GRAND SALON CARRÉ
où Ton a réuni quelques-unes des peintures les plus remarquables des différentes écoles. Si Ton en excepte les
yGoogk
chefs-d'œuvre de la statuaire grecque, le Louvre ne nous présentera, sauf quelques exceptions, rien qui soit plus digne de notre admiration. Aussi, ferons-nous dans cette pièce une station plus prolongée que dans les autres parties du Musée.
Nous ferons le tour de ce salon en commençant par la droite. Je crois devoir inviter les personnes qui m'accompagnent à ne pas regarder les tableaux de trop près. Pour juger de l'effet d'une peinture, il faut se placer à une distance telle que l'œil puisse saisir l'ensemble de 1^ composition.
Le premier tableau qui s'offre à nous est : — n® 44*« — La Vierge tenant l'Enfant Jésus — du Pérugin — "^ (1446-1524.) (1).
C'est un des meilleurs tableaux du maître de Rapli'aël. Nous y trouvons, à un certain degré, le sentiment religieux que les artistes du moyen âge cherchaient h reproduire avant tout. Mais les personnages n'ont déjà plus l'expression austère et recueillie des peintures des maîtres primitifs. Ils sont dessinés avec plus d'élégance, leurs vêtements sont disposés avec plus de goût et le coloris de la composition est plus séduisant. C'est que le moyen âge en expirant, entraîne avec lui l'art qui avait reproduit ses aspirations, et laisse la place à la renaissance qui, sous le
(1) Lorsqu'un nom se présenterapour la première fois, qu indiquera par deux dates entre parenthèses l'époque de la naissance de l'artisto et celle de sa mort*
souffle d'idées nouvelles, va créer un art tout différent (1).
— N** OS. — Portraits des peintres Jean et Gentil Belin — par Gentil EfEUN — (1421-1807).
Ce tableau a été fait au début de l'École vénitienne si célèbre par ses grands maîtres coloristes. Nous y trouvons déjà une chaude couleur, et la vie qui rayonne dans ces deux têtes indique chez l'artiste uncétudè sérieuse de la nature. Gentil a les cheveux roux; son frère Jean, l'illustre fondateur de l'École de Venise, le maître du Giorgione et du Titien, se reconnaît à ses cheveux noirs.
Au-dessus de ce tableau, le -^ n° 449 — est le Portrait de Nicolas Potissin^ peint par lui-même — (1894-1668).
Ce beau portrait du plus célèbre maître de l'école française se recommande par des qualités de style et de dessin; mais c'est dans d'autres œuvres que Poussin se révélera à nous avec toutes les qualités qui lui assignent un rang si élevé dans l'histoire de notre art national.
Vient ensuite — n** 405^ te Christ porté au tombeau, — du Titien — (1477-1876).
C'est un pur chef-d'œuvre, un des plus beaux tableaux de la meilleure époque de l'école vénitienne. Dans cette peinture célèbre, d'un effet dramatique saisissant, Titien a joint à ses qualités habituelles de grand coloriste, une science profonde du dessin.
(1) Voir page ilO (Ré$umé de rhistoire de la peinture).
Remarquons à cette occasion que, chez les coloristes, le dessin n'est pas entendu de la même manière que dans les œuvres des artistes qui se préoccupent avant tout de la beauté des contours. Un Raphaël, un Léonard de Vinci, eussent certainement traité différemment les figures (1) de cette scène. Les contours eussent été plus nets, chaque Irait de3 têtes eût été dessiné et model^ (2) avec soin, tandis que notre maître col^oriste qui est frappé avant tout des effets produits par Téclat des couleurs et le rapprochement des différents tons, se préoccupe m^ins des lignes. Les traits des personnages qui ne remplissent qu'un rôle secondaire dans sa composition, ne sont qu'indiqués, tandis qu'il a réservé un dessin plus précis, un modelé plus serré, et plus de lumière pour le point où il veut appeler l'attention, c'est-à-dire pour le corps du Ct\rist qui est admirable.
Au-dessus de ce tableau est placée — n** ftftS — V Adoration des Bergers — de Riôera, dit l'Espagnolet — (1588-1686).
Dans cette peinture puissante et lumineuse en même temps, l'artiste s'est proposé de reproduire avec énergie la nature *t la vérité. Les têtes sont celles des modèles
(1) Par Texpression figure, il faut entendre non pas Vensemble des traits dn visage, mais le corps humain îout entier.
(% Modeler, c'est rendre le relief des figures. On dit, par exemple, (t^'one tête est bien modelée ou d'un beau modelé, lors<]^ue les méplats et les détails du système musculaire- sont bien reproduits.
qui ont posé devant lui, et Tes accessoires, notamment les peaux et les vêtements grossiers des bergers, sont rendus avec une grande vigueur. Rappelons, d'ailleurs, que ce peintre espagnol ne choisissait pas habituellement des sujets aussi calmes que celui-ci. Ribera est surtout connu par des scènes de martyre et de macération où il a représenté la nature dans ce qu elle a de plus horrible.
