RÉACTIONS DE LA GLYCÉRINE
l’exlrémiLé de reffilure, on atlend* que la solidification soit totale (souvent plusieurs heures), et on procède comme ci-dessus.
Réactions de la glycérine
206. — Formation de l'acroléine. Placer dans un tube à essai une pincée de bisulfate de potassium pulvérisé et y laisser tomber une goutte de glycérine CbaulTer jusqu’à formation de fumées blanches. On perçoit l’odeur irritante de l'acroléine (porter aussitôt le tube sous une hotte).
Les vapeurs réduisent le nitrate d’argent ammoniacal ('). Pour le constater, on trempe l’extrémité d’un agitateur dans le réactif et on l’introduit dans l’axe du tube. Une coloration noire indique la mise en liberté de l’argent réduit. Cette réduction étant favorisée par l’élévation de température, on chauffera le réactif à l’ébullition avant d’en garnir l’agitateur.
207. — Réaction de la glycérine avec le horax. La solution de borax, très légèrement alcaline au tournesol, devient nettement acide lorsqu’on y ajoute de la glycérine (^), par formation d’un glycéroborate, sel qui
(') Le nilrale d’argent ammoniacal se prépare en mélangeant volume à volume des solutions de nitrate d’argent (à 1 ou 2 d’ammoniaque concentrée cl de lessive de soude.
(2) Les sucres réducleurs et les marmites donnent la même réaction. Si l’on voulait rechercher plus exactement la glycérine, il faudrait d’abord la séparer en mettant à proüt la propriété qu’elle possède d’être cnlrainable par distillation avec la vapeur d’eau.
MATIÈUES GRASSES ET GLYCÉRINE
jouit en outre de la propriété de colorer en vert la flamme incolore du bec Bunsen.
Pour efl'ectuer cette dernière réaction, on plonge l’extrémité, façonnée en boucle, d'un fil de platine (ou d’un fil de fer) dans la glycérine; on prélève ensuite une petite quantité de borax en poutlre, en louchant légèrement la surface de ce sel avec la boucle, et on porte dans le voisinage de la flamme, vers la base de celle-ci.
208. — Réactions colorées de la glycérine. La glycérine, oxydée par l’eau de brome, fournit un mélange de produits réducteurs qui possèdent des réactions colorées caractéristiques (Denigès).
Pour les obtenir, on verse dans un tube à essai 1 centimètre cube d’une solution de glycérine à o "/o et 10 centimètres cubes d’eau de brome faite avec 3 centimètres cubes de brome pour 1 litre d’eau. On place au bain-marie bouillant pendant vingt minutes, puis on fait bouillir jusqu’à disparition complète du brome en excès et on laisse refroidir.
Dans un tube à essai, on verse du liquide obtenu ; on ajoute 2 à -4 gouttes d’une solution alcoolique de codéine à o *7tn puis 2 centimèlre.s cubes d’acide sulfurique concentré et on [ilace pendant deux ou trois minutes au bain-marie bouillanl : il se produit une belle coloration bleu verdAlre.
Si on o[)ère de môme sur un second essai, mais en remplaçant la solution de codéine par une solution alcoolique de résorcine à 3 '*/,,, on a aussitôt, sans cliaufler, une coloration inlense rouge vin.
DÉTERMINATIOIN DE l’iNDICE DE SAPONIFICATION 179
209. — Recherche de la glycérine dans le vin. On peut appliquer ces réactions à la recherche de la glycérine dans le vin. On défèque 10 centimètres cubes de vin par addition de 1 centimètre cube de sous-acétate de plomb, on filtre et on agite le liquide Oltré avec un peu de sulfate de sodium en poudre, afin de précipiter le plomb en excès. On filtre à nouveau et on chauffe 1 centimètre cube du liquide avec 10 centimètres cubes d’eau de brome, comme précédemment. On fait ensuite les réactions indiquées, soit avec la codéine, soit avec la résorcine.
On peut aussi opérer avec le vin non déféqué au préalable. Pour cela, on évapore au bain-marie 1 centimètre cube de vin jusqu’à consistance de sirop, on délaie le résidu dans 5 centimètres cubes d’eau de brome saturée, et on termine comme plus haut. 11 faut employer ici une solution plus riche en brome, une partie de celui-ci servant à précipiter les substances tanniques contenues dans le vin.
