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Les pigments biliaires donnent, sous l’ac

tion de l’acide nitrique contenant un peu d’acide nitreux, une série de colorationscaractérisliipies, se suc- i

cédant dans un ordre donné : c’est la réaction dite de :

Ciinelin. Pour l’obtenir, on verse dans un tube à essai ] 4 à 5 centimètres cubes d’acide nitrique concentré, à peine coloré en jaune, et on lait couler au-dessus, au ' moyen d’une pipette, en évitantle mélangeavec l’acide,

la solution des pigments biliaires. Au boutde quel(|ues instants, on voit au contact de l’acide un anneau coloré en jaune et en rouge; plus tard, on aperçoit une série d’anneaux superposés, colorés, de bas en liant, en rouge, violet, bleu et vert.

373. — Hammarsten a modifié cette réaction de la ; manière suivante ; on prépare un mélange de 1 centimètre cube d’acide nitrique concentré, 19 centimètres cubes d’acide chlorhydrique concentré et 60 centimètres cubes d’eau, et on abandonne ce mélange à la lumière pendant une semaine environ. Le liquide de- jp vient jaune clair et peut dès lors être employé. Dans

ce but, on le mélange avec quatre fois son volume d’alcool à 95", mais seulement au moment de l’emploi.

Si à 2 ou 3 centimètres cubes de ce mélange, contenu dans un tube à essai, on ajoute quelques gouttes de la solution des pigments biliaires, il se produit une belle coloration verte, qui persiste indéfiniment. En ajoutant à ce liquide vert des ipiantites croissantes du mélange alcool-acide, la teinte verte passe au bleu,

RECHERCHE DES PIGMENTS BILIAIRES DANS l’uRINE 293

puis au violet, au rouge et enfin au jaune. Chacune de ces teintes, une fois produite, se conserve indéfiniment. On pourra préparer la gamme de teintes dans une série de tubes, en partant du liquide vert, préalablement obtenu et réparti ensuite dans les tubes.

Recherche des pigments biliaires dans l’urine

374. — On verse 10 centimètres cubes d’urine dans un tube à essai, on ajoute 5 centimètres cubes d’une solution de chlorure de baryum à 10 “/o l’eau de

baryte en quantité suffisante pour rendre le mélange alcalin, puis on agite vivement. On jette sur un filtre, et on lave le précipité avec un peu d’eau distillée. On perce alors le liltre et on fait tomber le précipité dans un tube au moyen de 5 centimètres cubes d’alcool à 90® auxquels on ajoute 5 gouttes d’acide chlorhydrique à 22® B. On place le tube dans un bain-marie bouillant pendant une minute, puis on examine. Si l’urine contient des pigments biliaires, le liquide surnageant le précipité est coloré en vert plus ou moins foncé, selon la proportion de pigments. 11 peut se faire que l’on obtienne une coloration brune, non caractéristique ; dans ce cas, on ajoute au contenu du tube 2 gouttes d’eau oxygénée et on porte de nouveau au bain-marie; on voit alors apparaître la teinte verte, s’il s’agit des pigments biliaires.

On peut rendre fessai encore plus net, si on décante avec une pipette la solution alcooliijue verdâtre bien relroidie et si on la fait couler doucement, en évitant le mélange, au-dessus de4 à 5 centimètrescubes d’acide nitrique concentré, contenus dans un tube à essai. 11

PIGMENTS

se fait aussitôt une série d’anneaux colorés en rouge, violet, bleu et vert, comme au § 372.

Recherche de Purobiline dans l’urine

375. — L’urobiline est un pigment dérivé des colorants de la bile, qui se trouve dans l’urine en quantité variable. Il est caractérisé par sa propriété de donner avec les solutions alcooliques des sels de zinc une fluorescence verte.