Le tableau placé dans Tangle du salon est une merveille de coloris.
C'est — n® •• — le Sommeil d'Antiope — jiu Corrége — (149M534).
Au moment le plus chaud d'une journée d'été, la nyraplie Antiope dort nue sur Therbe. Ce beau corps empreini d'une grâce sensuelle et où la vie se manifeste avec toute l'exubérance de la jeunesse, est rendue avec une puisr .sance d'exécution qui étonne. En le peignant en pleine lumière, sans le secours d'ombres, le Corrége a vaincu une des plus grandes difficultés de l'art du peintre. Ce célèbre tableau fut cédé par un duc de Mantoue à Charles 1®% roi d'AngleteiTC ; il passa ensuite entre les mains du cardinal Mazarin, puis devint la propriété de Louis XIV.
Au bas de Y Antiope^ à droite-, se trouve un petit tableau qui est un chef-d'œuvre — n° 410 — le Ménage du menuisier, — de Rembrandt — (1606-1669).
Un rayon de soleil pénètre dans un intérieur obscur et vient éclairer un enfant au sein de sa mère. Ici encore, le dessin ne joue qu'un rôle secondaire, Rembrandt a vu
un effet de lumière qui Ta frappé, et par la magie de son talent il Ta fixé sur le petit panneau de bois qui est devant nos yeux. Remarquons la beauté d'exécution des détails que Ton aperçeit dans les parties à peine éclairées du tableau.
Comme pendant à celte peinture, on a placé à gaucbe de VAntiope — n*» 890 — le Maître d'école de village, — d'ADRiEN Van Ostade — (1610-168S).
Cette scène est remplie de bonhomie et de naturel; la peinture en est vigoureuse et très-soignée, et les clairsobscurs (1) sont rendus d'une manière remarquable.
Tout près de la porte, le — n* «âît — nous ramène à Técole italienne.— LuiNi —(1460-1530) —y a représenté la
'Fille d'Hérodiade recevant la tête de saint Jean-Baptiste. Cette charmante. tête de jeune femme a>un air de parenté avec les figures de Léonard de Vinci que nous verrons dans quelques instants. Luini était, en effet, un admirateur de ce grand artiste dont il imita la manière au pomt que plusieurs œuvres de Léonard lui ont été longtemps attribuées. Cependant on comprend difficilement
^ qu'une semblable méprise ail pu être commise, car, malgré tout son talent, l'élève est bien inférieur au maître.
Au-dessus de VAntiope, on a placé -- n® SS9 — VEn-
(1) Lorsque des objets placés dans l'ombre sont cependant apparents, on dit qu'ils sont dans le clair-obscur.
lèvement de Dé j attire par le centaure Nessus qu'Hercule va percer, d'une flèche, — du Guide — (1675-1642).
Celte peinture est faite avec une grande habiljBté. Les modelés, notamment' dans le torse du centaure, sont bien étudiés, mais avec moins de simplicité que ceux des mattres du commencement du seizième siècle. Le Guide n*a pas non plus entièrement l'expression et le style élevé de ces maîtres. Cependant, bien que venu à une époque où l'aiT était en décadence, il a produit plusieurs œuvres, celle-ci entre autres, qui sont dignes d'admiration.
À gauche de cette toile, au dessus de la porte fermée qui donnait accès dans la pièce où étaient exposés autrefois les bijoux placés maintenant dans la galerie d'Âpoilon, nous trouvons — n** ISS — Apparition de la Vierge à saint Luc et à sainte Catherine, — d'AisNiBAL Carrache — (1560-1609).
A gauche, le saint que les peintres ont adopté pour patron, implore la Vierge qui lui apparaît tenant l'enfant Jésus. A droite, sainte Catherine le pied sur la roue, instrument de son supplice.
Au temps d*Annibal Carrache, la belle époque de Tart italien finissait. Cependant cette peinture, comme plusieurs autres du chef de l'école bolonaise, rappelle encore le grand style et l'ampleur d'exécution des maîtres qui l'ont précédé*
A cAté de la porte, regardons un très-agréable petit
tableau— n® 40» — la Vierge allaUarU l'Enfant Jésus^ - de SoLAW — (1458-1509).
La Vierge, en souriant, tend le sein à l'Enfant Jésus qui, par un geste pris sur nature, tient soti pied dans la main. L'expression de "joie et de bonheur qui anime la Vierge et l'attitude mutine de l'Enfant Jésus, donnent beaucoup de charme à cette composition peinte, d'ailleurs, avec un grand soin. On peut admettre que cette toile a été faite en France ou elle est depuis très-longtemps. Ce qui peut le faire croire, c'est que Solari appelé par le cardinal d'Amboise, sous Louis XII, passa dans notre pays deux années pendant lesquelles il orna de peintures la chapelle du château de Gailloa. Chapelle et peintures ont été détruites en 1793.
