important débouche dans la rivière du côté du nord. Mon guide me dit qu’on l’appelait Mis-ta-ago-sini, mais ne savait pas assez bien l'anglais pour m'expliquer la signification de ce nom, que je n’ai jamais pu apprendre. A deux milles plus loin on arrive à un petit raside qu'il est facile de descendre et à 444 milles plus bas à une chute de quatre à cinq pieds que l’on passe en faisant un portage de 100 yards du côté du sud. A deux cents yards plus loin, il y a encore une chute de 7 à 8 pieds et un portage du côté du sud qui a aussi 100 yards de longueur. Pendant quatre milles la cours du fleuve suit une direction entre le sud et le sud-ouest jusqu'à l'embouchure d’une rivière qui vient le rejoindre du côté du sud, j'ai compris que mon guide me disait que cette rivière prenait sa source près de la rivière Blanche, qui se jette dans le lac Témiscamingue près de la rivière Quinze et que les Indiens passaient quelquefois par là pour arriver au lac Témiscamingue. Ce cours d’eau a de 60 à 70 yards de largeur à son embouchure.

‘“ Le cours du fleuve fléchit ici vers le nord et à cinq milles plus bas nous arrivons à une chute de 14 pieds environ qu'on me dit être appelée ‘‘ Iroquois Fa!!:.” On prétend que cette chute dérive son nom d’une razzia que les Iroauois avaient faite dans le pays bien « :s années auparavant en forçant des femmes indigènes à leur servir de guides. (‘es femmes, pour sauver leurs gens, calmèrent les soupçons des envahisseurs ei. leur disant que le bruit des chutes qu'ils entendaient provenait d’une autre chute par laquelle un affluent se jctait dans la rivière qu'ils naviguaient. Persuadés de la vérité de cette histoire les Iroquois continuèrent leur chemin, sans se douter d'aucun danger, pour aller tout droit à la mort.

‘On dit aussi, en racontant l’histoire d’une autre façon, que les guides étaient des hommes, qu’ils firent accroire à leurs conquérants que les rapides pouvaient être passés sans difficulté en se maintenant dans une certaine partie du chenal et que pour faire preuve de leur sincérité ils avaient pris les devants en canot, en s’arrangeant de telle sorte, cependant, que leurs ennemis passèrent par-dessus les chutes tandis qu’eux-mêmes parvinrent à se sauver grâce à la connaissance qu'ils avaient du cours du fleuve.

‘ La première paraît être une histoire banale et se raconte de plusieurs autres cataractes ; quant à moi, je ne suis guère porté à croire ni l’une ni l’autre car, règle générale, les Indiens ne sont pas disposés à courir de grands risques, surtout dans un pays inconnu.

‘ Le portage, qui a 150 yards de longueur, se trouve ici du côté du sud. Le cours même du fleuve serpente du nord-ouest au nord-est, et à 91: milles ar-des-

sous des chutes d’Iroquois devient un rapide qui a un demi mille environ de longueur et une chute de quatre à cinq pieds. Le seul danger qu'il présente est dû aux nombreux rochers qui en embarrassent le cours et qu’on ne peut éviter qu’en ayant le plus grand soin, surtout à l’époque des eaux basses. L'orientation générale du cours de la rivière se trouve alors un peu à l’ouest du nord, le courant en est uni pendant 181 milles jusqu’à ce qu’on arrive à un passage dont les eaux sont légèrement agitées et qui a de 40 à 50 yards de longueur. Plus loin, la direction générale du fleuve est la même pendant près de sept milles ; il fléchit alors vers l’ouest et nous nous trouvons de suite en présence des rapides Long Sault. Sur les trois premiers milles de ces rapides on ne trouve qu'une accélération très marquée du courant qui se termine à une barrière de rochers granitiques où la rivière fait une chute de 7 pieds environ en passant par une étroite ouverture. Le portage à cet endroit, qui a 40 yards de long, se trouve du côté du sud. Au-delà de la chute, nous trouvons encore des eaux fort rapides et agitées qui sont parsemées de grosses masses de roc et qui finissent par faire encore une autre chute de cinq pieds. Le portage correspondant se trouve au sud et présente une longueur de 100 yards. Plus loin, on rencontre une suite de rapides très mauvais, parsemée de rocs et dont les eaux sont fort turbuleantes.

‘* Plus bas, nous avons deux ou trois milles d'eaux rapides et peu profondes, qui ne sont pourtant pas dangereuses. La chute totale de ces derniers rapides et de 40 pieds à peu près.

