Il est préférable, lorsque l'on veut éviter
toute indécision, de distiller le liquide de culture en présence d'un peu de magnésie récemment calcinée; on recueille la solution ammoniacale qui passe à la distillation dans un tube contenant -i à 5 gouttes d’acide sulfurique à 10 ; le liquide obtenu est essayé avec
les réactifs indiqués ci-dessus.
Dosage de l’ammoniaque
533. — Dosage de T ammoniaque dans une fermentation. On opère de même lorsqu’il s’agit de doser l’ammoniaque dans un milieu de culture, tel que l’iirine qui a subi la fermentation ammoniacale (§ 484). Comme l’urée résiduelle est fortement attaquée par les alcalis, on opère la distillation en présence de magnésie, qui n’agit pas sur l’urée aux températures inférieures à 00“ et n’exerce à 100® qu’une très faible action, proportionnelle à la durée du chauirage (Berthelotet André).
534. — On verse dans le ballon de l'appareil d'Aubin (§ 39) 5 centimètres cubes d’urine, on ajoute 130 à 200 centimètres cubes d’eau distillée, puis (|iiclques
DOSAGE DE l’aMMONIAQUE ^31
grammes de magnésie récemment calcinée, en poudre fine, et on fait bouillir. L’ammoniaque qui distille est titrée par l’acide sulfurique N/o en présence d’orangé.
Pour tenir compte de la faible quantité d’ammoniaque provenant de l’hydrolyse de l’urée en présence de magnésie, on arrête la distillation lorsque la quantité d’ammoniaque qui passe est très faible et proportionnelle au temps, puis on note la durée d’ébullition de la solution contenant l’urée (3/4 d’heure environ).
On verse alors dans le ballon de l’appareil un volume d’eau égal à celui qui a passé à la distillation, de manière à ramener à la même concentration ; on recommence celle-ci en faisant bouillir pendant un temps égal à celui de la première opération. La quantité d’ammoniaque qui passe, déterminée par titrage, correspond à l’hydrolyse de l’urée dans les conditions de l’expéiience; il suffit de la déduire du chiftVe trouvé lors de la distillation préliminaire pour effectuer la correction.
535. Lorsqu’on veut avoir des résullals absolument précis, on opère la distillation en présence de magnésie, dans le vide, à une température inférieure à SO". On adapte à l’appareil d’Aubin un flacon contenant une qviantité connue, en excès, d’acide sulfurique titré, qui absorbe l’ammoniaque. Il ne reste plus ensuite qu’à doser l’acide en excès.
536. — Dosage deVammoinaqueet des acides aminés dans l'urine. Lorsqu’on veut doser rapidement et d’une façon approximative l’ammoniaque contenu dans l’urine, on peut se contenter (}e Iq méthode suivante.
PRINCIPAUX PRODUITS DR FKRMENTATION
suffisanlc pour les essais cliniques (Ronclièse). Il ne faut pas oublier qu’elle donne, en môme temps que l’ammoniaque, les acides aminés dont la teneur n’est pas tout à fait néglig-eable dans certaines urines pathologiques.
537. — On verse dans un verre 10 centimètres cubes d’urineexactementmesurés et on ajoute 100 centimètres cubes d’eau distillée bouillie, puis quelques gouttes de solution alcoolique de phénolphtaléine. On verse alors, au moyen d’une pipette, de la soude décime jusqu’à apparition d’une teinte rose, de façon à neutraliser. Le liquide est additionné de 20 centimètres cubes de solution commerciale d’aldéhyde formique à 40 préalablement étendus d’un égal volume d’eau et neutralisés exactement, puis on ajoute de la soude décime jusqu’à coloration rose.
Dans la réaction de l’aldéhyde formique sur les sels ammoniacaux, l’ammoniaque est fixée à l’état d'hexaméthylènetétramine et les acides sont mis en liberté.
Le volume n de soude décime employé correspond donc à l’ammoniaque présente. Par suite du retard exercé sur le virage de la phtaléine, lors de la neutrali- .sation de l’urine en présence des sels ammoniacaux, le chitTre trouvé doit être augmenté de 1/30 de sa valeur (Ronclièse). La quantité d’ammoniaque jiar litre d’urine est donc :
RECHERCHE DE l’iNDOL
Recherche de l’indol
538. — Un certain nombre de microbes de la putréfaction, le colibacille, le vibrion cholérique, etc., sont capables de produire de l’indol en quantité appréciable.
