ACTION DE LA PAPAÏNE
Comme la digestion pepsique, la digestion trypsique peut être suivie par la titration des acides aminés au moyen de la méthode de Sôrensen (§ 319).
427. — Il faut remarquer que les préparations commerciales de pancréas possèdent presque toujours, à côté de Faction protéolytique, une forte action amylolytique. On essaie leur activité à ce point de vue en mélangeant une solution de 0»'',01 de pancréatine dans 10 centimètres cubes d’eau à 00 centimètres cubes d’empois d’amidon à 6 ‘’/o l’efroidi vers 55° et maintenant à cette température. L’empois est rapidement liquéfié et le liquide ne tarde pas à devenir fortement réducteur. On pourra vérifier la formation du maltose et de la (lextrine comme au § 410.
Action de la papaïne sur les substances protéiques du sérum
428. — La papaïne possède une action digestive qui croit rapidement avec la température jusque vers 90° ; il en résulte que si on chauffe à 100° une matière protéique, en présence de papaïne, la digestion peut se produire pendant le temps nécessaire à élever la température du liquide jusqu’à ébullition.
Dans deux tubes à essai, on verse 2 centimètres cubes d'une solution de papaïne à 5 ; l'un de ces
tubes est porté à 100° avec son contenu, pendant deux niimites.
On ajoute alors dans les deux tubes 10 centimètres cubes deséruni/ra«6’de cheval, on mélange etonplonge
IIYDROLASES
dans l’eau d’un bain-marie que l’on chauffe jusqu’à l’ébullilion ; on maintient jusqu’à ce qu’un thermomètre, placé dans le tube contenant la papaïne non bouillie, marque 98-99". On relire alors les deux lubes : l’un est plein d’un liquide un peu trouble, l’aulre(celui qui contenait la diastase bouillie) est coagulé. Si on fdtre le contenu des tubes, on voit que le dernier laisse passer un liquide très pauvre en substances protéiques : il n’y a pas eu digestion.
Celui qui a été soumis à l’action de la diastase active fournit, au contraire, un liquide qui donne les réactions des albumoses; il ne reste pas de coagulurn sur le liltre, tant la digestion a été rapide et complète.
La papaïne du commerce perdant assez rapidement son activité, on ne doit faire usage que de préparations récentes.
Étude de l’uréase végétale
429. — On peut extraire une uréase très active de certaines graines et en particulier de celle de soja (Glycine hispida). Les graines broyées dans un moulin sont dégraissées et simplement mises à macérer avec de l’eau.
On prend 10 grammes de graine de soja que l’on écrase dans un mortier ou que l’on broie dans un moulin à café, et on les fait macérer pendant une demi-heure dans l’éther de pétrole. On décante avec soin tout l’éther, on le remplace par du dissolvant neuf, et on fait de nouveau macérer pendant une demi-heure. Après cinq à six opérations semblables, les matières
ÉTUDE DE l’uRÉASE VÉGÉTALE 33o
grasses sont enlevées. On essore la farine entre deux feuilles de papier à fdtrer et on sèche à l’étuve à 35“ pendant une ou deux heures.
La poudre obtenue est alors mise à macérer pendant 4 à 6 heures avec 5 fois son poids d’eau, en agitant de temps à autre. On Filtre ou on essore à la trompe, et on obtient un liquide limpide qui est très riche en uréase.
430. — Pour apprécier l’activité de ce liquide, on verse dans 6 tubes à essai 10 centimètres cubes de solution d’urée N/5 (soit à 1,2 ‘7o), et on ajoute dans les cini[ premiers 1 centimètre cube de solution diastasique, le dernier recevant le même volume de solution préalablement portée à l’ébullition. On abandonne à la température ordinaire (20-25“). Après des temps déterminés, 5, 10, 15, 20, 25 minutes, on retire successivement les tubes et on verse dans chacun d’eux 2 centimètres cubes d’acide sulfurique normal; on porte à l’ébullition pour chasser le gaz carbonique, et on ramène à la neutralité par la soude décime, en présence d’orangé. On peut ainsi facilement mesurer la quantité d’ammoniaque formée aux dépens de l’urée.