Pour montrer l’action du sérum sur la mono
MONOBUTYRINASE DU SÉRUM 321
butyrine, on peut se contenter de mesurer, par titrage acidimétrique, la quantité d’acide butyrique mise en liberté ; on voit que cette quantité, mesurée pour un temps donné, est d’abord assez élevée, mais qu’elle diminue avec la durée de la saponification, parce que l’acide exerce une action empêchante.
On verse dans cinq tubes à essai 10 centimètres cubes d’une solution aqueuse saturée de monobutyrine. Dans le premier, on ajoute 1 centimètre cube de sérum de cheval préalablement porté à l’ébullition avec 1 centimètre cube d’eau, dans les quatre autres 1 centimètre cube de sérum frais. On ajoute à chaque tube 1 goutte de plitaléine, eton neutralise avec une solution de carbonate de sodium à 0,5 jusqu’à teinte rose persistant un moment. Les tubes sont alors placés au bain-marie réglé à 35-37“.
Après quinze minutes, on vérifie que le contenu du témoin est resté neutre ; le tube 1 est devenu acide, et on compte le nombre de gouttes de la solution de carbonate de sodium nécessaires à la neutralisation ; soit a ce nombre. Au bout de quinze nouvelles minutes, on voit que, pour neutraliser ce même tube, il faut verser à peu près a gouttes de carbonate de sodium; or, à ce moment, le tube 2 n’exige qu’un nombre de gouttes h < 2a, ce qui signifie que l’action n’est pas proportionnelle au temps, mais va en se ralentissant. On le véi'ifie de nouveau en examinant le tube 3 après quarante-cinq minutes et le tube 4 après soixante minutes. Le ralentissement est dù à l’acide butyrique mis en liberté, car, si on le neutralise, l’action redevient identi(iue à ce qu’elle était au début.
lIYDROLASt-S
416. — On peuL mesurer l’acLion de la moiiobulyriiiase du sérum sur la moiiobulyrine en s'appuyant sur la diminulion (jue subit la tension superficielle du liquide pendant la saponification (Rona et Michaelis).
Pour cela, après avoir mélangé 20 centimètres cubes de solution saturée de monobutyrine avec 1 centimètre cube de sérum frais de cheval et 3 centimètres cubes d’eau, on aspire le licjuide dans le compte-goutte de Duclaux (§ 498j, on essuie l'ajutage inférieur de celui-ci, et on compte le nombre de gouttes qui s’écoulent de l’appareil. Ce nombre est voisin de 160; il varie avec la température. On recommence cette opération après quinze, trente, quarante-cinq minutes.
On peut voir que les nombres obtenus décroissent régulièrement. En portant en abcisses les temps et en ordonnées le nombre de gouttes correspondant, on peut construire la courbe représentative du phénomène.
Si on prépare une expérience témoin, en faisant un mélange de 20 centimètres cubes de la môme solution de monobutyrine avec 4 centimètres cubes île sérum préalablement dilué au 1/ 4 et chaulfé à 80“ pendant une demi-heure, on peut voir que le nombre de gouttes données par ce mélange ne varie pas avec le temps.
Saponification de l’acétate et du butyrate d’éthyle par la monobutyrinase
417, — Les éthers des acides gras monobasiques sont saponitiés par la monobutyrinase du sérum avec une vitesse d’autant plus grande que le poids molécu-
SAPONIFICATION DE l’aCÉTATE d'ÉTHYLE
laire du radical acide est plus considérable. Ainsi le butyrate d’élhyle est saponifié au moins 10 fois plus vile que l’acétale d’éthyle.
Pour le vérifier, on émulsionne 1 centimètre cube de butyrate d’élhyle avec 100 centimètres cubes d’eau, par une agitation énergique ; on répartit dans des tubes à essai, de manière à verser dans chaque tube 10 centimètres cubes du liquide. On ajoute 1 goutte de phtaléine, puis on neutralise exactement avec la solution de carbonate de sodium à 0,o jusqu’à légère teinte rosée. On ajoute à chacun des tubes 1 centimètre cube de sérum frais de cheval ; l’un de ces tubes étant aussitôt porté à l’ébullition servira de témoin.
D’autre part, on fait une solution d’acétate d’éthyle contenant 0‘^‘"^,7o de cet éther pour 100 centimètres cubes (solution équimoléculaire avec celle de butyrate d’éthyle), et on opère avec elle exactement comme pour le li({uide précédent.