Détermination de l’indice de saponification
210. — On appelle indice de saponification (ou indice (le Küttstorfer) d’une n-iatière grasse le poids de potasse IvOlI, exprimé en. milligrammes, nécessaire pour saturer les acides gras de 1 gramme de matière grasse.
Pour déterminer cet indice, on verse dans une fiole conique de loO centimètres cubes, exactement tarée, environ centimètres cubes à d’huile
(ricin, olive, etc.) ou de matière grasse fondue (beurre, suif, etc.) et on détermine exactement le jioids p de
MATIERES GRASSES ET GLYCERINE
matière grasse ajoutée. On ajoute ensuite 25 centimètres cubes d’une solution de potasse alcoolique à peu près normale ('). On ferme avec un verre de montre et on abandonne à 90“ sur le bain-marie bouillant pendant vingt minutes en agitant fréquemment (s’assurer que toute la matière grasse a disparu, par addition d’un peu d'eau, qui ne doit déterminer aucun trouble). On laisse refroidir, on ajoute une goutte de phtaléine et on titre avec l’acide sulfurique normal jusqu’à disparition de la teinte rouge. On opère de même avec 25 centimètres cubes de la solution alcoolique de potasse ; par différence on a le nombre de centimètres cubes d’acide normal correspondant aux acides gras. Ce nombre n donne l’indice cherché au moyen de la formule suivante :
Détermination de l’indice d’iode
211. — Les acides gras non saturés (tels que l’acide oléique) et les glycérides correspondants, peuvent fixer autant de molécules d’iode qu’ils ont de doubles liaisons. On appelle indice d’iode (ou indice de Hübl), le nombre de grammes du métalloïde absorbé par 100 grammes de matière grasse.
Pour déterminer cet indice, on pèse au milligramme.
(') Pour préparer celle solulion, on dissoul 70 grammes de pelasse en pleines dans 20 à 30 cenliinèlres cubes d’eau cliaude, on i-efroidil et on complète à 1 litre avec de l’alcool à 96*. On décante dès que le liquide s’est éclairci.
DÉTERMINATION DE l’iNDICE d’iODE
dans un verre de montre, 0^'',3 environ d huile ou d’acides gras siccatifs, ôu 0^‘‘,5 environ s il s agit de produits non siccatifs. On fait passer la matière pesée dans un flacon d’un demi-litre, bouché à l’émeri, en la dissolvant dans 15 à 20 centimètres cubes de chloroforme, on verse la même quantité de chloroforme dans un flacon témoin d’égale capacité, puis on ajoute dans chaque flacon 20 centimètres cubes exactement mesurés de solution d’iode (^) (à 5 dans l’alcool à 95“) et 20 centimètres cubes de solution de chlorure mercurique (à 6 *’/q dans l’alcool à 95").
On bouche les flacons et, après avoir agité, on abandonne au repos pendant deux heures. Après ce temps, on introduit dans chaque flacon 25 centimètres cubes de solution d’iodure de potassium à 20 ”/q ; on agite pendant une à deux minutes, puis on titre l’excès d’iode par l’hyposulfite de sodium N/5 (-). On verse d’abord celui-ci jusqu’à disparition presque complète de la teinte jaune, puis on continue, avec précaution, en agitant bien après addition de chaque goutte, jusqu’à décoloration complète.
(') La solution d'iode doit être préparée à froid. F^onr obtenir une dissolution rapide du métalloïde, on enferme celui-ci dans un petit sachet en étamine que l’on suspend à l’aide d’un fil serré entre le col et le bouchon du flacon, de manière que l’iode soit maintenu à la partie supérieure du liquide.
(2) Pour préparer la solution titrée d'hyposulfite de sodium, on peut SC contenter de peser exactement 49«'',6 de ce sel, bien cristallisé et sec, que l’on dissout dans un peu d’eau froide. Un amène la solution au volume de 1 litre dans une fiole jaugée. La formule du sel est S^O-'^Xa^ -f Sll^O, et le poids moléculaire 248. On a donc ainsi une solution exactement N/5.
L’byposulfite pour photographie, cristallisé en petits prismes,, d’aspect analogue au sucre cristallisé, convient parfaitement.
MATIKHES GRASSES ET GLYCÉRINE
La diflVM'cnce entre les volumes v et v' (rhyposullile employés clans le (lacon témoin et dans celui cjui contenait la matière grasse, exprimée en centimètres cubes et multipliée par 0-'',0127, représente la cjuanlité d’iode fixé par l'essai. Si p est le poids de celui-ci en grammes, l’indice d’iode sera donné par la formule :
~ ^ X 0,0127 X iOO.
