ACTION OES ACIDES SUR LA LACCASE
monopotassique cl 10 % de phosphate bipolassique, un cinquième, rosie sans addition, sert pour la comparaison. On verse finalement dans chacun de ces cinq tubes 0‘:m3,l d'une solution de laccase pure à 2,5 °/0, et on mélange. On voit la coloration rouge apparaître au bout de cinq à dix minutes dans le tube 4, contenant les phosphates, et dans le tube 5, resté sans addition d’aucune sorte. Elle n’apparaît que beaucoup plus tard dans le tube 1, pas du tout dans les tubes 2 et 3.
Si on examine au papier de tournesol la réaction de ces deux tubes, on voit qu’ils ne paraissent pas acides au tournesol; en ajoutant à leur contenu 10 gouttes de la solution des phosphates, qui rougit fortement le tournesol, on voit l’action de la laccase reparaître; la coloration rouge se produit bientôt, parce que l’acide libre a été remplacé par du phosphate acide qui ne gêne pas.
319. — L’expérience est bien moins nette en présence de sels minéraux, par exemple lorsqu’on utilise la macération glycérinéc de russule comme source de laccase. Il faut alors augmenter beaucoup la dose d’acide pour empêcher l'action oxydasique.
On fera l’expérience comme plus haut, avec cinq tubes contenant 10 centimètres cubes de gaïacol à 1 °/0, mais on ajoutera respectivement 1, 2, 3 gouttes d’acide sulfurique normal (et non N/20) aux lubes 1, 2, 3. La macération glycérinée de champignons sera filtrée au moment de l’emploi; il suffira d’en ajouter 4 gouttes à chacun des tubes.
Comme plus haut, on peut faire apparaître la coloration rouge dans les Lubes additionnés d’acide sull’u-
OXYDASES
rique libre en y versant 10 gouttes de la solution des phosphates.
Action de la tyrosinase sur la tyrosine
320. — La macération glycérinée de certains champignons ( Russula delica en particulier) est très riche en tyrosinase, comme le montre l’expérience suivante. On place dans quatre tubes 10 centimètres cubes d’une solution saturée à froid de tyrosine, et on y ajoute respectivement 0cm3,i ; 0'‘"3,2 ; 0('m3,3 et 0cm3,4 de macération glycérinée. Au bout d’un temps variable (noter sa durée) une coloration rose apparaît dans les tubes; ce temps est inversement proportionnel aux quantités de diastase ajoutées. Après quelques moments, la coloration passe au rouge; plusieurs heures après, on trouve la surface du liquide colorée en noir, le fond étant rouge ; l’oxydation est donc d’autant plus grande que les couches sont plus superficielles.
On fera un témoin en portant à l’ébullition dans un cinquième tube 0cm3,5 de macération glycérinée avec 2 centimètres cubes d’eau, puis ajoutant 5 à 10 centimètres cubes de solution de tyrosine ; il ne se produit aucune coloration dans ce tube.
Distinction des peptones pepsique et trypsique par la tyrosinase
321. — On peut distinguer les peptones obtenues par l’action de la pepsine de celles qui résultent de
RÉACTION PËROXYD1A STASI QUE DU SANG
l’aclion de la trypsine par la coloration qu’elles fournissent lorsqu’on additionne leur solution aqueuse de tyrosinase (Ilarlay).
Les premières donnent une coloration rouge devenant verte après quelque temps, les secondes une coloration rouge passant au brun, puis au noir, au bout de quelques heures. Le liquide doit être parfaitement neutralisé avant l’addition de la diastase, sinon les colorations indiquées ne se produisent pas.
Les peptones trypsiques donnent, déplus, avec l’eau de brome la réaction du tryptophane.
APPENDICE
PEROXYDIASTASE
Réaction peroxydiastasique du sang
322. — Le sang renferme une diastase qui agit en présence d’eau oxygénée li202 comme la laccase en présence de 1 oxygène de l’air, de sorte qu’un mélange de cette peroxydiastase et d’eau oxygénée donne toutes les réactions colorées de la laccase.
Dans un liquide où on soupçonne la présence de sang, on devra vérifier la présence de la peroxydiastase de la manière suivante. A 10 centimètres cubes du liquide on ajoute 1 centimètre cube de teinture fraîche
2ÎJ4
PEROXYDIASTASE
degaiac ; 1 émulsion reste d’un blanc laiteux. Mais si on ajoute une seule goutte, d’eau oxygénée neutralisée^), on voit se développer une coloration bleu indigo qui est un des caractères indiquant la présence possible du sang.
Application des propriétés de la peroxydiastase
à la différenciation du lait cru et du lait bouilli
323. — Le lait contient une petite quantité de peroxydiastase qui disparaît lorsqu’on le porte à l’ébullition, d’où un moyen de distinguer le lait bouilli du lait cru.
Dans quatre tubes à essai, nous versons 10 centimètres cubes de lait; deux de ces tubes sont ensuite portés à l’ébullition pendant trente secondes, puis refroidis.
Dans un tube de lait cru et un tube de lait bouilli, mettre de teinture fraîche de gaïae : il ne se
produit rien. Si on ajoute une seule goutte d’eau oxygénée neutralisée (à 4 ou 5 volumes au plus), il se développe une coloration bleue dans le lait cru, le lait bouilli restant parfaitement blanc.
Dans les deux autres tubes, on verse 4 à 5 centi-
(>) U est indispensable, avec la peroxydiastase ou la catalase, d’opérer toujours avec de l’eau oxygénée neutralisée. On prépare celle-ci en ajoutant à de l'eau oxygénée commerciale, à 10-12 volumes, toujours très acide, de l’eau de baryte jusqu’à réaction à peine alcaline ; on réacidilie aussitôt très légèrement par une seule goutte d’acide sulfurique et on filtre pour enlever l’abondant précipité blanc de sulfate ou de phosphate de baryum.
Lorsque l’acidité de l’eau oxygénée est due à l’acide borique, il n’est pas nécessaire de la neutraliser, cet acide n’exerçant pas d’action empêchante sur les diaslases considérées.