Les tubes sont alors placés en même temps dans un bain-marie réglé à SS-60®, ainsi que les témoins. On constate que ceux-ci gardent leur teinte rose, tandis que les autres tubes se décolorent, parce que leur contenu s’acidifie.
Après cinq minutes, on retire un tube à butyrate et un tube à acétate d’éthyle, on les fait refroidir, puis on les neutralise au moyen de la solution de carbonate de sodium à 0,5 "/„, en comptant le nombre de gouttes de solution versées dans cliaque tube. On retire de nouveau deux tubes cin<[ minutes après, et ainsi de suite. On peut alors construire les courbes qui expriment riiitcnsitô de la saponilication des deux éthers en fonction du temps ; on voit que le dédoublement du buty-
HYOROLASES
raie (J’éLliyle esl incomparablement plus rapide que celui de l’acélale.
Étude de la lipodiastase des graines de ricin
418. — Les graines grasses renferment une diastase lipolytiqne presque inactive en milieu neutre, mais dont l’action devient au contraire très rapide en présence d’un acide organique ou minéral, tel que l’acide acétique ou l’acide sulfurique. Les graines de ricin se prêtent particulièrement à l’étude de celle diaslase. On peut opérer de la manière suivante :
On décortique soigneusement des graines de ricin et l’on en pèse 5 grammes (soit 25 à 30 graines) que l’on broie en pâle fine dans un mortier. On y ajoute alors 7 centimètres cubes d’huile de ricin (') et -4 cenlimèlres cul)es d’eau, on mélange bien, puis on verse le mélange dans un verre à pied, en s’aidant d’une carie pour détacher les parties adhérentes au mortier. On prépare ensuite un second mélange de graines et d’huile exactement semblable et on y incorpore, au lieu d’eau, 4 centimètres cubes d’une solution d’acide acétique à 2,5 ‘'/ii (ou 4 centimètres cubes d’acide sulfurique décime). On verse ce deuxième mélange dans un verre, et on laisse en contact pendant une heure, à la température ordinaire.
(') L’huile de ricin possède une viscosilé qui empêclie de la mesurer facileinenl à l'aide d'une pipette; on peut la rendre Iluide en la cliaull'anl légèrement, vers 40“ ; la mesure n'oirre alors aucune dillicullé. Pour nettoyer les vases qui ont contenu de l'Iiuile de ricin, on utilisera la propriété (jue jiossède celle-ci de se dissoudre facilement dans l’alcool fort.
ÉTUDE d’une présure VÉGÉTALE 323
Après ce temps, on verse clans chaque verre 23 cenlimèlres cubes d’alcool à 93°, ou agite, et on titre l’acidité à la soude normale, en présence de c^uelques gouttes de phlaléine. On peut ainsi s’assurer c|ue l’acidité du premieï- mélange est extrêmement faible; celle du second, dont il convient de déduire l’acidité due aux 4 centimètres cubes d’acide acétique ajoutés, que l’on titre à part (et qui correspondent à 5 environ de soude normale), est en revanche considérable ; la quantité d’acides gras mis en liberté par saponification peut s’élever en elïct à 40 ou 30 de la quantité totale présente dans l’huile.
Si on porte à 100“ dans un bain-marie en ébullition, pendant dix minutes, le mélange de graines et d’huile de ricin, avant de l’acidifier par l’acide acétique, on voit que l’acidité ne varie pas : il n'y a pas saponification. 11 s’agit bien d’une action diastasique, favorisée par une légère acidité initiale.
Étude d’une présure végétale
419. — La présure est très répandue chez les végétaux. On peut mettre sa présence en évidence dans le suc obtenu par expression des feuilles, des fleurs ou des fruits d’un grand nombre de plantes.
Pour étudier une présure végétale, on s’adressera à l’artichaut commun. Un ai tichaul, débarrassé au préalable des feuilles (bractées), est broyé dans un hacheviande et exprimé à la presse. Le jus trouble obtenu est filtré.
On i)lace dans 3 tubes ii essai 10 centimètres cubes de lait et on ajoute respectivement 0'"'^, 3, 1, 2, 3 cen-
HYDROLASES
limèlres cubes du jus d’arüchauldans quatre des tubes. Le dernier reçoit 1 centimètre cube de liquide préalablement porté à l'ébullilion.
