‹ Guide populaire dans les Musées du LouvreChapitre 32 sur 37 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

L'art de la peinture fut introduit île bonne heure en Italie par les colonies grecques qui s'y établirent et par les artistes que les patriciens romains faisaient venir d'Athènes. Les décorations qui recouvrent les parois 4ntérieures des maisons des deux villes enfouies au pied du Vésuve, Pompeï et Herculanum, sont à peu près les seuls spécimens qurnous aient été conservés de la peipture dans Tllalie ancienj[ie. Ces compositions sont d'une élégance qui rappelle bien leur origine grecque ; mais, faites à une époque où l'art hellénique était déjà en décadence, et servant à l'embellissement de modestes habitations, elles ne peuvent nous donner qu'une faible idée de ce que devaient être

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les peintures qui jornaientles palais somptueux des grands personnai^es romains (i).

Pendant les siècles qui suivirent l'invasion des Barbares , l'Ilalie ne produisit aucune œuvre artistique digne de ce nom, et il nous l'aul arriver jusqu'à l'époque où une situation pfus calme permit aux habitants de ce pays d'entrer en relations avec les Grecs deByzance. Les artistes de cette ville qui vinrent alors dans Ja Péninsule y importèrent leurs procédés de peinture ; aussi les productions les plus anciennes de l'art italien au moyen âge présentent-ailes la môme sécheresse et- la même ignorance du dessin que celles venues de l'empire d^rient.

C'est vers la fin d^ treizième siècle, que l'art fait le^i premiers efforts pour briser les liens da^ns lesquels le retenait la tradition byzantine.

Gimabûe, qui entra le premier dans celte voie, est, par suite, considéré comme le père de la renaissance italienne.

Avec son élève Giotto, la peinture fait des progrès décisifs, et au commencement du quinzième siècle vient Masaccio qui se dégage entièrement de Fart traditionnel. Le» œuvres de ce grand artiste dont nous n'avons malheiireusement rien aU Louvre, sont regardées comme ayant servi de point de départ aux maîtres qui ont illustré' la fin du quinzième siècle et le commencement du seizième.

Les peintures des artistes primitifs dont nous venons de parler et de ceux qui vécurent aux mémos époques, c'est-à-dire depuis la fin du treizième siècle jusqu'à la fin du quinzième, représentent par le caractère de naïveté et de pieuse ferveur dont elles sont empreintes, un côté saisissant de la société du moyen

(I) Herculanum et Pompeï ayant été enfouies en l'an 79 de notre ère, il est permis de supposer que ces peintures datent dii ^ron^ier siècle.

âge. Aussi quelques personnes prétendent que la décadence commence après ces artistes. Cette assertion peut être vraie au point de vue de l'expression du sentiment chrétien ; mais, en devenant plus profaner, la peinture italienne ne s'élève pas moins à la fin du quinzième siècle et pendant la première moitié du suivant à son plus haut degré de perfection. C'est le momenl où apparaissent Giorgione , Michel-Ange , Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, Paul Véronèse, Corrége et tant d'autres dont les noms sont la gloire de l'Italie. Les idées émises pendant la Renaissance avaient produit une société nouvelle ayant d'autres aspirations que celle qui l'avait précédée. Il en résulta un art nouveau, et les grands artistes que nous venons de citer se sont conformés à Tordre naturel des choses, en abandonnant le but que s'étaient proposé leurs prédécesseurs, et en cherchant à reproduire dans leurs œuvres les tendances des temps où ils vivaient.

Mais cet état de splendeur où Fart était parvenu ne devait pas durer longtemps. A là fin du seizième siècle, la peinture italienne fait un pas vers la décadence. A partir de ce moment, on ne trouve plus que rarement le style grand et simple des œuvres de la belle époque. Les artistes ne semblent plus poursuivre d'autre but que celui d'une- exécution facile et élégante. Cependant on rencontre encore parmi eux de grands peintres, par exemple les Carrache qui essayent de ranimer le culte des maîtres; le Dominiquin, auteur delà Communion de Saint-" Jérôme^ mise à juste titre, au rang des chefs-d'œuvre du plus beau temps de l'art ; et le Caravage, dont le talent vigoureux s'appliqua à reproduire exactement la nature.

Après ces non^s, la décadence fait de rapides progrès, et^u commencement du dix-huitième siècle, le grand art italien a cessé d'exister.

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