Le portrait de femme désigné sous le — n<» 4tS — est
de REMBRAr<DT«
Il ne s'agit plus ici d'un effet de lumière comme dans le Ménage du menuisier; c'est maintenant k vie prise sur le fait. Interprêté largement^ d'une couleur puissante et harmonieuse, ce portrait est d'une grande beauté. Cependant nous en verrons d'autres où le génie du maître hollandais s'affirme avec encore plus de puissance.
N'omettons pas de regarder au-dessus de ce tableau, la seule peinture — n* î^SS — que nous ayons de Sébastien DEL PioMBO— (1485-1547) : —La Vierge, accompagnée de deux saintes femmes, visite sainte Elisabeth-
Cette admirable composition rappelle la grande manière de Michel Ange (1).
Comme ce grand mattre, del Piombo par la puissance et l'élévation de son style, la sévérité et la noblesse de sa composition, arrive à nous donner une impression de grandeur que nous retrouverons rarement, même chez les plus illustres peintres de la meilleure époque.
Ce tableau ne nous a été conservé qu'avec beaucoup de difficultés. Le panneau de bois sur lequel il avait été peint primitivement fut trouvé dans un grenier, brisé en plusieurs morceaux. On dut enlever la peinture, la transporter sur une toile, et fixer de nouveau les écailles qiii s'étaient détachées (2).
Vient ensuite , sous le — a® S9II — un tableau du plus illustre maître de l'École italienne : — La Vierge au Silence, ~ de Raphaël (1483-1520).
Ce tableau a été fait à une époqu^e où le grand artiste n'avait pas encore abandonné entièrement la manière archaïque du Pérugin, dont il avait suivi les leçons. On
(1) Puisque nous citons le nom de Michel-Ange, disons que nous avons le malheur de ne posséder au Louvre aucune peinture de ce grand génie dont les principales compositions sout, d'ailleurs, peintes à fresque. Les personnes qui n'ont pas été en Italie peuvent cependant avoir une idée du style de ce maître en allant voir à l'école des BeauK-Arts, une bonne copie du Jugement dernier faite par ^Sigalon.
(2) Cette opération s'appelle rentoilage. Voir page 177, (partie technique de la peinture).
y trouve, à un haut degré, l'expression de candeur et de foi religieuse que recherchaient avant tout les maîtres primitifs. Mais la grâce des contours et Télégance de la composition montrent que Raphaël va rompre complètement avec les anciennes traditions, et Ton pressent qu'il s'avancera davantage encore dans les voies tracées par le nouvel art de la renaissance.
Avant d'aller plus loin, retournons-nous pour regarder, surla paroi opposée du salon, le grand tableau — n® tOS — Les Noces de Cana, — de Paul Véronèse — (lo28-lo88).
Cette peinture du maître vénitien, est un des plus ad niirables chefs-d'œuvre qui soient au Louvre. On ne trouve nulle part une couleur plus riche et plus harmonieuse, plus de magnificence dans la composition. Tous les personnages sont traités avec une puissance d'exécution et une ampleur magistrales. Remarquons aussi la lumière limpide -qui éclaire cette sc^ne remplie d'animation et de vie. On demandera sans doute pourquoi, à côté du Christ et de la Vierge, l'artiste a représenté des personnages du seizième siècle; c'est que les costumes somptueux de ce temps se prêtaient bien mieux aux effets de couleur affectionnés par Véronèse, que les simples et sévères draperies du vêtement antique.
Indépendamment de sa valeur artistique, cet énorme tableau (il a 6" 66 de hauteur et 9"^ 90 de large, soit une superficie de près de 66 mètres carrés) présente une particularité intéressante au point de vue historique.
L'artiste y a placé les portraits d'un grand nombre de personnages célèbres de l'époque. A gaucbe, à l'angle de la table, est assis Alphonse d'Avalos, près de Léonore d'Autriche, reine de France ; François V^ est à ses côtés; la princesse vêtue d'une robe jaune, que l'on voit ensuite, est Marie, reine d'Angleterre. Plus loin, Soliman P', empereur des Turcs, est placé à côté d'un prince nègre, et après eux se trouve Victoire Golonna. Le personnage assis à l'angle de la table est l'empereur Charles-Quint. Paul Vcronèse a voulu figurer lui-môme dans cette scène, entouré des plus célèbres peintres de Venise ses contemporains, qui forment avec lui le groupe de musiciens placé au milieu du tableau : il a un vêtement blanc et joue de la viole; Le Tintoret, assis derrière lui, se sert d'un instrument semblable; Titien joue de la basse; et Bassan de la flûte. Enfin le personnage debout qui s'apprête à boire, est le frère de Paul Véronèse.
