‹ Guide populaire dans les Musées du LouvreChapitre 6 sur 37 · PETITE GALERIE DES MAITRES ITALIENS (DITE DES SEPT MAITRES · texte numérisé non relu

PETITE GALERIE DES MAITRES ITALIENS (DITE DES SEPT MAITRES

Les peintures exposées dans cette pièce sont en partie dues aux Inattres italiens avec lesquels nous avons déjà fait connaissance. Bien que Ton ait choisi en général les plus belles œuvres de ces maîtres pour les placer dans le grand- salon, nous en rencontrerons x^ependant ici de trèsremarquables et qui nous montreront souvent leur talent sous un aspect nouveau. C'est devant celles-là que nous nous arrêterons de préférence.

En commençant par la droite, nous trouvons d'abord, — !!• 4^1 — un tableau du Titien. La Sainte Famille se repose au milieu d'une prairie où de fraîches eaux circulent dans Therbe touffue. La beauté de ce paysage d'une couleur prestigieuse, nous prouve *que Titien, peintre d'histoire hors ligne, éminent portraitiste, était aussi un grand paysagiste.

Passons ensuite au — n* S©© — représentant le Défi deê Piérides •— du Rosso ou maître RouXy comme on rappelait en France, lorsque cet artiste italien y vint appelé par François I" pour décorer le palais de Fontainebleau.

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' Les Dieuxf placife sur le sommet^ du. Parnasse, président à la lutte des Muses' et de& Piérides. Si nous avons appelé l'attention sur cette composition, c'est prîncipa; lement pour donner une idée de la manière du Rosso qui, pendant son séjour en France, contribua plus que tout autre à diriger les artistes de notre pays dans la voie des Écoles italiennes (1).

Le — n** 4©0 — du Titien. — représente la Vierge^ rEnfant Jésus, sainte Agnès et saint Jean. Les saints personnages dont les types sont de toute beauté, sont" placés au milieu d'un splendide paysage au-dessus duqifel s'élève un ciel rayonnant de lumière. ^

Le •— n° «4© — le Christ entre les deux Larrons — de Mantegna — (4431-1806)— est admirable par l'expression pathétique.

Quelle désolation dans ce groupe des saintes femnies soutenant la Vierge qui tombe anéantie par la douleur I Avec quelle vérité et quelle puissance le même sentiment est exprimé dans le Saint Jean placé à jgauche. On ne peut rester insensible à tant de douleur, et Témotion a bientôt gagné le spectateur. Le Christ affaissé et mourant, conserve son caractère divin, que font mieux ressortir encore les têtes basses et grimaçantes des deux larrons. Au milieu de cette scène de désolation, Mantegna a placé comme contraste des soldats jouant aux dés.

(1) Voir page 172 (Rétumé de VHistoirede la'peinture).

Gette peiii^ai»^.QOiiUM.U est facile <te s*Qn ap9rcQ¥Qir, appartient par UQ edM à Tart da moye» àg^^ Gonendant l^te^a, Qouirri» de rétuute des aacions, a gPOU|»é savajook* mml sa ci^n^sitÂon «t reuAu habilement, ses raccoupcjâ^

Arrêtons-nous ensuite devant le — n** ©â — la Salutation Angélique — de Fra Rartolomeo — (1469-1S47.) — La Vierge assise; sur une estrade contemple l'ange Gabriel ^ui parait dans les airs ; plusieurs saints personnages entourent la Vierge.

On trouve dans cette peinture le ^eptiment naïf des aiy^iens maîtres joint à Télégance de Raphaël dont B^rtolomeo était Tami. : .