‘“ Le long de la partie la plus mauvaise, le cours du fleuve fléchit de l’ouest au nord et continue pendant 7% milles dans cette direction, pour fléchir encore tout d'un coup vers le sud-ouest. Au tournant, un cours d’eau de 50 à 60 yards de largeur se jette dans le fleuve du côté du nord. Je n’ai pas pu obtenir de renseignements sur le compte de ce dernier parce que mon guide était absent. A 514 milles de cet affluent nous arrivons à un petit rapide, à mi-chemin duquel on rencontre une île. Ce rapide est facile à passer pourvu qu’on ait un canot de dimensions moyennes, et si l’on veut s’en servir on trouvera un portage de 60 yards environ, sur l’île. À 33 milles plus loin en se dirigeant vers le sud-ouest on arrive au portage et aux rapides suivants. Le portage se trouve du côté du sud et s'étend sur une longueur de 100 yards. (Comme toutes les autres chutes que nous avons rencontrées, celle-ci n’est autre chose qu’une simple contraction du lit du fleuve, créée par des rochers de granit dont l’ouverture n’a pas plus d’un sixième ou d’un huitième de la largeur générale du fleuve. Les eaux s'y précipitent en faisant une chute de trois pieds et sont beaucoup trop turbulentes pour qu’on puisse y passer en canot.

‘ La rivière abandonne ici sa direction ordinaire vers la sud-ouest pour fléchir peu à peu jusqu’à ce qu’elle prenne une direction qui se rapproche du nord. A un mille de ce rapide une rivière aussi grande que l’Abitibi vient la rejoindre en venant du sud. Cette dernière est connue sous le nom de Frederick House River et prend sa source, dit-on, dans un lac qui n’est pas loin des sources de la Montreal River qui se déverse dans le lac Témiscamingue.

‘ Pendant 18 ou 19 milles le cours de la rivière suit une direction un peu à l’ouest du nord et tourne alors brusquement du côté de l’ouest pour passer ensuite sur une autre crête de granit qui forme deux rapides qui sont très mauvais. Pour les passer on prend deux portages qui se trouvent du côté nord, dont le premier a 170 et le second, 190 yards de longueur. Après avoir passé ces derniers rapides, le cours du fleuve est calme et tranquille pendant un ou deux milles, mais au-delà, la présence de nombreuses îles de granit dans la rivière, en accélère beaucoup le courant sans toutefois le rendre turbulent. Deux milles plus loin nous arrivons à un autre rapide après lequel le cours du fleuve fléchit du nord à l’ouest et passe au travers d’une autre crête de granits. Le premier portage a 100 yards de longueur et passe sur un terrain uni qui se trouve du côté de l’ouest. Le suivant qui a 100 yards de longueur, passe sur une île qui se trouve au milieu de la rivière et porte le nom d’Island Portage. La distance entre les deux est de 50 à 60 yards. J'ai

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passé le premier en canot. Il est facile à descendre mais il est plus difficile de s'arrêter à temps à l’île pour éviter d'être emporté dans le rapide suivant, qui engouffrerait bien vite un canot. La chute de ce rapide est de sept à huit pieds. Le courant prend alors la direction du nord et devient fort tranquille, sa largeur étant de 200 yards environ. A quatorze milles de l’Island Portage, une rivière connue sous le nom de Whitefish River vient rejoindre l'artère principale à l’ouest. A trois milles plus loin cette dernière reprend alors la direction de l’ouest et passe par une série de rapides dont la description suivante m'a été faite par un employé de la Hudson Bay Company :—A deux milles au-dessous du tournant on trouve le premier rapide qui est très mauvais. Le portage qui y correspond a un demi mille de longueur et passe du côté est de la rivière sur une bonne route bien unie. Il porte le nom de Lobstick Portage. Le suivant se trouve à un demi mille plus bas du côté de l’ouest et s'appelle Burnt Wood Portage. Ila trois cents yards de long et la surface en est fort accidentée et rocailleuse. Les rapides sont très mauvais. Vient ensuite un mille d’eau calme jusqu’au portage suivant qui a 100 yards de long et qui se trouve à l’ouest sur un rocher. On l'appelle Clay Falls. Il suit le flanc d’un banc d'argile et se trouve au bord de l’eau à l’époque de la crue ; sa longueur est de 200 yards. A 100 yards au-dessous des Clay Falls nous arrivons au Birch Portage. Celui-ci, qui a 300 yards de longueur passe à l’est de la rivière ; sur un terrain qui est bon. Tout près de celui-ci, du même côté, se trouve l'Oil Portage dont la surface est bonne aussi.

