‹ Guide pratique à travers le vieux ParisChapitre 2 sur 8 · N@TE POUR LA DEUXIEME EDITION · texte numérisé non relu

N@TE POUR LA DEUXIEME EDITION

Les amateurs du Vieux Paris ayant accueilli avec une telle bienveillance, mon modeste ouvrage j'ai 'été amené à faire paraître de suite cette seconde édition, dans laquelle grâce à des concours éclairés j'ai pu introduire quelques modifications utiles. C'est un réel plaisir pour moi de remercier ici M. Ed. Beaurepaire, le savant bibliothécaire de la Bibliothèque Historique de la ville; — M. F. Bournon, l'érudit continuateur du docte abbé Lebeuf; — M. le vicomte de Grouchy, dont la compétence en la matière est connue de tous; — M. André Hallays, le brillant publiciste des Débats, que l'on trouve toujours au premier rang lorsqu'il s'agit de défendre nos beautés nationales; — M. Mareuse, le

très distingué secrétaire du Comité des Inscriptions Parisiennes; — M. Ch. Normand, le si actif et si dévoué Président de la Société des Amis des Monuments Parisiens; — M. Arthur Rhoné, que son érudition d'égyptologue n'a pas empêché d'être un fin et charmant connaisseur de Paris; — M. F. Sœhnée, le très aimable et très documenté archiviste-paléographe, — et tant d'autres qui ont bien voulu me donner des renseignements aussi intéressants que précieux.

Qu'il me soit permis de me réjouir personnellement, si j'ai pu contribuer pour ma très faible part à augmenter le nombre des admirateurs des anciennes demeures, car plus nous serons nombreux à connaître et à comprendre le Vieux Paris, plus nous serons forts pour le défendre contre le vandalisme bourgeois ou administratif.

Mars 1903.

Les Parisii étaient une petite tribu qui vint s'établir, cent ans environ avant l'ère chrétienne, sur les bords de la Seine, territoire qui leur fut cédé par les Sénonais. Ils installèrent leur oppidum dans la Cité, qui prit le nom de Lutèce, et ils luttèrent courageusement contre Labiénus, lieutenant de César. Cinquante ans avant J.-C, ils brûlèrent leur bourgade pour ne pas tomber sous la domination romaine, et leur vieux chef Camulken périt dans les plaines dé Villejuif. Ils se réunirent alors à l'armée gauloise de Yercingétorix et avec lui allèrent au secours de la ville d'Alise. Ecrasés par le nombre, ils durent se soumettre. Jules-César fit rebâtir Lutèce et en l'an 35 avant J.-C, réunit les Etats de la Gaule dans cette bourgade, réunion qui antérieurement se tenait à Chartres. Ce n'est qu'après le concile de 360 que le nom de Paris remplaça celui de Lutèce. Le plus ancien monument qui nous reste de l'occupation romaine est un autel du règne de Tibère (actuellement à Cluny), autel qui avait été élevé par les Nautes parisiens, origine de la Corporation des Marchands de l'eau, de la Hanse parisienne, de la Prévôté des Marchands, et enfin du Conseil municipal. Le blason de la Corporation des Marchands de l'eau est devenu celui de la Ville.

Il nous reste encore de cette époque le frigidarium du Palais des Thermes, construit en 306 par Constance Chlore et où Julien l'Apostat fit un long séjour, alors que le Palais de la

Cité était la demeure des magistrats romains défenseurs de la Cité : les Arènes, l'Aqueduc d'Arcùeil et des pierres funéraires, etc. (Musées Carnavalet et de Cluny). La rue St- Jacques actuelle a remplacé une ancienne voie romaine dallée qui s'appelait la Voie de la Loire et passait près du Palais impérial des Thermes et près du temple dédié à Mercure sur le mont Leucoticius (montagne Ste-Geneviève). La rue St-Denis a remplacé la voie du Nord, la rue St- Martin la voie de Germanie. Une voie de l'Est descendait vers le cours de la Marne, et la voie de la Mer passait à St-Denis et Pontoise.

Les Romains occupèrent la Gaule jusqu'en 476, puis ce furent les Yisigoths et les Burgundes, puis les Francs. Le christianisme y fut implanté vers l'an 250 par St Denis. Clovis s'empara de Paris en 486 et construisit l'église Saint- Pierre-et-St-Paul à la place du Temple de Mercure. Après la mort de Ste Geneviève, qui avait sauvé Paris de la fureur des Huns en 451, cette église prit le nom de Ste- Geneviève, patronne de Paris. Paris devint capitale en 508.

La ville, loin de s'accroître, resta stationnaire sous les rois mérovingiens et carlovingiens, qui habitèrent peu Paris, gouverné par les évêques. En 543, Childebert fonda l'abbaye qui devint St-Germain-des-Prés. Les Normands saccagèrent à trois reprises les faubourgs, et une épouvantable famine fut le résultat de ces incursions incessantes. Les hommes déterraient les cadavres dans les cimetières et les mères égorgeaient leurs enfants pour les dévorer. Aux invasions continuelles, aux inondations, à la famine, au mal des ardents, à la lèpre, se joignait la terreur de l'approche de l'an 1000 et les ixe et xe siècles furent des époques de terribles calamités. Le séjour habituel des rois de France à Paris date de Hugues Capet. Il habita le Palais de la Cité où avait déjà habité son oncle Eudes, comte de Paris. Paris recommença alors à reprendre son essor.