La vie de cet artiste florentin présente une particularité qu'on pourra trouver intéressante :

Après une prédioatioA du célèbre réformateur Sav^aoa'^ rôle contre les peintures indécentes, Bartolomea bi'ôla sur une place publique de Florence toutes les étwles qu'il avait faites sus le modèle vivant. Lorsque le moine dontU avait ead)ras$é le& doctri&es fut proscrit, ra.Ftiste se réfugia avec lui dans le couveat de Sau Marco. Ce couvent fut assiégé et Ion s'empara de Savonarole. Bartalomeo effrayé, fit vœu, s'il échappait au danger, d'entrer ea religion. D tint sa promesse, et, à l'âge dé trente et un %o&^ il se fil recevoir parmi les Frères prêcheftirs.

Le tableau — n® as© — est attribué à Raphaël, sars qu'on soit bien certain que cette peinture soit de la main de ce grand artiste»

Quoi (pi'il en soft, ce sont fleux belles têtes puissamment rendnes et d'an style élevé. Comme modeléde la former remarquons surtout la main qu'un des deux personnages avance vers nous.

Le — n« t »• — de Cima db Con8gliano-^(1460-1&17)~ représente la Vierge et 'F Enfant Jésus udoré ,par saint 4eanei par sainte Madeleine,

La simplieité naïve de cette composition lui donne ireaucoup de charme. Bans le fond du tableau Tarti&te a peint son pays, Conegiiano,^ qu'on aperçoit sous un ciel dîme grande transparence.

Passons au — n® 44S — la Vierge, V Enfant JésuSy saint Joseph et sainte Catherine — du Pérdgin — dont nous avons déjà vu un tableau dans le salon carré.

Je signalerai surtout dans cette œuvre l'expression pieuse du saint et le dessin élégant bien qu'un peu sec du corps de. l'Enfant Jésus.

Le portrait *— n'» S8S *** est un des plus beaux qu'ait pemts Raphaël.

Le modelé large et simple, la précision du dessin et le naturel de l'expression donnent à cette peinture une haute valeur. — Il semble que Raphaël se soit complu à reproduire avec toute la puissance de son talent les traits de «0)1 ami intime le poëte Balthazar Castiglione.

Ce tab]ieau,»pelnt primitivement s«rbois, aité transporté sur toile.

Nous passons au — n** 4»»^ — de Léonard de Vinci.

L'Enfant Jésus assis et soutenu par un ange^ donne sa bénédiction au petit saint Jean qui lui est présenté par la Vierge. Les rochers d*une forme fantastique au milieu desquels cette scène est placée, ont fait donner au tableau le nom de la Vierge aux Rochers,

Quelques parties de cette peinture moins parfaites qae les autres ont porté à croire que Léonard n'a sans doute pas re.touché partout Tébauche préparée par un de ses élèves. — Remarquons l'expression d'adoration du petit saint Jean et le sentiment de puissance divine qui rayonne dans la tête de l'enfant Jésus. •

Le portrait — n° 493 — est très-connu sous le nom de la Belle Féronnière, maîtresse de François l*'. Cette dé- Mgnation n'est pas exacte, car Léonard de Vinq, qui a peint ce tableau, ne vint en France qu'après la mort de cette femme célèbre (1).

Quoi qu'il en soit nous retrouvons dans cette tête d'une beauté et d'une élégance parfaites, le modelé puissant et simple du maître florentin. La bouche et les yeux me paraissent surtout merveilleusement beaux. N'est-il pas singulier que les cheveux soient disposés en bandeaux

(1) Rappelons aussi à cette occasion qa'une historiette touchante souvent reproduite par la gravure, et d'après laquelle Léonardjde Vinci serait mort dans les bras de François I«', est fausse. Françoisl^r assistait à Saint -Germain à rAccoucbement .de lâ.reine, quand le peintre italien expirait au château de doux, près d'AmboÏMu

plats, tout à fait seloix la mode adoptée il y a une trentaine d'années par les dames françaises ?N*était l'expression de fierté et de dédain qui se trahit dans sa physionomie, on pourrait prendre la Belle Féronniëre pour une bourgeoise du temps du roi Louis-Philippe.

