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CHAPITRE VI

GLÜGOSIDES

Préparation de l’amygdaline

148. — L’amygdaline est un glucoside conlenu dans les cotylédons de l’amande amère, de l’abricol, de la pèche, etc. On l’extrait habituellement des amandes amères.

Oncommence par décortiquer 100 grammes d’amandes en les plongeant pendant une à deux minutes dans l’eau bouillante et les pressant ensuite entre les doigts. On les coupe alors en fragments que l’on fait tomber dans 100 centimètres cubes d’alcool à 90", contenus dans un ballon et portés à l’ébullition sur le bain-marie. Cette opération a pour but de détruire la diastase qui pourrait sans cela décomposer partiellement le glucoside. On bouche le l:allon avec un bouchon de liège portant un long tube de verre (|ui sert de réfrigérant et on maintient une douce él)ullition pendant dix minutes, afin de dissoudre l'amygdaline. On décante l’alcool, on fait tomber les amandes sur une toile et on les exprime fortement à la main.

La masse est remise dans le ballon avec Sü cenli-

PRÉPAHATION DE l’aMYGDALINE

mètres cubes d’alcool à 90“ et épuisée de nouveau par chauffage à l’ébullition, pendant dix minutes. On décante l’alcool et on exprime le résidu.

Les liquides alcooliques réunis, rendus troubles parune certaine quantité d’huile qui s’est dissoute pendant le chauffage, sont refroidis complètement. On les passe à travers un filtre à plis mouillé au préalable, afin de retenir l’huile, et on les recueille dans un ballon de 500 centimètres cubes. On distille ensuite dans le vide.

149. — Distillation dans le vide. Pour effectuer cette opération, on ferme le ballon B(') avec un bouchon de caoutchouc portant un gros tube de verre M muni d’une tubulure latérale qui est reliée à un réfrigérant R. Tous les joints doivent être faits avec des bouchons ou des tubes de caoutchouc. A sa partie supérieure, le tube M porte un bouchon traversé par un tube de verre étroit, dont la pointe effilée pénètre dans le ballon jusqu’à un demi-centimètre du fond. Ce tube est muni d’un morceau de caoutchouc à vide que l’on peut boucher au moyen d’une courte baguette de verre ; il permet une très légère rentrée d’air dans le ballon, ce qui facilite l’ébullition. Le réfrigérant porte à sa partie inférieure un tube à entonnoir coudé T, adapté sur une fiole conique tubulée F, en verre épais, de 3ü0 à iOO centimètres cubes de capacilé [fig. 20).

L’appareil étant moulé, le ballon disposé dans le (*)

(*) On doit choisir un hallon d’épaisseur bien régulière et ne jamais utiliser, pour distiller dans le vide, des matras à fond plat dont la résistance est insullisaute.

GLUCOSIDES

bain-marie qui servira à le cliauffer, on relie la tubulure de la fiole F à la trompe au moyen d’un tube de caoutchouc épais, et on fait le vide. On vérifie que les joints tiennent bien en interrompant après quelque temps la communication avec la trompe et examinant le manomètre; le niveau du mercure dans celui-ci ne doit pas varier sensiblementpcndant quelques minutes.

On procède alors à la distillation. Pour cela, le vide étant fait aussi complètement que possible, on chauiïe doucement le bain-marie et on fait passer l’eau dans le réfri^éi’ant. Lorsque la distillation commence, il s’élève souvent une mousse abondante ; celle-ci disparait, en général, assez rapidement, et la distillation se poursuit d’une manière régulière. Si la mousse menaçait de passer dans le réfrigérant, on pourrait la faire tomber au moyen d’une très légère rentrée d’air par le tube effilé, combinée au besoin avec le refroidissement du bain-marie.

DÉDOUBLEMENT DE l’aRBUTINE

Enfin, si ces moyens ne suffisaient pas, on pourrait introduire cjuelques gouttes d’huile, avec une pipette, par le tube effilé.

Oiiand la distillation est terminée, on laisse rentrer l'air en retirant la baguette de verre qui ferme le tube effilé, on ferme le robinet de la trompe, et on détache le ballon de l’appareil.

150. — Cristallisation de Vamygdaline. Le sirop qui reste au fond du ballon est agité avec 10 centimètres cubes d’éther, pour enlever l’huile restante ; on décante la solution éihérée, le sirop visqueux restant dans le ballon, et on répète ce lavage deux ou trois fois.. La cristallisation commence souvent pendant cette opération. Sans s’en préoccuper, on fait couler le sirop dans une capsule de porcelaine, on rince le ballon avec quelques centimètres cubes d’alcool chaud qu’on ajoute au sirop, et on abandonne au frais pendant quelques jours. L’amygdaline cristallise.

Pour la purifier, on délaie la masse dans un peu d’éther et on l’essore à la trompe, sur une plaque de porcelaine (voir § 124). Finalement, on lave encore avec un peu d’éther, on essore et on fait sécher à la température ordinaire.

Dédoublement de l’arbutine

151. — L ’arbutine se dédouble par hydrolyse eu une molécule de glucose et une molécule d’hydroquinone :

(;i2|pf.07 p ipo = c«Hi206 + C6H-’ (011)2.

GLUCOSIDES

On effectuera ce dédoublement en chauffant au l)ainmarie, dans un tube à essai, de glucoside avec

5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 3 pendant une heure.

152. — Extraction de l'hydroquinone. Le diphénol formé peut être extrait au moyen de l’éther. Pour cela, on refroidit, on verse dans une petite houle à décantation, et on agite le liquide avec 10 centimètres cubes d’éther. En laissant reposer un instant, les deux liquides se séparent; la couche inférieure est une solution acide de glucose, la couche surnageante une solution éthérée d'hydroquinone. En manœuvrant le robinet avec précaution, on décante la solution sucrée dans le tube à essai, et la solution éthérée dans une capside en verre à parois verticales. Pour extraire la totalité de l’hydroquinone, dont une petite partie est restée dans le liquide aqueux, on épuise celui-ci une seconde fois avec la même quantité d’éther. On réunit le deuxième extrait éthéré au premier.

On fait évaporer l’éther à la température ordinaire ou sur un bain-marie légèrement chauffé (ne pas oublier que les vapeurs d’éther sont /rés inflammables); l’hydroquinone cristallise en longues aiguilles blanches. On peut la caractériser en la dissolvant dans 1 centimètre cube d’eau et ajoutant goutte à goutte une solution étendue de chlorure ferrique. Il se produit une coloration rose, à laquelle succède un précipité de quinliydrone, formé de lamelles cristallines vert foncé è rellets métalliques. On perçoit en môme temps une odeur caractéristique de quinonc. Un excès de chlorure ferrique ne donnerait que de la quinone.

DÉDOUBLEMENT DE l’aRBUTINE

153. — On peut caractériser, d’autre part, le glucose dans la solution aqueuse à l’état de glucosazone. Pour cela, on ajoute à 10 centimètres cubes de cette solution d’acétate de sodium et quelques gouttes de phén}’lhydrazine, puis on chaulTe au bain-marie. Après une demi-heure environ, on voit déjà apparaître les premiers cristaux d’osazone. (Pour les caractères de celle-ci, voir § 93.)

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