A partir de cette époque nous indiquerons simplement par ordre chronologique et d'une façon très sommaire la construction des principaux monuments ou édifices, ne pouvant écrire l'histoire de Paris, qui est l'histoire de la France entière.

Robert le Pieux (996-1031). — Agrandit le Palais de la Cité et construisit la Chambre de la Conciergerie.

Henri Ier et Philippe Ier. — Rétablissement du Prieuré de St-Martin-des-Champs. Achèvement de St-Germainl'Auxerrois, commencé par Chilpéric, et construction de plusieurs églises.

Louis VI, dit le Gros (1108-1137). — Décide que Paris sera entouré de fortifications (2e enceinte) pour remplacer celles des Romains, qui défendaient seulement la Cité. Tour St-Jacques. Grand et Petit Châtelct.

Louis VII le Jeune (1137-1180). — Fondation de Notre- Dame. Etablissement des Templiers. Hôpital St-Gervais. Les Sts-Innocents. Le Collège de Danemark.

Philippe-Auguste (1180-1223). — Continuation de Notre- Dame. Le vieux château du Louvre avec sa tour. Les écoles deviennent Université. La Hanse parisienne remplace la Corporation des Marchands de l'eau. 3e enceinte de Paris. Création des Halles. Création des Ribauds, sergents d'armes chargés de la garde du roi.

Louis IX (St Louis) (1226-1270). — Ste-Chapelle. Fondation de la Sorbonne. Nombreux collèges : Bernardins, Prémontrés, de Cluny, etc. Hospice des Quinze-Vingts. Nombreuses congrégations : Grands Augustins, les Blancs Manteaux, les Grands Carmes, les Béguines, etc. Organisation régulière du Guet et création de la Prévôté des Marchands. Paris avait alors 120 000 habitants et en 1300 il y avait 300 rues.

Rien d'intéressant sous les règnes des derniers Capétiens au point de vue de la transformation de Paris.

Jean II le Bon (1350-1364). — Le Prévôt des Marchands Etienne Marcel commence la 4e enceinte sur la rive droite. Le parlouër aux bourgeois, qui se tenait jadis dans la Maison de la Marchandise (quai de la Mégisserie) et plus tard à l'encoignure de la rue Soufïlot et de la rue Victor-Cousin, est transféré en 1357 dans la Maison aux Pilliers (Hôtel de Ville), place de Grève.

Charles V (1364-1380). — Renforcement de la 4e enceinte par la Bastille. Modifications et agrandissements du Louvre. Commencement des égouts. Pavage des rues, qui avait été décidé par Philippe-Auguste. Hôtels Barbette, de Sens, de Nevers, de Bourgogne (dont il reste la tour, qui date de 1405), Hôtel St-Paul, qui devient le séjour royal. Les rois de

France, après le Palais de la Cité, habitèrent cet hôtel, puis celui des Tournelles, avant de s'installer au Louvre. Le Palais des Tournelles fut construit en 1390.

Sous Charles VI et Charles YII Paris souffrit de la révolte des Maillotins, des factions des Armagnacs et des Bourguignons, de la peste, de la guerre avec les Anglais.

Louis XI. — Première imprimerie établie à Paris.

Charles VIII. — Achèvement du bel hôtel Cluny (1490).

François Ier (1515-1547). — Fondation du Collège de France. Hôtel de Ville, commencé en 1533. Commencement du Louvre actuel. Assainissement de Paris, qui compte 300 000 habitants.

Henri II (1547-1559). — Termine le vieux Louvre. Première pierre de St-Eustache.

Henri IV (1589-1610). — Établissement de la Samaritaine pour distribuer les eaux dans Paris. Les Tuileries, fondéespar Catherine de Médicis. Le Pont-Neuf, quiavaitété commencé sous Henri III. Achèvement de l'Hôtel de Ville. Création de la place Royale, de la place Dauphine.

Louis XIII -1610-1643). — Palais Mazariu. Palais du Luxembourg. Palais Royal. St-Roch. N.-D. des Victoires. Le Val-de-Gràce. Achèvement de St-Eustache (moins le portail). Pont Marie. — Pont de la Tournelle. — Pont Rouge. Hôpital de la Pitié. Achèvement du Cours-la-Reine. Fondation du Jardin des Plantes, de l'Académie française, de l'Imprimerie royale. Cinquième enceinte de Paris. L'île St-Louis se couvre de maisons. Le nombre des rues était de 413 en 1636.

