RÉACTIONS COLORÉES DES PHÉNOLS
Le gaïacol donne en solution aqueuse une coloration rouge plus ou moins fugace, due à la formation de tétragaïacoquinone ; en solution alcoolique, il donne une coloration bleue, passant au vert, puis à l’acajou par addition ultérieure de chlorure ferrique.
De môme, le pyrogallol qui, en solution aqueuse, donne une coloration jaune, avec formation d’un précipité rouge brun de purpurogalline, donne en solution alcoolique une belle coloration bleue, qui fonce et passe au noir par addition d’un excès de chlorure ferrique.
Coloration des phénols avec le réactif de Millon
155. — Le phénol ordinaire, les crésols etla plupart des produits phénoliques substitués en ortho, comme l'acide salicylique, ou en para, comme la tyrosine, donnent avec le réactif de Millon, à froid ou en chauffant très légèrement, une coloration rouge intense, qui augmente peu à peu et fait place à un précipité rouge foncé.
Parmi les diphénols, la pyrocatéchine et son dérivé méthylique, le gaïacol, donnent une coloration rouge intense; la résorcinc et l'hydroquinonc ne donnent qu’un précipité ou une coloration jaune, qui ne correspondent pas à la réaction de Millon du phénol ordinaire; Porcine donne seulement un précipité verdâtre.
Le pyrogallol et la phloroglucine ne donnent pas non plus la réaction de Millon.
Ajoutons qu’avec les naphtols a. et (8, il se fait une coloration orangée suivie de la formation d’un précipité brun ; le phénomène ne correspond pas ;ï la réaction typique de Millon.
PHÉNOLS et acides aromatiques
Caractères de l’acide benzoïque
156. — L’acide benzoïque est cristallisé on paillettes blanches, nacrées, fondant à 121°, 5. 11 se sublime avec la plus grande facilité et peut être entraîné avec la vapeur d’eau; très soluble dans l’eau bouillante, il exige 350 à 400 parties d’eau pour se dissoudre à la température ordinaire.
Pour l’extraire d’une solution quelconque, il suffit, après avoir acidulé au moyen d’acide sulfurique, d’agiter avec de l’éther dans une boule à décantation, de la manière indiquée (§ 126). L’acide benzoïque passe avec facilité et en totalité dans ce dissolvant ; il suffît d’évaporer à basse température pour obtenir un résidu cristallisé dans lequel on recherchera l’acide. Celui-ci sera caractérisé par sa solubilité dans l’eau bouillante, d’où il cristallise par refroidissement en belles aiguilles, et par son point de fusion (').
(>) On trouve fréquemment dans les traités l'indication d’une réaction colorée de l'acide benzoïque, à savoir la formation de bleu d’aniline lorsqu’on le chaulle avec une dissolution de fuchsine dans l’aniline. Non seulement l’acide benzoïque n’entre pas dans la molécule du colorant et sert seulement à faciliter la réaction, mais celle-cise produit aussi facilement en présence d'acides organiques quelconques, acétique, succinique, cinnamique, salicylique. Il s’agit donc là d’une réaction qui n’a absolument rien de spécifique.
Il en est de même de celle qui consiste à nitrer l’acide benzoïque et à réduire le composé nitré par le sulfure d’ammonium, après neutralisation, de manière à obtenir un composé aminé qui se colore en rouge. Cette réaction est donnée par le phénol et de nombreux corps aromatiques.
PRÉPARATION DP. J. ACIDF. SALTCYLIQIHO
Caractères de l’acide salicylique
157. — L’acide salicylique se présente sous forme de cristaux blancs, fondant à 15'6°, aussi peu solubles dans l’eau que l’acide benzoïque; il se dissout dans 12 parties et demie d’eau bouillante et dans 450 parties d’eau froide.
Sa solution aqueuse donne, en présence de chlorure ferrique, une belle coloration violette, due à la présence d'une fonction phénolique.
En chauffant quelques cristaux d’acide salicylique avec 1 centimètre cube d’alcool méthylique et 10 gouttes d’acide sulfurique concentré, on obtient l’odeur caractéristique du salicylate de méthyle.
Préparation de l’acide salicylique par saponification de l’essence de Wintergreen
158. — Cette essence renferme l’acide salicylique à l’état d’éther méthylique. On peut saponifier le salicylale de méthyle au moyen de la potasse alcoolique, de la manière suivante : on place dans un tube à essai 1 centimètre cube d’essence de Wintergreen (■*), une pastille de potasse et 2 centimètres cubes d’alcool qui sert de dissolvant. On chaufi'o doucement à l’ébullition, que l’on maintient pendant quelques minutes. La saponification étant achevée, on acidifie avec de l’acide
!') Ou essence de gaullhérie (Gaultheria procumbens L.).