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ÉTUDE DE LA LIPODIASTASE DES GRAINES DE RICIN

constate que ceux-ci gardent leur teinte rose, tandis que les autres tubes se décolorent, parce que leur contenu s’acidifie.

Après cinq minutes, on retire un tube à butyrate et un tube à acétate d’éthyle, on les fait refroidir, puis on les neutralise au moyen de la solution de carbonate de sodium à 0,3 °/0, en comptant le nombre de gouttes de solution versées dans chaque tube. On retire de nouveau deux tubes cinq minutes après, et ainsi de suite. On peut alors construire les courbes qui expriment l’intensité de la saponification des deux éthers en fonction du temps; on voit que le dédoublement du butyrate d’éthyle est incomparablement plus rapide que celui de l’acétate.

Étude de la lipodiastase des graines de ricin

308. — Les graines grasses renferment une diastase lipolytique presque inactive en milieu neutre, mais dont l’action devient au contraire très rapide en présence d’un acide organique ou minéral, tel que l'acide acétique ou l’acide sulfurique. Les graines de ricin se prêtent particulièrement à l'étude de cette diastase. On peut opérer de la manière suivante :

On décortique soigneusement des graines de ricin et l’on en pèse 3 grammes (soit 23 à 30 graines) que l’on broie en pâte line dans un mortier. On y ajoute alors 7 centimètres cubes d’huile de ricin (*) et 4 centimètres

(*) L’huile de ricin possède une viscosité qui empêche de la mesurer facilement à l’aide d’une pipette ; on peut la rendre fluide en la chautfant légèrement, vers 40°; la mesure nolTre alors aucune difliculté. Pour nettoyer les vases qui ont contenu de l'huile de ricin, on utilisera la propriété que possède celle-ci de se dissoudre facilement dans l'alcool.

UYDROT.ASES

cubes d'eau, on mélange bien, puis on verse le mélange dans un verre à pied, en s’aidant d'une carte pour détacher les parties adhérentes au mortier. On prépare ensuite un second mélange de graines et d’huile exactement semblable et on y incorpore, au mortier, 4 centimètres cubes d’une solution d’acide acétique à 2,4 % (ou 4 centimètres cubes d'acide sulfurique décime). On verse ce deuxième mélange dans un verre, et on laisse en contact pendant une heure, à la température ordinaire.

Après ce temps, on verse dans chaque verre 25 centimètres cubes d'alcool à 95°, on agite, et on titre l’acidité à la soude normale, en présencede quelques gouttes de plilaléine. On peut ainsi s’assurer que l’acidité du premier mélange est extrêmement faible ; celle du second, dont il convient de déduire l’acidité due aux 4 centimètres cubes d’acide acétique ajoutés, que l’on titre à part (et qui correspondent à lcm3,5 environ de soude normale), est au contraire très considérable; la quantité d'acides gras mis en liberté par saponification peut s’élever en effet à 40 ou 50 °/0 de la quantité totale présente dans l’huile.

Si on porte à 100° dans un bain-marie en ébullition, pendant dix minutes, le mélange de graines et d’huile de ricin, avant de l’acidifier par l’acide acétique, on voit que l’acidité ne varie pas : il n'y a pas saponification. Il s’agit bien d’une action diastasique, favorisée par une légère acidité initiale.

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