EXPLORATION DE M. OGILVIE EN
M. Ogilvie donne la description suivante du voyage qu'il fit, en 1887, en
descendant le cours du Yukon : pres: ve Les premières nouvelles que je reçus en débarquant à Chilkat m’annoncèrent
qu'il y avait eu des désordres à l’intérieur, sur la Lewes River, précisément dans |
voisinage de l'endroit où j'avais l'intention de me rendre. Un mineur, récemment
arrivé de l’intérieur, venait de raconter qu’une bagarre avait eu lieu entre les Indien ®
et les mineurs, à l'embouchure de la Stewart River. Le résultat de l'affaire avail été, disait-il, la mort de quatre Indiens et de deux blancs, et les Indiens étaieni revenus s’embusquer à l'embouchure du cañon, où ils attendaient les blancs qu pourraient essayer de pénétrer dans le pays. Je n'ai pas pu le questionner attendi
qu'il avait quitté Juneau la veille de mon arrivée. Quoique l'histoire me pari
mprobable, elle était cependant assez désagréable et, qu’elle fût vraie ou qu’elle n4
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avait signifié l'ordre d'avoir à quitter le pays au milieu de l'hiver, ordre que les mineurs regardent comme équivalant à une sentence de mort. à s'en tirer avec la vie sauve, après avoir fait un voyage des plus difficiles et des plus dangereux, d'une longueur de 300 milles.
Il réussit par miracle
Il était parti au mois de février,
D'après Photo. par W. Ogilvie.
Vue prise du haut de la Baie et du défilé de Chilkoot à 1% mille des eaux de marée. (Pluie)
je crois, et est arrivé à la côte au mois de mai. On a dit plus tard qu'il avait
encore eu maille à partir avec un Indien qu'il avait embauché pour l'accompagner. Un autre mineur du nom de Williams, partit de la Stewart River pour la côte au mois de décembre ; il avait des commissions à faire pour Harper, McQuesten & Co. et portait la correspondance des mineurs. Cet homme eût l'avantage de pouvoir profiter des secours que lui donnèrent les mineurs dont quelques-uns se trouvaient échelonnés le long de la rivière, dans le voisinage du Teslin (le Newberry de Schwatka). Arrivé au sommet des montagnes de la côte il fût arrêté par une tourmente de neige qui duratrois jours ; à ia suite des intempéries qu'il eût à subir il fut attaqué d’une pneumonie à laquelle il succomba.
Il paraît, au dire de ceux qui connaîssent le pays, que les tempêtes qui sévissent sur les hauteurs des montagnes de la côte, depuis le mois d'octobre jusqu’au mois de mars, sont terribles. Le voyageur qui se trouve surpris par un de ces ouragans, risque d'y perdre la vie, s’il ne peut se mettre à l’abri dans le plus bref délai. En été le vent souffle toujours de la mer en remontant le détroit de Chatham et le Canal de Lynn, qui sont pour ainsi dire en ligne droite ; au sommet du Canal de Lynn se trouvent les ‘* Inlets ” de Chilkat et de Chilkoot. Depuis la côte, en redescendant ces voies d’eau jusqu’à la mer il y a un parcours de 380 milles environ. Les mon-
tagnes qui se dressent de chaque côté de ces baies étroites renferment les courants À aériens et donnent toujours au vent une direction parrallèle à l'axe du chenal, de telle
sorte que le vent y souffle toujours avec force vers la côte. Ce vent, venant de la
mer, se trouve fortement chargé d'humidité qui se précipite au contact des flancs ‘refroidis de la montagne et produit, soit de fortes pluies soit de fortes neiges.
Après mon débarquement à Chilkoot, le temps est resté à la pluie pendant
trois jours, en sorte que je n’ai pu rien faire pour commencer mes opérations ; j'ai 4
profité de ce retard pour faire, avec mes compagnons de voyage, les préparatifs nécessaires au transport des instruments, des provisions et des autres bagages jusqu’au sommet de la Baie de Dyea. Ce sommet est à une distance de 201% milles
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D'après Vue p
environ. Le transport s'est effectué au moyen de deux bateaux que j'ai loués à un 1 commerçant du pays et qui ont été remorqués jusqu'au sommet de la Baie de Dyea, ‘ar par l'aviso le ‘* Pinta ” du Gouvernement des Etats-Unis. Je tiens à remercier , ici, le commandant de ce navire (le Capitaine Newell) de la bonne grâce et de la a courtoisie avec laquelle il s’est porté à notre secours en cette circonstance. u