‹ Guide pour les manipulations de chimie biologique (volume 2)Chapitre 64 sur 162 · COLORATION DES TISSUS VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

COLORATION DES TISSUS VÉGÉTAUX

on recouvre avec une lamelle, et on examine au microscope.

La cellulose se colore rapidement en bleu, les tissus lignifiés en jaune.

On peut aussi plonger la coupe dans un peu d’acide chlorhydrique concentré contenant en dissolution quelques millièmes d’orcine, de phloroglucine ou de vanillinc (un fragment du phénol gros comme une tète d’épingle pour 2 à 3 centimètres cubes de HCl). On a une coloration presque instantanée des tissus lignifiés, en bleu violet avec l’orcine, en rouge vif avec les deux autres réactifs.

125. — Teinture double par le carmin et le vert malachite. La coupe est plongée pendant quelques instants dans une solution d’un hypochlorite alcalin (eau de Javel). 11 se dégage de petites bulles de gaz. On agile; après quelques minutes, on lave à l’eau distillée, puis on plonge dans une solution de carmin aluné(<), additionnée d’une petite quantité de vert malachite (solution de vert à 10°/o dans l’alcool à 93°). Pour obtenir cette coloration, on place dans un verre de montre 20 gouttes environ de carmin et 1 à 2 gouttes de vert malachite. Au bout d’un temps assez court, une minute par exemple, on retire la coupe, on la lave à l’eau dans un verre de montre pour enlever l’excès de colorant, et on examine au microscope. Les I issus lignifiés sont colorés en vert, les tissus cellulosiques en

(') Le carmin aluné se prépare en faisant bouillir pendant dix à vingt minutes 1 gramme de carmin pulvérisé avec l»-r,5 d’alun ordinaire et 100 centimètres cubes d'eau, dans un petit matras. On filtre après refroidissement et on ajoute une goutte de phénol pour assurer la conservation de la solution.

GLUCOSIDES

rouge. Si les colorations sont insuffisantes, on replonge la coupe dans le bain colorant pendant quelques instants.

APPENDICE

GLUCOSIDES

Dédoublement de l’arbutine

126.— L arbutine est un glucoside se dédoublant par l’hydrolyse en une molécule deglucose et une molécule d'hydroquinone :

C'-’H'f-O7 + [PO = C6Iil206 -f C°H4 (OH)2.

On effectuera ce dédoublement en chauffant au bainmarie, dans un tube à essai, 0gr,50 de glucoside avec 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 5 °/0, pendant une heure. On refroidit, on verse dans une peLite boule à décantation, et on agite le liquide avec 10 centimètres cubes d’éther. En laissant reposer un instant, les deux liquides se séparent ; la couche inférieure est une solution acide de glucose, la couche surnageante une solution éthérée d’hydroquinone. En manœuvrant le robinetavec précaution, on décante lasolution sucrée dans le tube à essai, et la solution éthérée dans une capsule en verre ù parois verticales. Pour extraire la

DÉDOUBLEMENT DE l’aRBUTINE

totalité de l’hydroquinone, dont une petite partie est restée dans le liquide aqueux, on épuise celui-ci une seconde fois avec la même quantité d’éLher. On réunit le deuxième extrait éthéré au premier.

On fait évaporer l’éther à la température ordinaire ou sur un bain-marie légèrement chauffé (ne pas oublier que les vapeurs d’éther sont très inflammables) ; l’hydroquinone cristallise en longues aiguilles blanches. On peut la caractériser en la dissolvant dans 1 centimètre cube d’eau et ajoutant gouLle à goutte une solution étendue de chlorure ferrique. Il se produit une coloration rose, à laquelle succède un précipité de quinhydrone, formé de lamelles cristallines vert foncé à reflets métalliques. On perçoit en même temps une odeur caractéristique de quinone. Un excès de chlorure ferrique ne donnerait que de la quinone.

127. — On peut caractériser, d’autre part, le glucose dans la solution aqueuse à l’état de glucosazone. Pour cela, on ajoute à 10 centimètres cubes de celte solution 0Br,5 d’acétate de sodium et quelques gouttes de phénylhydrazine, puis on chauffe au bain-marie. Après une demi-heure environ, on voit déjà apparaître les premiers cristaux d’osazone. Pour les caractères de celle-ci, voir § 79.

Page 1