La merveille que nous avons devant les yeux avait été rapportée en France sous l'empire, par nos armées victorieuses, en même temps qu'un grand nombre d'autres objets d'art du plus grand prix. Malgré des traités solennels qui en assuraient la possession à notre pays, la plupart de ces objets nous furent enlevés de force en 1815. Le roi Louis XVIII et M. de Richelieu, son ministre, protestèrent énergiquement contre cette spoliation, mais l'homme qui à cette occasion acquit le plus de droits à notre reconnaissance est Denon, le directeur général des musées. Menacé . d'être incarcéré dans une forteresse
prussienne^ il n en résista pas moins jusqu'au dernier moment, et fît constater par les commissaires étrangers eux-mêmes, à chaque page du procès-verbal d'enlèvement, qu'il ne cédait qu'à la force des baïonnettes. On a donné le nom de Deaon à uû des principaux pavillons du Louvre. Comment, au milieu de ces événements, les Noces ieCananoxis sont-elles restées? On le doit à la difficulté que
! présentait le transport d'un aussi énorme tableau. Le gouvernement autrichien exigea sevlement en échange une peinture -de Lebrun représentant le — Repas che% lephamien.
Revenons maintenant au point où nous en sommes
I restés.
Le tableau — n^ 4»t — placé à côté de la Vierge au ; Silence de Raphaël, est une peinture célèbre connue sous le nom de : Le Titien et sa Maîtresse. Il est admis aujourd'hui que cette désignation n'est pas exacte et que les deux personnages représentés par le Titien sont Alphonse l*'^, duc de Ferrare et Laura Dianti. Quoi qu'il en soit, ce tableau, par la beauté du coloris et la largeur de Texécution, est un chef-d'œuvre de ce maître vénitien, qui excella dans l'art de peindre les portraits.
Le grand tableau qui suit appartient à TÉcole espagnole, ~ n' 54e bis — La Conception immaculée de la Yierge — de Murillo (4618-1682).
Entourée d'anges et inondée des clartés célestes, la vierge en extase sélève vers la divinité.
Ce tableau faisait partie de la galerie du maréchal Soult, qui l'avait rapporté d'Espagne. A la vente publique de cette galerie, il fut disputé , par tous les gouvernements de l'Europe et la France ne put le conserver qu'en élevant les enchères au prix énorme de615,000 fr. Ce fait a donné une grande célébrité à cette œuvre, qui, bien que très-belle, ne résume pas toutes les qualités du peintre le plus populaire de l'École espagnole.
L'artiste a parfaitement atteint le but qu'il s'est proposé. Mais le vague dans lequel il a dû peindre cette scène, qu'il a voulu représenter comme se passant à une grande distance du spectateur, l'a amené à affaiblir les qualités de coloris et de modelé dont il a fait preuve à un haut degré dans d'autres créations.
Au bas de ce tableau, à gauche, une peinture merveilleuse appelle notre attention.
C'est — n** 1«1 — la Femme hydropique — dé Gérard Dow — (1698.< 674).
Dans une vaste salle richement ornée, une femme gravement malade est affaissée sur un fauteuil. Sa fille, plongée dans une profonde "douleur, fond en lalrmes à ses genoux, tandis qu'une servante, dont le visage et l'attitude expriment le plus touchant dévouement, s'empregse à donner des soins'à sa maîtresse. Debout, grave et important, le médecin regarde attentivement un élixir qu'il a préparé pour la malade.
Cette scène émouvante est peinte avec une perfection
vGooqIp
inouïe. Les sentiments qui agitent chacun des personnages sont exprimés avec une grande puissance. Les vêtements sont traités avec un talent inimitable. Mais ce qui doit peut-être exciter pUs vivement encore notre admiration, ce sont les détails -de l'ameublement. Peints dans l'ombre, pour la plupart, afin de ne pas nuire à l'effet dfe la scène représentée par l'artiste, ils n'attirent pas d'abord Tattention. Ce n'est que plus tard qu'on les découvre. Avec quel plaisir alors les yeux se promènent sur ces tissus, ces cristaux, ces boiseries, ces cuivres, et sur ces détails sans nombre traités tous avec le même soin.
Remarquons aussi comme ces accessoires se rattachent bien au sujet choisi par le maître hollandais. Ici de lourdes étoffes garantiront }a malade contre le froid qui pourrait venir du dehors ; là un livre placé sur un trépied, la distraira et ranimera son courage ; plus loin, l'eau qui doit la désaltérer rafraîchit' dans des bassins de marbre; erifin, à la fenêtre, par où pénètre un tiède rayon de soleil, grimpent des plantes qui égayèrent ses yeux. ^
Nous ne serons pas surpris en apprenant qu'une œuvre aussi compliquée, et soignée avec tant d'amour, ait de- ■ mandé à Gérard Dow plusieurs années de sa vie.
La Femme hydropiqtie appartenait au roi de Savoie Charles Emmanuel IV. Le maréchal Clauzel, qui était alors adjudant général à l'armée d'Italie, eut à remplir une mission pénible auprès de ce roi, lorsqu'il dut abdi-
quer. Charles Ëmjnanuel, touché de la délicatesse et de la loyauté que le général français montra dans cette circonstance, lui donna ce chef-d'œuvre, dont Clauzel fit hommage à son pays.