La charmante tète de jeune homme qui porte le — n^ 89ft — a longtemps passé pour être le portrait de Raphaël. Il est reconnu aujourd'hui que cette désignation est inexacte. M. Feuillet, de Conches a fait au sujet de Raphaël des remarques intéressantes que nous reproduisons : « La tradition a voulu faire de Raphaël le type c de la beauté ; mais la tradition s'est trompée en cela c comme sur beaucoup d'autrespoints. On peuts'en assurer « en examinant le vrai portrait de Raphaël qui se trouve I dans plusieurs de ses grandes fresques , toujours à « côté du Pérugin, notamment ûsins Y Ecole d' A thènesHy « à droite du spectateur. Il rachetait par les grâces de « i'etpression, des manières et du langage, ce qui lui « manquait sous le rapport de la beauté. D'après ses c portraits, il avait le nez trop fort, la lèvre avancée, le « cou grêle et long^ le teint olivâtre et la taille un peu « courte. Malgré ces faits matériels que tout le monde « peut vérifier, une réputation de beauté ne continuera « pas moins à s'attacher au nom de Raphaël, parce qu'il c est des choses qui une fois dites se perpétuent. »

(1) On pourra voir une copie de V Ecole d'Athènes, en visitant U bibliodièqae Sainte-Geneviève, derrière le Panthéon.

Dans la peinture cataloguée sous le — n® tOO — nous retrouvons le splendide coloris de Paul Véronêse, Tautour des Noces de Cana, La tête de saint Benoit qui est à genoux devant la Vierge, est puissamment rendue. Véronêse s'est plu à réunir dans ce tableau des armures, des étoffes de satin et de brocart qui font valoir la richesse de sa palette.

Plus loin est exposé — n° 480 -7- un Saint Jean-Baptiste, de Léonard de Vinci.

Le saint, représenté sous les traits d'un jeune homme d'une beauté remarquable, montre du doigt le ciel. Il semble dire : là est la paix, le bonheur. Cette tête d'une expression divine, est aussi modelée et aussi vivante qu'aucune autre peinte par Léonard. Ce tableau qui faisait partie de* la collection de François I" fut offert par Louis XIII à Charles P", roi d' Angleterre, en échange du portrait d'Erasme par Holbein et d'une Sainte famille du Titien. Après la jnort de Charles 1", le Saint Jean-Baptiste fut acheté par le banquier Jabach qui le céda ensuite à Louis XIV.

A côté du Saint Jean-Baptiste nous trouverons — n'4&S — une admirable peinture du Titien connue sous le nom de la Vierge au Lapin.

La Vierge, assise dans une prairie, prend un lapin pour le donner à l'Enfant Jésus, que sainte Catherine tient dans ses bras, A droite saint Joseph caresse une brelMs.

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Cette scène est peâife avec une eoBleor menreillevse. La vie s*y manifeste de toutes parts avec une eKabéranee inouie. I>a natureielle^même participe à la vitalité paissante d6S personnagcfs ; ce ne sont que fleurs, 1ieii>es épaisses au milieu desquelles disparaissent It moitié des moutons aux formes arrondies. Gomme on Va sans doute remarqué, nou^s voici bien loin de la manière austère et recueillie avec laquelle les uneietfs maftres du moyen l^e traitaient les sujets religieux.

Le — u" 404 — est le Portrait de Charles ffAmboise^ gouverneur de Milan sous Louis Xïl et frère du célèbre ^ cardinal du même nom. ^

Ce beau portrait qu'on a cru longtemps être celui de Charles VIII, roi de France, est remarquable par Texpression de fierté et de mélancolie ; mais il n'a pas le modelé puissant de Léonard de Vmci à qui on l'a attribué par erreur. Il est également douteux qu'il soit de Solari, comme le supposent quelc^ues personnes. Cette peinture paraît d'ailleurs avoir subi des retouches qui en ont aH;éré la beauté.

fàs&ùta'ktaVierge'dela Victoire-^n^ »«0 — d*ANDfREA Baîîtegna.