376. — On peut opérer directement avec l’urine. On met dans un tube à essai environ 1 gramme d'acétate de zinc en poudre fine, 10 centimètres cubes d’alcool à 96“ et on agi te de façon à saturer l’alcool. On verse aloi’s 10 centimètres cubes de l’urine à essayer et on secoue à plusieurs reprises, puis on filtre et on laisse le liquide au repos. On essaie la fluorescence en éclairant le tube au moyen d’une source de lumière aussi intense (jue possible, puis on examine au spectroscope. En présence d’urobiline, le liquide prend une fluorescence verte, et il présente au spectroscope une bande d’absorption comprise entre les lignes E et F, soit entre les divisions 480 et 630 environ.

377. — On peut aussi utiliser le fait que l’urobiline n’est j)as précipitée par les sels de mercure. On prend 100 centimètres cubes d’urine, que l’on défèque avec 10 centimètres cubes de solution de sulfate mercurique, comme au § 120. Le liquide filtré est agité avec 10 centimètres cubes de chloroforme, dans une boule à décanter, et le chloroforme est filtré sur un petit filtre

RECHERCHE DES PIGMENTS DERIVES DE L INDOL 295

sec. On le recueille dans un lube à essai et on y ajoute le double de son volume d une solution d acetate de zinc à 0,1 ‘Vn dans l’alcool à 96°, en superposant les liquides, sans les mélanger. Il se fait à la surface de séparation, s’il y a de l’urobiline, un anneau coloré en vert; par agitation, le liquide prend une fluorescence verte.

Recherche des pigments dérivés de l’indol et du scatol dans l’urine

378. — L’urine renferme un dérivé del’indol capable de se transformer par oxydation en un pigment bleu soluble dans le chloroforme et dans l’alcool amylique. De plus, on y trouve un dérivé du scatol, se transformant par oxydation en un pigment rouge insoluble dans le chloroforme, mais soluble dans l’alcool amylique.

Pour isoler ces deux pigments, on opère de la manière suivante :

A 20 centimètres cubes d’urine on ajoute 2 centimètres cubes d’acétate basique de plomb, pour déféquer ; on filtre et on prélève 10 centimètres cubes du liquide filtré que l’on verse dans un tube à essai. On ajoute 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique pur à 22° B., puis 2 centimètres cubes de chloroforme; on agite et on laisse déposer. Si le chloroforme n’est jias coloré, on ajoute 2 gouttes d’eau oxygénée à 10 volumes étendue au 1/10, on secoue de nouveau, et on laisse déposer. Le chloroforme est alors coloré en bleu [)lus ou moins foncé, suivant la quantité d’iiidoxyle contenue dans l’urine.

PIGMENTS

379. — On (lécanle ce chloroforme complètement au moyen d’une pipette cpie l’on enfonce jusqu’au fond du tube, ou verse dans celui-ci 2 centimètres cubes de chloroforme neuf, et on agite à nouveau ; enfin, on décante complètement ce chloroforme, qui est à peine coloré en bleu pâle. Le liquide restant, débarrassé du pigment indoxylique,est alors agité avec 2 centimètres cubes d’alcool amylique ; après repos, ce dernier se sépare, coloré en rouge par le pigment dérivé du scatol.

Préparation de la solution de chlorophylle

380. — On peut obtenir facilement une solution de chlorophylle eu traitant des feuilles vertes, d’origine quelconque, par de l’alcool fort, pendant un temps suffisant; la dissolution se fait plus rapidement si on opère à chaud, au bain-marie.

Pour obtenir une solution très concentrée de chlorophylle, on fait bouillir au réfrigérant à reflux de l’alcool à 96“ avec des feuilles vertes (d’ortie, d’épinard, etc.); lorsque celles-ci sont épuisées, on décante l'alcool coloré eu vert sur de nouvelles feuilles, on fait bouillir à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce que la solution soit assez riche. 11 est préférable d’opérer avec des feuilles desséchées, de façon à éviter une dilution trop rapide de l’alcool, qui ne dissout plus de chlorophylle lorsqu’il est trop étendu.

La solution concentrée de chloro[)hylle est opaque, si on l’examine sous une épaisseur de 10 à 15 centimètres; elle est rouge par transparence sous une épaisseur moindre et d’un beau vert lorsqu’on l’examine sous une faible épaisseur.

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