CARACTÈRES DES DIVERS AMIDONS
naître la place du hile dans le cas où celui-ci n'apparaît pas à l’examen microscopique en lumière ordinaire.
128. — Action de la chaleur. On chauffe la préparation microscopique au-dessus d’une petite flamme sans atteindre la température de l’ébullition. On remplace, s’il est nécessaire, l’eau qui s’évapore en ajoutant avec une pipette, sur le bord de la lamelle, une goutte d’eau, qui pénètre par capillarité entre la lame et la lamelle. Lorsque la température atteint 70 à 80", selon l’espèce d’amidon, les grains se gonflent fortement et se transforment en empois. En chauffant avec précaution et en suivant l’action de la chaleur au microscope, on aperçoit souvent, au début, les couches d’accroissement d’une manière plus nette que sur le grain cru.
129. — Action des reactifs. Potasse. Les alcalis caustiques gonflent le grain d’amidon et le transforment en empois dès la température ordinaire. On observe très bien ce phénomène au microscope en plaçant une goutte de potasse au bord de la préparation, en contact avec la lamelle et en examinant la pénétration de l’alcali. Le phénomène de gonflement rappelle tout à fait celui qui a lieu sous l’influence de la chaleur.
130. — Action de l'iode. L’iode donne avec l’amidon une coloration bleue intense, assez caractéristique (').
(') Il existe à l’état dissous dans la saponaire et plusieurs autres plantes un glucoside, la saponarine, qui donne également avec l’iode une coloration bleue intense. L’amyloïde de certains tissus animaux (foie, rate, etc.) donne aussi celte coloration d’une manière plus ou moins nette.
POLYSACCHARIDES ÉLEVÉS
Pour observer celte réaction, on ajoute sur le bord de la préparation une goutte de solution d’iodure de potassium iodé, ou bien on examine l’amidon dans l’eau iodée au lieu d’eau ordinaire. La coloration n’est d’un beau bleu que s’il y a très peu d'iode ; avec une plus grande quantité de réactif, les grains paraissent d’un bleu presque noir ou môme bruns. En chauffant la préparation, les grains se gonllent, la coloration bleue s’éclaircit, puis disparaît. Par refroidissement, cette coloration réapparaît, maisnon, bien entendu, la forme des grains d’amidon.
Saccharification de l’amidon par l’acide chlorhydrique
131. — Préparation de l'empois d'amidon. Peser 3 grammes de fécule de pommes de terre et les délayer dans 20-25 centimètres cubes d’eau, dans un verre à pied, en agitant bien. Chauffer à l’ébullition dans un matras 125-130 centimètres cubes d’eau et y verser, en agitant sans cesse, la suspension précédente d’amidon, de manière à avoir en tout 150 centimètres cubes.
132. — Saccharification de l'empois. Ajouter alors à cet empois 3 centimètres cubes exactement d’acide chlorhydrique concentré à 22" B., bien remuer et porter à l’ébullition. Prélever aussitôt I centimètre cube de liquide que l’on verse dans un lube à es.sai contenant 10 centimètres cubes d’eau; ajouter 2 à 3 gouttes d’une solution d’iode (') : il apparaît une belle colora-
(') On prépare la solution d iode en broyant dans un mortier
SACCHARIFICATION DE l’aMIDON
lion bleue due à la formation d’iodure d’amidon. Toutes les trois à quatre minutes, on prélève dans le ballon 1 centimètre cube de liquide que l’on traite de même par la solution d’iode. On obtient ainsi une série de teintes ; bleu, violet, rouge violacé, rouge clair, acajou et marron clair. Lorsque le liquide ne se colore plus par l’iode, ce qui a lieu après vingt-cinq à trente minutes environ, on arrête l’ébullition et on vérifie que le liquide réduit fortement la liqueur de Fehling. L’amidou a été transformé par l’acide en dextrine, puis en glucose ;
+ nlFO = nC6IIi20G.
On voit, d’après cette équation, que 162 grammes d’amidon donnent 180 grammes de glucose, ou, ce qui revient au même, que 9 parties d’amidon donnent 10 parties desucre réducteur. On peut se baser sur cette transformation pour doser l’amidon ; toutefois on n’obtient un résultat quantitatif que si l’on opère la saccharification à l’autoclave ou si l’on fait bouillir assez longtemps.
