ACIDES DERIVES DES SUCRES
constants que si on opère à la température minimum pour laquelle la fusion est instantanée ; on y arrive en projetant sur une masse métallique de température connue des fragments très petits de substance, qui peuvent ainsi se mettre instantanément en équilibre de température avec le métal (bloc Maquenne).
Pour prendre le point de fusion d’une substance, une osazone, par exemple, préparée à l’état pur, on en sèche une petite quantité que l’on pulvérise ensuite finement. On chauffe le bloc Maquenne au moyen de la rampe à gaz, de manière à avoir une montée rapide de la température (3 à 5° par minute environ). Tous les o° on projette une parcelle de substance à la surface du bloc, et on note la température pour laquelle la fusion est instantanée.
On laisse alors refroidir le bloc de quelques degrés au-dessous de ce point, et on le réchauffe très lentement, de manière à avoir une ascension du thermomètre de 1° par trois à quatre minutes environ ; on projette, de degré en degré, une parcelle de substance, et on peut noter la température de fusion instantanée très exactement.
Ainsi, la glucosazone fond vers 230-232° lorsqu’elle est bien pure; la présence de très petites quantités d’impuretés abaisse notablement ce point de fusion, ce qui est d’ailleurs un fait général.
Acides dérivés des sucres
81. — Acides monobasiques obtenus par oxydation au brome. Les sucres qui doivent leur fonction réduc-
GLUCOSES ET SUCRES HYDROLYSABLES
trice à la présence d’un groupement aldéhydique sont facilement oxydés par le brome en présence de l’eau ; ils donnent un acide monobasique par transformation du groupement terminal -CIIO en carboxyle :
R-CHO + H20 + Br2 = R-GOOH + 2HBr.
Ceux, au contraire, qui doivent leur pouvoir réducteur à la présence d’un groupement cétonique ne sont pas oxydés dans ces conditions. On peut se baser sur cette propriété pour séparer, par exemple, le glucose et le lévulose.
On peut choisir comme exemple de transformation d'un sucre aldéhydique en acide monobasique l’oxydation du xylose. L’acide xylonique formé donne un dérivé très peu solublequi permet de caractériser de petites quantités de sucre de bois.
82. — Préparation du xylonobromure de cadmium. Placer dans un tube à essai assez large 10 centimètres cubes d’une solution de xylose suffisamment concentrée (20 °/0); ajouter un demi-centimètre cube de brome, boucher et agiter de temps à autre jusqu’à dissolution complète du brome. 11 se fait de l’acide xylonique et de l’acide bromhydrique. Après quarante-huit heures, l’oxydation est terminée; on chasse l’excès de brome en faisant bouillir sous une hotte le contenu du tube (placer à côté un verre à pied pour pouvoir y poser le tube en cas de suffocation). On salure le liquide, Versé dans une petite capsule de porcelaine, au moyen de carbonate de cadmium ajouté par petites portions, en chauffant; on met un petit excès de CO:’Cd, et on fait bouillir ensuite pendant au moins cinq minutes à cause
acides bibasiques dérivés des sucres 61
de la présence de lactone xylonique. On fil Lue bouillant.; par refroidissement, on obtient souvent un précipité cristallin de xylonobromure de cadmium.
On favorise sa formation soit en amorçant, soiL en additionnant le liquide de la moitié de son volume d’alcool. Au microscope, il se présente en aiguilles prisma-
Fig. 9. — Xylonobromure de cadmium.
tiques diversement groupées, souvent en sphéro-cristaux(/?<7. 9), répondant à la formule C5H906CdBr -)- H20.
Ce sel ne présente pas un point de fusion net. On peut le recueillir sur un filtre, le laveravec un peu d’alcool étendu de son volume d’eau, et sécher ensuite. Si on l’introduit dans un tube à essai et si on chauffe, on obtient une décomposition avec un boursouflement analogue à celui du sulfocyanale de mercure (G. Bertrand).
83. — Acides bibasiques obtenus par oxydation nitrique des sucres. Lorsqu’on chauffe les sucrés aldéhy-
GLUCOSES ET SUCHES IIYD ROLYSABLES
diques avec de l’acide nitrique dilué, ils s’oxydent à chaque extrémité de la chaîne en donnant un acide bibasique de formulegénéraleCOOH-(CHOH)w-COOH.
En particulier, le glucose fournit l'acide saccharique de. formule correspondant à celle de la sorbite, le mannose donne l’acide mannosaccharique correspondant à la mannite, et le galactose se change en acide mucique correspondant à la dulcite :
H-C-OH
OH-C-H
H-C-OH
H-C-OH
Sorbite
OH-C-H
OH-C-H
H-C-OH