‹ Guide populaire dans les Musées du LouvreChapitre 25 sur 37 · SCULPTURE DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

SCULPTURE DE LA RENAISSANCE

Après avoir traversé un vestibule dans lequel on a placé quelques spécimens de l'art du moyen âge, pénétrons dans la salle de Jean Goujon, le plus célèbre sculpteur de notre pays.

Au milieu de cette pièce, lu Diane de Poitiers de ce maître appelle notre admiration. Cette belle figure, d'un style qui rappelle l'art grec, possède une grâce particalière qui n'appartient qu'à Jean Goujon. Il faut admettre que la célèbre maîtresse du roi Henri II a eu le privilège de conserver intacte sa beauté jusque dans un âge ataoeé, car elle devait avoir cinquante ans environ lorsque Jean Goujon fit ce portrait. On sait en effet que la duchesse de Valentinois, plus âgée de vingt-buit ans qu'Henri II, en avait quarante-sept lorsque ce roi s'éprit d'elle.

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Il n'est pas besoin de rappeler que les bas-reliefs qui ornent deux des côtés de la fontaine des Innocents, élevée sous François 1*", sont de ce grand artiste. Les autres, moins beaux, ont été exécutés par Pajou, lors de la restauration de ce petit édifice au dix-huitième siècle. Sur le mur à droite de la salle dans laquelle nous sommes, on voit des bas*reliefs d'une grande beauté, (|ui étaient destinés aussi à la fontaine des Innocents, et qui sont restés sans emploi.

Au nombre, des oeuvres de ce maître répandues dans Paris, il faut citer encore les sculptures de FhAtel Carnavalet (1), que l'on- vient d'acheter pour en faire le Musée de la ville de Paris. Enfin, disons pour terminer qu'insouciants à' l'égard de nos gloires nationales, nous ne connaissons ni le lieu, ni l'année de la naissance de Jean Goujon, ni les circonstances de sa vie. ^

Au-dessous des bas-reliefs de Jean Goujon, remarquons trois beaux bustes d'Henri II, de Charles IX et d'Jfmri III, par Germain Pilon ; puis, un peu plus loin, du même mattre, . un groupe célèbre, les Trois Grâces, qui faisait partie du monument élevé à la mémoire d'Henri II, par Catherine de Médicis. Ces trois figures sont, dit-on, les portraits de Gatherine de Médicis, de la marquise d'Ëtampeâ et de M™* de Villeroi.

Dans la salle à gauiîhe de celle-ci, dite des Anguier, remarquons le monument d'Henri de Longueville, par François Anguier, et de beaux bustes de Barthélémy PRtEUR.

(1) Rue GoUnTe^Sainte-Catherine, au Marais.

Traversant de nouveau la salle de Jean Goujon, nous pénétrerons à droite dans des pièces où sont placés : an bronze de Benvenuto Cellini, répétition de celui que nous avons vu dans la salle des Cariatides, puis deux admirables chefs-d*teuvre, les deux f Tisonniers y de Michel- ÂNGE. Ces statues, qui ne sont pas entièrement terminées, avaient été faites pour le tombeau du pape Jules II. Elles furent données à François P% qui les céda au connétable de Montmorency. Ces figures passèrent ensuite dans la famille Richelieu. Pendant la Révolution, délaissées et méconnues, elles étaient sur le point d'être vendues à des marchands, lorsque M. Lenoir (1) les réunit à son musée de la rue des Petits-Augustins.

Remarquons aussi, au milieu de la pièce, un buste en terre cuite, vrai et vivant comme la nature elle-même. Ce portrait, qu'on avait beaucoup admiré il y a quelques années au musée rétrospectif des Champs-Elysées , a été placé tout récemment au Louvre.

Si maintenant nous quittons ces salles, nous suivrons à droite le mur du palais pour gagner le portique placé sous le pavillon en regard de l'église Saint-Germain- TAuxerrois. Une porte à droite sous ce portique donne accès dans le

(1) M. Lenoir rendit de grands services aux arts pendant Tépoque de la Terreur. 11 sauva de la destruction un grand nojuhre d'objets d'art du plus grand prix, qu'il réunit et conserva secrètement pendant les temps les plus difficiles de la Révolution.

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