Au-dessus de ce tableau est exposé sous le — n*> i une peinture de Van-Dyck — (1599-1641), — le plus 'célèbre élève de Rubens.
Ce sQnt les portraits de Rkhardot, président du conseil des Pays-Bas, et de son fils.
Ces beaux portraits, peints dans une gamme claire, rappellent la manière de Rubens, à qui on les a longtemps attribués.
Le tableau qui porte le — n® SI§ — est, à mon avis,
un des chefs-d'œuvre les plus parfaits qu'ait produits la peinture.
Il est impossible d'exprimer avec plus de puissance les sentiments qui agitent l'âme humaine. Iiidépehdamment de l'intensité de l'expression, il faut admirer la beauté de la couleur, la vigueur du modelé, la transparence et la profondeur du ciel sur lequel se détache en silhouette cette douce et mélancolique figure qu'on ne peut oublier dès qu'on l'a contemplée une fois.
Il paraît difficile d'admettre, avec le livret du Louvre, que cette peinture soit due au Francia — (14S0-1S17), dont la manière est plus archaïque.
Le tableau — n® t«t — qui vient ensuite, est désigné
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sous le nom de la Vierge au Donateur — de Van Eyck — (4390-1441).
C'est une œuvre d'une haute valeur et digue de toute notre attention. Cette composition a été peinte en vue de perpétuer le souvenir de Thommage fait à la Vierge, par un riche personnage, d'une couronne enrichie de perles et de pierres précielises. Traitée avec une naïveté adorable jointe à une science profonde, elle -reflète au plus haut degré l'exaltation du sentiment chrétien au moyen âge.
Le donateur, dont la physionomie exprime la foi religieuse poussée jusqu'au fanatisme, est en adoration devant la Vierge poriant l'Enfant Jésus dans ses bras. Pénétré d'humilité , il se sent trop infime créature pour présenter lui-même à la reine du ciel la couronne dont il veut lui faire hommage ; c'est un envoyé céleste, un ange qui va poser le joyau sur le front de la mère du Christ. L'artiste , préoccupé de revêtir la Vierge de vêtements dignes d'elle, a choisi ce qui lui a paru le plus splendide ; il a peint le manteau en rouge, la plus éclatante et la plus belle couleur, et il Ta brodé d'or et de pierreries. La couronne est encore plus riche. Pour être en état de se présenter devant la mère de son Dieu, le donateur est revêtu de brocard d'or. Enfin, Van Eyck a placé eette scène dans un palais d'une riche architecture qui laisse apercevoir un jardin rempli de fleurs et d'oiseaux, et au delà un riant paysage baigné dans la lumière.
Indépendamment de la puissance avec laquelle Van
Eytk a exprimé le sentiment religieux, le prodigieax fini de toutes, les parties de cette peinture dans laquelle les détails et ies figures sont prodigués, même sur les plans les plus éloignés, excite au plus haut degré Tétonneinent et Tadmiration.
Enfin, remarquons la parfaite conservation de ce ta« bleau qui a été fait il y a plus de quatre cents, ans. A cette occasien , il ne faut pas oublier que si Van Eyck n'est pas, comme on l'a cru longtemps, rinventedr de la peinture à l'huile (1), il a au moins apporté dans les pro- , cédés matériels de cette peinture des perfectionnements qui ont été du plus grand secours pour Tart.
A gauche de la Vierge au Donateur est exposé — u^ 494 — un des joyaux les plus précieux du musée du Louvre*
C'est le très-célèbre portrait de Monna Lisa, désigné sous le nom de la Joccmde — de Léonard de Vinci — (1452-1519).
Il est peu de chefs-d'œuvre qui excitent autant d'admiration enthousiaste que cette peinture. Tout le monde peut-être n'^n comprendra pas au premier abord le mérite; mais après quelques instants d*attention , la beauté de cette œuvre apparaîtra dans tout son éclat. Nous serons bientôt frappés de la puissance d'expression de cette figure plus vivante que la vie elle-même. Le regard
(1) L'invention de la peintnre à Thùle remonte à une époqne indéterminée du quatorzième siècle.
mélancolique de Monna Lisa, son divin sourire, exerceront sur nous une sorte de fascination. « Ce qui trouble « dans cette figure, a dit George Saud, c*est Tâme qui « luit à travers, qui seoable contempler la vôtre du haut « de sa sérénité et lire dans vos yeux , tandis que vous c interrogez vainement les siens. »
Quant au modelé des formes , il est rendu avec une science anatomique profonde que Tartiste a effacée pour ne laisser apparattre que la nature dans sa grandeur et sa simplicité.
Pendant que Léonard faisait le portrait de Monna Lisa, il y avait toujours près d'elle des chanteurs, des joueurs d'instruments et des bojuffons, pour lui conserver sur les lèvres le sourire que ce grand artiste est parvenu à fixer.