‘“ A l’époque de la crue il est dangereux de passer du Lobstick au Burnt Wood et c’est à cause de cela qu’on passe souvent par un autre chemin, connu sous de nom de Little Lakes Road. Celui-ci quitte la rivière en se dirigeant du côté de l’est au point où elle fléchit vers l’ouest, à 300 ou 400 yards plus haut qu’un gros rocher qui se trouve à l'est de la rivière tout près de l’embouchure d’un petit affluent. Après en avoir trouvé le commencement, il est facile de le suivre car c’est un chemin bien battu. Il y a d’abord un portage qui a plus d’un mille et demi et qui nous mène à un petit lac dont la traversée est de 600 yards environ; puis encore un portage de 400 yards jusqu’à un autre lac qui en a 700 et qu'on traverse en se dirigeant vers l’ouest, jusqu’à un troisième portage qui a 400 yards de long et pourrait être raccourci de beaucoup car il est fort tortueux. Le lac suivant a 200 yards de largeur. On le traverse dans la direction du nord-ouest jusqu’à un autre portage qui est long de 700 yards et aboutit à un étang qui en a 250 de large. A l'extrémité occidentale de cet étang on s'engage sur un autre portage qui a 2,700 yards ou un mille et demi de long et nous emmène encore un fois à la rivière à une centaine de yards plus bas que l’Oil Portage. Ce dernier, sur la plupart de sa longueur, suit le fond de la vallée d’un petit cours d’eau et la surface en est très irrégulière et difficile à traverser.

‘« La longueur totale des portages effectués le long de ce chemin est de 8,oco yards ou cinq milles ; par la rivière il n’y a que 2,000 yards environ, c’est-à-dire moins d’un mille et quart. Malgré cela, on se sert beaucoup de la route qui passe par le lac.—Je suppose que ce fait tient à ce que tous les canots en usage dans ce pays sont fort petits et qu'on trouve plus agréable de faire cinq milles de chemin fort difficile avec la certitude de s'en tirer avec la vie sauve, plutôt que de ne faire qu'un mille et quart sans savoir comment on va en sortir.

‘4 Au-uessous de l'Oil Portage, la rivière s’élargit pour former une espèce d’étang avant de plonger dans le cañon. Disons qu'il y a ici un cañon dans le sens véritable du mot, car le chenal‘n’a pas plus de 20 ou 30 yards de largeur à cet endroit et les côtés en sont perpendiculaires et s'élèvent à une hauteur bien plus considérable que le chenal n’est large. Il a deux milles de longueur, et comme je n’en ai vu que l’extrémité, je ne puis pas en faire la description. On m'a dit qu’à certains endroits il était impossible d’en apercevoir le fond du haut des bords à cause de leur hauteur et de leur raideur ; comme il n'est guère probable que quelqu'un y passe pour le plaisir de pouvoir en faire une description, il est à croire qu’on ne le décrira

pas de longtemps. Vu de l’une ou de l’autre extrémité, il présente un spectacle grandiuse et fort impressionnant. Le portage se trouve du côté de l’est et passe par deux milles d’un chemin passablement difficile à cause de quatre ou cinq côtes assez raides qui s’y trouvent, À la sortie du cañon, on rencontre un autre élargissement en forme d'étang, suivi de 400 ou 500 yards de rapides qui ne sont pas difficiles à passer en canot mais au pied desquels il faut se tenir bien sur l'alerte parce que l’eau n'y est guère profonde et le lit en est rocailleux. Le courant, qui est maintenant uni et facile à naviguer se dirige entre le nord et le nord-est pendant cinq milles et nous emmène au poste établi par la Hudson Bay Company, sur la rivière que l’on connaît sous le nom de New Post.

‘À partir de New Post jusqu'à seize milles plus loin l’Abitibi conserve une lar geur uniforme (150 yards), le courant est uni et facile à naviguer et sa direction générale est à l'ouest du nord. Ici, la navigation devient impossible à cause d’une série de rapides qui nous impose un portage de deux milles (du côté de l’est) au moins, à l'extrémité nord duquel on trouve deux côtes fort difficiles à monter. Ce portage est quelquefois partagé en deux autres (le premier est long d’un mille et le second, d’un quart de mille), mais cette subdivision ne semble guère être avantageuse.