Masari nous taconté que ce tableau avait été commandé à'Mantegita par le marquis de Hantoue, François de GoBïffgue , en commémoration '&<& la victoire remportée ])sraui s^nr les 'Français, lorsqu'il commandait l'urittée

Yéailienne.Il y aune petite rectification à faire dansée récit. La bataille dont parle Vasari est celle de Fornovo (6 juillet 1495) oii le marquis de Hantoue, qui était à la tète de 40,000 italiens, loin d'être victorieux, fut entièrement battu par Tarmée de Charles YIII^ composée de 9,000 hommes.

Aux pieds de la Vierge assise sur un trône et entourée de saints personnages est agenouillé notre prétendu vainqueur ; il adresse ses remercîments à la mère du Christ qui étend la main vers lui en signe de protection. La tête du donateur est très-remarquable par l'expression de béatitude et de ravissement dont elle est animée.

Ne nous arrêtons qu'un instant devant le — n** 11* — de LoRENZo Costa — (1460-1535)— représentant dans un jardin, entourée de sa cour, Isabelle d'Esté, femme du marquis de Mantoue dont nous venons de parler.

Un chef-d'œuvre du Titien — n® 410 — appelle notre admiration.

Cette peinture dans laquelle nous trouvons au plus haut degré la beauté des types, Tampleur et Télégance des formes,^ la richesse de la couleur, représente le Por'^ trait d'Alphonse d*Amlos, marquis de Guast et ^une jeune femme, accompagnés de trois figures allégoriques.

On a longtemps disputé sur le sens de ce sujet allégorique. Il semble cependant qu'un examen attentif ne laisse aucun doute à cet égard. Les bijoux que la jeune

femme nent de recevoir iet qu'elle tient dans ses mains, la boule àe verre fragile qu'elle va laisser échapper, le personnage qui lui touche 1* épaule comme pour la pousser en avant, enfin l'amour qui se présente à elle chargé de flèdiesy tout paraît indiquer clairement une scène de séduction. Il ne faut pas perdre de vue d'ailleurs que le Titien s'est bien certainement plus préoccupé de trouver des effets de couleur que de donner à sa. composition un sens détermina et facile à saisir. Aussi a-t-il choisi avant tout les accessoires qui le séduisaient davantage. Ainsi la boule de verre objet de tant de discussions et qni paraît être une allusion à la fragilité de la vertu féminine, a sans doute été mise dans son tableau par l'artiste pour qu'il pût y faire jouer là lumière, comme sur la cuirasse du guerrier.

Sans nous étendre davantage à ce sujet, disons avant de passer plus loin, que le marquis de Guast fut général des armées de Charles-Quint en Italie et perdit la ba taille de Cérizoles, gagnée en 1S44 par les Français.

Le tableau — n* 9ftt — placé à l'extrémité de la ga Icrie est une composition allégorique — d' Andréa Man- TE6NA.— Les Muses dansent au son de la lyre d'Apollon^ que l'on voit à gauche; à droite Mercure s'appuie sur Pégase. Vénus et Mars, placés sur un rocher, président à ces jeux.

Cette charmante composition est surtout remarquable parce qu'on y trouve la naïveté caractéristique des

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maîtres p^rimitîfs, jointe à une élévation de style qae Mmtegna avait puisée dans l'étude et la contemplation des chefs- d'cefuvre de la statuaire antique.

Nous voici arrivés au bout de la petite galerie ; revenons maintenant sur nos pas en examinant les peintures placées sur la paroi opposée.

Le premier tableau qui se présente est — n® •*• — une autre peinture allégorique de Mantégna — la Sagesse mctorietise des vices. C'est une composition conçue d'une manière bizarre et devant laquelle nous passerons rapidement pour admirer à côté,

— n® 48 — un chef-d'œuvre de couleur, le Saint Sébastien — de CfïORGlONE.

