DEUXIÈME TABLE
•j Qcm3
Acide
formique
Acide
Acide
acétique
propionique
Acide
Acide
butyrique
valérianique
Les courbes ci-dessus traduisent encorela marche de ces nombres. On voit qu’elles se séparent moins que les précédentes, car, parties du môme point 0, elles doivent aboutir au même point 100, mais elles sont encore assez distinctes pour bien différencier les acides {fig. 52). 11 est donc facile, en comparant aux nombres des tableaux ceux que fournit l’expérience, de savoir à quel acide on a affaire, avec la deuxième table, et de conclure ensuite, à l’aide de la première, du poids qui a passé dans la distillation au poids total contenu dans le liquide distillé.
384. — Cas d'un mélange de deux acides. Le cas d’un mélange de deux acides volatils est un peu plus compliqué. On a vu plus haut que chacun d’eux se comporte comme s’il était seul, et suit la marche de sa distillation. Si par exemple on a un mélange à équivalents égaux d'acide acétique et d’acide butyrique, la marche des nombres correspondants à la distillation de ce mélange sera la moyenne des nombres correspondants à chacun des deux acides dans l’un quelconque des ta-
CAS d’un mélange de deux acides 315
bleaux, et la courbe de la distillation sera celle qui, dans chacune des ligures qui précèdent, se tiendrait à égale distance, dans le sens vertical, de la courbe de l’acide acétique et de l’acide. butyrique. S’il y a aucon-
Fig. 52.
traire deux molécules d’acide butyrique contre une d’acide acétique, il faudra, pour avoir les nombres de la distillation, ajouter deux fois le nombre correspondant à l’acide butyrique au nombre correspondant à l’acide acétique, et prendre le tiers de la somme obtenue.
Réciproquement, étant donnés les nombres fournis par l’expérience, on peut, en les ordonnant ou en les
310 PRINCIPAUX PRODUITS DR FERMENTATION
traduisant sous forme de courbe, voir s’ils coïncident avec l’une des deux courbes de la figure 52, et s’il n’y a pas coïncidence, voir entre quelles courbes de la figure la courbe trouvée vient se placer. Une fois cette courbe tracée, la question de savoir à quels acides elle est due devient une question de tâtonnements méthodiques, au milieu desquels un peu d'habitude apprend rapidement à se débrouiller.
Pour un mélange d'acide formique cl d’acide acétique, dont les deux courbes ont la convexité tournée du môme côté, la courbe résultante a une courbure régulière tournée dans le môme sens, et les nombres sont régulièrement croissants du premier au dernier.
De môme, mais en sens inverse, pour les mélanges d'acide butyrique et d’acide valérianique, dont les courbures sont aussi de même sens, la courbe résultante a une courbure régulière intermédiaire, et les nombres des diverses prises sont régulièrement décroissants, intermédiaires entre ceux des deux acides, et d’autant plus voisin de ceux de l’un d’eux que l’autre est moins abondant. De ce côté, donc, aucune difficulté.
Envisageons maintenant le mélange de deux acides à modes de distillation opposés, et pour aller aux extrêmes, prenons un mélange d’acide formique et d'acide valérianique à équivalents égaux. Les nombres correspondant à la distillation de ce mélange sont les suivants, qu’on obtient en prenant la moyenne de ceux de la deuxième table :
CAS d’un mélange de deux acides
el la courbe 1 correspondante [fig. 33) est une courbe à double, courbure, où les litres des prises décroissent au début, parce que l'acide valérianique distille à ce mo-
Fig. 53.
ment, puis croissent à la fin parce que c’est le tour de l’acide formique.
De môme le mélange de 2 d’acide valérianique avec 1 d acide formique donne naissance à la courbe 2 ; le mélange de 2 d’acide formique avec 1 d’acide valérianique à la courbe 3, et on voit que la position du point d’inflexdon de la courbe varie avec la proportion des acides mélangés.
PRINCIPAUX PRODUITS DE FERMENTATION
Une courbe à double courbure, si peu accentuée qu’elle soit, ou une marche irrégulière dans la croissance ou la décroissance des nombres indique donc un mélange d’acide supérieur à l’acide propionique avec de l’acide acétique' ou formique, et dès lors il n’y a qu’à chercher soit au moyen des courbes, soit en combinant convenablement les chiffres des tableaux, quelle est la combinaison d'acides qui donne la marche de la distillation la plus voisine de celle qu’on a trouvée par l’expérience.
385. — Nature des acides mélangés. Ici, comme tout à l’heure, le problème se décompose en deux : trouver d’abord la nature des deux acides; déterminer ensuite leurs proportions.
Dans les tâtonnements au sujet de la nature, on peut s’aider de tous les renseignements qu’on a sous la main : c’est ainsi que l’acide valérianique se distingue facilement de l’acide butyrique par son odeur, l’acide formique de l’acide acétique par son action sur le nitrate d’argent à l’ébullition. En somme, il est facile, quand on est assuré, par la forme de la courbe, d’avoir affaire à un mélange binaire d’acide butyrique ou d’acide valérianique, avec de l’acide acétique ou de l’acide formique, de savoir quels sont les deux acides auxquels on a affaire. On reviendra tout à l’heure au cas de l'acide propionique.
En résumé, la marche régulière des nombres, ou la forme régulière des courbes avertit si on a affaire à un mélange d’acide acétique avec l’acide formique ou d’acide butyrique avec l’acide valérianique. La marche irrégulière, décroissante d'abord, croissante ensuite, des nombres de distillation, ou la double courbure des