ESSENCES VÉGÉTALES ET TERPÈNES
Composés terpéniques et essences
220. — Les essences végétales sont des mélanges de plusieurs corps volatils, par conséquent entraînables par la vapeur d’eau, qui renferment généralement un terpène parmi leurs principes constituants. On peut y trouver, suivant les cas, des substances appartenant à des groupes très variés; par exemple des alcools, des phénols, des aldéhydes, etc. Ces essences sont presque toujours enfermées dans des glandes de dimensions relativement grandes, dont on aura un bon exemple en examinant une coupe mince d'écorce d’orange ou de citron.
Les essences laissent sur le papier une tache ayant l’apparence d’une tache d’huile, mais disparaissant par évaporation.
Les principaux terpènes en sont le pinène
(de l’essence de térébenthine) et le limonène ou ci Irène (de l’essence de citron, de bergamote, etc.). On peut également citer le phellandrène (essence de fenouil), et, parmi les sesquiterpènes, en le caryophyl-
lène (essence de girolle).
EXTRACTION d'uNE ESSENCE PAR DISTILLATION
Extraction d’une essence par distillation avec la vapeur d’eau
221. — Dans un grand ballon de 2 à 3 litres, on place la matière végétale dont on veut extraire l’essence (écorce de citron, graine d’anis, écorce de cannelle, feuilles d’eucalyptus ou de lavande, térébenthine, etc.), préalablement divisée, avec une quantité d’eau suffisante pour remplir le ballon au moins à moitié. On réunit le ballon à un réfrigérant ascendant de Schlœsing-Aubin, et l’on distille. Les premières parties du liquide condensé sont formées par de l’eau contenant en suspension des gouttelettes d’essence. On poursuit la distillation jusqu'à ce que ces gouttelettes, de moins en moins abondantes, aient complètement cessé d’apparaître. On abandonne le produit distillé dans un récipient bouché, pendant un à deux jours, et on isole par décantation l'essence qui s’est complètement .séparée. En soumettant à une nouvelle distillation dans l’appareil ci-dessus la couche d’eau qui accompagnait l’essence et qui est saturée de celle-ci, on peut encore obtenir la séparation d’une nouvelle quantité du produit volatil.
Réaction du pinène
222. — La plupart des terpènes, qui sont des corps non saturés, donnent avec le chlorure de nitrosyle un produit d’addition caractéristique. Avec le pinène de l’essence de térébenthine, on a :
Cioipc | NOCI = C't'H'e.NOCl.
ESSENCES VÉGÉTALES ET TEHl’ÈNES
üu mélange dans un gros lube à essai 3 cenliinèlres cubes d’essence de lérébenlhiiie, i cenlimèlres cubes de nilrile d’amyle eL 7 cenlimèlres cubes d'acide acélique crislallisable, el on plonge dans un mélange réfrigéranl de glace el de sel. Quand le mélange esl bien refroidi, on yajoule goulle à goulle, en agilantconlinuellemenl el faisanl refroidir de lemps en lemps, 7 cenlimèlres cubes d’un mélange à volumes égaux d’acide chlorhydrique concenlré el d’acide acélique crislallisable. Du liquide bleu verdâlre se sépare peu à peu une poudre crislalline blanche de nilrosochlorure que l’on peul recueillir à la Iroinpe el laver avec un peu d’alcool. Ce corps, dissous dans le chloroforme elreprécipilé de celle solulionpar l’alcool mé- Ihylique, fond à lü3“.
Dosage des éthers dans l’essence de lavande
223. — Un ccrlain nombre d’essences (lavande, bergamole, etc.) renferment des élhers-sels qui peuvent y être dosés par saponification, suivant une méthode tout à fait comparable à celle qui est en usage pour les corps gras (voir indice de saponification, § 172). A cause de la volalililé de l’essence, on opère le Irailemenl par la potasse dans un appareil muni d’un réfrigéranl ascendant.
224. — On introduit 4 cenlimèlres cubes d’essence de lavande, dont on détermine exactement le poids, dans un petit ballon de 100 cenlimèlres cubes, on ajoute 10 centimètres cubes de solution alcoolique de potasse à peu près normale, on adapte au col du ballon