‘A un mille plus bas nous arrivons à un autre portage encore, du côté de l’est, qui est long de 900 yards., Les rapides n'y sont pas très agités et peuvent être filés dans des canots légers ; les miens étaient trop lourdement chargés pour y passer. Au-dessous de ce portage on est obligé de passer un quart de mille d’eau rapide et agitée avant d'atteindre des eaux tranquilles qui ne se prolongent à guère plus de deux milles pour aboutir à un autre portage, long de 900 yards et situé du côté est du cours d’eau. On remonte quelquefois ce rapide-ci et le précédent en longeant la rive et en s'aidant de perches au moyen desquelles on pousse les canots en appuyant sur le fond.

‘A cinq milles en aval du dernier rapide nous arrivons au commencement d’un autre qui est fort long et sur le cours duquel la rivière prend une largeur de 600 yards, c’est-à-dire, trois fois sa largeur ordinaire, et où il y a, par conséquent, très peu d'eau. Ce rapide n’est pas très agité, mais il est cependant un tant soit peu dangereux à cause du peu de profondeur de l’eau et des rochers nombreux qui y abondent, La première partie est longue de 3 milles, à la suite desquels le courant devient assez uni, quoique rapide et peu profond pendant 2% milles ; plus loin, sur les 372 milles de la fin de son parcours l’eau devient agitée de nouveau et présente les mêmes caractères que la partie supérieure. Ce rapide est quelquefois désigné sous le nom de Long Rapid, mais plus souvent sous celui de ‘‘ Pudding ” à cause des îles qu'on y rencontre et qui ressemblent à un ‘‘plum-pudding.” A cet endroit le cours du fleuve se dirige vers le nord, mais fléchit ensuite vers l’est.

‘{ Une rivière que les Indiens appellent ‘‘ Abitibi-shi-sipi”” ou petite rivière Abitibi rejoint le fleuve en venant de l’est à quatre milles plus bas. Elle a plus de cent yards à son embouchure, mais n’a pas de profondeur. En poursuivant notre chemin à sept milles plus loin nous arrivons à un rapide qui n’a rien de remarquable et qu’on appelle Blacksmith’s Rapids. On m'a dit que ce nom lui avait été donné parce qu’un forgeron s’y était noyé quelques années auparavant ; d’autres m'ont dit que l’origine du nom provenait de l'existence d’un gisement de charbon et je suis porté à croire que c'est là l'explication la plus vraisemblable de sa provenance.

‘A un mille plus loin il entre une autre rivière qui vient de l’est et dont la largeur est de 20 yards ou à peu près; à 2% milles plus loin, il y en a encore une autre dont l'embouchure a 40 yards et qui vient de l’ouest. Mon guide a appelé cette dernière ‘ O-nak-o-whan-i-sipi, mais n’a pas pu m'expliquer ce que cela signifiait en anglais. Aun mille plus bas j'ai encore aperçu ce qui paraissait être une petite rivière du côté de l’est.

‘ La direction générale du fleuve se porte ici vers le nord-est sur une distance de plusieurs milles ; mais le cractère général en change par ce fait qu’on y rencon-

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tre de nombreuses îles et qu’il devient plus large tandis que la rapidité du courant augmente dans de nombreux endroits où l’on trouve très peu d'eau, Ces caractères généraux persistent jusqu'à 29 milles plus loin que l'O-nak-o-whan-i-sipi où le fleuve se subdivise en trois ou quatre branches et passe par des rapides peu profonds jusqu'à la Moose River ou ‘ Mi-tag-ami’ comme l'appellent les Indiens. On peut passer par une de ces branches à l'époque de la crue mais pas quand l'eau est basse. J'y suis passé en longeant la rive occidentale et il y avait à peine assez d'eau pour porter mon canot qui ne tirait que dix à onze pouces. Ceci continue pendant près d’un mille, lorsqu'on arrive à une pointe de rocher qui refoule violemment l’eau en forme de vague immense (et encore ne peut-on pas passer ailleurs, à cause des rochers) et nous oblige à faire un portage de 500 yards. Plus loin, il y a encore environ 300 yards de rapides qu'il faut descendre doucement et avec beaucoup de précautions à cause des rochers et du peu de profondeur de l’eau. On arrive alors

à la Moose River.

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