‹ Guide pour les manipulations de chimie biologique (volume 2)Chapitre 76 sur 162 · RÉACTIONS DE LA GLYCÉRINE · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DE LA GLYCÉRINE

Les vapeurs réduisent le nitrate d’argent ammoniacal ('). Pour le constater, on trempe l’extrémité d’un agitateur dans le réactif et on I introduit dans l’axe du tube. Une coloration noire indique la mise en liberté de l’argent réduit. Cette réduction étant favorisée par l’élévation de température, on chauffera le réactif à l’ébullition avant d’en garnir l’agitateur.

169. — Réaction de la glycérine avec le borax. La solution de borax, très légèrement alcaline au tournesol, devient nettement acide lorsqu’on y ajoute de la glycérine (2), par formation d’un glycéroborate, sel qui jouit en outre de la propriété de colorer en vert la flamme incolore du bec Bunsen.

Pour effectuer cette dernière réaction, on plonge l’extrémité, façonnée en boucle, d’un fil de platine (ou d’un fil de fer) dans la glycérine; on prélève ensuite une petite quantité de borax en poudre, en Louchant légèrement la surface de ce sel avec la boucle, et on porte dans le voisinage de la flamme, vers la base de celle-ci.

170. — Réactions colorées de la glycérine. La glycérine, oxydée par l’eau de brome, fournit un mélange de produits réducteurs qui possèdent des réactions colorées caractéristiques (Denigès).

Pour les obtenir, on place dans un tube à essai 1 centimètre cube d’une soluLion de glycérine à 5 °/0

(•) Le nitrate d’argent ammoniacal se prépare en mélangeant volume à volume des solutions de nitrate d’argent (à 1 ou 2 °/0), d’ammoniaque concentrée et de lessive de soude.

(2) Les sucres réducteurs et les mannites donnent la même réaction. Si l’on voulait rechercher plus exactement la glycérine, il faudrait d’abord la séparer en mettant à profil la propriété qu’elle possède d’être entrainable par distillation avec la vapeur d’eau.

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et 10 centimètres cubes d'eau de brome faite avec 3 centimètres cubes de brome pour 1 litre d’eau. On place au bain-marie bouillant pendant vingt minutes, puis on fait bouillir jusqu’à disparition complète du brome en excès et on laisse refroidir.

Dans un tube à essai, on verse 0,:m3,5 du liquide obtenu; on ajoute 2 gouttes d'une solution alcoolique de codéine à 5 °/0, puis 2 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré et on place pendant deux à trois minutes au bain-marie bouillant : il se produit une belle coloration bleu verdâtre.

Si on opère de même sur un second essai, mais en remplaçant la solution de codéine par une solution alcoolique de résorcine à 3 °/0, on a aussitôt, à froid, une coloration intense rouge vin.

171. — On peut appliquer ces réactions à la recherche de la glycérine dans le vin. Pour cela, on évapore à sec, au bain-marie, 1 centimètre cube de vin (blanc ou rouge) placé dans une petite capsule. On délaie le résidu dans 10 centimètres cubes d’eau de brome et l'on filtre dans un tube à essai, de manière à éliminer complètement les dérivés bromés insolubles. On porte alors vingt minutes au bain-marie, on chasse le brome en excès, et on continue comme ci-dessus. Le liquide donne nettement les réactions colorées, surtout celle qui est fournie par la résorcine.

Détermination de l’indice de saponification

172. — On appelle indice de saponification (ou indice de Kôl tstorfer) d'une matière grasse le poids de potasse

détermination de l’indice d’iode

KOH, exprimé en milligrammes, nécessaire pour saturer les acides gras de 1 gramme de matière grasse.

Pour le déterminer, on verse dans une fiole conique de 130 centimètres cubes exactement tarée, environ 3 centimètres cubes à 5cin3,5 d’huile (ricin, olive, etc.) ou de matière grasse fondue (beurre, suif, etc.) et on détermine exactement le poids p de matière grasse ajoutée. On ajoute ensuite 25 centimètres cubes d’une solution de potasse alcoolique à peu près normale. On ferme avec un verre de montre et on abandonne à 90° sur le bain-marie bouillant pendant vingt minutes, en agitant fréquemment (s’assurer que toute la matière grasse est dissoute). On laisse refroidir, on ajoute une goutte de phlaléine et on litre avec l’acide sulfurique normal jusqu’à disparition de la teinte rouge. On opère de même avec 25 centimètres cubes de la solution alcoolique de potasse; par différence on a le nombre de centimètres cubes d’acide normal correspondant aux acides gras. Ce nombre n donne l’indice cherché au moyen de la formule suivante :

Détermination de l’indice d’iode

1*73. — Les acides gras non saturés (tels que l’acide oléique) et les glycérides correspondants, peuvent fixer autant de molécules d’iode qu’ils ont de doubles liaisons. On appelle indice d’iode (ou indice de Hübl), le nombre de grammes du métalloïde absorbé par 100 grammes de matière grasse.

MATIÈRES GRASSES ET GLYCÉRINE

Pour déterminer cet indice, on pèse au milligramme, dans un verre de montre, 0Br,3 environ d’huile ou d acides gras siccatifs, ou ()Br,5 environ s’il s'agit de produits non siccatifs. On fait passer la matière pesée dans un flacon d’un demi-litre, bouché à l’émeri, en la dissolvant dans 15 à 20 centimètres cubes de chloroforme, on verse la même quantité de chloroforme dans un flacon témoin d’égale capacité, puis on ajoute dans chaque flacon 20 centimètres cubes exactement mesurés de solution d’iode (') (à 5 °/0 dans l’alcool à 95°) et 20 centimètres cubes de solution de chlorure mercurique (à 0 °/0 également dans l’alcool à 95°).

On bouche les flacons et, après avoir agité, on abandonne au repos pendant deux heures. Après ce temps, on introduit dans chaque flacon 25 centimètres cubes de solution d’iodurc de potassium à 20%; on agite pendant une à deux minutes, puis on LiLre l’excès d’iode par l’hyposulfîle de soude N/10. On verse d’abord celui-ci jusqu’à disparition presque complète de la teinte jaune, on ajoute un peu d’empois d’amidon et on termine le titrage en ajoutant l’hyposulflte jusqu’à disparition complète de la couleur bleue.

La différence entre les volumes v et v d’hyposulfite employés dans le flacon témoin et dans celui qui contenait la matière grasse, exprimée en centimètres cubes et multipliée par 0Br,0127, représente la quantité d’iode

(') La solution d’iode doit être préparée à froid. Pour obtenir une dissolution rapide du métalloïde, on enferme celui-ci dans un petit sachet en étamine que l’on suspend à l’aide d’un fil serré entre le col et le bouchon du flacon, de manière que l’iode soit maintenu à la partie supérieure du liquide.

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