En comparant cette peinture à celles placées dans son ' voisinage, on se rendra compte mieux que par des explications de la puissance des effets que ce merveilleux artiste sait obtenir exclusivement avec' les ressources de la couleur. Remarquons particulièrement le torse de saint Sébastien, beau comme un marbre antique.

Bans le tableau qui vient ensuite — n® 445 — le PÉr RUGIN a représenté le Combat dé V Amour et de la Chasteté. Cette peinture d'une exécution lâchée ne semble pas digne de la place qu'elle occupe. Elle a été faite à une époque où Tartiste, poussé par l'amour du gain, .

adopta une manière expéditive et ne resta pas à la hauteur qu'il avait atteinte précédemment.

Nous trouvons ensuite — n® 65 — une peinture de Frâ Bartolomëo dont nous avons déjà admiré une Salutation angélique,

La Vierge entourée de saints personnages, préside au mariage mystique de r Enfant Jésus avec sainte Catherine agenouillée devant lui. Cette peinture, une des plus belles du frate, avait été faite pour Téglise du couvent de Saint-Marc à Florence où elle ne resta que quelques mois. Elle fut donnée ensuite par la seigneurie au roi de France Louis XII.

Les deux tableaux — n^^ 41 • et 41» — sont deux beaux portraits du Titien. Le premier, est désigné sous le nom de V Homme au gant. Cette peinture qui sous une apparence de simplicité extrême réunit cependant toutes les grandes qualités du maître, jouk d'une énorme réputation peut-être un peu exagérée.

Entre ces deux tableaux est exposé — n® »84 — le portrait d'une princesse célèbre par sa beauté et son esprit, Jeanne d* Aragon, petite-fille de Ferdinand \^% roi de Naples.

La tête seule, dit Vasari, est de Raphaël ; le reste aurait été peint par Jules Romain, son élève. S'il en est ainsi, ce dernier s'est élevé dans cette circonstance à la hauteur de son maître.

La superbe peinture qui vient ensuite — n^ AS9 ^ bien connue sous le nom de la Charité^ est cL'André del Sarte — dont nous avons déjà vu une Sainte Famille dans le grand salon carré.

La Charité est représentée par une jeune femme ayant deux enfants sur les genoux et un troisième à ses pieds. X .

Cette composition possède un charme pénétrant. Avec quelle sollicitude cette adorable jeune femme, dont la tète est empreinte d'une douce mélancolie, veille sur les enfants qu'elle a recueillis ! — Cette peinture si remarquable par l'expression , par Tampleur et Télégance du style, est une de celles qu André del Sarte fit en France où l'avait appelé François I**".

Au séjour de cet artiste dans notre pays se rattache une particularité curieuse. Après avoir passé un an à la -cour de François I«% il résolut de retourner à Florence pour voir sa femme dont il était passionnément épris. Il promit au roi de revenir après quelques mois, et partit chargé par le monarque d'acheter des œuvres d'art pour une somme considérable. Mais» arrivé à Florence, André del Sarte dissipa, pour satisfaire au laxe de sa femme, l'argent qu'il avait reçu de François F et n'osa plus revenir à Paris.

La peinture — ' n® éBt — est une de celles où le Titien s'affirme avec le plus d'éclat comme grand coloriste.

Le Christ assis à table entre ses deux diciples bénit lepain. — D'après une tradition admise, le pèlerin placé à droite est Tempereur Charles-Quint ; celui qui est à gauche représente le cardinal Ximenès, et le prince qui fat plus tard Philippe II, roi d'Espagne, figure sous les traits d'un page.

les modifications apportées successivement par le Titien, dans sa composition .primitive dont plusieurs parties apparaissent sous Tes couches de peinture qui les recouvrent, nous renseignent sur la manière de procéder de ce»grand artiste.

Il recherchait longtemps l'effet qu'il voulait obtenir et modifiait sans cesse son œuvre jusqu'à ce qu'il eût atteint son but. — On peut remarquer par exemple, que le ciel, si splehdide de couleur, ne dissimulepas entièrement une eolonnc que le Titien a jugé devoir faire disparaître.

