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KXAMEN SPECTROSCOPIQUE DE LA CHLOROPHYLLE

Examen spectroscopique de la chlorophylle

381. — Une solution de chlorophylle assez concentrée, examinée au spectroscope, présente des bandes d’absorption plus ou moins intenses, de telle sorte qu'elle ne laisse passer la lumière que dans le vert

Fig. 40. — I, lîande d’absorption de la chlorophylle; II, Dédoublement sous l’action de la potasse.

moyen et l’extrême rouge. Si on la dilue de plus en plus avec de l’alcool fort, on voit les . bandes disparaître peu à peu, à rexcejition d’une bande noire, très nette et très foncée, située dans le rouge et dont l’axe est voisin de la longueur d’onde 660 [fig. 40, 1) ; cette dernière bande est encore perceptible dans des solutions très diluées de chlorophylle (jusqu’à 1/10.000).

Si on fait agir la potasse sur la solution de chlorophylle, on voit se manifester une flnorescence rouge très marquée, en même temps que la bande noire dont on vient de parler subit un dédoublement [irogressif ; le spectroscope montre alors deux bandes .séparées par une zone rouge assez étroite [fig. .40, 11). C’est là une

PIGMENTS

réaction très caractéristique de la chlorophylle, qui peut être utilisée pour la i-ccherche et l’identification de cette dernière. Elle est due à M. J. Chautard, qui l’a décrite en 1874, mais sans préciser nettement les conditions dans lesquelles on doit se placer pour l’obtenir.

Nous avons déterminé ces conditions, et on pourra, en suivant exactement les indications ci-jointes, reproduire facilement le phénomène.

382. — On prépare une solution de chlorophylle d’une concentration convenable, en traitant environ 0*''^25 de feuilles fraîches de gazon par 10 centimètres cubes d’alcool à 96“, dans un tube à essai. On bouche celui-ci avec un bouchon muni d’un long tube, qui sert de réfrigérant ascendant, et on chaulfe à une douce ébullition, au bain-marie, pendant vingt à trente minutes. Le liquide vert, décanté dans un tube à essai, monti’e une bande noire intense dans le rouge.

383. — On ajoute alors une quantité de potasse correspondant à 1/1.000 (soit 0'"'^,1 d’une solution alcoolique de potasse à 10 ‘’/o)) O” porte à l’ébullilion, quel’on maintient pendant une demi-minute. Si on examine à nouveau au spectroscope, on voit la bande noire se dédoubler peu à peu; lorsque les deux bandes, nettement séparées par une ligue rouge, ont atteint la môme intensité, ou peut arrêter la réaction en refroidissant rapidement le tube sous un courant d’eau. Si on laisse au contraire la réaction se continuer, on voit la bande située vers l’extrême rouge s’alTaiblir, tandis que l’autre devient plus large et plus foncée; au bout de quelques

PRODUITS DE DÉDOUBLEMENT DE l’iIÉMOGLOBINE 299

miniiLes, cette dernière bande seule persiste, de sorte que l’action de la potasse, à ce stade, correspond à un déplacementde la bande primitive du rou^e vers le jaune.

Lorsque l’on refroidit le tube au moment où les deux bandes ont leur maximum de netteté, elles persistent beaucoup plus longtemps. Si on ajoute au liquide qui présente ces deux bandes une quantité d’acide acétique suffisante pour le rendre nettement acide, les bandes se rapprochent et se fondent en une seule, moins nette et moins foncée que la bande primitive.

Produits de dédoublement et relations de l’hémoglobine et de la chlorophylle

384. — L’hémoglobine donne, par dédoublements successifs, l’iiématine, puis l’hématoporphyrine; ce dernier corps est un isomère de la bilirubine et possède les mômes réactions.

D’autre part, l’hématoporphyrine présente une parenté manifeste avec la phylloporphyrine provenant du dédoublement de la chlorophylle; par réduction, ces deux corps donnent naissance au même produit, l’hémopyrrol, qui établit ainsi le passage entre le pigment du sang des vertébrés et celui des feuilles vertes. Ces relations .sont résumées dans le tableau suivant :

Oxyhémoglobine ('liloropliylle

(jlol)ine Iléinatiiie Pliyllolaonine

Fer Hématoporphyrine — Phylloporphyrine

Mésoporpliyrine

lléinopyrrol

PIGMENTS

Extraction du carotène des feuilles vertes

385. — Le carotène est un carbure d’hydrogène, de couleur rouge orangé, qui existe dans les feuilles vertes à côté de la chlorophylle. On le trouve aussi dans la carotte, dans un grand nombre de fruits, dans l’enduit gras de certains pollens, etc.

Pour l’extraire, on prend des feuilles d’oseille ou de marronnier, par exemple, que l’on dispose dans un exsiccateur à acide sulfurique, en quantité convenable, de manière à ce que la dessiccation puisse se faire très rapidement. On fait le vide au moyen d’une bonne trompe ou mieux d’une pompe de Carré, et on ferme le robinet. Après 24 heures, la dessiccation doit être totale. On ouvre et on retire les feuilles, qui se pulvérisent facilement lorsqu’on les froisse entre les doigts.

On introduit cette poudre grossière dans un llacon à large ouverture, avec une quantité d’éther de pétrole suffisante pour la baigner largement, on bouche et on conserve deux à trois jours à l’obscurité. L’éther de pétrole ne dissout pas la chlorophylle, mais il extrait le carotène, en môme temps (jue des matières grasses et des cires, en se colorant en jaune. On décante le liquide jaune et on l’évapore à la ternpérature ordinaire, dans des cuvettes à photographie ou des capsules à bords verticaux.

L’extrait sec, coloré en jaune vif, peut servir à étudier les réactions du pigment. Ouand on le reprend par un très petit volume d’éther de pétrole, les matières grasses se dissolvent, et le carotène reste en partie sous forme de petits cristaux à refiets mordorés.

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