Extraction et caractères du glycogène
133. — Extraction d.n glycogène des mollusques. L’hépatopancréas de la moule, de l’huître, delà coque, etc., est extrêmement riche en glycogène. Pour extraire ce
\ gramme d iode avec 2 grammes d'iodiire de potassium et 2 à 3 centimètres oubes d eau; on dilue peu à peu, en agitant, et on amène le volume à 100 centimètres cubes avec de l’eau distillée.
POLYSACCHARIDES ÉLEVÉS
dernier, on commence par broyer le corps du mollusque à l’aide d’un hache-viande ; on prend 30 grammes, par exemple, de la pulpe obtenue que l’on chauffe avec un poids égal de lessive de potasse très concentrée (faite avec 60 grammes de potasse en plaques pour 40 centimètres cubes d’eau), dans une petite capsule de porcelaine, jusqu’à dissolution totale du tissu (quarantecinq minutes à une heure). Pendant ce chauffage, on remplace au furet à mesure l’eau qui s’évapore. On ajoute ensuite SO centimètres cubes d’eau et on filtre sur un tampon d’amiante, en repassant sur le filtre les premières parties. On ajoute à 50 centimètres cubes du liquide filtré 25 centimètres cubes d’alcool à 93“ (soit un demi-volume). Le précipité blanc jaunâtre de glycogène se rassemble; on décante sur un petit filtre sans plis le liquide surnageant, on lave le précipité avec 10-15 centimètres cubes d’alcool au tiers, et on le jette sur le filtre. Celui-ci est bien égoutté et essoré entre des doubles de papier à filtrer.
134. — Lorsqu’on veut simplement étudier les caractères du glycogène, on peut se contenter de redissoudre le précipité dans un peu d’eau tiède, ce qui donne une solution opalescente, que l’on neutralise par l’acide acétique. Une goutte de solution d’iode donne une coloration rouge acajou; le liquide, additionné de2à 3gouttes d’acide chlorhydrique et porté à l’ébullition pendant quelques minutes, réduit la liqueur de Fehling, par suite de la transformation du glycogène en glucose.
135. — Centrijugaiion. Comme les filtrations cidessus sont toujours assez difficiles, il e^ préférable
CENTRIFUGATION
de cenlrifuger. A cel efïet, on verse les liquides à éclaircir dans l’un des vases en verre du centrifugeur, on place ce vase dans son étui mélallique, et on porte le tout sur le plateau d’une balance Roberval; sur l’autre plateau, on place un second tube avec son étui métallique et on y verse de l’eau ou du liquide, de façon à obtenir exactement l’équilibre des poids. Il ne reste plus qu’à disposer la paire de tubes aux deux extrémités d’un même diamètre de la centrifugeuse et à mettre la machine en marche. La centrifugeuse doit être mise en mouvement très progressivement et maintenue en bon état de graissage. Lorsque les tubes ont tourné pendant un temps suffisant, de quelques minutes à un quart d’heure ou même davantage, suivant la nature du liquide et la vitesse de l’appareil, on arrête le moteur. Le précipité doit être nettement séparé du liquide et réuni au fond du tube en une masse assez compacte pour que la partie surnageante puisse être décantée entièrement. On peut effectuer un lavage du précipité en délayant celui-ci, dans le tube même, avec un agitateur, puis on ajoute un peu d’eau et on continue à délayer en évitant les grumeaux, enfin on dilue le tout d’un volume d’eau convenable (par exemple jusqu’à la moitié du tube) et on centrifuge à nouveau.
(Juand le liquide à centrifuger est trop volumineux pour être contenu dans un seul tube ou même dans la série des tubes de la centrifugeuse, on peut, après une première centrifugation, remplacer le liquide décanté par du liquide trouble sans enlever le précipité, ce qui simplifie l’opération.
D’une manière générale, la centrifugation est toujours plus rapide que la filtration et conduit à une
POLYSACCHAHIDES Él.EVÉS
séparation beaucoup plus parfaite du li(juide et du précipité. En raison de ces avantages, l’emploi de la centrifugeuse tend à remplacer de plus en plus la filtration.