Dosage de la matière grasse contenue dans une graine
212. — Qu’il s’agisse d’une graine contenant une notable quantité d’huile, comme le colza, l’œillette, l’aracbide, le ricin, l’amande, ou de beurre, comme le cacao, le laurier, la muscade, ou bien encore d’une graine pauvre en matière grasse, comme le café, le maïs, etc., on opère exactement de la môme manière.
La graine est broyée dans un moulin ; on en prélève un échantillon de 1 à 10 grammes que l’on sèche à l’étuve dans une petite capsule. Après une ou deux heures de séjour à 105-110®, on fait tomber l’échantillon dans une petite allonge de verre dont la douille est garnie d’un tampon d’ouate hydrophile. On lave la capsule à deux ou trois reprises avec de l’éther, du sulfure de carbone, de l’éther de pétrole ou du chloroforme, que l’on verse ensuite dans l’allonge pour é|)uiser la graine. On continue l’épuisement jusqu’à ce .qu’une petite quantité (1 centimètre cube environ) du liquide qui s’écoule de l’allonge, évaporée dans un
dosage du beurde dans le lait
verre de montre, ne laisse plus de résidu. On distille alors la solution au bain-marie pour chasser le dissolvant, en opérant dans une capsule tarée à parois verticales. Lorsque le poids est devenu constant, on pèse la matière grasse restée dans la capsule et on rapporte à 100 grammes de graines.
Pour éviter les pertes dues au grimpage de la dissolution pendant l’évaporation au bain-marie, il faut employer des capsules dont la paroi verticale soit assez haute (2 à 3 centimètres). On active beaucoup l’évaporation en produisant un courant d’air à la surface du liquide. Un dispositif commode consiste à placer à peu de distance au-dessus de la surface un petit entonnoir dont la douille, dirigée vers le haut, est reliée à une trompe.
Dosage du beurre dans le lait
213. — On utilisera une méthode qui s’applique aussi bien au lait frais qu’à celui qui a subi la coagulation spontanée. Dans ce but on commence par ajouter à 10 grammes de lait('), pesés dans un récipient léger, en verre mince, assez d’une solution de soude à 1,5 *’/o pour redissoudre la caséine. La quantité employée aug-
(') Le lait conservé qneli(ues jours ou coagulé parüellemeul n’est plus homogène, la matière grasse s’étant prescpie entièrement séparée. On ne peut la remettre en suspension par simple agitation. Pour y parvenir, après avoii- redissous la caséine avec la sonde à 1,5 ®/o, on ajoute au lait un peu de saponine (de üs'',04 à 0*'',0o par litre), et on chauiïe quelques instants vers 40°. Il suffit alors d’agiter pour remettre la matière grasse en suspension homogène. (A. Frouin.)
MATiÈnES GRASSES ET GLYCÉRINE
menle nécessairement avec l’acidité. On transvase dans une ampoule à robinet, on rince le vase avec 5 à 10 centimètres cubes d’alcool à 96®, puis à deux reprises avec un môme volume d’éther, les liquides de lavage étant soigneusement recueillis dans l’ampoule. On bouche celle-ci, puis on agite doucemenl de manière à éviter l’émulsion. Les matières grasses passent dans l’élher; dès que la séparation est complète, on laisse écouler par le robinet la couche inférieure, qui contient la caséine. La solution éthérée est lavée avec quelques centimètres cubes d’eau, que l’on décante par le robinet et que l’on réunit à la caséine, puis vei'sée par le haut de l’ampoule dans une capsule tarée. On introduit à nouveau dans l'ampoule la solution alcaline de caséine, et on l’épuise avec 15 à 20 centimètres cubes d’éther, comme la première fois; on réunit la nouvelle solution éthérée à la première et on évapore jusqu’à poids constant, comme on l’a indiqué pour le dosage précédent.
La solution de caséine résiduelle peut être utilisée pour le dosage de la caséine du lait (voir ^ 357).
Dosage des matières grasses dans les tissus animaux
214. — On ne peut extraire la totalité des matières grasses contenues dans ces tissus par un simple épuisement. 11 faut au préalable dissocier la substance par l’action des alcalis (Kumagawa et Suto). Dans cette opération, les graisses et les éthers de la cholestérine sont saponifiés et on recueille un mélange d'acides