Enfin, disons pour terminer, que ce tableau , peint sur bois comme si le maître florentin eût voulu assurer plus de durée à son œuvre, a été acheté par François P' |)0ur la somme de douze mille francs. S*il était mis en vente aujourd'hui tous les gouvernements d'Europe se le disputeraient à prix d or.
A côté de la Joconde se trouve : — n« 540 — une autre Conception de la Vierge — de Murïllo.
Ce que nous avons dit de la première s'applique à celle-ci. Cependant remarquons que les portraits des donateurs placés au bas du tableau, sont peints dans une riche couleur, comme Murillo savait le faire lorsqu'il traitait des sujets appartenant à la vie réelle.
Les œuvres d'art ont des destinées singulières : le tableau de la conception de la Vierge que noiis avons vu en premier lieu, a coûté, avons nous dit, 615,000 fr.; celui-ci a été acheté en i 817 au prix de 6,000 fr. seulement.
Nous sommes au milieu des chefs-d'œuvre; lé tableau placé dans l'angle du salon — n® S79 — est une célèbre peinture de Raphaël représentant la Sainte famille. ' Jusqu'à présent nous n'avions pu admirer ce maître que dans une œuvre de petite dimension. Nous voici maintenant en, présence d'une grande composition dans laquelle sont réunis les personnages divins de la religion chrétienne.
Au milieu du tableau, la Vierge est représentée tendant les bras à l'Enfant Jésus qui s'élance vers elle ; à gauche, sainte Elisabeth tient saint Jean-Baptiste qui est dans l'attitude de Tadoration. Au fond, à droite, saint Joseph accoudé, contemple cette scène que complète la présence de deux anges dont Tun répand des fleurs sur la Vierge.
Le génie du plus grand peintre des temps modernes se montré tout entier dans cette composition , qui par lapureté du style rappelle l'art antique. Devant un tel chefd'œuvre on est transporté d'enthousiasme et on ne se lasse pas d'admirer la beauté et l'élévation des types , l'élégance des contours, la science de la composition et enfin ce charme particulier qu'on ne peut définir et qui est le propre du génie de Raphaël, à qui ses contemporains ont donné le surnom de divin.
— soie paysage qui porte le — n® 5S — est une* œuvre de Poussin.
Ce paysage ne ressemble en rien à ceux que nous voyons habituellement dans nos expositions de peinture. Nos artistes* contemporains représentent de préférence la nature telle qu'elle s'offre à eux , tandis que l'oeuvre placée devant nos yeux est un paysage composé , du genre de ceux qu'on . appelle historiques. Poussin a certainement vu un site qui "lui a inspiré cette composition ; mais il s'est borné à en reproduire les principaux traits y et il l'a modifié en lui donnant un caractère remarquable de grandeur. Le calme le plus parfait règne dans cette nature que baigne une atmosphère transparente. Au premier plan , près d'une fontaine, le philosophe Diogène voyant un jeune garçon boire dans le creux de sa main» jette son écuelle et se dispose à boire de la même manière.
Le— n® ttis — Un Cavalier recevant une jeune Dame, est une œuvre remarquable de Metzu (1618-1658), — lun des plus célèbres petits maîtres hollandais.
Ce tableau est peint avec la touche large et libre qui convient pour une scène familière. L'exécution en est juste comme ton \ît comme dessin.
Le — n^ 895 — est une Vierge de Raphaël, bien connue sous le nom de la Belle Jardinière.
C'est une de ces madones de Raphaël si célèbres dans
— sole monde entier par l'expression de candeur et de douceur (îonl elles sont animées. Indépendamment de la Vierge, admirons aussi les corps du divin bambin {{) et de saint . Jean-Baptiste , qui sont d'un dessin irrépro^ chable et d'une suprême élégance. Rappelons-nous à ce sujet que Raphaël dessinait le corps des enfants comme personne n'a su le faire.
Le — n*» AtB — qui suit, est de Terburg (1608-1681).
Un Capitaine flamand offre de Vor à une jeune femme.
Cette scène est peinte avec une grande vigueur. Les corps des deux personnages sont nettement accusés sous les vêtements qui les recouvrent. Le torse de Thomme est surtout remarquable à ce point de vue. Tous les accessoires sont également bien rendus ; cependant arrêtons particulièrement notre attention sur la robe de satin blanc qui est d'une vérité merveilleuse.
Au-dessus des deux tableaux hollandais placés à droite et à gauche de la Vierge de Raphaël, se trouvent deux petits paysages — n°* *•© et ^t9 — du célèbre maître français Claude le Lorrain — (1600-1682) — que Ton a surnomnlé le peintre du soleil.
Personne n'a mieux réussi à peindre la nature inondée de lumière et à faire circuler l'air dans ses tableaux. Ces deux paysages sont remplis de charme ; cependant nous
(1) Expression italienne poar désigner l'Enfant Jésus.
trouverons d*autres peintares de ce mattre où les effets de lumière sont reproduits avec plus d*éclat.