136. — Recherche du ijlycog'ene dans le foie de lapin. Un foie de lapin, extirpé aussitôt après la mort de l’animal, est divisé rapidement. On en prélève 20 grammes que l’on fait bouillir avec 20 centimètres cubes de solution concentrée de potasse, comme plus haut. La préparation est d’ailleurs continuée comme pour l’extraction du glycogène de l’hépatopancréasdes mollusques.
On peut doser le glycogène, comme l’amidon, en faisant bouillir avec de l’acide chlorhydrique au 1/20 et en déterminant la quantité de glucose formée.
137. — Purification du glycogène. Lorsejue l’on veut purifier le glycogène provenant soit des mollusques, soit du foie, on le redissout dans le plus petit volume possible d’eau chaude (à 60-60°), on refroidit et on ajoute, pour 100 centimètres cubes de solution, 10 grammes d’iodure de potassium cristallisé et o centimètres cubes de lessive de potasse fi 60 "/o- Après avoir mélangé, on précipite le glycogène par addition de 50 centimètres cubes d’alcool à 9f)®. Le précipité est essoré, lavé avec un mélange de 50 centimètres cubes d’alcool, 100 centimètres cubes d’eau, 5 centimètres cubes de lessive de potasse à 60 “/„ et 10 grammes d’iodure de potassium, puis essoré complètement. On redissoul dans l’eau, on neutralise par l’acide acétique, on reprécipite par l’alcool, puis on essore. On lave successivement à l’alcool à 60°, à 75°, à 00°, et on finit par
llYDROLYSli DL; l’iVOIRE VÉGÉTAL 127
un lavage à l’alcool à 96°. On fait sécher la poudre blanche dans l’exsiccaleur à acide sulfurique, à la lempérature ordinaire.
138, Recherche du glycogène dans la levure. Une culture de levure dans du moût de bière, âgée de vingt-quatre à quarante-huit heures, renferme des cellules riches en glycogène; si on examine une goutte de culture au microscope et que l’on fasse tomber au bord de la lamelle une goutte de solution d’iode, celle-ci diffuse dans le liquide et, au bout de quelques instants, on voit le,contenu des cellules se colorer plus ou moins en rouge brun, par suite de la présence du glycogène.
Hydrolyse de l’ivoire végétal
139. — L’amande de Phytelephas macrocarpa (palmier), provenant d’Amérique et utilisée sous le nom d’ivoire végétal ou corrozo, est formée presque exclusivement de mannocellulose. Par ébullition avec les acides étendus, cette substance se transforme en mannose ; elle s'hydrolyse moins facilement, toutefois, que l’amidon et le glycogène.
Pour opérer cette transformation, on fait bouillir O grammes de sciure de corrozo avec 50 centimètres cubes d’une solution au 1 '20 d’acide chlorhydrique (à 22“ B.), dans un petit ballon muni d’un réfrigérant ascendant et disposé sous la botte. Après une à deux heures au moins d’ébullition, on caractérise et on sépare le mannose formé à l’état de mannose-bydrazone.
POLYSACCHARIDES ÉLEVÉS
Pour cela, on neutralise exactement avec de la soude le liquide filtré et refroidi et on y ajoute 1 à 2 grammes de phénylhydrazine préalablement dissoute dans cinq lois son poids d’acide acéticiue à 20 "/o. Par l’agitation, la mannose-hydrazone ne tarde pas à cristalliser. (Poulies caractères, voir§ 91.)
Caractères des gommes solubles
140. — Les gommes solubles, telles que la gomme arabique et la gomme de cerisier, sont formées principalement de polysaccharides élevés (arabanes, galactanes).
Leur solution aqueuse est plus ou moins épaisse; elle ne se colore pas par l’iode et précipite en gros flocons blancs par l’alcool ou l’acétate de plomb. Si on l’additionne de 5 •’/o d’acide chlorhydrique et que l’on fasse bouillir, on obtient un mélange de sucres réducteurs, parmi lesquels se trouvent principalement l’arabinose et le galactose.
Par oxydation nitrique, les gommes donnent facilement naissance à de l’acide mucique, qui est souvent mélangé d’une petite quantité d’oxalate de calcium, dont on jieut le séparer par dissolution dans l’ammoniaque (voir § 101).
Dissolution de la cellulose
141. — On étudiera les caractères de la cellulose sur du papier Berzélius ou sur du coton hydrophile.