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CALCULS HÉPATIQUES OU BILIAIRES

Dans cette maladie, on doit admettre d'abord une prédisposition individuelle ; et, pour établir ses caractères spéciaux, il faudra se reporter à ce qui a été dit aux coliques hépatiques, caries coliques calculeuses, avons-nous dit, n'en diffèrent que par la présence, dans les vomissements ou dans les garde-robes, de produits concrétionnés ou calculs, lesquels sont composés de cholesfcérine et de matière colorante de la bile réunies par du mucus. Les proportions de ces éléments varient beaucoup; tous sont solides et brûlent en produisant des jets de lumière, à la manière et avec l'odeur des corps gras. Ils sont de diverses dimensions, depuis une tête d'épingle jusqu'à la grosseur d'un œuf de poule.

Il faut dire cependant que chez les malades atteints de calculs du foie, le sentiment de pesanteur, de gêne, de tension et d'auxiété du côté droit est de plus longue durée que dans les coliques nerveuses, et qu'il survient le plus ordinairement des signes de fièvre avec jaunisse intense et souvent permanente, lorsque le calcul séjourne dans les conduits biliaires ou a de la peine à s'en échapper.

Causes. — Toutes les causes qui sont do na~

turê à rendre la bile plus épaisse ou à ralentir son cours sont évidemment propres à favoriser la formation des calculs biliaires. On remarque que les femmes sont plus exposées à cette maladie que les hommes, parce que chez elles les digestions sont moins actives, qu'elles sont plus sujettes à la constipation, qu'elles dorment davantage et font moins d'exercice.

L'âge mûr et la vieillesse y sont plus exposés que les enfants et les adolescents. On a remarqué, à la Salpêtrière, que des calculs se rencontraient fréquemment chez les femmes douées de beaucoup d'embonpoint. La vie sédentaire, le travail de cabinet, les tourments d'esprit, les aliments gras et féculents favorisent cette affection, de même que les acides et les alcooliques, parce qu'ils renferment des propriétés coagulantes de la bile.

M. le docteur Fâuconneau-Dufresne, dans son excellent Traité de l'affection calculeuse du foie, se demande, à cet égard, si le commencement de la formation des calculs hépatiques ne pourrait pas dépendre d'une réaction acide, puisque ces corps ont la propriété de précipiter de leurs dissolutions les éléments biliaires. Dans le traitement de cette affection, cet auteur, après avoir recommandé un régime doux, les légumes herbacés, beaucoup d'exercice et de temps en temps une purgation saline, préconise particulièrement les eaux do Vichy, parce que \cs

alcalis, dit-il, en s'eniparant de la matière grasse du sang Qu'ils saponifient, empêchent le dépôt delà bilë, êt, quand ils sont pris en très-grande abondance, ils Vont atteindre là matière colorante résinoïde déjà formée, et dissoudre le mucus, ce qui permet à la cholestérine et au calcul, ainsi isolés, désagrégés et réduits en petits fragments, de s'échapper plus facilement par les conduits biliaires. C'est sur ce même principe que se fonde le remède de thirande, composé d'éther, d'essence de térébenthine ou1 de chloroforme ; en outre que ces médicaments irritent tous les organes qu'ils touchent, ils sont très-désagréables à prendre. Une diminution d'un millième suffit quelquefois pour que le calcul s'échappe plus librement par les voies naturelles ; lès eaux de Vichy agissent également en accélérant et en imprimant une plus grande facilité de circulation à cette humeur, comme aussi en modifiant chimiquement la bile elle-même, ou les concrétions dans leur nature. Pour se préserver de la formation de nouvelles concrétions, il faudra faire usage de temps à autre, pendant plusieurs années, des eaux de Vichy. Il sera utile de diminuer la proportion de viande et surtout des corps gras, et les remplacer par des légumes herbacés, sagement combinés avec l'alimentation animale, en évitant le beurre, l'huile, les substances grasses, la pâtisserie, nature d'aliments qui, chez les personnes dont

le foie fonctionne mal, se digèrent difficilement. La prédominance de la cholestérine ou matière grasse dans les calculs indique l'avantage du régime végétal, à l'exclusion des matières grasses ou animales.