II y a aussi dans l'exécution de cette peinture une autre particularité sur laquelle j'appellerai Tattetition. En regardant de près la nappe qui recouvre la table, on s'aperçoit que l'artiste s'est plu 'à y reproduire des ornements très-minutieux.

Après les Pèlerins d'EmmaûSy désignation sous laqnelle^est connue la toile que nous venons de voir, nous arrivons devant un tableau — n<> t»1f — de Lorenzo Crew, représentant la Vierge, FEnfant Jésus, saint Julien et saint Nicolas.

Le sentiment religieux sans austérité qui anime les

personni^s et rélég&nce de leurs attitudes, donnent beaucoup de charme à cette compositicm.

Le portrait d'homme — n° 115 — .placé à gauche du tableau de Credi est de Von CàiXAR — {1499-15460

— Cet artiste était d'origine flamande, mais on airbabitude de le classer parmi les maîtres italiens dont il sut s'approprier le style et l'exécution.

Ce portrait est beau comme ceux du Titien ; c'est la même manière large et simple. Les vêtements noirs du personnage sont traités avec une grande perfection, saas cependant prendre dans l'effet général une importance plus grande qu'il- ne convient.

Vous reconnaissez à côté — n® «^••-^ la tête fiène et élégante de François /•'. C'est bien ainsi qu'on se figure le roi-chevalier. Ccpendant'il faut avouer que le Titien, qui paraît avoir fait ce portrait d'après une médailte, a singulièrement fiattéson modèle. Nous verrons plus loin, -dans les Galeries françaises, des portraits de-François .P où les traits de ce roi ont été reproduits par de&^rtistas de notre pays , d'une manière moins remarquable sans doute, mais avec plus de vérité.

U annonce aux Bergers — n» «M » — est le seul tableau que nous possédions du peintre vénitien Palma le Vibux

La Vierge soutient l'enfant Jésus placé sur utte crèche.

Près d'elle saint Joseph s'appuie sur un bâton. Ces saints personnages sont empreints d'une douceur céleste. Devant eux est agenouillé un jeune berger dont Tâme exhale les sentiments de la plus profonde adoration. — A gauche, derrière la Vierge, est représentée la femme qui a offert ce tableau en ex-voto.

A côté de cette peinture, se trouve — n° 419 — une Circoncision — de Garofolo— (1 481-1859) . — ^Sainte Anne tient sur ses genoux Tenfant Jésus qui est effrayé en voyant l'instrument à l'aide duquel le grand-prêtre va le circoncire.

Le tableau — n° Aev — exposé au-dessus de la Cireoneisiony est très-curieux au point de vue historique. Le TiTiBN y a représenté une Session du concile de Trente. Un semblable sujet n'était guère favorable pour la peinture, mais ce maître vénitien a su éviter la mo<notonie en introduisant dans sa composition, comme élément- pittoresque, les gardes placés suj le premier plan.

A côté, se trouve — n<» "Il — le seul tableau authentique de Beltraffio — (14671-51 6). — Il est désigné sous le nom de la Vierge de la famille Casio.

Girolamo Casio de Medici, poëte bolonais, s'était embarqué pour visiter les Lieux saints. La galère sur laquelle il était, fut prise par les Turcs, et il aurait été emmené en captivité , sans Tarrivéé d'un navire véni -

tien. C'est par. suite d'un vœu fait k la Vierge, au mo* mejit du danger, que Girolamo commanda le tableaa, placé devant nos yeux. Lui et son père sont représentés agenouillés devant la Vierge.

En voyant cette belle peinture, on ne se douterait pas qu'elle est Tœuvre d'un^amateur. Beltraffio était un gentilhomme milanais qui ne s'occupait d'art que dans ses moments de loisir.

Nous avons passé en revue la plus grande partie des tableaux exposés dans la salle où nous sommes en ce moment. Franchissons maintenant la porte par laquelle nous sommes entrés, elle nous donne accès daçs la

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