GHAP. II. NOMINATION ET DIRECTION DES CONSULS
Que se propose-t-on en réclamant pour le minklère de Tagriculture et du commerce le droit de correspondre avec les consuls, et de leur donner directement des instructions pour tout ce qui a trait aui afiEsiires commerciales? Sans doute , comme on Ta prétendu en 1811, 1825 et 1828, d'activer le sèle des agents, de leur faire réunir une plus grande masse de renseignements statistiques , et de leur attribuer une action plus immédiate sur le développement de nos relations au dehors.
U y a au fond de cette pensée une notion tout à fait erronée de la pratique du commerce et du véritable rôle que les consuls peuvent être appelés à jouer. On suppose que le commerce a besoin du gouvernement et de ses agents pour la direction et le succès de ses spéculations industrielles ou mercantiles, tandis que l'un des principes les plus incontestables mis en lumière par la science économique, c'est que le commerce prospère d'autant mieux qu'il est plus indépendant du contrôle de l'Etat et plus libre dans ses allures. On prétend anssi que Tinfériorité de notre situation commerciale et industrielle dans le monde tient au défaut d'intervention, de sollicitude ou de protection de la part du gouvernement et de ses agents, lorsque l'expérience démontre, au contraire, qu'elle n'a d'autre cause que la faiblesse de nos capitaux , la timidité de nos commerçants et la cherté relative de nos produits. On suppose que des fonctionnaires publics tels que nos consuls sont mieux placés que tous autres pour surveiller les variations quotidiennes des marchés étrangers, et pour coopérer {dus ou moins directement à y étendre le placement de nos marchandises, tandis que l'exemple de toutes les contrées commerciales du globe atteste la supériorité des informations particulières, souvent secrètes, des conjectures générales, souvent hasardées, recueillies par chaque branche d*induslrie ou de commerce à l'aide de correspondants pratiques et intéressés, mêlés personnellement au mouvement des affaires!
On confond sans cesse la protection avec Tinitiative et la direction des spéculations particulières , les faits officiels qui peuvent servir de base à Faction des gouvernements quant aux conventions et aux lois fiscales relatives au commerce et les faits particuliers ou hypothétiques qui peuvent servir de
base aux opéralîoDs du commerce, aux calcnli dei ÏDtéréls prives.
AiDfli, h correspondance actuelle de nos conralaU nons paraît reposer sur une base suffisante et bonne, et noua repoussons la pensée même qui tendrait à la rendre pins active ou à en modifier la direction ; quant au zèle des agents codsolaires, il sera toujours mieux stimulé parle département qnia leur nomination et leur arancemeot entre les mains que par tout autre.
Mais à les relations directes du ministère de l'agricullare avec les consuls ne se justifient par aucun motif d'utilité publique, elles peuvent encore £tre combattues par tes nombrmx incoDvéniento qu'elles entraîneraient.
Comment, en effet, limiter ces relations de manière à éviter tont conflit entre le minlBlère du commerce et le départe* ment des affaires étrangères? Comment autoriser le contrUe indispensable de ce dernier département sur des communicalions destinées à produire un effet quelconque à l'étranger, sans placer ouvertement le ministère du commerce dans une position d'înrérîorilé, tandis que, dans l'élat de choses actuel, une correspondance unique, après entente préalable, ne permet même pas aux agents du dehors de soupçonner une divers gence d'opinion entre les deux départements? Comment cmciller des insInictiuDS rédigées sous un point de vue purement