‹ Guide pour les manipulations de chimie biologiqueChapitre 108 sur 133 · ACTION DES ACIDES SUR LA LACCASE · texte numérisé non relu

ACTION DES ACIDES SUR LA LACCASE

Action des acides sur la laccase

435. — Au point de vue de leur action sur la laccase, les acides peuvent se ranger en deux groupes ; les uns entravent ou paralysent son action, même à des doses extrêmement faibles (sulfurique, chlorhydrique, acétique, oxalique, etc.) ; ce sont tous ceux qui ont une réaction acide à l’hélianthine. Les autres sont presque sans action, même à dose élevée; ce sont ceux qui n’influencent pas cet indicateur (acides carbonique, borique, auxquels il faut ajouter des sels acides comme le phosphate monopotassique, le citrate bisodique, etc.).

Les acides actifs vis-à-vis de la laccase possèdent la même activité en solution équimoléculaire.

436. — On versera dans une série de tubes à essai 10 centimètres cubes d’une solution de gaïacol à 1 "/n 6t on ajoutera dans trois tubes respectivement 1, 2,3 gouttes d’acide sulfuriijue N/20. Un quatrième recevra 10 gouttes d’une solution contenant 10 de phosphate monopotassique et 10 ‘'/o <le phosphate bipotassique, un cinquième, resté sans addition, sert pour la comparaison. On verse finalement dans chacun de ces cinq tubes 0‘“'^,1 d’une solution de laccase extraite du latex de l’arbre à laque à 2,5 "/oi ef on mélange. On voit la coloration rouge apparaître au bout de cinq à dix minutes dans le tube 4, contenant les phosphates, et dans le tube 3, resté sans addition d’aucune sorte. Elle n’apparaît que beaucoup plus lard dans le tube 1, oas du tout dans les tubes 2 et 3.

OXYDASES

Si on examine au papier de tournesol la réaction de ces deux tubes, on voit qu’ils ne paraissent pas acides au tournesol ; en ajoutant ù leur contenu 10 gouttes de la solution des phosphates, qui rougit fortement le tournesol, on voit l’action de la laccase reparaître; la coloration rouge se produit bientôt, parce que l’acide libre a été remplacé par du phosphate acide qui ne . gêne pas.

437. — L’expérience est bien moins nette en présence de certains sels, par exemple lorsqu’on utilise la macération glycérinée de champignons comme source de laccase. 11 faut alors augmenter beaucoup la dose d’acide pour empêcher l’action oxydasique.

On fera l’expérience comme plus haut, avec cinq tubes contenant lü centimètres cubes degaïacol à 1 “/o. mais on ajoutera respectivement 1, 2, 3 gouttes d’acide sulfurique normal (et non N/20) aux tubes 1, 2, 3. La macération glycérinée de champignons sera filtrée au moment de l’emploi ; il suffira d’en ajouter 4 gouttes à chacun des tubes.

Comme plus haut, on peut faire apparaître la coloration rouge dans les tubes additionnés d’acide sulfurique libre en y versant 10 gouttes de la solution des phosphates.

Préparation de la tyrosinase du son

438. — Le. son de froment contient de la tyrosinase, mais non de la laccase. On peut en retirer facilement la diastase oxydante.

On fait macérer une partie de son avec quatre parties

ACTION DË La TYROSINASË SUR LA TYROSINE 34l

d’eau saturée de chloroforme, dans un flacon plein et bien bouché. Après quatre à cinq heures de contact, on passe à travers une toile et on exprime le résidu à la presse. Le liquide centrifugé et clair est précipité par trois fois son volume d’alcool à 96°. Le précipité, recueilli par centrifugation, est lavé avec un peu d’alcool à 80", puis délayé dans un peu d’eau. Une certaine quantité de matières protéiques, coagulées par l’alcool, ne se redissolvent pas. On centrifuge de nouveau, et on précipite la solution diastasique par trois à quatre volumes d’alcool. Le précipité est recueilli et desséché dans le vide, sur l’acide sulfurique.

Ce précipité est entièrement soluble dans l’eau ; la solution ne colore pas l’émulsion de résine de gaïac ni la solution de gaïacol, mais en revanche elle donne avec les solutions de tyrosine, en présence de l’air, une série de colorations, rose, rouge, brun et noir.

Action de la tyrosinase sur la tyrosine

439. — On peut étudier l’action delà tyrosinase, soit en partant des préparations extraites du son de froment, soit en utilisant la macération glycérinée de certains champignons (Russules en particulier), qui est très riche en tyrosinase, comme le montre l’expérience suivante. On place dans quatre tubes 10 centimèti es cubes d une solution saturée à froid de tyrosine, et on y ajoute respectivement 0'-“3 i • et

0 ^,4 de macération glycérinée. Au bout d’un temps variable (noter sa durée), une coloration rose apparaît dans les tubes ; ce temps est inversement proportionnel

OXYDASES

aux quaiililés de diaslase ajoutées. Après quelques moments, la coloration passe au rouge ; plusieurs heures après, on trouve la surface du liquide colorée en noir, le fond étant rouge ; l’oxydation est donc d’autant plus grande que les couches sont plus superficielles.

On fera un témoin en portant à l’ébullition dans un cinquième tube 0'="‘^,5 de macération glycérinée avec 2 centimètres cubes d’eau, puis ajoutant .'j à 10 centimètres cubes de solution de tyrosine; il ne se produit aucune coloration dans ce tube.

La tyrosinase peut également oxyder un certain nombre de monophénols, comme le phénol ordinaire, le paracrésol, et divers aminophénols.

Distinction des peptones pepsique et trypsique par la tyrosinase

440. — On peut distinguer les peptones obtenues par faction de la pepsine de celles qui résultent de faction de la trypsine par la coloration qu’elles fournissent lorsqu'on additionne leur solution aqueuse de tyrosinase (Harlay).

Les premières donnent une coloration rouge devenant verte après queb[ue temps, les secondes une coloration rouge passant au brun, puis au noir, au bout de quelques heures. Le licpdde doit être parfaitement neutralisé avant l’addition de la diastase, sinon les colorations indiquées ne se produisent pas.

Les peptones trypsi(iues donnent, île plus, avec feau de brome, la réaction du tryptopbane.

Page 1