On plonge les tubes dans l'eau d’un bain-marie réglé à 50“, et on les examine de temps à autre. La Coagulation commence au bout de quelques minutes dans le tube contenant 3 centimètres cubes ; il est facile de voir, en notant les temps de coagulation, qu'ils sont inversement proportionnels aux quantités de présure.
La coagulation ne se produit pas, même après plusieurs heures, dans le tube contenant la présure chauffée.
Influence des sels de calcium sur la coagulation du lait par la présure
420. — La coagulation du lait par la présure est due à ce fait que la caséine modifiée par l’action diastasique donne avec le calcium une combinaison insoluble. Si on élimine préalablement le calcium par un réactif convenable (oxalate ou fluorure alcalin, par exemple), la transformation diastasique a lieu, mais non la coagulation.
L’expérience suivante montre bien cette influence.
Dans cinq tubes à essai, on verse 10 centimètres cubes de lait frais et non additionné d’antiseptique (un certain nombre de laits du commerce sont rendus incoagulables). On ajoute au premier tube de
solution de présure ('), préalablement bouillie pendant
(') Présure liquide du commerce ou solution de présure on poudre à 1 "/q environ.
FORCE COAGULANTE d’uNE PRÉSURE
quelques iTiinules;ce lube ne coagule pas dans les conditions de l’expérience.
Le second reçoit de présure active; les tubes
3 et 4 reçoivent chacun d’une solution d’oxalate
de sodium à 2 “/o, puis, après mélange, la même dose de présure; enfin le tube S reçoit simplement 0''“^,! d’une solution de chlorure de calcium à 10 Tous les tubes étant placés pendant cinq à dix minutes dans un bain-marie régléà3o“, on voit qu’après ce temps le tube 2 seul est coagulé, bes tubes 3 et 4, dans lesquels on a précipité les sels de calcium par l’oxalate, n’ont pas coagulé ; cependant la caséine y est déjà transformée par la présure, car si on porte le tube 3, par exemple, à l’ébullition, on obtient un précipité floconneux, ce que ne fait pas le lait normal. Si on ajoute 1 goutte de la solution de chlorure de calcium au tube 4 contenant aussi du lait oxalaté et emprésuré, on aune coagulation immédiate; cependant le caillot est moins compact que dans le tube 2. Le tube 5 permet de constater que le chlorure de calcium seul n’a aucune infiuence sur la coagulation du lait.
Détermination de la force coagulante d’une présure commerciale
421. — On appelle conventionnellement force coagulante d’une présure commerciale le rapport du volume de lait coagulé au volume de présure employé, l'opération ayant lieu à la température de 33” et la coagulation se faisant en ((uarante minutes.
Pour la déterminer, on opère de la manière suivante :
IlYOnOLASES
On prépare 10 tubes à essai contenant chacun 10 centimètres cubes Oc lait, puis on leur ajoute respectivement 0"“^,1 ; 0''"'^,2; 0''"'^,3; etc..., 1 centimètre cube de la présure à étudier, préalablement diluée au I düO. r| On ramène les volumes à 11 centimètres cubes avec de l’eau (on ajoute 0''"’'b9 ; O'^^.H; O'"’^.?, etc. d’eau), ç
on agite, et on place au bain-marie réglé à 35®. On 1
examine les tubes de temps à autre, et on note au bout (le combien de temps la coagulation est complète ; on peut alors retourner le tube sans que le coagulum se brise et se détache. Si l'iin des tubes parait ne coaguler ([u’en quarante minutes, on détermine le rapport du ^ volume de lait au volume de présure qu’il renferme; on a ainsi la force coagulante cherchée. Par exemple, " s’il s’agit du tube contenant ü'"*-*, 4 de la dilution de présure, le rapport est :
Si tous les tubes coagulent en moin.s de quarante minutes, on recommence l’opération en diluant la présure à 1 200 ou davantage.
On peut facilement se rendre compte, dans cette ' expéricace, que la durée de coagulation est, à très peu près, inversement proportionnelle à la quantité de présure.
Coagulation diastasique du sang j
422. — La coagulation spontanée du sang est produite par l'action du fibrine-ferment sur le fibrinogène. Cette diastasc provient de l’action des sels de calcium