La présence de ce corps peut être soupçonnée lorsque les cultures dégagent l’odeur caractéristique de l’indol (odeur de carie dentaire); on confirmera cette présence à l’aide des réactions suivantes.
539. — A 10 centimètres cubes de milieu de culture, on ajoute 1 centimètre, cube d’une solution de nitrite de sodium à 1/10.000, puis, avec précaution, en agitant, 20 à 2S gouttes d'acide sulfurique concentré. 11 se fait une coloration rose ou rouge due au nitroso-indol. Celte coloration est plus ou moins masquée par la teinte du liquide; on peut la rendre plus nette en agitant avec 2 centimètres cubes d’alcool amylique qui rassemble la matière colorante et vient former à la surface une couche teintée de rouge.
Lorsque le milieu de culture renferme des traces de nitrates, ceux-ci peuvent être réduits à l’état de nitrites, en môme temps qu’il se fait de l’indol ; c’est le cas du vibrion cholérique.
11 suffit alors d’ajouter au milieu de culture de l’acide sulfurique pour voir apparaître la coloration rouge caractéristiciLie (réaction dite du rouge de choléra).
540. — Lorsqu’il n’y a que des^ traces d’indol, on pourra sé[)arer ce corps en utilisant sa propriété d’être enlraînable par un courant de vapeur d’eau.
434 PRINCIPAUX PRODUITS DE l'EHMENTATION
On nliliseradanscc buLTappareil du 183. Le liquide étudié élanl rendu légèrement acide par addition d’un peu d’acide chlorhydrique, on l’introduit dans le petit ballon D et on distille. Le liquide recueilli peut renfermer, à côté de l’indol, du scatol, des phénols, des acides gras, etc. ün l’alcalinise légèrement avec de la soude, puis on l’introduit de nouveau dans le ballon et on distille encoi’e une fois. L’indol peut être caractérisé dans le liquide obtenu au moyen du p-diméthylaminobenzaldéhydefP. Ehrlich.) Pour cela, on ajoute à lücentimètres cubes de liquide 8 à 10 gouttes de solution alcoolique à 5 de ce réactif, puis, goutte à goutte, de l’acide sulfurique concentré (1 centimètre cube environ). Il se produit une belle coloration rose. On peut aussi faire couler l’acide au fond du tube, au moyen d’un tube de verre effilé ; il se forme à la surface de séparation des deux liquides un anneau rouge violacé.
541. — L’indol donne avec le p-naphloquinonemonosulfonatc de sodium, en milieu alcalin, un dérivé coloré en bleu foncé (Hertcr). Pour faire la réaction, on ajoute à 10 centimèlres cubes de solution très diluée d’indol 1 goutte de potasse à 10 puis 1 à 2 gouttes de naphtoquinone-sulfonale de sodium, en solution aqueuse à 2 H se développe peu à peu une coloration bleue ; le chaulfage favorise la réaction. En agitant le liquide avec 1 à 2 centimètres cubes de chloroforme, celui-ci se colore en rouge, tandis que la couche aqueuse se décolore.
11 faut éviter un excès d'alccol, qiu, au lieu d'une coloralion bleue, ferait apparaître une teinte verdâtre.
RECHERCHE DU SCATOL
Recherche du scatol
542. — Le scalol accompagne très souvent l'indol clans les putréfactions. 11 possède l’ocleur des matières fécales. Comme l’indol, il est facilemententraîné par la vapeur d’eau.
Le scatol se distingue de l’indol parce c|u’il ne donne pas décoloration avec l’acide sulfuricjue et le nitrite de sodium.
543. — Traité par le p-diméthylaminobenzaldéhyde en solution à 5 dans l’alcool et l’acide sulfuric|ue, dans les conditions indi([uées au §540, le scatol donne une coloration violette c]ui vire au bleu après (|uebiue temps.
544. — Si on ajoute à cjuebpies centimètres cubes de solution de scatol 1 goutte de potasse à 10 ‘’/q, puis 1 à 2 gouttes de solution de naplitocjuinone-monosulfonate de sodium à 2 •'/y, le licjuide se colore en orangé, devenant plus intense par chauffage. Le cbloroformc, agité avec ce licjuide, reste incolore.