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CHAPITRE XVIII

OXYDASES

Préparation d’une solution de laccase

431. — On peut oldenir facilement une solution de laccase très active en faisant macérer dans la glycérine certains champignons, appartenant surtout aux genres Russule et Lactaire. On peut aussi, faute de mieux, utiliser le champignon de couche, dont on prendra seulement la moitié inférieure du pied.

Les champignons riches en laccase se reconnaissent aisément : lorsqu’on les brise et que l’on verse une goutte de teinture de gaïac (') sur la section fraîche, on voit apparaître immédiatement une coloration bleue intense.

Pour obtenir la macération glycérinée, on coupe en (*)

(*) La teinture de gaïac se prépare en faisant dissoudre à chaud î) grammes de résine de gaïac dans 60 à ÏO centimètres cubes d'alcool à 96°, filtrant et ajoutant 30 centimètres cubes d’eau environ. Cette préparation doit être faite au moment du besoin; en effet la teinture de gaïac se peroxyde avec le temps, de telle sorte qu'elle fournit alors avec, l’eau une émulsion qui peut se colorer en bleu par la peroxydiastase, sans qu'il soit nécessaire d'ajouter de l’eau oxygénée. C’est là une cause d'erreur à éviter.

RÉACTIONS COLORÉES OE LA LACCASE fragments ces champignons soigneusement debarrassés de leur couche superficielle et on les introduit dans un llacon à large ouverture avec deux fois leur poids de glycérine à 30“ B. On bouche et on conserve la macération à l’obscurité pendant quelques jours.

Il suffit de filtrer, au moment de l’usage, la quantité désirée de liquide. L’activité de celui-ci s atténue assez rapidement après filtration ; elle persiste longtemps sans altération, si le liquide est conservé au contact du champignon.

Réactions colorées de la laccase

432. — La laccase agit sur un certain nombre de polyphénols, au contact de l’oxygène, et les transforme en produits de nature quinonique. Les phénols sont d’autant plus attaquables qu’ils peuvent fournir des quinones avec plus de facilité; les dérivés para (hydroquinone) sont les plus oxydables, puis viennent les ortho (gaïacol, pyrogallol) ; les méta sont à peine attaquables. Les corps dans lesquels les oxhydriles phénoliques sont remplacés, en tout ou en partie, par des groupements NfP se comportent de la même manière.

433. — Certains composés sont oxydés avec une très grande rapidité ; de ce nombre sont l’acide gaïaconiquc de la résine de gaïac et le gaïacol, qui donnent, le premier un dérivé d’un beau bleu, le second, de la tétragaïacoquinone colorée en rouge grenat. Pour faire l’expérience, on verse O'"'-*, 5 de solution de laccase dans fpiatre tubes à essai et on éteud avec 2 centimètres

OXYDASES

cubes d’eau. Ou porte à l’ébullilion le contenu de deux de ces lulies, qui serviront de témoins. On verse alors dans un tube bouilli et dans un tube non bouilli lOcentimètres cubes d’eau et 1 centimètre cube de teinture fraîche de gaïac et on mélange : le tube bouilli reste blanc laiteux, l’autre se colore peu à peu en bleu indigo.

Dans les deux autres tubes, on verse 10 centimètres cubes de solution de gaïacol à 1 *'/„ : le témoin (bouilli) reste incolore ; l’autre se colore peu è peu en rose, puis en rouge foncé, par suite de la formation de tétragaïacoquinone qui se précipite finalement sous forme d’une poudre cristalline.

434. — L'hydroquinone et le pyrogallol sont également transformés par lalaccaseen produits d’oxydation bien définis; l’hydroquinone donne delà quinone qui se combine avec le phénol en excès pour donner de la quinhydrone peu soluble, se précipitant en lamelles à rellets mordorés, tandis que le pyrogallol fournit de la purpurogalline sous forme d’une poudre jaune brun très peu soluble.

On peut produire ces dérivés en plaçant dans un tube à essai 10 centimètres cubes d’une solution d’hydroquinone à 2 "/o ou de pyrogallol à 1 et ajoutant de macération glycérinée de champignons. Il se produit rapidement une coloration jaune; après quebjues heures, la précipitation de la quinhydrone ou de la purpurogalline est commencée.

On vérifiera que la purpurogalline donne avec l’eau une solufion colorée en jaune, prenant par addition d’ammoniaque une belle teinte bleu foncé.

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