Au delà de la porte, un diptyque (1) — n®* tS* et •«• — de Memung, qui vivait vers 1480, nous ramène aux écoles primitives.
Ce grand artiste flamand n'est représenté au Louvre, que par les deux figures de saint Jean-Baptiste et de sainte Marie-Madeleine qui sont placées sous nos yeux.
Ces deux figures d'une couleur très-harmonieuse, sont surtout remarquablies par le sentiment chrétien dont elles sont animées. Cependant, celte peinture, bien que trèsbelle, ne nous donne pas la mesure du talent de Memliug, que Ton classe à côté deVanEyck, dont nous avons admiré la Vierge au Donateur.
Le tableau — q9 90H — qui suit, est le Portrait d'Erasme, par Holbein le Aune — (1498-1554).
Si jamais l'art a su exprimer la vie et rîntelligence qui rayonnent sur un visage humain, c'est à coup sûr dans ce portrait. Xette belle tête de vieillard, traitée avec nu soin minutieux qui n'enlève rien à la lai*geur de l'exécution, a Taspect saisissant de la réalité.
(i) Du mot grec Bitcto^oc, plié en deux. Les diptyques sont des peintures faites sur deux planches ou volets qui se replient l'un sar l'autre. Les deux peintures numéros SSS et 289 étaient autrefois disposées ainsi. Trois volets réunis de la même manière composent on triptyque.
Derrière le panneaasùr lequel ce portrait est peint, on voit le chiffre de Charles I", roi d'Angleterre, et un cachet de cire rouge aux armes de la famille de Newton.
La peinture qui porte le-*- n"" â8t — est encore un chef-d'œuvre de Léonard de Vinci.
La Vierge assise sur le^ genoux de sainte Anne, se baissepour prendre VEnfant Jésus qui caresse un agneau. Nous retrouvons ici toute la science du .modelé, le charme 4'expression de Fauteur de la Joconde, et bien que plusieurs parties de ce tableau ne, soient qu'ébauchées, ce n*en est pas moins une des œuvres les' plus belles du maître florentin. Aussi parait-il inexplicable que plusieurs critiques aient nié l'authenticité de cette composition où le génie de Léonard de Vinci se révèle d'une manière si éclatante.
Ce chef-d'œuvre a été rapporté dltalie par le cardinal de Richelieu, lorsqu'on 1627 il revint en France après avoir commandé en personne le siège de €azal dans le Milanais.
A gauche au bas de ce tableau, un portrait d'une expression énergique et d'un modèle étonnant de vigueur, attire forcément le regard.
C'est une œuvre d'ANTONELLO de Messine, qui vivait dans la première moitié du quinzième siècle. La parfaite conservation de cette peinture nous démontre qu'Antonello se préoccupait beaucoup de la partie matérielle de son
art. Nous savons en effet que cet artiste alla en Flandre pour être initié aux découvertes que Van Eyck venait de faire ; de retour en Italie, il répandit les nouveaux procédés de peinture à Thuile trouvés par le maître flamand. Ce tableau, le seul d'Antonello que possède le Louvre, n'est entré dans notre musée que depuis fort peu de temps. Il faisait partie de la galerie de M. Pourtalès, qui l'avait acheté 3,000 francs à peine. A la vente de cette galerie, il fut vivement disputa et TÉtat dut payer 96,000 fr. pour se le procurer. Depuis qu'elle est au musée, cette peinture excite à un haut degré l'attention publique.
La composition cataloguée sous le — n® AS» — est du Florentin André del Sarte — (1488-1630) -— que ses contemporains ont surnommé \e peintre sans défauts»
Une grande originalité et un dessin irréprochable distinguent les œuvres de ce peintre qui a donné à ses figures une expression de mélancolie d'un grand charme. Nous trouverons d'ailleurs ces qualités affirmées d'une manière plus complète dari? la Charité que nous yerrons plus loin. -
Le — n° &t9 — Apparition de sainte Scholastique à saint Benoit — de Lesueur — (1617-1655) — ne résume pas non plus toutes les qualités de ce peintre, l'un des plus grands de l'École française. Nous le connaitrons mieux par sa série de tableaux représentant la vie de
saint Bruno. Cependant remarquons Télégance des figures qui forment l'apparition et surtont la puissance avec laquelle Lesueur a exprimé l'extase et le ravissement dans lesquels saint Benoit est plongé.
Passons devant le grand tableau de Véronèse que nousavons déjà vu et nous, trouverons sous le — n** •! — Le Mariage mystique de sainte Catherine— dM Corrége: TEnfant Jésus assis sur les genoux de la Vierge donne un anneau à sainte Catherine.
Le charme de cette peinture réside dans la beauté du colorife et dans la grâce exquise des figures. Les chevelures et les mains sont surtout traitées avec une rare élégance.
Nous arrivons ensuite au Concert champêtre — n"* 44— de l'illustre maître c(floriste Giorgione — (1477-1511).
