DOUBLE COLORATION
bleu de méthylène, de manière à colorer les bactéries; après environ une minute de contact, on lave à l’eau, on sèche et on examine au microscope. Les microbes apparaissent en bleu, les spores doivent être colorées en rouge vif.
471. — Un dernier exemple est fourni parla méthode de coloration universellement connue sous le nom de méthode de Gi’am. Lorsque l’on traite par une solution d’iode dans l’iodure de potassium une préparation fixée et colorée (avec un dérivé de la pararosaniline) de certaines bactéries, on observe que cette préparation ne se décolore plus par l’alcool absolu (bactéries prenant le Gram) ; avec d’autres espèces microbiennes, au contraire, la décoloration peut être obtenue par l’alcool, après traitement à l’iode (microbes ne prenant pas le Gram).
Cette méthode est très employée par les bactériologistes, parce qu’elle leur fournit un élément commode pour différencier les espèces.
Lorsqu’il s’agit d’un mélange d’espèces qui prennent le Gram (levure de bière, Saccharomyces vini, Bacühis subtilii\ etc.) avec des microbes qui ne le prennent pas (ferment acétique, etc.), on peut, après avoir décoloré ces derniers par la méthode de Gram, les teindre à l’aide d’une autre couleur ; on a ainsi une double coloration qui facilite la recherche.
On peut étudier cette méthode sur le mélange de ferment acétique et de Saccharomyces vini qui se forme le plus souvent à la surface du vin abandonné à l’air libre.
Pour cela, on délaie un petit fragment du voile cou-
NOTIONS OE TECHNIOUE MICRODIOEOGIQUE
tenanl ces microbes dans une goulle d’eau déposée sur une lame de verre ; ou laisse sécher, on fixe à l’alcool absolu, pendant deux à trois minutes, puis on colore par du violet de gentiane aniliné (') pendant trois à quatre minutes. On jette l’excès de colorant et, sans laver à l’eau, on couvre la préparation de liquide de Gram (solution contenant 1 grammed’iode etSgrammes d’iodure de potassium pour 300 centimètres cubes d’eau) que l’on fait agir environ deux minutes On lave alors la préparation, qui a pris une teinte brune mordorée, avec de l’alcool absolu, tant que ce liquide se colore^ on sèche et on examine au microscope. Le S. vini est coloré en violet foncé, le ferment acétique n’est pas coloré.
On peut alors teindre ce dernier en rouge en faisant agir sur la préparation la solution aqueuse saturée de fuchsine, pendant vingt à trente secondes ; on lave à l’eau, puis on fait sécher et on examine.
472. — La méthode primitive de Gram a été modifiée par -Nicolle de la manière suivante : on emploie pour la coloration une solution phéniijiiée de violet de
(>) Pour obtenir ce colorant, qui doit être préparé extemporanément, on ajoute à tO centimètres cubes de solution aqueuse saturée d’aniline, un volume de solution alcoolique saturée de violel de gentiane suffisant (1 centimètre cube environ) pour les colorer en violet foncé et opaque; on s'aperçoit que la quantité de colorant est assez grande lorsqu'il se forme à la surface une mince pellicule irisée.
Le violet commercial renferme toujours une certaine quantité de dextrine insoluble dans I alcool; la solution alcoolique saturée contient donc un excès de matière non dissoute et doit être fdtrée au moment de l'emploi.
DOUBLE COLOBATION
gentiane (préparée comme la fuchsine de Ziehl, § 470), que l’on fait agir quatre à six secondes seulement; on recouvre ensuite de solution iodo-iodurée (à 1 gramme d'iode et 2 grammes d'iodure pour 200 centimètres cubes d’eau) que l’on renouvelle deux à trois fois, et qui doit rester en contact avec la préparation pendant quatre à six secondes; enfin on verse goutte à goutte un mélange de 5 parties d’alcool absolu avec 1 partie d’acétone, tant que ce mélange s’écoule coloré. On lave à l’eau, on sèche et on examine. Le procédé de Nicolle est plus rapide, mais d’une exécution un peu plus délicate que la méthode primitive.
CIIAPITUE XXI
ÉTUDE DES PRINCIPALES FERMENTATIONS
Fermentation alcoolique
473. — La levure se développe de préférence dans les milieux sucrés conlenant des substances minérales el azotées convenables, de réaction neutre ou faiblement acide. Elle fait subir au sucre la fermentation alcoolique, suivant l’équation :
C6IIi20« = 2CQ2 -f 2C2I1-ÎOH.
Le saccharose est d’abord hydrolysé sous l'influence de la sucrase de lalevure; il en estde même du maltose sous l’action de la maltase.
L’alcool et le gaz carbonique formés sont accompagnés de petites quantités de glycérine et d’acide succinique.
474. — On prépare pour la levure un milieu de culture sucré avec :
Eau de levure (ou eau de touraillons). . 200‘‘“3
Saccliarose 20s''
On dissout et on stérilise à l’auloclavc à 115® pendant quinze minute.s.