Louis XIV (1643-1715). — Places des Victoires, Vendôme, du Carrousel. Arc de triomphe des portes St-Martin et St-Denis, sur les anciennes fortifications démolies et transformées en boulevards. Colonnade du Louvre. La Salpêtrière. Les Gobelins. Le Pont Royal. Plantation des Champs- Elysées. Achèvement des Tuileries. Jardin des Tuileries. Eclairage des rues (500). Création d'un lieutenant de police. Hôtels : Carnavalet,. Lamoignon, Soubise, de La Vrillière. La noblesse quitte le Marais pour le faubourg St-Germain. Paris est divisé en 70 quartiers.

Louis XV '1715-1774). — St-Sulpice. École militaire. Garde-Meuble (aujourd'hui Ministère de la Marine). Place

Louis XV (Concorde). Eglise Ste-Geneviève (Panthéon). Les Invalides. Halle aux blés. Collège Mazarin (Institut). Palais- Bourbon. Plaques en fer-blanc indiquant le nom des rues( 1728).

Louis XVI (1774-1792). — Sixième enceinte de Paris, terminée en 1797, sous le Directoire. Hôpital Beaujon. Ecole de Médecine. Ecole des Ponts et Chaussées. Hospice des Jeunes Aveugles. Théâtre Français. Opéra (Salle Le Pelletier). Construction des hôtels du faubourg St-Honoré.

La Révolution démolit les églises, mutila les monuments, séquestra les hôtels.

Napoléon Ier. — Arc de Triomphe du Carrousel. Colonne Vendôme. Façade du Corps législatif. Commencement de l'Arc de Triomphe de l'Etoile. La Bourse. Ponts d'Austerlitz, d'Iéna, des Arts, de la Cité ; les autres furent débarrassés des maisons. 60 rues nouvelles. Création de nombreux marchés. Construction de quais (d'Orsay, de Billy, du Louvre, Montebello, de la Tournelle). Cimetières de l'Est et du Nord. Numérotage des maisons (1806), opération commencée sans succès dès 1728. Etablissement des trottoirs pour remplacer les anciennes bornes, et suppression des ruisseaux au milieu des rues.

Restauration. — Chapelle expiatoire. N.-D. de Bonne- Nouvelle. N.-D. de Lorette. St-Yincent-de-Paul. Ponts des Invalides, de l'Archevêché, d'Arcole. Canaux St-Denis et St-Martin. 55 rues nouvelles. Eclairage au gaz. Omnibus. La première entreprise des voitures publiques date de 1645 et l'idée en est due à Pascal; mais, après plusieurs tentatives, ce n'est qu'en 1828 que le service fut organisé régulièrement par un arrêté de M. de Belleyme, préfet de police. — L'entrepreneur Sauvage s'était établi en 1645 à l'hôtel qui portait l'enseigne du Grand St Fiacre, d'où le nom de fiacre donné aux véhicules publics.

Louis-Philippe (1830-1848). — Achèvement de la Madeleine et de l'Arc de Triomphe. Erection de l'Obélisque. Colonne de Juillet. Ponts Louis-Philippe et du Carrousel. Palais du quai d'Orsay. Agrandissement du Palais de Justice. Restauration de Notre-Dame et de la Ste-Chapelle. Fontaines : Louvois,Cuvier, St-Sulpice, Gaillon, Molière. Ouverture des musées de Cluny et des Thermes. Chemins de fer. Enceinte de Paris dite de MVfhiers. En 1843 il y avait 1100 rues.

Napoléon III (1852-1870). — Embellissements de Paris. Exécution du plan Haussmaun. 22 nouveaux boulevards ou avenues : rues Lafayette, du Quatre-Septembre, de ïurbigo ; boulevard St-Germain; rues des Ecoles, de Rivoli. Quartier des Champs-Elysées avec les avenues Friedland, Hoche, Kléber, Marceau, de l'Impératrice. Nombreux squares. Une partie du Nouveau Louvre. St-Augustin. La Trinité. St-Àmbroise. Achèvement de Ste-Clotilde. Théâtres du Châtelet, Lyrique, du Vaudeville. Tribunal de commerce. Hôtel- Dieu. Casernes. Halles centrales. Achèvement de l'hôpita La Riboisière. Fontaine St-Michel. Ponts de Solférino, de l'Aima, le pont au Change. En 1861, la population était de 1667 841 habitants.

La Commune. — Brûla les Tuileries, le ministère des Finances, la bibliothèque du Louvre, l'Hôtel de Ville, le Palais de la Légion d'honneur, le Palais du quai d'Orsay, les théâtres Lyrique, du Chàtelet, de la Porte-St-Martin, etc.

La République. — Reconstruction des édifices brûlés par la Commune. Avenue de l'Opéra. Opéra. Rues Etienne- Marcel, Réaumur. Avenue de la République, etc. En 1892 il y avait 4 090 rues. En 1902 il y en a 4 261 (en comprenant les passages). L'Exposition de 1878 nous a laissé le Trocadéro, celle de 1889 la Tour Eiffel, celle de 1900 les deux Palais des Champs-Elysées et le pont Alexandre-III.

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