La fantaisie fait partie du domaine de Tart et une composition bizarre qui peut nous choquer au premier aJi)ord excitera bientôt notre intérêt si le sentiment du beau a présidé à son exécution. Le Concert de Giorgione. dans lequel la réalité et le rêve se coudoient remplit bien cette condition.
Au milieu d'un splendide paysage doré par une chaude lumière, deuxjeunes hommes font de la musique.' A celte scène toute naturelle l'imagination de l'artiste a ajouté deux femmes 'nues doht Tune est attentive au concert et l'autre verse de Teau dans un vase de pierre.
La beauté d'exécution de celle harmonieuse peinture en fait un chef-d'œuvre de couleur hore ligne que les artistes viennent consulter sans cesse.
Au-dessus du Concert champêtre est ex^sé — n® 14» — le portrait de Charles K, roi d* Angleterre— par Van Dyck.
Cette peinture est remarquable par Tallure élégante et la noblesse d'expression du principal personnage. Van Dyck interprétait la nature avec plus de finesse que Rubens, son maître, mais il n'a pas la fougue d'exécution et la richesse de coloris de ce dernier. Le portrait de Charles I" avait été acheté, comme portrait de famille, par M"* Dttbarry qui prétendait descendre des Stuarts.
Le — n® SS* — placé dans l'angle du salon, est une peinture de Raphaël représentant Saint Michel terrassant le démon. Ce qu'il faut admirer dans cette œuvre c'est l'allure de l'Archange, l'expression de majesté et de dédaindont il est animé. L'art de la peinture a produit peu de figures d'un caractère plus élevé et plus divin. Malheureusenoent ce tableau qui a été rentoilé trois fois et qui a été retouché à plusieurs époques par des mains maladroites, présente dans les détails des incorrections qui en ont beaucoup altéré la beauté.
A droite et à gauche du Saint Michel, on a mis deux très-petits tableaux qui sont des merveilks d'exécution.
L'un d^ux — n'* AO» bis — est \ie Simon Memmi, l'autre — n° SIS bis — est attribué au Francia.
Nous avons passé en reyu^ presque toutes les peintures exposées dans le grand salon carré, llnous reste à voir quelques tableaux placés au-dessus de ceux que nous avons déjà examinés. Pour cela mettons-nous au miliexi de la pièce.
En suivant Tordre que nous avons adopté, nous regarderons d'abord Je tableau — n** 35 — exposé au-dessus 1 de la porte par laquelle nous sommes entrés. 1
Le Caravage — (1569-1 609) — y a peint le Portrait 1 <VAlof de Vignacourt, grand maître de Vordre de Malte \ en 1601. €et artiste qui proscrivait Tétude de l'antique aussi: bien que des grands maîtres du seizième siècle, prit exclusivement pour modèle la nature qu il interpréta avec beaucoup d'énergie. Pour ce portrait qui est une de ses plus belles œuvres, Caravage reçut du grand maître la croix de chevalier de Malte, une chaîne d'or et deux enclaves musulmanes.
La grande toile de plafond qui porte«le — n® tOl fcisornait autrefois une salle du palais des Doges à Venise, j - Paul Véronêse y a peint Jupiter foudroyant les Titans, :
Cette composition est largement traitée comme il con- \ vient à une peinture de plafond. On y trouve d'ailleurs i les qualités habituelles du maître vénitien.
Sur la paroi suivante du salon, au-dessus de la Vi^i'9^
vGooqIp
de MuRiLLo/esl exposé — n** t04 — unr tableau de Paul Véronèse : Le repas chez Simon le pharisien^ fait pour servir de pendant aux Noces de Cana. ,
La Madeleine agenouillée, après avoir répandu un vase de parfums sur les pieds du Sauveur, les essuie avec ses cheveux. Judas placé devant une autre table, se lève et adresse la parole au Christ. La tète de la Madeleine d*où s'échappent des gerbes de cheveux d'or, me paraît avoir été trailée par l'artiste avec une prédilection particulière.
Ce magnifique tableau a été donné à Louis XIV par la république de Venise en 1665.
Du côté du salon où se trouve la porte que nous firanchirons pour aller dans la grande galerie, sont exposés deux tableaux remarquables de l'École française.
C'est d'abord une Descente de croix — n® SOI — de JouvENET — (1644-1717), — d'une belle ordonnance et d'un effet très-dramatique ; puis au-dessus de la porte -r no 41 î — un excellent Portrait de Bossuet par Rigaud — (1659-1743) — un des meilleurs portraitistes français.
Enfin, nous aurons terminé notre visite dans le grand salon, après que nous aurons examiné — n° «1 — un ^portrait très-remarquable du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaighb — (1602-1674)— et— n** »«— ' Le Christ eomhé sur son linceul, belle œuvre très-populaire du même artiste.
Entrons maintenant dans la grande galerie que nous
parcourrons dans quelques instants. Mais auparavant, passons par la porte qui se trouve immédiatement à droite dans la