Il arrive parfois que les malades se trouvent découragés pendant la cure, par cela seul qu'ils voient apparaître de nouvelles coliques. Ce découragement n'est pas fondé, attendu que ces coliques très-souvent sont le résultat d'une activité plus grande de la circulation biliaire, entraînant avec elle, par excitation ou contractilité vitale expulsive, des concrétions dont la présence, dans les conduits biliaires, déterminait ces violentes douleurs. Dans cette situation, les malades ou leur entourage s'empressent bien vite de demander au médecin l'autorisation de quitter les eaux, craignant qu'elles ne leur soient nuisibles; il est, au contraire, du devoir du médecin d'encourager les malades à continuer le traitement, à moins que les coliques ne deviennent trop fréquentes. Dans ces cas, le traitement ne pouvant avoir qu'un médiocre effet, il faudra que le malade cesse les eaux, et qu'il revienne à la fin de la saison ou l'année suivante, aucun autre moyen de guérison ne pouvant lui être plus avantageux.

La connaissance exacte de toutes ces causes déterminantes devra servir aux malades pour les guider dans la conduite qu'ils auront à tenir,

s'ils veulent, après le traitement suivi à Vichy, favoriser l'amélioration, ou consolider entièrement leur guérison.

L'observation suivante va nous démontrer les salutaires effets des eaux à cet égard.

Observation. — M. D***, âgé de trente ans, d'un tempérament bilieux, était en Afrique depuis 1843, lorsqu'au mois de janvier 1845 il ressentit pour la première fois des coliques sourdes dans la région du foie, accompagnées de jaunisse. Au mois de juin suivant, mêmes coliques, plus intenses cette fois qu'au mois de janvier. En 1847, troisième crise. En 1850, enfin, l'accès fut terrible ; il dura quarante heures , avec des douleurs excessivement aiguës dans les reins, ainsi que dans tout le côté droit du ventre, avec coliques générales, crampes d'estomac et vomissements biliaires. Quelques heures après que les douleurs eurent cessé, M. D***, qui se trouvait dans un état d'anéantissement complet des forces, rendit par les selles plusieurs calculs biliaires de la grosseur d'un pois et à facettes ; il en rendit plusieurs autres dans le courant de 1851, mais alors sans beaucoup de douleur. Néanmoins la teinte ictérique de la peau n'avait pas disparu. Depuis l'apparition des premières coliques, ce malade avait fait usage à plusieurs reprises d'une foule de médicaments, tels quel'iodure de potassium, la graine de moutarde blanche, les purgatifs, le fiel de

.bœuf, le régime végétal, qui avilit été indiqué par M. Piorry, et lé remède de Durande; mais tout cela était resté sans effet. C'est après avoir éprouvé cette dernière crise, à la Tin de la saison de 1851, que ce malade arriva à Vichy, présentant une augmentation du volume du l'oie, avec une extrême sensibilité à la pression. La peau était jaune, les digestions difficiles et les selles grisâtres. Après avoir pris trente bains et bu en moyenne de cinq à six verres d'eau dé la Grande- Grille, M. D*** quitta Vichy dans un état satisfaisant, mais non entièrement guéri.

Le 18 mai de l'année Suivante, son médecin nous écrit de Paris que ce malade n'a plus souffert depuis sa cure de Vichy, et que la jaunisse â disparu.

Le relevé statistique démontre que , dans cette affection, sur une proportion de cent malades, soixante sont guéris, vingt et un améliorés, ét dix-neuf n'éprouvent aucun changement notable dans leur état.

Maladies de la rate.

Je ne rapporterai pas ici non plus les nombreuses observations concernant les malades atteints d'affections de la rate qui se présentent tous les ans à l'hôpital militaire, venant de l'Afrique ou des pays marécageux. La vertu des eaux sur ces affections est évidemment la même

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